09.06.2006

Lire à St Julien

Une dernière note…

Soirée sympa  mardi 6  à  la bibliothèque de  St Ju. Un auditoire curieux de savoir comment ça se passe. Mercedes, adjointe à la culture était là. Le président de la bibliothèque a expliqué que les dix livres sélectionnés étaient toujours de sortie et qu’il ne savait pas quand il pourrait lire le livre de JB Harang.

Plein de lettres prévues pour l'année prochaine.  Françoise trouvera-t-elle le courage de renvoyer  une 10ième lettre ?  

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05.06.2006

Livre Inter encore

medium_IMAGE0006.JPGViendra,

 

le 06 juin 2006, à 19 heures à la Bibliothèque de Saint-Julien pour vous raconter son expérience de juré du grand prix littéraire.

 

medium_lnkoplgf.jpgCeci est la plaquette d'invitation de la Bibliotèque de St Ju.

Etonnant non?

 

Cela en dit long sur l'intérêt que suscite ce prix, même si Télérama le snobe en faisant une critique sans même citer le prix. Remarquez qu'il n'y aura peut-être personne le 6-6-6, mais j'ai quand même le sentiment que cela devrait attirer plus de monde que mon excellente (si, si) présentation sur les blogs si mal annoncée par la MJ.

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27.05.2006

Une journée à France-Inter

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Donc, après avoir voté le dimanche pour La chambre de la Stella de Jean-Baptiste Harang, que je vous engage vivement à lire, nous avons passé la journée du lundi à la radio. Les conjoints étaient invités. Vu l’heure tardive de rentrée et le débriefing pour ma chère et tendre dans la chambre d'hôtel, c’était un peu juste pour le 7-9. Nous avons donc commencé par Eclectik de Rebecca Manzoni. Après avoir croisé furtivement Alain Rey, qui sortait du studio du 7-9. Mot de la fin ce jour là : Sélection qui parlait de foot mais aussi du Livre Inter, résultat encore secret à cet heure matinale.

Chez Rebecca l’invité était Thomas Fersen, un chanteur que l’on aime, ma femme et moi. Pour les amateurs de paillardes, on y passait en entier « la digue du cul » chantée par une très bonne chorale. Etonnant ! Non ? Il y a du suspens dans ce genre d’émission : si l’invité n’est pas bien réveillé, Rebecca se retrouve à ramer. Heureusement Thomas était en forme.

Ensuite on s’est pointé au Fou du roi, invité Laurent Gerra en grande forme lui aussi et Philippe Bertrand venu parler de son livre, Quand je serai grand. Emission de 3 à 4 sur France Inter.

Puis Cocktail avant le 13-14 et l’annonce du résultat. Un moment étonnant pendant le 13-14, que vous pouvez réécouter sur le site, c’est quand JB Harang déclare tout à trac : « Je t’aime maman. »

Et re-repas avec encore plus de monde de France-Inter. Jean-Baptiste continue les dédicaces, j’en ai personnellement 3 sur mon exemplaire personnel. Ce qui est étonnant, à ce stade, c’est que les 24 jurés se sont rencontrés à peine 24 heures plus tôt et que déjà une vraie connivence s’est installée entre nous.

Un groupe décide de partir pour assister au Carrefour de Lodéon. Le studio est petit, ils assisteront à l’émission presque sur les genoux de Frédéric Lodéon.

Pour ma part, avec un autre groupe et Jean-Baptiste, nous nous installons spontanément autour d’une table ronde et alors commence une délicieuse discussion littéraire de presque deux heures qui passent comme un souffle. On l’interroge sur l’écriture de La chambre de la Stella, sur  son éditeur, sur ses motivations, son travail de critique littéraire. L’homme est délicieux et sincère. On apprend des choses étonnantes sur les arcanes de l'édition que je garderai secrètes. Il nous parle de sa mère et de la petite phrase du 13-14. Il explique que le roman les a brouillés. C’est d’ailleurs une longue histoire qui remonte à la mort de son père et à son premier roman retourné par maman couvert d'encre rouge. Il avait à l'époque presque cinquante ans et une carrière de journaliste et critique. Vous comprendrez les raisons de la fâcherie en lisant le livre… Il s’est arrangé pour que sa mère écoute le 13-14. Est-ce que cela va les réconcilier ou les brouiller encore plus ? « Je ne sais pas, la nature humaine est fort complexe. Entre fierté et colère... Allez savoir. » nous dit Jean-Baptiste. 

L’après-midi est déjà bien avancée. Petit cocktail avant Le téléphone sonne et dernier pot de l’amitié. La journée de rêve est terminée. On ne peut pas être deux fois juré du livre Inter.

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25.05.2006

Prix de Brillac

medium_sans_titre.7.jpg.

Prix

de

Brillac

.

Brillac est au bord du golfe du Morbihan, c’est là que ce sont réunis une douzaine de jurés 2005 pour donner un prix basé sur la sélection 2006. Voici ce que m’a envoyé brigitte Durgeon à ce propos :

"On s'est écrit très régulièrement, toujours avec plaisir et lorsque ça flanchait un peu, il s'en trouvait toujours un pour relancer la machine. L'idée est venue assez vite de se retrouver, ça a cheminé, certains se sont retrouvés à Lyon pour en parler, et à l'annonce de la liste des jurés 2006, ça c'est décidé."

"L'un d'entre nous a proposé sa belle maison au bord du golf du Morbihan, on a loué un gîte supplémentaire et on a constitué des groupes de lecture de 4 à 5 personnes; chacun a ainsi acheté 2 livres de la liste officielle du livre Inter, et les a fait tourner dans son groupe. Nous étions donc 12 jurés, certains sont venus de très loin (Strasbourg, Parpignan, Digne, etc), + le "président Rolin" qui avait cédé à la tentation de Brillac et avons délibéré le plus sérieusement du monde, selon les mêmes modalités qu'à France Inter, le samedi 13 et dimanche 14: à midi notre lauréat était Deville, vote en 3 tours dont je ne sais plus les résultats. Nous avons partagé tout ce que l'on partage dans ces cas là, bouteilles, chocolat, victuailles, musique, livres, balade, coups de gueule, plaisir et amitié, ...enfin, même le remake, c'était très bien. L'après midi du dimanche nous avons beaucoup pensé à vous: alors que vous rentriez dans la salle, nous amorcions nos premiers départs."

Santé aux jurés de ce prix sympathique et à Olivier Rolin leur président!


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22.05.2006

Commentaires

Bonsoir à tous.

La liste de distribution des jurés 2006 tourne et les photos aussi. Merci encore à Joëlle. 

Dans les prochains jours, je vais mettre une note sur le prix de Brillac avec les infos et photos que Brigitte, jurée 2005, m'a gentiment envoyé. En attendant n'hésitez pas à partager vos états d'âmes sur cette note. Ne me laissez pas seul à faire des fautes d'orthographes. Mettre un commentaire n'est pas si difficile. Si vous faites un long texte très bien foutu, plein d'idées... pensez quand même à la sauvegarder avant, on ne sait jamais (n'est-ce pas Raymonde :-)

S'il y a un sujet dont vous voulez que je parle ici dites le moi aussi en commentaire ou par email. A vos claviers.

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21.05.2006

Photos

Quelques photos de ces deux jours à la maison de la radio:

Débats:

La table des lauréats:

Maryse, la maman du livre Inter, entre Paul-Louis Mignon, le papa, etGilles Scneider:

Signatures:

Thomas Fersen après Eclectic de Rebecca Manzoni:

Des jurés entourent Frédéric Lodéon:

Jean-Baptiste au chapeau:

Michel, Frank, Solène, Vincent:

Joëlle entre le lauréat et le président du jury:

Patricia:

Vincent:

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20.05.2006

Blog à Part

Passage à l'émission
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19.05.2006

Débats

medium_livre_inter14.jpgVotes

et

débats

-

Photo Joëlle Abadie -

Eva Bettan 

Jean Echenoz

Arrivée prévue le dimanche vers 15 heures à la maison de la radio pour un début des débats à 16 heures. J’y suis à moins le quart. Joël Labadie est déjà là et cause avec les hôtesses, à l'écart deux messieurs qui m’ont précédé. Les jurés arrivent dans le hall et se mêlent à la queue du concert dominical de la maison ronde. 15:30, nous sommes invités à monter par petits groupes vers la salle des débats. On a déjà un peu discuté. Il semble bien que mes craintes de victoire du Nicolas Fargues sont sans fondement.

En bout de table Eva Bettan et Jean Echenoz auxquels va se joindre Paul-Louis Mignon fondateur du prix. Puis les 24 autour des la table. Derrière un preneur de son et quelques personnes que l’on n’identifie pas et que se révèleront être Vincent Josse, Cyril Sauvageot et... pas mal de gens du service culturel qui nous ont sélectionné. Patricia Martin va se joindre à eux un peu plus tard. A 16 heures, le tour de table commence, ensuite je perds la notion du temps. Quatre heures vont passer comme un charme.
 
La consigne n’est pas très claire, parler de ses coups de cœur et ses rejets. Joël Egloff ne viendra pas. Il donne son tiercé gagnant. Certains s’étalent, d’autres sont plus brefs. Quelqu’un annonce qu’il donnera son choix plus tard.  Personnellement j’aimerais avoir mieux défendu le Deville mais je vais trop vite, mentionne le Harang et explique que le Fargues m’a fortement déplu. Je laisse la parole à mon voisin qui attaque par : « J’ai commencé par lire en premier Je vais de mieux en mieux et je me suis dis que cela ne pouvait que aller de mieux en mieux. » Certains livres sont violemment rejetés mais presque tous les livres sont cités en tête de sélection de l’un ou l’autre juré sauf deux. Le livre de Harang semble faire l’objet du plus grand nombre de suffrages mais rien de sûr ne se dégage.

Pas de pose officielle, dans le couloir je discute avec Patricia Martin et d’autres, il semble qu’ils surveillent les jurés qu’ils ont sélectionné pour voir s’ils correspondent à leur lettre :-) Premier tour, La chambre de la Stella est en tête avec 8 voix sur 26. Deux voix pour le Deville qui semble déjà battu. Consigne d’Eva Bettan : « Battez-vous pour votre livre, après le vote, les regrets ne seront pas de mise. » Alors on se bat… Pas facile de trouver encore des arguments après plus de deux heures de débats. Alors on fait flèche de tout bois. Troisième tour, le Harang est encore en tête avec 10 voix contre 9 au Tanguy Viel. C’est serré !

Re-débat, les arguments s’épuisent. Les citations et lectures commencent. Très belles phrases du Tanguy Viel, balancées à souhait. Pour Jean-Baptiste Harang, il faudrait lire des passages plus longs. Troisième tour, majorité simple, égalité 12-12. On repart dans la discussion pour un quatrième tour et la victoire de La chambre de la Stella. Je suis content.

Les perdants sont de bons perdants et on se retrouve autour des tables du repas où nous sommes intercalés avec des gens de France Inter, pour ma part je suis avec Vincent Josse et Gille Schneider et une voisine charmante dont j’ai oublié le nom. Le héros de la soirée arrive tout ébaubi, il rentre d’une séance de signature à Guéret qui comme chacun le sait est le chef-lieu de la Creuse près de Dun le Palestel où se trouve la maison d’enfance de Jean-Baptiste qui abrite la chambre de la Stella. On refait le débat et on refait même notre radio favorite.

Eva Bettan et Cyril Sauvageot partent au festival de Cannes. Il vont interviewer les stars du 7ième art. Le repas dure jusqu’à une heure du matin.

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17.05.2006

Article d'Isabelle

Un article d'Isabelle Bordes, membre du jury, journaliste localière, paru dans Ouest-France. Article envoyé par Christophe Angot :

medium_jury3.jpg

L'article en format normal à télécharger:

http://perinojo.perso.cegetel.net/

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16.05.2006

Heureux élu

medium_jbh.jpgCet homme,

air inquiet derrière ses lunettes,

est Jean-Baptiste Harang

l’heureux élu de notre jury perspicace

présidé par Jean Echenoz.

Etre reçus deux jours comme nous l’avons été par le service culturel et la direction de notre radio favorite, pour des lecteurs comme nous c’est comme de passer deux jours à Claire Fontaine reçus par les bleus avant la coupe du monde pour des footeux. Patricia Martin, Vincent Josse, Cyril Sauvageot, Gilles Schneider, Eva Bettan. Un régal de tous les instants. Délibérations passionnantes, repas riches d’échanges, émissions en grands et petits studios, Rebecca Manzoni Eclectic, Le fou du roi, le carrefour de l’Odéon, puis le 13-14 avec Yves Decamp et enfin le téléphone sonne d'Alain Bédouet.

Des auteurs prestigieux comme Echenoz, talentueux comme Harang et tellement proches et à l'écoute nous parlant d’écriture, des mystère de l'écriture, du plaisir d’écrire, de la vanité d’écrire…    

Avez-vous remarqué que c’est le nous qui est venu sous mes doigts ? Un signe qu’en très peu de temps, des liens se sont créés entre les 24 jurés et que cette aventure a été partagée. Une aventure de lecteurs pas toujours d’accord mais solidaires de la décision commune.

Je vais reparler de ces deux jours, de ces trois jours puisque nous (ma femme et moi uniquement) en avons profité pour visiter l’expo sur le douanier Rousseau. Très belle expo.

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12.05.2006

Bilan provisoire

medium_li.2.jpgJ-2.

Dimanche 14

Le verdict

Dimanche donc, réunion des jurés dans la maison ronde. Je vous raconterai. En attendant je continue de rassembler mes idées et le débat est toujours intense dans ma tête. Il y a quelque chose qui fait de la littérature un art à part. On écrit pour communiquer et on écrit pour créer du beau. Cette question me poursuit depuis mes cours de français du collège passés à plancher sur des textes magnifiques de Racine ou de Molière… textes dont on se demandait bien à quoi cela pouvait nous servir. Peut-être à prendre le goût de la belle langue, ce qui n’est déjà pas mal.


Communication ou esthétique ? Les deux ne sont bien sûr pas incompatibles mais entre un poème et une note scientifique il y a de la marge et on comprend bien que la littérature scientifique ne puisse pas laisser trop de place à la poésie. En ce qui concerne les dix livres Inter, il y a aussi des degrés, bien que la plupart des livres soient, heureusement, du côté de la belle littérature, pourtant entre le Deville et le Gabriel d’un côté et le Benchetrit ou le Bégaudeau de l’autre, il y a du champ.

Et puis on aimerait rencontrer le grand coup de foudre, le Parfum, Cent ans de solitude… et puis... non. Bien sûr c’est placer la barre un peu haut mais c’est aussi pour ça que je me suis lancé dans cette aventure. C’est un rêve, plonger dans un bain de littérature. Voilà, j’aurai été juré du livre Inter…


Pour répondre à la question de Ruth, non pas d'overdose, content quand même que cette phase de préparation se termine et un peu impatient de savoir la suite comme quand on tourne une page. 
A suivre…

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06.05.2006

L'étourdissement

medium_blog_240605_egloff_joel.jpgL’Étourdissement

Joël Egloff

Buchet Chastel

Prix Inter 2005


Je n’avais pas lu Livre Inter de l’année dernière, peut-être à cause du dépit de n’avoir pas été choisi. C’était une erreur... réparée.


Une ville de cauchemar, un homme jeune habite avec sa grand-mère une maison délabrée. Une vieille dame pas très sympathique mais comme c’est la seule grand-mère qu’il a… Chaque matin, notre héros enfourche sa bicyclette et part pour l’autre bout de la ville prendre son travail aux abattoirs à côté de l’aéroport. Pas d’avenir, pas de choix. L’abattoir a ses bons côtés et permet d’améliorer l’ordinaire : rognons de porc enveloppés dans du papier journal planqué dans le pantalon et qui dégoulinent le long des cuisses, un régal pour grand-mère et lui. Bortch, son copain de travail, lui offre quelques-unes de ses plus belles prises de pêche. Mais leur apparence maladive et leur consistance molle ne lui inspirent pas confiance. Pas plus que les champignons de Bortch même si Bortch prétend  qu’ils n’auraient pas dû utiliser des oeufs pas frais. On prend ses vacances entre la station d’épuration et la décharge… Ainsi va la vie dans ce charmant pays.


Ce qui est étonnant dans l’écriture de Joël Egloff c’est qu’il décrit cette situation apocalyptique comme s’il décrivait la réalité d’aujourd’hui, sans plus de manière et avec le même vocabulaire. Nul doute que pour lui ce monde là ne soit une des possibilités de notre futur. Cela m’a rappelé une œuvre découverte, il y a quelques années à la Fondation Salomon intitulée Rebus-rebuts où l’on pouvait voir une ville du futur (exotica) bien inquiétante, faîte de ferraille de récupération où les trains et les avions frôlaient les habitations comme dans le livre de Joël Egloff.

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01.05.2006

Les pays immobiles

medium_bayon.jpgLes Pays Immobiles

Bayon

Grasset

Sélection Livre Inter

 

Les Pays Immobiles est un roman inclassable, dit-on sur le site. D’ailleurs le sous-titre est romans au pluriel. On pourrait dire que ce sont 22 nouvelles mais sont-ce vraiment des nouvelles ? Apparemment, l’auteur ne l’a pas voulu. Impossible de résumer le tout à part prendre les 22 récits un à un. Il n’y a pas d’unité de temps, de lieu, de sujet… Chaque chapitre part dans sa propre direction.

Chapitre 1, une longue lettre à sa chérie. On est en Egypte, une lettre de l’autre bord du Nil, une lettre pas ordinaire, du style, du littéraire, pas vraiment d’information ou alors du pictural… C’est assez agréable façon exercice de style, phrase musicale, riches métaphores… Bayon attaque très fort. Un bon début pour le premier roman de la sélection Inter.

Pour le chapitre 2 on part en Bretagne, pays des calvaires, il y aurait une mini-histoire mais on a de la peine à la suivre.

Le chapitre 3, la place, est très court, il a pour sous-titre somnambulisme, on y trouve un drôle de mot « candomblé* » qui fait référence à un rite brésilien.

Voilà, je ne vais pas vous faire les 22 chapitres.

Le 19 revient aux calvaires, le 20 au somnambulisme.

Le 16, la bourbouille, m’a paru être un sujet de nouvelle particulièrement intéressant. C’est l’histoire d’un architecte blanc, colonialiste ou néo-colonialiste, que l’on croise dans un hôpital dans un état peu ragoûtant. Bergerac, notre homme, est homosexuel et exploite son boy, Rigobert, joli garçon noir, de toute les manières et notamment en l’obligeant à vivre nu dans la maison, y compris pendant les réceptions. Le détail qui ne s’invente pas, on demande à l’architecte  de construire un monument pour commémorer l’indépendance de cette ex-colonie portugaise et Bergerac construit un édifice phallique que l’on pourrait imaginer à la gloire de Rigobert. Exercice de style dont Bayon tire quelque chose d’étonnamment tarabiscoté et artificiel.

Pour finir ce résumé, je relis quelques paragraphes et je suis étonné à la seconde lecture de la vitesse à laquelle je passe de l’intérêt le plus vif pour cette écriture alambiquée, ultrasophistiquée à l’exaspération urticante que me procure le massacre syntactique et l’inversion des mots dans la phrase auquel se livre Bayon sans borne ni bonne raison, du moins me semble-t-il.

*Le candomblé est à la fois un genre musical qui trouve ses sources dans les percussions amenées par les esclaves, un peu à l'image de la santeria de Cuba. et une forme de religion issue du mélange du catholicisme, des rites indigènes et des croyances animistes africaines. Il est à distinguer du candombé que l'on retrouve en Uruguay. Il existe deux formes principales du candomblé, et selon certains, celui-ci serait à l'origine du samba.

**Né outre-mer en 1951, bayon est journaliste. il a notamment publié, chez Grasset, les Animals (prix Interallié 1990), La route des gardes (1998), Le lycéen (2000), Gainsbourg raconte sa mort (2001)

Extrait de la Bourbouille :
Ce volumineux poupon écarlate poudré, ce lourd garçonnet âgé, tout souffrant, soufflant, enflé, faisait peine et mal à voir, honte. Comme exprimant on ne savait quoi. Dans notre cerveau, nos nerfs, nos fantaisies natives, en pure devination (sic) je sus que cet homme artiste et seul et nu et rouge sous le blanc était un malade - ce qui se voyait assez -, mais que tout à la fois sa maladie insidieuse, lui collant à la peau à la consumer, était le mal d'amour des garçons (Je ne me dis pas cela; je le sus absolument, d'une certaine façon innée qui fait que je ne le sais qu'à présent, à le saisir en retranscription de l'indistinct), et que c'étaient ses goûts, penchants, moeurs garçonnières, qui avaient entraîné chez lui cet accès si physique et spectaculaire, telle une plaie vive manifeste, justifié cette mortification exquise : une véritable punition corporelle distinctive sous cette forme dévorante, corruptrice, éclatante de puérilité critique rongée d'une brûlure insignifiante d'infamie affichée.

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27.04.2006

La chambre de la Stella

medium_harang.jpgLa chambre de la Stella


Jean-Baptiste Harang


Grasset


Sélection du Livre Inter

 

Pièce après pièce on explore la maison d’enfance du narrateur et de l’auteur. Une maison sise  à Dun-le-Palestel dans la Creuse non loin de la Souterraine. Parmi les pièces, il a la chambre de la Stella qui cache on s’en doute un mystère. En même temps que l’on visite la maison, une pièce nommée « la gare » où le grand père vendait des billets de train, la chambre d’Arthur, la salle à manger, l’escalier, le grenier… on explore les souvenirs de l’auteur. Des souvenirs d’une grande précision dans les détails, pleins d’énumération à la Vialatte, et flous dans les grandes lignes. Volontairement flous parfois, l’auteur ayant refusé d’en savoir plus, de chercher plus, mais aussi involontairement quand les données se dérobent, quand la mémoire s’est enfuit.

Quel est ce mystère qui se cache dans la chambre de la Stella ? L’auteur ne cherche pas à nous tenir en haleine, il ne dissimule pas longtemps que son secret tient dans l’origine de son père qui, à dix ans, a changé de nom, de Quisserne il est devenu Harang. Le but principal est d’exhumer à la manière d’un archéologue, une époque, le milieu du siècle passé, que le lecteur trouve lointaine (et pourtant Harang a mon âge) : la mémé d’Dun qui bassine son lit aux briques chaudes, les cadres des tableaux faits de munitions de la guerre, le cousin Arthur que la mémé n’aimait pas, la petite Marie, une vieille de l’hospice qui chaque dimanche vient manger sa tranche de cake, une ville autrefois riche de petits commerces… Et les souvenirs qui hantent : une mère peu aimante, un père a qu’on a jamais compris, a qui on a posé les mauvaises questions… La vie, notre vie, qui passe sans que l’on comprenne très bien, sans que l’on ne retienne aucun grain du sablier…

Jean-Baptiste Harang ne soigne pas le suspens mais il soigne le style. Ses descriptions sont longues et nombreuses mais elles ne lassent pas. On les déguste comme des tranches du cake de la grand-mère. Son livre a un petit côté suranné, pas seulement dans son sujet mais aussi dans sa manière. Une écriture de l’autre siècle, des paragraphes faits sur mesure pour y tailler des dictées pour les élèves attentifs aux détails mais aussi pour les distraits.

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Né en 1949 dans la Nièvre, Jean-Baptiste Harang fait partie de la rédaction du "cahier livres" de Libération. Il est l'auteur chez Grasset du Contraire du coton (1993), Les Spaghettis d'Hitler (1994), Gros chagrin (1996) et Théodore disparaît (1998).

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Extrait :
'Un jour mon père a dépendu un homme qui ne lui était rien, mon père n'a connu que des hommes qui n'étaient pas son père, on lui en trouva un, de père, lorsqu'il avait dix ou douze ans, on changea son nom, et même son prénom pour le défaire de son passé, il s'appelait Raymond Quisserne et devint tout à trac Roger Harang, il nous a donné ce nom d'emprunt sans nous dire jamais qu'il n'était pas le sien. Un soir, il a couché sur un lit fait le cadavre d'un homme, un voisin qu'il venait de dépendre, il n'était pas son père, il le portait contre lui comme un noyé évanoui. Je ne veux pas que cette histoire ou l'on décroche des pendus figure où que ce soit. Elle reste malgré moi, elle visite chaque page de ce que je vais dire maintenant.'

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21.04.2006

Fuir les forêts

medium_gabriel.jpgFuir les forêts

de

Fabrice Gabriel

 

(Seuil)

 

Selection du Livre Inter

Je ne sais pas si c’est l’éditeur qui veut ça mais les deux romans publiés au Seuil sont des objets pas faciles à résumer. Il y a six chapitres intitulés Grünewald, Nerval, David Balfour, Paris, Parsifal, Gabrielle. Chaque chapitre contient 26 paragraphes correspondant aux lettres de l’alphabet. Entrelardant ces chapitres on trouve six descriptions de photos façon exercice de style. Le frère décédé de l’auteur sert de fil rouge. On retrouve aussi quelques personnages comme l’oncle Martin, le recteur… Il ne faut pas compter sur l’auteur pour expliquer qui est qui ou décoder quoi que ce soit ni même pour traduire un quelconque mot d’allemand. Ce serait trop facile.

S’il cite un vers en allemand, un seul vers : Vom Blau, das noch sein Auge sucht... (qu’il conclu par « C'était cuistre , mais sensuel ») c’est sans traduction et il y faut la culture ou la sagacité du lecteur aidé de Google pour retrouver Paul Celan, un écrivain bien étrange de son vrai nom Paul Antschel - Ançel/l'Ange/Angjelo. Celan correspond à Ançel en roumain prononcé à l'envers où ç roumain correspond à gi en italien.

Celan  est né en Bucovine dans une famille juive, il parlait toutes les langues mais mettait un point d’honneur à n’écrire qu’en allemand. Il fréquentait, René Char, Nelly Sachs, prétendait que le langage doit se libérer de l’histoire, et doit être utilisé pour mettre des mots qui répondent au silence imposé sur la situation terrible de l’Holocauste. Celan traduit  Jean Cocteau, Henri Michaux, Osip Mandelstam, Guiseppe Ungaretti, Fernando Pessoa, Arthur Rimbaud, Paul Valéry, René Char, André du Bouchet, et Jacques Dupin… En 67, Celan, le juif martyrisé,  rencontre le philosophe Martin Heidegger, ancien membre du parti nazi, et qui ne renia jamais cette appartenance, ce qui lui inspire le poème Todtnauberg dont est extrait le vers cité plus haut. Après la guère, il s’installe finalement à Paris, où il est professeur d'allemand à l'École normale supérieure. Il se suicide à 50 ans en se jetant dans la Seine. Voilà je viens de vous documenter une ligne du livre : « Vom Blau, das noch sein Auge sucht... C'était cuistre, mais sensuel. »

L’histoire se passe quelque part dans l'Est de la France, un Est qu’il faut fuir en le racontant, en se racontant. Les lettres de l’alphabet, les mots qui caractérisent un chapitre sont à la fin du livre. C’est fait pour que le lecteur ait envie de jouer à la devinette. C’est, à mon avis, une fausse bonne idée. On se retrouve dans la situation que connaissent bien les lecteurs de la Pléiade. On va a la fin chercher la note et on trouve « Herr und Hund » bien sûr on ne voit vraiment pas pourquoi « Herr und Hund », on cherche… manque de pot on a pas son dictionnaire franco-allemand sous la main… dommage !... D’ailleurs si on l’avait on ne serait pas avancé… On est totalement déconcentré et il faut poursuivre l’histoire, se plonger dans le paragraphe suivant, la lettre I comme Imprévu, puis J comme Jeudi ou Jankélévitch... Il aurait été bien trop simple de mettre le mot-titre en début de paragraphe avec la lettre en majuscule.
  
J’ai l’air critique comme ça mais je dois dire que c’est bien écrit et qu’on se prend à cette cuistrerie. Ce livre m’a plutôt moins énervé que certains. Ceci dit le prix du Livre Inter est un prix décerné par un jury populaire…
 
Fabrice Gabriel est agrégé de lettres et critique littéraire comme Jean Baptiste Harang d’ailleurs. Cela doit faciliter la recherche d’un éditeur.

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18.04.2006

Insoupçonnable

medium_viel.jpg.

Insoupçonnable

 

Tanguy Viel

 

(Minuit)

 

Selection Livre Inter

 

Le livre commence par le mariage de Henri et de Lise. Henri est commissaire priseur. Il a réussi avec l’aide de son frère Edouard, ils ont tous les deux la cinquantaine. Lise doit avoir vingt-cinq ans et elle jouait les allumeuses dans un bar à whisky, ou quelque chose du genre. La fille qui se laisse tripoter mais qui ne monte jamais. Là, j’extrapole, car Sam le narrateur n’est jamais aussi direct.

Lise a présenté Sam à Henri comme son frère. On apprend très vite que Sam n’est pas son frère sans qu’il soit précisé qui il est exactement, on peut supposer que c’est son souteneur… un mac qu’elle a dans la peau… Pendant quelque temps Sam va jouer au golf avec Henri et Edouard. Les relations entre les quatre personnages sont assez étranges. Edouard est plutôt inquiètant. Lise un peu absente et mystérieuse...

Sam enlève lise (kidnapping dit-on, quel vilain mot) et demande un million de rançon à Henri. Henri va se rendre au rendez-vous mais au moment de remettre la valise à Sam, il s’encouble, butte sur une racine et la valise tombe et éclate, elle est pleine de papier blancs. Une sorte de resucée à l’envers du film Mélodie en sous-sol avec Delon et Gabin, sauf qu’au cinoche il a le ralenti. Henri reconnait Sam. Seule solution pour celui-ci : « suicider » Henri, le corps sera déposé en mer. Je ne vous raconte pas la fin mais n’en attendez pas de surprise trop boulversifiante.

Il y a tous les ingrédients pour un thriller. Certes le scénario n’est pas très original mais qu’importe quand le traitement est bon. L’est-il ?  L’écriture est assez léchée avec de longues phrases bien balancées. Cela contrastent avec le narrateur que l’on imagine un peu frustre et pas trop porté sur la littérature. Cela nuit à la vivacité du récit qui est essentielle au polar. Le livre fait 138 pages en 15 chapitres, c’est un peu court aussi pour un polar. Mais bon… On est encore une fois en visite d'une sorte d’OLNI, un objet littéraire non identifié, on peut y croire, on peut même aimer, cela sort sans aucun doute des sentiers battus.

Tanguy Viel est né à Brest en 1973. Insoupçonnable est son 4ème roman

Extrait:

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14.04.2006

Radio Livre

Je continue ma lecture avec des hauts et des bas, enfin plus de bas, je dois bien l’avouer. Je prends des notes et j’écoute les auteurs sur France-Inter. C’est intéressant d’écouter les questions que posent les interviewers et de constater à quel point ils lisent bien les livres. Amusant aussi d’entendre dans l’entretien avec Nathalie Kuperman à quel point la journaliste se permet de mettre en valeur ce qu’elle, journaliste, a trouvé qui manquait dans le livre et de voir que l’auteure lui rèpod gentiment.

Je viens de aussi d’écouter le Masque et la Plume de dimanche dernier où Xav m'avait signalé qu'on parlait du Nicolas Fargues. J'avoue que j’ai un peu de peine à comprendre cet engouement. En plus c’est ma copine Patricia Martin qui est le plus soulevée par cette vague farguienne. Passe encore qu’elle pense que la sexualité du narrateur soit représentative de celle du premier sexe (un mec très beau, très porté sur la chose, obsédé, et qui avoue 4 à 5 femmes a 30 ans, vous trouvez ça normal ?) mais qu’elle cautionne les banalités dites dans ce livre sur l’Italie et les italiens… ça m’inquiète, surtout que Patricia est comme moi une grande italophile.

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12.04.2006

Je vais de mieux en mieux

medium_lelievre.jpgJe vais de mieux en mieux


Marie-Dominique Lelievre

 

(Flammarion)


 

Selection Livre Inter

 

Elle s’appelle Gabrielle et lui Pierre. Ils ont la petite quarantaine, un peu moins peut-être, ils sont riches, ils sont beaux, lui est architecte, une pointure semble-t-il, ils ont une fille Inès, 15 ans, mignonne bien sûr et un peu chiante comme il se doit, exigeante avec papa, tannante avec maman. Ils viennent de se construire une villa de rêve dans un paysage de rêve que l’on imagine facilement en Corse. Il y a même une société de gardiennage qui passe un peu trop souvent près de la maison pour être honnête.

C’est Gabrielle qui raconte sa vie de rêve, sa maison de rêve, version demeures et châteaux, son mari de rêve, enfin presque, de ce côté la relation se gâte. Le Pierre, constructeur de son état, se renferme dans sa coquille comme un bernard-l’hermite. Il parle à la rigueur d’architecture mais il n’a pas envie de parler de l’éducation de sa fille et encore moins d’amour. Gabrielle ne se laisse pas abattre, elle est adepte de la méthode Coué alors elle se répète régulièrement la phrase magique :


Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux.

 

Et pourtant rien ne s’arrange. Malgré les appareils de marque, les produits de bon goût et de qualité, les vêtements chicos, les soirées branchées… A tout point de vue Gabrielle va de plus en plus mal.

Les héros sont bien campés, visiblement Marie-Dominique connaît bien le monde dans lequel évoluent nos trois héros. Elle cite les produits qui vont bien. Elle connaît le vocabulaire qui fait va avec et qui fait mouche : Une orchidée blanche trémule à la fenêtre… Une goutte séreuse tombe de ses cheveux… ils sont des personnages de SF pris dans le suc des aliens, les roches sont adamantines… la pénombre stroboscopée… Beaucoup de recherche dans l’écriture, pourtant, on a beau circuler entre Paris et l’île de rêve, cette Fabienne Bovary là m'a un peu fatigué.

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09.04.2006

La tentation des armes à feu

medium_deville.jpg.

La tentation des armes à feu
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de Patrick Deville
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(Seuil)

 

Selection Livre Inter

 

Aie ! Pas facile de décrire cette histoire. D’ailleurs, il n’y a pas d’histoire. Il y a un narrateur qui a la bougeotte et nous emmène dans ses bagages. Il n’a y pas d’ailleurs que ces voyages qu’il nous fait partager. Il nous fait participer à son intérêt pour Baltasar Brum dont il a trouvé une photo le jour de son quasi suicide deux pistolets Smith et Wesson chromés à la main. Vous ne connaissez pas Brum ? Pourtant il a été président de l’Urugay de 1919 à 1923 !  On ne découvre pas que Brum… il y a aussi une femme brune, son Infante de Castille, son amour impossible, et puis une jeune anglaise qui lui a fait découvrir Après le feu d'artifice d'Aldous Huxley.

Et ce n’est pas fini, on part du côté de l’ex URRS, on parle d’Essenine, à qui Kirov prêta sa maison près de Bakou, de Lermontov et de Pouchkine, morts en duel à quelques années d’intervalle, de Maïakovski, né en Géorgie, qui se tira une balle dans le coeur. Des destins que l’auteur évoque dans un récit qui prend des formes de poupées russes. On y parle même, et pourquoi pas, de la Lada une voiture  mythique et dont j’ai même possédé un exemplaire jaune...

Et on continue de partager la curiosité de l’auteur, on se penche sur la fin de Topaz (l’étau en français) ce film de Hitchcock sur la crise des fusées de Cuba, boudé par les plus fanatiques des hicthcockiens et particulièrement sur le souvenir de la main de Michel Piccoli, «qui plane, un instant, au-dessus d'un tiroir ouvert», dans lequel traîne probablement un funeste instrument.  L’auteur parle du mcguffin d'Alfred.
 
Puis on retrouve en France, la fameuse «Grande Infante de Castille», le fil rouge de ce roman, celle qui fait le pont entre toutes les histoires. Avec malice Patrick Deville nous fait voyager avec ses fantômes et les armes à feu qui sont  « comme l'alcool, des promesses de paradis qu'on implore quand rien ne va plus mais aussi quand trop de bonheur vous submerge.»

Le tout fait 150 pages, et encore, il y a les photos et même la musique d’une longue chanson qui ne m’a personnellement guère inspirée. Pourtant le patchwork fonctionne, les couleurs s’harmonisent, on ne sait pas pourquoi on s’est fait envoûter, on aimerait en savoir plus et on se dit que là, pour le coup, cela pourrait devenir vite barbant.

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05.04.2006

J'étais derrière toi

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J'étais derrière toi
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Nicolas Fargues
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(P.O.L)

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Selection du Livre Inter

Le narrateur, français, blanc, très beau (comme Nicolas), la trentaine, deux enfants, une femme superbe et noire. Un malheureux jour, il baisouille avec une chanteuse, noire elle aussi, et il raconte sa mini frasque à sa femme le couple se dérègle et se met à fonctionner en mode sado-maso. Elle part pour trois semaines à Kodong et couche avec un beau noir, un mobalien. Le narrateur lit son journal intime et commence à raconter à un ami (virtuel) ses aventures sentimentales.

Le narrateur plaît aux filles au point qu'elles lui filent leur numéro de téléphone dans les restos, c’est précisément ce qui se passe à Romanze, en Italie où il est venu rendre visite à son père pour deux jours. Notre héros ne fait ni une ni deux, il téléphone à la fille une superbe gonzesse, vingt ans, la classe italienne et tout et tout… Rentrés à la maison il va bien sûr avouer à sa femme son aventure, enfin pas tout de suite mais presque, et la relation sado-maso repart de plus belle… Bon, je vous raconte pas la fin.

C’est écrit dans une langue moderne et simplifiée, pleine de choses, de trucs, de machins, de "bref" qui annoncent de très longues phrases à la ponctuation alléatoire. « Tu vois ce que je veux dire », « OK, je sais que c’est un cliché mais c’est vrai », « Qu’est-ce que je disais déjà ? Je me justifiais sur un truc. C’était quoi ? Ah oui… » De longues listes d'adjectifs, de questions, pas de chapitre… Moderne quoi !


Cette une histoire dans l’air du temps, plus de sexe que de psychologie, plus ado qu’adulte, plus parlée qu’écrite, on se prend pas la tête, on aime les trucs simples, les machins fastoches, les choses qu’on comprend du premier coup. C’est comme l’équipe d’Italie, y pas autant de noirs que chez nous et puis les couples blancs et noir c’est peut-être pas une bonne idée, après tout. Mais je m’égare… Peut-être… « et ma lucidité me fera paraître démoniaque en comparaison du mec lambda qui dira merde à sa meuf quand il pensera merde, qui la baisera quand il aura envie de la baiser. (…) On est tous les même faut pas croire. Et puis merde, je ne suis pas si mauvais que ça, c’est pas vrai. »  
Voilà, elle était derrière lui la meuf.

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03.04.2006

J'ai renvoyé Marta

J'ai renvoyé Marta
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de Nathalie Kuperman

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(Gallimard)

 

Selection Livre Inter

Sandra a pris une femme de ménage. Elle s’appelle Marta comme sa grand-mère, elle est polonaise comme l’était sa grand-mère. Pour tout compliquer Sandra à une fille, un bébé qui s’appelle aussi Marta. Sandra nous décrit par la menu sa vie au quotidien. C’est une femme heureuse, une bonne bourgeoise qui a un bon mari, un bel appartement, les deux fils d’un premier mariage de son mari, Jules et Emile, avec qui elle s’entend plutôt bien et sa petite fille Marta. Au début on se dit qu’avec tout ce conformisme, le mari va avoir une aventure avec Marta, la femme de ménage, et puis non !

L’histoire tourne autour de la névrose de Sandra qui trouve un exutoire à travers Marta qu’elle se met à espionner, à imaginer au travail, à tenter en exposant sa bague de fiançailles, elle lui explique à l’envie les problèmes de porte qui ferme mal, elle lui explique la succession des éponges de couleur et leur utilisation en fonction de leur degré d’usure, elle imagine de refourguer à Marta un vieux fauteuil vert puis une de ces anciennes robes, noire, très belle…  Bref Marta est devenue le centre de sa vie, son obsession. Le reste de la famille compte peu.

Par la magie de l’écriture l’auteure nous fait entré dans la tête de Sandra et on réussi même à s’intéresser à cette vie un peu creuse. Marta est le mcguffin d’une histoire racontée d’une écriture classique avec assez peu de dialogues. On pense forcément à Madame Bovary et on se dit qu’il est plutôt bien que, depuis Flaubert, le nombre de pages des livres ait été réduit d’un facteur deux ou trois. Essayez de relire madame Bovary, vous verrez de quoi je parle, sinon c’est que vous êtes encore plus cinglé de littérature que moi et là je dis chapeau !  

Nathalie Kuperman vit et travaille à Paris. J'ai renvoyé Marta est son quatrième roman

Extrait:

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01.04.2006

S. Benchetrit

medium_benchetrit.jpgChroniques de l’Asphalte

Samuel Benchetrit

Julliard

Candidat au prix du Livre Inter

Premier tome des cinq que Benchetrit a décidé de consacrer à son enfance. Une auto-fiction qui se passe dans une HLM de banlieue. Une banlieue plus riante que celle de la téloche, mais la téloche ne nous montre que les trucs qui foirent. Ses amis s’appellent André, le fils de l’éboueur, Karim un beur, Riton et Daniel… ils ont dix, douze, treize ans, tous un peu margoulins. Samuel ne parle guère de lui dont on peut penser qu’il est le plus futé e la bande.

La structure en une quinzaine d’anecdotes qui se passent d’étage en étage jusqu’au douzième et même jusqu’au toit en terrasse est une construction simple qui marche plutôt bien. Au milieu et vers la fin des souvenirs plus personnel et nostalgiques, au douzième un cosmonaute arrive sur le toit. J’ai beaucoup aimé la petit Mina qui va voir X fois les Nuits Fauves. Karim qui contemple ses chaussures neuves et roule le flic venu lui acheté du haschich…
 
Une écriture simple, décontractée et efficace, une mise en scène à l’intérieur des chapitres bien faite, je me suis laissé emporter par la fraîcheur de ces petites histoires, l’atmosphère du quartier.

Aux dernières nouvelles le numéro deux est prévu pour la fin de l’année. Samuel tiendra-t-il la route ? La démarche fait penser à Michel Tremblay et ses Chroniques du Plateau Mont-Royal, la grosse femme d'à côté est enceinte, le premier quartier de lune, un objet de beauté… plein d’autres et mon préféré : Un ange cornu avec des ailes de tôle. Cette comparaison pourrait faire plaisir à Benchetrit mais atteindre la force de Tremblay n’est pas à la portée du premier surdoué venu.

Extrait:

Au début, la famille Bouteillé habitait au neuvième. Et puis la mère, je crois qu'elle s'appelait Suzanne, enfin madame Bouteillé, elle a eu une sclérose en plaques. Alors plus sa maladie avançait et plus ils descendaient d'étage dans l'immeuble. (,,,) Quand Jojo (le père)jetait un coup d'oeil dans son rétro, il pouvait voir Titi et Neness, ses jumeaux, charger la benne à ordures, pendant que Marco, son aîné, restait accroché au camion, occupé à faire marcher le broyeur.
Nous, on les voyait tous les matins à l'école. C'est pas qu'on les croisait pendant leur tournée. Non. Ils déposaient Dédé, un de mes meilleurs amis, le dernier des Bouteillé, encore trop jeune pour travailler sur le camion. Quand Dédé descendait de la benne, il était plutôt gêné, faut dire que tout le monde se foutait de sa gueule. Et comme sa seule façon de s'en tirer c'était la dignité, il nous disait à chaque fois : Ca va... Y a pas de honte.

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30.03.2006

Le boléro

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Mais  qui donc a composé le boléro de Ravel ?

 

Après un premier article sur le dernier livre de Jean Echenoz et en attendant la suite des notes de lecture, c'est avec grand plaisir que j'accueille sur ce blog un texte de Jean Perrenoud à paraître dans le Passe-Muraille numéro 70.

Jean  est juriste et documentaliste à l'Université de Neuchâtel (Suisse). Comme moi, il collabore depuis peu au Passe-Muraille, périodique littéraire de Suisse romande.

[Mais  qui donc a composé le boléro de Ravel ?]

Mélomane amateur, j’ai trouvé la réponse à cette question fondamentale dans le nouveau roman de Jean Echenoz. J’y ai surtout découvert les 10 dernières années du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937). Alors que d’autres écrivains, en cette année d’anniversaire, vous balancent des fadaises et des inepties sur Mozart, Jean Echenoz, avec brio, anticipe d’une bonne année l’anniversaire des 70 ans de la mort de Ravel, ou alors, avec une bonne année de retard, publie un hommage pour les 130 ans de la naissance de l’artiste. Après Au piano (2003), roman dans lequel il décrivait finement un pianiste professionnel confronté à l’enfer de la vie et… de la mort, Echenoz poursuit son exploration de l’univers musical en évoquant, avec pudeur et ironie la vie d’un compositeur, à cheval entre deux siècles, connu de tous pour une œuvre « tantrique » jouée jusqu’à l’écoeurement, mais si méconnu dans sa vie intime, dans sa solitude, ses insomnies et, surtout, dans l’effilochement terrible de ses facultés intellectuelles à la fin de sa vie.

Pierre Lepape, qui offre un portrait très sensible d’Echenoz dans le Dictionnaire des écrivains de langue française (Paris, Larousse, 2001, p. 585) parle de légèreté pour l’écriture de cet auteur discret et il a raison. Je savoure encore les trois premières phrases, intrigantes, de son roman : On s’en veut quelquefois de sortir de son bain. D’abord il est dommage d’abandonner l’eau tiède et savonneuse, où les cheveux perdus enlacent des bulles parmi les cellules de peau frictionnée, pour l’air brutal d’une maison mal chauffée. Ensuite, pour peu qu’on soit de petite taille et que soit élevé le bord de cette baignoire montée sur pieds de griffon, c’est toujours une affaire de l’enjamber pour aller chercher, d’un orteil hésitant, le carreau dérapant de la salle de bains. Il convient de procéder avec prudence pour ne pas se heurter l’entrejambe ni risquer en glissant de faire une mauvaise chute.
Les lieux, les animaux, les objets, et notamment les moyens de transport, deviennent des personnages à part entière du roman et prennent ainsi une part active au devenir de notre compositeur. J’ ai croisé aussi, pêle-mêle, Satie, Bartók, Stravinsky et Gershwin, mais aussi Sacco et Vanzetti, Gerry Mulligan ( !), Ida Rubinstein, Canetti, Véronal, Nembutal et Prominal ainsi que quelques techniques plus ou moins imparables pour endormir les grands insomniaques.

Il y a de belles inventions dans l’écriture d’Echenoz. Ainsi du boléro : Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne. Et plus loin : Voilà qu’il vient de finir ce petit truc en ut majeur dont il ignore qu’il fera sa gloire, quand on le fait venir à Oxford. Celles-ci font avancer la narration, poussent plus loin, toujours plus loin, ajoutent au suspens.

Ces 123 pages tiennent en haleine, font plonger dans l’univers du compositeur. Par moment, on se croit dans la tête de Maurice Ravel comme d’autres l’ont été dans la peau de John Malkovich. J’ai été pour ma part transporté par ce texte foisonnant :
De retour à Montfort-l’Amaury, c’est un printemps français classique et tempéré qui change des excentricités américaines. Avant même que Ravel ait ouvert la porte de sa maison, au-dessus de lui des bandes d’oiseaux l’accueillent qui mettent au point leurs récitals. Du rouge-gorge des murailles à la nonnette mésange, un tas de petits types s’égosillent ainsi dans les arbres, lançant leurs chants que Ravel connaît sur le bout des doigts, sous l’étroite surveillance de ses deux chats siamois.
Tout y est : l’atmosphère limpide des nouveaux jours, la joie de vivre, mais aussi la menace, à peine voilée, d’un coup de griffes qui peut blesser à tout instant.

Jean Perrenoud

Jean Echenoz, Ravel : roman, Paris, Editions de Minuit, 2006.

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29.03.2006

F. Bégaudeau

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Entre les murs

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François Bégaudeau

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Editions Verticales

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Une année scolaire (2004 ?) dans un collège parisien (19ième arrondissement) black-blanc-beurre ou plutôt black-yellow-beurre. Une classe de troisième. Un prof narrateur plutôt malicieux et plein d'humour.

Les communautés chinoises et maghrébines s’affrontent dans un français très approximatif et assez amusant. La narration lâche (on est perdu pendant les premières 40 à 50 pages) tente de reproduire l’enchaînement des jours dans les salles de classe alternées de salle des profs. Des profs souvent aussi gamins que leurs élèves et qui se battent avec les 50 centimes qu’exige la machine à café.

On finit par mémoriser les noms des quelques élèves que l’on n'arrive pas vraiment à suivre à l’exception de Dico, la tête de turc du narrateur. Dico visite chaque jour le bureau du directeur et il le cherche bien. Il est tannant Dico, achalant comme on dit au Québec. On en repère quelques autres, la belle Hinda qui pourrait faire craquer son prof de français et qui ressemble à qui, à qui… « Vous trouvez pas monsieur qu’elle ressemble à Jennifer de la Star-ac, Hinda ? » Ah oui, bien sûr, à Jennifer… et en mieux. Un récit parfois décousu et semé de perles du langage djeune. « Je sais pas c’est quoi, monsieur, l’invraisemblance » dialogue bien (re)construit, travail sur le langage, sur ce vocabulaire de base qui semble manquer à ces jeunes qui se noyent dans le verlan et les constructions approximatives.

Quelques paragraphes un peu inutiles dans un livre plutôt sympa et agréable à lire, une fois passé le premier agacement des manques de repères. Livre qui s'apprécie au fil des pages et qui donne une agréable sensation de former une oeuvre. « Entre les murs » a reçu le prix Télérama / France Culture. 

Aura-t-il le prix du livre Inter ?

Extrait :

À la craie j'ai écrit laxiste = permissif. Alyssa a copié sur un bout de carnet.
- En ce moment par exemple, on se demande si l'école est pas un peu permissive, si elle devrait pas punir plus, par exemple des gens comme Mezut qui se retournent dix fois par heure, hein Mezut ?
- C'est parce que y'a un truc j'comprends pas. _ Ah?
- J'sais pas c'est quoi un gène, m'sieur.
- Ben quand même... Je viens d'expliquer... Washington DC, Bien-Aimé savait.
- C'est quand on a envie de tuer et qu'on peut pas s'en empêcher.
- Attention, le gène est pas forcément du crime. Et je répète que le gène du crime, actuellement personne ne l'a trouvé. ,
Alyssa avait commencé à noircir une feuille, Mezut n'avait toujours pas compris, Fayad riait de je ne sais quoi, les boucles d'oreilles en plastique d'Hadia frétillaient à l'unisson de son cerveau.

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26.03.2006

Livre Inter

Toutes les notes

medium_li.jpgAnnonce - Echenoz
La lettre
Ça y est, je suis juré !
Ravel
Je fais des jaloux
Le boléro

Créé en 1975, le prix du Livre Inter compte aujourd'hui parmi les plus hautes récompenses du monde littéraire. Prix devenu populaire au fil du temps, il est chaque année plus plébiscité par les lecteurs quand ses confrères vivent une certaine crise de crédibilité. Il est vrai qu'à France Inter, ce prix s'appuie sur une passion du livre développée chaque jour dans de nombreuses émissions et partagée avec les auditeurs depuis au moins 30 ans.

Les livres

1-Les pays immobiles de Bayon (Grasset)
2-Entre les murs de François Begaudeau (Verticales) 
3-Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit (Julliard)
4-La tentation des armes à feu de Patrick Deville (Seuil)
5-J'étais derrière toi de Nicolas Fargues (P.O.L) 
6-Fuir les forêts de Fabrice Gabriel (Seuil) 
7-La chambre de la Stella de Jean-Baptiste Harang (Grasset)
8-J'ai renvoyé Marta de Nathalie Kuperman (Gallimard) 
9-Je vais de mieux en mieux de Marie-Dominique Lelievre (Flammarion)
10-Insoupçonnable de Tanguy Viel (Minuit

A la radio

Livre Inter 2005 - Joël Egloff

Bilan provisoire de lecture à J-2

Mes préférences prépostées 

L'après Livre Inter

Les débats - Récit et votes

L'heureux élu - Jean-Baptiste Harang

L'article d'Isabelle journaliste localière à Ouest-France

Passage à Blog à part - Alexandre Boussageon

Quelques photos de ces deux jours

Une Journée à France-Inter - Le lundi

Prix de Brillac - Les jurés 2005

Présentation St Julien
 

30 notes

 


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21.03.2006

Livraison

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Les livres

 

Suite à un gentil mot de Maryse de France-Inter, dont j'ai fait le siège ce week-end par email, et qui était toute pré-occupée de savoir si la livraison allait m’arriver, je viens de recevoir mes deux paquets de livres.

Ce n’est pas très impressionnant dix bouquins. La plupart ont 150 pages avec deux ou trois vers les 200 à 250 et un seul à 295. Ce n’est pas guerre et paix ni les frères Karamazov, du moins en volume. Bon, ce sera un par semaine et des notes de lectures pas trop orientées que je publierai ici. 

Liste détaillée ici

Les pays immobiles
de Bayon (Grasset) 
___________ 
Entre les murs
de François Begaudeau (Verticales) 
___________ 
Chroniques de l'asphalte
de Samuel Benchetrit (Julliard) 
___________ 
 La tentation des armes à feu
de Patrick Deville (Seuil) 
___________ 
J'étais derrière toi
de Nicolas Fargues (P.O.L) 
___________ 
Fuir les forêts
de Fabrice Gabriel (Seuil)  
___________ 
La chambre de la Stella
de Jean-Baptiste Harang (Grasset) 
___________ 
J'ai renvoyé Marta
de Nathalie Kuperman (Gallimard)  
___________ 
Je vais de mieux en mieux
de Marie-Dominique Lelievre (Flammarion) 
___________ 
Insoupçonnable
de Tanguy Viel (Minuit) 

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14.03.2006

Jaloux ?

medium_pmartin2.jpgAprès Annie Hall il y a trois semaines, ce soir le ciné-club de St Ju passait Sonate d’automne, des merveilles dont je reparlerais ici.

J'ai reçu aujourd'hui une lettre de France Inter. Il faut envoyer une lettre d’acceptation et de bon pour règlement. C’est prêt ! J’ai même demandé l’autorisation de mettre des notes de lecture sans prendre trop parti. C'est pour rassurer les inquiets :-)

Je fais des jaloux, nous faisons des jaloux, Alexandra et moi, n’est-ce pas JPaul ? Alexandra c’est ma co-jurée, qui s’est signalée dans un commentaire cet après-midi. Elle a été choisie au premier essai, il y en a qui sont chanceuse. Je sens que l’aventure s’annonce palpitante.

Depuis cette nomination comme juré, on en parle beaucoup autour de moi. Il y a plusieurs types de réactions. Ceux qui ne savent pas de quoi on parle. Cela me surprend toujours qu’après 31 prix et autant de battages annuels, il puisse y avoir encore autant de gens pas au courant…

Et puis il y a ceux qui connaissent très très bien, qui ont éventuellement postulé une fois ou plus et qui me regardent avec un air envieux. Ils expliquent aux autres ce qu’est ce prix, un prix décerné par des lecteurs, pas par l’intelligentsia parisienne qui fait la pluie et le beau temps de la littérature française, un prix qui n’est pas concocté par des jurés confortablement installés chaque année chez Drouant et dont on dit qu’ils défendent plus leur éditeur que les livres… non le Livre Inter, ce sont des lecteurs passionnés qui sont podologue :-), infirmière, agent de maîtrise, vendeurs… et dont on peut être sûr et certain que le 14 mai, ils auront humé, caressé, lu, décortiqué, pesé, soupesé, analysé les dix livres en compétition.

Pour jeter un peu d’huile sur le feu de leur jalousie, je leur dis mon plaisir anticipé de rencontrer Jean Echenoz, les autres jurés, Vincent Josse le découvreur de talents passionné, et j’ajoute perfide « et peut-être même Patricia Martin. » Les yeux de ceux qui connaissent Patricia s’allument… on me parle du Masque et la plume, de Philofil, de ses chroniques littéraires… C’est incroyable le nombre de fans de Patricia (photo).

Et il y a aussi le Dauphiné qui m'a appelé, c'est la gloire!

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12.03.2006

Ravel

medium_ravel.jpg[Source]

 

Jean Echenoz

 

Ravel

 

Roman

 

Avant de lire les dix livres du prix Inter, je lis et relis Echenoz. Si vous n'avez rien lu de lui vous pouvez commencer par Ravel, un petit livre de 124 pages à 12 euros sorti depuis peu et victime de tous les éloges.  Ce roman nous raconte les dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937).


Il n'est pas facile de rendre la vie par l'écriture et de ce point de vue, ce Ravel est une réussite. Il y a ici du Flaubert. Dès les premières pages on rentre dans la baignoire du compositeur, puis on prend le bateau, le France, avec notre héros et ses vingt-cinq pyjamas, ses soixante chemises, ses soixante-quinze cravates, ses trentes paires de chaussures plus ou moins vernies. Un Ravel en première classe, tiré à quatre épingle...  A New York, le 7 mars 1928, il fête ses 53 ans. Puis, on participe à son tour moucheronesque et vibrionnant des Etats-Unis dans des trains de luxe, des hôtels de luxes, des réceptions où il mange mal, lui qui "aimait la viande rouge bleue"... Il revient en France et on arrive à ce fameux boléro, « ce petit truc en ut majeur qui va marcher cent mille fois mieux que La Madelon. »  Pas beaucoup d'oeuvres citées, même pas sa pavane pour une infante défunte dont le titre sonne si bien.


Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on l'exempta de toute obligation mais, comme il insistait, on l'affecta sans rire à la conduite des poids lourds.


Le personnage toujours souriant, dandy et solitaire était-il sympathique? Difficile à dire. Echenoz nous renvoie à la vérité de l'être sur la fin de sa vie entre art et vanité. Il y a au moins deux choses que j'ai aimé chez Ravel, c'est qu'il s'intéresse au Jazz, ce qui ne devait pas être si courant à l'époque, et il ne se prend pas toujours pour un maître. A preuve ce paragraphe.

Il est devenu tellement incontestable que les jeunes compositeurs commencent à s'énerver, ruent dans les brancards jusqu'à l'éreinter dans la presse mais on dirait qu'une fois de plus il s'en fout. Un soir qu'il assiste avec le jeune Rosenthal à un ballet de Darius Milhaud, il applaudit à se faire mal et trouve ça parfaitement formidable, bravo, magnifique, superbe. Mais enfin, lui dit son voisin, vous ne savez pas ce que Milhaud dit de vous ? Il passe son temps à vous traîner dans la boue. Il n'a pas tort, fait observer Ravel, c'est ce qu'il faut faire quand on est jeune. Un autre soir avec Hélène, cette fois c'est un autre ballet composé par Georges Auric et qu'il trouve tout aussi formidable, tellement bien qu'il veut aller complimenter l'auteur. Comment, dit Hélène, vous iriez féliciter Auric après ce qu'il a écrit sur vous ? Pourquoi pas, répond-il. Il tape sur Ravel ? Eh bien il a raison de taper sur Ravel. S'il ne tapait pas sur Ravel, il ferait du Ravel et ça suffit, maintenant, avec Ravel.

 

Je ne vous raconte pas la fin un peu triste et qui nous ramène à un autre époque.

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10.03.2006

Juré !

Voilà, j’ai été choisi.

Je m’étais fait à l’idée de ne pas être sélectionné, je me disais même que j’allais gagner du temps et lancer un nouveau blog et puis voilà, mon nom est tombé ce midi au 13-14 de France-Inter. J’avais dit dans ma lettre que je tiendrais la chronique sur mon blog, je vais donc le faire. Je vais vous parler des dix livres que je vais lire d’ici le dimanche 14 mai et un peu de l’expérience que cela représente d'être membre d'un jury populaire qui décerne un prix très prisé et qui peut lancer la carrière d'un écrivain.

Pour l’instant, je suis un peu surpris et plutôt content. Ce soir, le téléphone n’a pas arrété de sonner, à croire que tout le monde écoute la radio à midi. Certains avaient été avertis par des copains par email… C’est étonnant de voir comment les réseaux fonctionnent bien.

Vous avez peut-être lu le début de ma lettre ici. Mon fils a fait remarquer que finalement, c’était comme partout, qu’il n’y avait que la lèche que marchait. Et si vous lisez la fin, vous allez voir, c’est encore pire, de la pure flagornerie…
_______la _ fin____________________________________

Que dire de plus ? Que la lecture est sans doute le seul domaine où je ne cours pas le risque de devenir blasé. Bien sûr mes goûts ont changé, je ne relis plus Jules Verne avec le même appétit mais quand on me parle avec enthousiasme des nouvelles de Flannery O’Connor, de celles de Trevor William, du Siège de l’aigle de Carlos Fuentes, du Tzvetan Todorov, de ce recueil de nouvelles de Mishima, DoJoji paru en Folio, en parlant de Folio, j’aimerais aussi relire ces courtes nouvelles de Tchekhov… Alors, il me prend des envies furieuses d’île désertes pour enfin lire tout mon soûl et peut-être écrire… un peu.
 
Depuis l’an dernier, il y a autre chose qui me mange du temps et me soustrait un peu plus à mes obligations sociales et familiales : Les blogs. Passionnants ces blogs littéraires qui allongent la liste des livres à lire, des notes à publier, des commentaires à faire…

(…) Et, vous savez quoi ? Je vais tout écrire sur mon blog. Et même que, si vous me choisissez, je vais consacrer mon blog rien qu’à cette expérience, comme ça non seulement je rencontrerais ce grand écrivain qu’est Jean Echenoz mais en plus je passerais à Blog à part l’émission du matin sur France-Inter, parce que j’ai oublié de vous dire tout le bien que je pense de France-Inter :-)

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01.03.2006

Lettre Inter

medium_lettre_de_motivation.jpgUn extrait de ma lettre pour participer au jury du livre inter:

Saint-Julien le 4-février-2006

Je suis un multirécidiviste à cheval sur le siècle. Ce qu’il y a de bien, c’est que je peux reprendre l’entête des années passées. Ce qu’il y a de moins bien c’est que je ne connais toujours pas les consignes. Lettre longue ? Lettre courte ? Curriculum de lecteur détaillé ? …


Il y a juste une chose que j’ai notée ces deux dernières années à la lecture des bribes de lettres qui précèdent l’annonce des noms des vingt élus au journal de 13 heures, il est de bon ton dans sa lettre de dire qu’on aime bien le futur président du jury (vrai, écoutez les enregistrements !) Donc, je vous dis tout de suite à quel point je suis un fan de l’œuvre de Jean Echenoz, pas seulement son Goncourt, le sublime et  incontournable Je m’en vais qui met en scène cet attachant et inoubliable personnage de Ferrer mais aussi ce Cas Ravel un texte parfait que seul la musique de Ravel égale en beauté. Voilà qui est fait !  


Il me semble que si vous n’avez jamais retenu mes lettres, c’est parce que je m’y étais résolument présenté sous mon meilleur profil. Cette fois, j’ai décidé d’être franc : Il y a du Mister Hyde en moi. Non, je n’ai as été le bon père, le bon mari que je vous avais dépeint, en fait j’ai passé une grande partie de ma vie à me prélasser pendant que ma femme assurait les tâches domestiques. Je n’ai pas mon pareil pour me tirer au moment de la vaisselle avec un bon bouquin.

(Il y en a que cet excès de franchise vont étonner:-)

T'as aucune chance a dit ma femme. Elle a raison!

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24.02.2006

Livre Inter