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25/03/2017

Tourte

Faut-il faire revivre le mammouth laineux ? A vrai dire je ne sais pas. Perso, chez moi, j’ai pas la place. Peut-être autour de la datcha de Poutine, sur une propriété de Trump ou à Sablé sur Sarthe mais pas chez moi. Non.

D'ailleurs ce mammouth me fait trop penser à cette chanson de potache un peu bébête mais qui me fait toujours marrer: 

"Le mouton est un animal à poil laineux.

A poil les nœuds, à poil les nœuds, à poil !" 

12119549.jpg

Par contre une tourte voyageuse je ne suis pas contre. Non, la tourte voyageuse n’est pas un gâteau salé ou sucré ni au miel ni au chocolat. La tourte voyageuse était un pigeon très élégant dit-on.

220px-Ectopistes_migratoriusMCN2P28CA.jpgLes tourtes voyageaient en Amérique du nord. Au XIXième siècle, on estime qu’il y en avait de 3 à 5 milliards dans l’est des US et au sud-est du Canada.

DES MILLIARDS !

La dernière est morte en 1914. Une espèce anéantie en quelques dizaines d’années encore plus vite que le dodo ou que le bison américain (50 à 60 millions -325 en 1884. Merci Cody) c’est dire si notre espèce est conne !

Durant des milliers d'années, les Amérindiens ont chassé ces oiseaux sans mettre l'espèce en péril. Mais avec un fusil il était en effet très facile pour les colons d'atteindre ces oiseaux qui se déplaçaient par dizaines de millions : il suffisait de pointer un fusil vers le ciel et de presser la détente à l'aveuglette et de manière répétée. On organisa des compétitions de chasse dont l'une d'elles offrait une récompense aux chasseurs qui abattaient plus de 30'000 oiseaux.

Bref, si on les ressuscite je veux bien accueillir chez moi un couple de tourtes voyageuses reconstitué à partir de l'ADN. Promis je ne les mangerais pas.

Etymologie: La tourte à manger ou la tourtière du Limousin est une tarte qui viendrait donc du latin tartarum, le tarte ou encore de tarta tordu (la pâte)

La tourte volante vient du latin populaire turturella, la tourterelle, le pigeon. En anglais la tourte s'appelle Passenger Pigeon. En US trumpien on devrait dire "Shame for mankind".

18:36 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (1)

23/11/2016

Majorana

220px-Annonce_de_la_disparition_de_Majorana.JPGCela fait longtemps que je n’ai pas mis un article sur la physique. Mon informateur du CERN attire mon attention sur Ettore Majorana qui était un physicien né à Catane en 1908. 

Fermi, le grand Fermi, disait :

« Dans le monde il y a plusieurs catégories de scientifiques : ceux qui font de leur mieux, et ceux, de premier plan, qui font de grandes découvertes, fondamentales pour le développement de la science. Et puis, il y a les génies, comme Galilée et Newton. Ettore était de ceux-là. »

Il disparaît à 31 ans assez mystérieusement en 1938. Des témoignages récents affirment qu’il aurait vécu en Amérique du sud au-delà de 1955 sous le nom de Bini.

Bien qu’il ait publié très peu de papiers, malgré les encouragements de Fermi, on a donné son nom à des particules qu’il a conjecturées. Les particules de Majorana. Ce sont des particules qui sont elle-même leur antiparticule. Dans la foulée de Pauli il avait supposé l’existence du neutrino en lui attribuant une masse neutre. Il semblerait pourtant que le neutrino ait une petite masse et ne soit pas une particule de Majorana. Tant pis ! 

bohr_modele.jpgN’empêche que plus les physiciens avancent dans leurs recherches plus c’est le bazard. On regrette la simplicité de l’atome de Bohr, C’était le bon temps comme dirait Fillon : Des neutrons, des protons et des électrons qui tournent autour et fabriquent de l’électricité. Simple ! 

Avec un tableau de Medvedev Mendeleeiv pour s'y retrouver dans les corps simples. Fallait juste savoir qu'il y avait quelques corps qui avait plus ou moins de neutrons et qu'en général ils étaient radioactifs comme le carbonne 14 bien pratique pour dater l'homme de Cromagnon. 

Pour vous illustrer ce bazard, je vous livre en vrac quelques noms de particules plus ou moins colorées ou même anticolorées au choix :

Protons et neutron sont devenus des hadrons (d’où le LHC, large hadron collisionneur)

La famille des électrons s’est agrandie : Le neutrino est électronique mais aussi muonique (les muons) et tauique (les taus), ce sont des leptons.

Les quarks qui sont les constituants des hadrons, il sont haut, bas, étrange, charme, beauté et vérité.

Le mésons, les nucléons, les hypérons.

cms_grand.jpg

Le gluon a son gluino

Le boson W a son wino (in wino veritas)

Le boson de jauge à son bino qui se mélange avec un jaugino dans un cocktail étrange. Les jauginos se mélangent avec les higgsinos pour former des combinaisons linéaires ("état propre de masse") appelés neutralinos (neutre) et charginos

Le boson Z a son zino

Le photon a son photino

Le neutralino est une combinaison de trois superpartenaires : le photino, le zino et le higgsino

Le graviton (jamais observé)

PLUS QUELQUES QUASI PARTICULES :

Le phonon

L’exiton

Le plasmon

Le polariton

La polaron

Le magnon (l'homme de cro...)

Le bardyon (ou tardyon)

Le luxon moins rapide que la lumière

Le tachyon plus rapide que la lumière

Le goldstino

Le glouton qui tend à augmenter de masse.

Le plouto qui s'enrichit sans cesse (voir trumpo)

Le fillon (le candidat qui veut faire bosser le burocraton)  

Le perino de masse respectable et donc pas très rapide.

On observe qu'il y a la catégorie de O et celle de ON.  

18:57 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2016

CRISPR

C19D3117DA8D320EA90BB89769221C5E_full.jpgLe poisson-zèbre est un drôle de zèbre. Il peut perdre une nageoire et elle se régénère. Mieux il perd ses yeux ou son cœur et ils renaissent tel le foie de Prométhée bouffé par l’aigle du Caucase.

Il est donc devenu le premier objet de manipulation par le CRISPR.

CRISPR est un acronyme en anglais dont le P veut dire palindrome, le truc oulipien cher à mon ami Georges Perec. J'en parlais ici il y a dix ans déjà. Ici, il s'agit des fameuses bases azotés de l'ADN T-A-G-C qui peuvent de lire dans les deux sens disons C-G-A-T. 

Le CRISPR n’est pas une céréale qui croustille mais le fin du fin de la manipulation génétique. C’est le dernier feu prométhéen qui devrait nous amener selon toute vraisemblance assez rapidement à la punition divine.

Le CRISPR a été mis au point par deux labos dirigés par deux chercheuses prénommées Jennifer et Emmanuelle. C’est un outil relativement peu coûteux et modulable qui permet de couper l’ADN pratiquement où on veut, directement dans une cellule vivante. Ça n’a peut-être l’air de rien dit comme ça, mais si vous étiez généticien, ça vous ferait à peu près le même effet que si Indiana Jones sortait tranquillement du temple et vous tendait le graal en disant « tiens, c’est cadeau ! ».

Pour en savoir plus sur ce couteau suisse de la génétique, lire cette excellente note. Je lui ai piqué la métaphore sur le Graal. 

Grace au CRISPR, en février 2014, les chinois ont « fabriqué » des singes macaques humanisés. C'est-à-dire que ces singes ont en eux quelque chose de Tennessee, des bouts de gène humains. Des néo-singes de laboratoire.

Pas en reste les Américains ont sauté sur le CRISPR. Le groupe d’ingénierie du génome du Massachusetts General Hospital (Boston), regroupait 700 personnes fin 2012, début mars 2014, il en comptait 1900 – principalement grâce à la technique CRISPR.

Le domaine d’application est immense : Les plantes, la nourriture industrielle… jusqu’à l’homme nouveau, le transhumanisme. Le débat sur les OGMs version Monsanto risque de devenir obsolète dans les années qui viennent.

Est-ce que la réflexion éthique va pouvoir suivre tous ces docteurs Folamour ? On peut en douter.

Pour ceux qui ont le temps ce texte visionnaire de Jean Rostand, le fils d'Edmond et l'homme aux grenouilles, publié en 1942 que j'ai trouvé au hasard de mes pérégrinations webistiques : 

« Il n’est pas impossible que la biologie de l’avenir sache faire profiter notre espèce d’un petit supplément de matière chromosomique. Et l’on pourrait même se demander à cet égard – pour offensante qu’une telle idée doive paraître à notre orgueil – si nous n’aurions pas intérêt à annexer à notre patrimoine héréditaire quelques gènes provenant de telle ou telle espèce animale. Cette annexion pourrait se faire par l’hybridation, elle exigerait l’introduction directe des gènes étrangers dans un ovule de culture. Enfin sera-t-il permis d’imaginer que l’introduction de ces gènes animaux aurait pour conséquence de rompre l’équilibre génétique de notre espèce, et de faire ainsi repartir son évolution vers on ne sait quelles destinées ? Ce serait alors bien d’autres possibilités qui s’ouvriraient à la science.

04/06/2016

BP

Retour sur la visite de la caverne Chauvet.

 

Très belle reconstitution des plus beaux morceaux de cette grande grotte découverte dans un endroit singulier tout près de la fameuse arche sur l’Ardèche à Vallon Pont d’Arc.

vallon6.jpg

Un petit regret, trop de monde (cadence des visite de groupe : 5 minutes) ne permet pas vraiment de retrouver le mystère ressenti dans la grotte de Niaux (10 ans déjà). Hé oui, un peu de mysticisme ne nuit pas !

 

Deux discussions dans notre groupe, qui adore discuter et disputer, suite à la visite du musée de la préhistoire de l'aven d'Orgnac et de ses tableaux pas très clairs. Etaient-ce vraiment des Homo Sapiens (on dit maintenant hommes modernes) et qu’elle est la référence exacte de BP ?

 

travail2blog.jpgDonc oui, il y a 37’000 ans BP des aurignaciens ont peint sur ces murs, suivis il y a 31 à 27 mille ans (toujours BP) par des gravettiens. Les deux populations sont des hommes modernes contemporains des derniers hommes de Néandertal mais différents génétiquement.

 

Quant au croisement entre Sapiens et Néandertal impossible de se faire une idée précise sur le Web, ADN nucléaire ou mitochondrial... Trop d’avis pas clairs voire contradictoires. Il va falloir attendre un peu.

 

Quant au BP, Before Present c'est avant le premier janvier 1950. Pourquoi cette date ? On ne sait pas trop. La datation au carbonne 14, peut-être. Elle est un peu plus ancienne (10 BP) mais vraiment utilisée qu’à partir de 1950.

 

Pour mettre tout le monde d’accord, j'ai proposé de traduire BP par « Before Perino ». Il suffirait de changer la date d’exactement un petit trimestre (au 1 avril 50) et on aurait une référence solide. Cette prétention me rappelle un poème de Boris Vian. V comme Vian.

 

Le fond de mon cœur
Je vais être sincère – une fois n'est pas coutume
Voilà : Je serai content quand on dira
Au téléphone – s'il y en a-t-encore
Quand on dira V comme Vian…
J'ai de la veine que mon nom ne commence pas par un Q
Parce que Q comme Vian, ça me vexerait.

13:45 Publié dans Blog, Science | Lien permanent | Commentaires (1)

20/05/2016

Fourmis

Xb-DN8Xo.pngLes rixes dans les cimetières moscovites ne sont rien en comparaison des batailles de fourmis organisées par l’ESE, le laboratoire Ecologie, Systématique et Évolution.

L’ESE s’est intéressé aux fourmis et en a tirée des conclusions aussi inquiétantes qu’un livre de Bernard Werber. Le réchauffement climatique va multiplier les millions de milliards de fourmis. Ils en ont pris 4 sortes, les plus méchantes, pour voir comment limiter l’essor formicole en provoquant des guerres entre myrmidons.

On peut se demander s’il est bien humain de faire se battre des animaux aussi féroces. Un jeu que l'on interdirait à ses propres enfants car les méthodes atroces de ces bestioles n’ont rien à envier à celles de Daech. Images insoutenables donc non diffusées ici…

Présentons les 4 antagonistes.

  • W. auropunctata, la fourmi électrique, la plus petite des quatre (1 mm), très féroce.
  • L. neglectus, ou fourmi des jardins, ­habituée à cibler les oisillons dans leurs nids
  • L. humile, ou fourmi d’Argentine, et sa super-colonie, étendue du Portugal à l’Italie, capable de lever une armée de millions d’individus
  • P.megacephala, ou fourmi à grosse tête, la seule à disposer d’une caste de soldats.

Wasmannia.auropunctata.head.jpgpost-12-1213912394.jpgLinepithema_humile_CASENT0171090_P.jpg

pheidole_megacephala_9.jpg

Pour chacune de ces espèces, 300 individus et une reine ont été placés dans une chambre. Puis les colonies ont été mises en contact deux à deux. Et les chercheurs ont comptabilisé les pertes pendant quarante-deux jours.

Le résultat est sans appel : la plus petite l’a emporté, la plus grande a pris une série de mémorables raclées. Leçons :

  • Celles qui s’aventurent sur le territoire adverse perdent le combat.
  • Les deux espèces qui emploient des armes chimiques, la fourmi électrique et la fourmi des jardins, sont clairement supérieures. Celles qui, au contraire, utilisent leurs mandibules pour couper leur adversaire en deux ou l’écarteler sont irrémédiablement vaincues.

Ensuite, les biologistes ont mis les quatre espèces en contact simultané. Et là, surprise . C’est la fourmi à grosse tête, la plus nulle de toutes, qui l’a emporté. Elle a laissé les autres s’entre-tuer, puis, lorsqu’elle a estimé qu’elle était en supériorité numérique suffisante, elle est passée à l’attaque.» 

Napoléon le disait déjà :

«N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur.»

and the winner (du match à 4) is :

pheidole_megacephala_9.jpg