21/01/2009
1280 âmes
Merci donc
à Trelk / Bukowski (son avatar)
qui à « oublié » 1280 âmes
au Rouge et Noir.
Donc 1280 âmes racontent l’histoire d’un libraire érudit Pierre de Gondol qu’un de ses copains appelle Epictète de Gondol. Le ton est donné, on est en plein Perec. Le mot érudition est un peu faible pour quelqu’un qui vous sort de la citation de Chateaubriand, de Madame de Lafayette, de Simenon ou de Simonin, aussi facilement que Sarko ou Ségo nous assènent des déclarations narcissiques.
Notre libraire a l’habitude de répondre à des questions littéraires de ses clients. Un jour, on lui demande pourquoi le numéro 1000 de la série noire s’intitule 1275 âmes au lieu des 1280 âmes de la version originale écrite par Jim Thomson. Gondol va mener l’enquête qui le mènera au Texas et en Oklahoma, à la recherche de la bourgade de Pottsville qui sert de cadre au roman de Thompson. Les jeux de mot s’accumulent, Pouy est un maître en la matière, il est question du méchoui de Hendell et des souffrances d'une jeune vertèbre, des digressions littéraires fantaisistes tendant à prouver que la maison Poulaga fut construite par Hiéronimus Poulaga à Bruxelles ou que Pétaouchnok est une vraie ville située à 450 km de Vladivostok.
A noter 5 mentions de Perec. En voici une : "J'ai été alors interrompu dans toutes ces pérégrinations mentales par l'arrivée intempestive de Serge, énervé comme un pereckiste ayant enfin trouvé le seul "E" qui, paraît-il, existe dans La Disparition."
1280 âmes m’a fait pensé au petit vélo au guidon chromé, dont j’avais fait la lecture publique à l’Ouie Dire à Genève, c’est plein de figures de style. A propos de la langue ricaine à la télé, Pouy écrit : « Un sabir plein d’aphérèses, d’épenthèse, de syncopes et d’apocopes. » A propos de la nourriture aéronautique : "La bouffe, à bord, avait été du genre incompréhensible, il y avait eu une sorte de gâteau ressemblant à de l'agglo de douze arrosé d'alcool de sapin, et le champagne, servi dans des flûtes en plastique, avait dû être récupéré à Monaco juste après que Coulthard eut secoué la bouteille."
Un très bon livre selon moi et si vous n'aimez pas c'est assez vite lu.
10:59 Publié dans Papous | Lien permanent | Commentaires (0) |
20/01/2009
BookCrossing

L’autre jour au ciné Rouge et Noir, je trouve un livre sur le comptoir. 1280 âmes de Jean-Bernard Pouy. Sur le livre une étiquette jaunes « Je ne suis pas perdu – Je suis en voyage » C’est la première fois que ça m’arrive, j’embarque le livre. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le Book Crossing (libérez un livre) est un manière amusante de relâcher des bouquins dans la nature et de les suivre à la trace via Internet.
Je dois dire que pour mon premier livre libre, j’ai un sacré bol. Je tombe sur un Jean Bernard Pouy, pilier de l’Oulipopo, l’OUvroir de LIttérature POlicière Potentielle, créateur des Poulpes, papous à ses heures (que j’ai eu la chance de voir à Lyon) dans une de ses œuvres d’un folle invention verbale et scénarythmique : 1280 âmes. Certes, il eut été bon d’avoir lu avant 1275 âmes ou mieux Pop.1280 le livre de Jim Thomson (dont Bertrand Tavernier a tirer « Coup de torchon » comme n’a pas manqué de me le faire remarquer Didier, le gérant du Rouge et Noir et immense cinéphile). Ceci dit, même sans rien connaître de ces cinq âmes disparues dans la traduction de Marcel Duhamel, créateur de la série noire, je me suis régalé et bidonné. J’y reviens demain.
16:59 Publié dans Papous | Lien permanent | Commentaires (4) |
19/01/2009
Visites
C’est bien connu, on visite le monde et on sait peu de choses de l’endroit où l’on vit. Combien de parisiens ont parcouru Louxor et la vallée des rois et ne sont jamais allés au Louvre ? Je connais des musées à Québec ou à Mexico et même dans de bien plus petites villes lointaines mais je ne suis jamais allé aux musée Rath ou à l’Ariana pour en prendre deux situés à Genève.
Heureusement, il y a les visites d’amis lointains. C’est ainsi que ce week-end nous avons fait un petit tour à Genève avec Marc et Azri, deux étudiants venus de Malaisie apprendre le français dans nos froides contrées. On ne leur a pas infligé les musées mais en passant vers la place des Nations, l’horloge fleurie, le jet d’eau et la vieille ville, et en leur donnant quelques explications sur la Rome protestante, j’ai réalisé une fois de plus le peu de choses que je savais sur cette ville que j’aime beaucoup. Donc au programme, des visites de Genève à prévoir en commençant par… le cimetière.
Grisélisdis
et
le cimetière
des rois
Suite à une polémique sur l’opportunité d’y déposer les restes de Grisélidis Réal, je découvre qu’il y a à Genève un cimetière des rois, un Père Lachaise (que j’ai visité celui-là, of course, et même deux fois) genevois à Plainpalais. On y trouve en vrac, Ernest Ansermet, Georges Favon, James Fazy, Jeanne Hertch, Sophie Dostoïevski, Jean Piaget, Léon Nicole ou Michel Soutter… Le plus célèbre occupant étant Jean Calvin, lui-même grand réformateur et terrible chasseur de sorcières.
Grisélidis, une prostituée un peu sorcière qui avait la langue bien pendue et la plume acérée, voulait, paraît-il, reposer dans ce cimetière. J’avoue que passer sa mort à côté de Calvin pour une hétaïre de haute volée comme elle, est une idée qui me semble curieuse. Mais puisque c’était sa volonté elle y sera, c’est ce qu’a statué le conseil administratif de la ville, n’en déplaise aux pisse-froid et même à quelque unes de ses collègues putes un peu jalouses, parait-il. Il n’y a pourtant pas de quoi, si nous sommes égaux devant la mort, rois ou pas, notre ego n’est pas pressé de se retrouver mélanger à tous les autres.
11:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) |
15/01/2009
Chomsky et Cie
Au ciné Actuel d’Annemasse,
le film de Daniel Mermet:
« Chomsky et Cie »
que j’ai bien aimé.
Souvent, le côté prêchi-prêcha gauchiste de Mermet m’insupporte et je n’écoute pratiquement plus ses émissions mais il faut reconnaître que le bonhomme a un sacré métier et de la suite dans les idées qu’il défend très bien. Je connaissais mal Noam Chomsky et je dois dire que j’ai été impressionné par le personnage.
80 ballets, les mêmes idées que Mermet mais une manière bien plus convaincante de les mettre en valeur notamment dans sa remise en cause systématique de nos démocraties et de l’américaine en particulier. Son passage sur la critique de la fabrique du consentement (une expression due à Edward Bernays- Comment manipuler l’opinion en démocratie) m’a particulièrement intéressé.
Quelques mauvais points bien mérités pour nos intellectuels français, BHL ou le honteux Philippe Val. A côté de Chomsky interviennent deux autres chomskiens, un belge, Jean Bricmont, brillant physicien et intellectuel, et un québécois des plus sympathiques Normand Baillargeon. Baillargeon est filmé dans une sorte de café philo et il dit notamment : « ce que nous faisons ce soir, débattre ainsi, est un acte nécessaire à la démocratie. » J’avoue que cela a fait très plaisir à l’animateur des cafés citoyens.
Ce petit coup de brosse à reluire l’ego passé, j’ai vu que Baillargeon a écrit un livre sur Voltairine de Cleyre, une femme remarquable. J’y reviendrai. On apprend dans le film comment le fameux et horrible Edward Bernays a réussi à faire fumer les américianes en manipulant les mouvements féministes. Le passage sur la cigarette permet de bien se rendre compte à quel point on peut nous manipuler. Et, au petit dej, Baillargeon explique à Mermet que Bernays travaillant pour des éleveurs de porcs a réussi à convaincre l'Amérique de la nécéssité du bacon au petit déjeuner avec les rôties (les toast en québecois), une coutume qui dure... quand même moins nocive que la clope.
11:14 Publié dans Cafés | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cafés |
13/01/2009
Paysans

Deux films sur le monde paysan…
Un monde en voie de disparition dans le dernier film de Depardon, « La vie moderne », troisième de la série.
Les trente glorieuses d'un monde en mutation dans le premier film (1999) de Gilles Perret, « Trois Frères pour une vie. »
Pour le film de Depardon, vu au Rouge et Noir, avec un public nombreux pour un film exigeant, je vous renvoie à un article du monde.
Quant à Trois frères pour une vie, c'est le portrait des voisins de Gilles Perret, trois frères agriculteurs en fin de carrière professionnelle et qui tirent un bilan. Gilles Perret est un grand réalisateur qui part du particulier (son village de Quincy, la vallée de l’Arve, la Haute-Savoie) pour atteindre l’universel. On connaît son film « ma mondialisation » dont j’ai parlé ici (voir lien) qui raconte les effets de la mondialisation vue par le gros bout du décolletage.
Nos trois frères ont repris la ferme familiale dans le petit village de Quincy, ils l’ont agrandie et modernisée à force d’emprunts, ils ont travaillé comme des fous, sans même prendre le temps de se marier, pour rentabiliser les machines et rembourser les emprunts et, trente cinq ans plus tard, ils sont sur le point de remettre la ferme à leur neveu. Bilan tiré par l’un d’eux : « Un succès économique pour un fiasco humain. »
Question de mon ami Jean, agriculteur : « Pourquoi pas filmer un succès économique et humain ? » Réponse : On ne fait pas du bon cinéma avec de bons sentiments et de trop belles histoires. Quoiqu’il en soit, louer le DVD. C’est 'hachement bien et Gilles Perret, c’est le Depardon de demain d'aujourd'hui.
16:15 | Lien permanent | Commentaires (3) |
10/01/2009
Coup de rein

En 2002, Richard Batista, chirurgien donne un rein à sa femme Dawell* pour remettre leur couple sur les rails. L’opération réussit. Dawell se met au karaté et trompe Richard. Du coup, Richard veut récupérer son rein.
Quand j’étais gamin on disait : « Donner c‘est donner, reprendre c’est voler. »
* Elle court-circuite ainsi une queue de 6748 en attente de rein à New-York.
18:58 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (1) |
09/01/2009
Ruud van Empel
Je découvre le photographe Ruud van Empel, un néerlandais qui me rappelle un peu les photos de mon ami Lucien. Quelques exemples ci-dessous tirés d'une série intitulé Office (bureau) :



17:33 Publié dans Arso | Lien permanent | Commentaires (3) |


