02/04/2014

Lenteur

Vialatte l’avait dit de plusieurs manières, le monde accélère et il faudrait au contraire le ralentir. Avec de la vitesse on fait tout, sauf la lenteur. Et par exemple on perd son temps beaucoup plus vite. Avec de la lenteur on perd son temps lentement ; donc moins.

03752578.jpgL’avenir est au ralentissement, à la slow food,

à la marche à pied (slow travel),

au slow love,

au slow web et même au slow cosmétique...

La nouvelle du jour, c’est la slow TV. 

Vous avez peut-être vu sur France4, Tokyo reverse.

Au complet, c'est un programme de 9 heures :

Ou trois heures de feu de bois:

Ou encore 3 heures de tortue géante sur la barrière de corail:

Assoupi ?

Un petit coup de Vialatte : « La civilisation ne cesse de s'effondrer sous l'énergique poussée des hommes. Il leur vient en une grande ivresse, comme aux gens qui cassent la vaisselle. Ce sont des choses qui se font dans l'enthousiasme. C'est la fête, c'est la bamboula. On brise tout parce qu'on veut faire neuf. On a donc l'illusion de pouvoir tout remplacer. Mais ce n'est pas vrai pour cent raisons. »
C'est la chronique 481 du 29 mai 1962. On y parle aussi de saumon. 

14/11/2013

Vialatte à Ambert

Aredius signale la statue de Vialatte près de la gare d'Ambert (lien).

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A noter que ce lien ne parle pas du sculpteur qui, je pense, est Philippe Keappelin. Procurez-vous "Oeuvres profanes" de Philippe Keappelin. Relisez ma note du mois de juillet et ne ratez pas la video sur la connivence Vailatte - Kaeppelin à travers le bestiaire.

 

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19:09 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (1)

06/08/2013

Pharmaciens

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Pharmaciens fuyant l'orage

Analyse de l'oeuvre de Chaval ci-dessus par Alexandre :


Hélène Babu - Lecture - Les pharmaciens fuyant... par Alexandre_Vialatte

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04/08/2013

Le lion

  C'est les vacances, alors je vialattise un peu...

alexandre-vialatte_8898465_0.jpgqu'est-ce donc qu'Alexandre essaye de dessiner...

un lapin ?

un kangourou peut-être ?

un chameau ?

ou encore le fameux colin de Virginie

à moins qu'il ne croquasse un Lion :

C’est un vertébré d’un beau roux qui a la couleur du lièvre, avec l’oreille plus courte et la crinière plus forte, et le seul mammifère qui naisse les yeux ouverts. Il marche obliquement et lentement, comme le homard, mais légèrement, et en portant la tête plus haut, ce qui lui confère plus de majesté. Le Dictionnaire de Dupiney de Vorepierre ajoute qu’ « il ne monte pas aux arbres pour attraper le cynocéphale » : on voit par là que les recherches pourront se limiter au sol quand le lion s’échappe des ménageries.


François Marthouret - Lecture - Lion par Alexandre_Vialattess

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02/08/2013

Locoboeuf

A propos de Kaeppeli, Vialatte ajoute:

"On pense souvent à Jérôme Bosch. A cause d’un alliage de l’humain, de l’animal, du zoologique, avec la forme industrielle. Kaeppelin a des brochets bâtis comme des espèces de sous-marins, ou plutôt de contre-torpilleurs, avec des ponts et des coursives. Gris comme du plomb. Mais avec un oeil morne, en je ne sais quoi ; en émail ? en chair ? ou peut-être en bouton de bottine ? Des automates, et une locomotive à tête de boeuf et à cuisses de poulet, qui actionne elle-même ses roues au moyen de bras si grêles quon songe à des pattes daraignée.

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Des bras de faucheux. Et la queue en l’air. Une queue de boeuf finie en pompon, comme un accessoire de tapisserie, une embrasse de rideau, ou quelque bonnet grec sorti d’une comédie de Labiche. En tirant dessus, on amène un tiroir où se trouve une lampe à alcool. On allume, ça chauffe une chaudière. Le boeuf tousse et part droit devant lui.

Une fumée noire lui sort de la cervelle. Par la che­minée. Elle se répand sur le public. Le boeuf s’affole et part en arrière. Puis à droite, puis à gauche. Dans toutes les directions. Il agite ses petits bras qui font tourner les roues. Ses cuisses de poulet ne bougent jamais. Elles sont terminées en tampon. Pour le tender. (C’est le contraire du pédalo, sur lequel les jambes de l’homme s’agitent ridiculement, tandis que le buste reste cérémo­nieux.) La tête demeure majestueuse ; et même stupide ; avec une barbe en cuivre. Et des yeux de monstre mythi­que ; d’ogre congestionné ; de patron de bar alcoolique ; de bistrot de banlieue qui a de la tension. Toute l’assistance est noire de suie.

Sur quoi le boeuf s'arrête, épuisé. Trois soubresauts le secouent encore. Après ça, c'est fini. Il fait un peu pipi. On essuie avec une éponge. Et on continue à regarder.

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