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26/07/2008

Pages 123

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Abassourdine dans son billet du 24 juillet m'a sollicitée pour participer à ce jeu.

Il s'agit de:

1- Citer la personne qui nous a "tagué"
2- Indiquer le règlement. 
3- Choisir un livre, l'ouvrir à la page 123. 
4- Recopier à la 5ième ligne, les 5 lignes suivantes.
5- Indiquer titre, auteur, éditeur, année d'édition.
6- Taguer 4 personnes.
 
J’ai dû tricher un peu, la page 123 ne contient pas 10 lignes, donc j’ai pris toute la page 123.

« Pauvre Villon. Il n’en demandait pas tant. Les génies ne le font pas exprès. Laissons-le sur la route mouillée où l’attendent les hasards et les noirs cabarets, l’ombre chinoise des gibets (…) L’histoire l’y perd de vue. A trente ans, desséché, voûté glabre « comme un navet », il s’évanouit dans le brouillard, où passent, comme les valets du jeu, le Soudard, l’Ogre et l’Ecorcheur. »

Ce texte est extrait d’une chronique intitulée « François Villon ou l’hygiène des poètes. » d’Alexandre Vialatte publiée dans « Dernières nouvelles de l’homme ». Un livre édité chez Julliard en 1978.

Un autre page 123 ?

« …tu dois trouver la forme du dragon, une sorte de petit vallon. Faut aussi rechercher son compagnon le tigre blanc. Dans ta maison, le secteur de l’amour, le Pa Tua, qui est situé à peu près ici, vers le lit, doit contenir un vase toujours rempli d’eau fraîche…
- Je n’ai même pas de vase.
- Justement ! »
 

Pour les références, c’est ici 

Je fais suivre à Dario uniquement pour ne pas casser la chaîne.

09:35 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

22/08/2007

Paasilinna

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Le lièvre de Vatanen
La cavale du géomètre
Prisonniers du paradis
Petits suicides entre amis
Le Fils du Dieu de l'orage
La Forêt des renards pendus
La douce empoisonneuse
Le meunier hurlant

Ce sont quelques titres du magnifique écrivain finlandais Arto Paasilinna. Le dernier en date s’appelle Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen et celui que je viens de finir Un homme heureux.

Avec Un homme heureux, Paasilina prouve que l’on peut faire de la bonne littérature avec de bons sentiments. C'est l’histoire de 'ingénieur Akseli Jaatinen, venu construire un pont dans un bled filandais, qui se trouve confronté à des notables locaux obtus et dangereux. Il va les rouler dans la farine de la façon la plus réjouissante. Les ponts que construit l'ingénieur Jaatinen sont une métaphore de la solidarité entre les hommes, et sa quête du bonheur laisse entrevoir ce que pourrait être une humanité ouverte et soucieuse d'autrui. Et tant pis pour les conservatismes et les jaloux.

Paasilinna écrit dans un style simple et très efficace. Avec lui pas de prise de tête. Au détour d’un voyage de l’ingénieur Jaatinen à St Petersbourg on retrouve Vatanen et son fameux lièvre qui a fait connaître Arto au monde entier en créant un genre : le roman écologico-humoristique. Lisez le lièvre, lisez Paasilinna vous ne le regretterez pas.  

22:45 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature, plaisir

16/04/2007

Quand lire est une fête

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L'égance

du

Hérisson

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Muriel

Barbery

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Edition Feryane

ou NRF

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Je reprends ce titre de JLK pour les arpenteurs du monde car l’élégance du hérisson est selon moi une vraie fête. Offre-vous trois ou quatre heures de fête en vous plongeant dans cet immeuble haut standing, rue de Grenelle, où se croisent deux récits.

Madame Michel d'abord, la concierge qui nous parle d’elle. 54 ans, 27 ans de service dans l’immeuble, elle joue à la perfection le rôle de la gardienne peu amène, revêche et un brin basse de plafond. On s’aperçoit bien vite que son plafond est en fait assez haut, voire même très haut. Elle adore la littérature, le cinéma et l’Art en général. Planquée dans sa loge Renée Michel est un puit de culture qui nomme ses chats d’après Tolstoï, le dernier en date, obèse à souhait s’appelle d’ailleurs Léon.

Au cinquième étage vit dans 400 m2 une petite fille de douze ans, Paloma, surdouée, suicidaire et misanthrope dans une famille très gauche caviar, le père est député socialiste, la mère est depuis des années en psychanalyse, antidépresseurs et plantes vertes, la fille aînée, Colombe est le cauchemar de Paloma, à cause du bruit et de sa vacuité de jeune adulte déjà lancée sur les rails d’une vie de riche. Paloma a tout compris de la vie, elle philosophe avec conviction dans un style juvénile mais pas djeun pour un rond.

Ces deux personnages nous sont immédiatement sympathiques à travers leur récit. On est dans l’anti Houellebecq. On est dans les bons sentiments et la pensée positive, un brin fleur bleue… personnellement j’aime bien, cela change de ce monde où il faut être le plus fort et pousser les copains pour passer. On se marre aussi aux dépends de l’université-pouet-pouet, de la psychanalyse-escroquerie-intellectuelle, des riches snobs, branchés et impitoyables, des grandes bourgeoises qui s’écharpent pour une petite culotte soldée 299 euros 90…

C’est superbement écrit, c’est très littéraire, Muriel Barbery s’en est donné à cœur joie vu que sa concierge est le nec plus ultra de la culture, elle ne nous épargne pas trop côté vocabulaire et théorie, ce qui n’est pas pour me déplaire, c’est même instructif parfois (la phénoménologie de Husserl) et amusant. On pourrait lui faire le reproche de trop de caricatures, je ne le ferais pas, j’ai trop pris de plaisir à cette lecture. En plus Madame Michel, notre concièrge, est, comme moi, fan d’Ozu… alors forcément c’est trop beau ! D’ailleurs, dans la deuxième partie, Ozu va arriver tel Zorro, mais je vous laisse le plaisir de la découverte. Ames sensibles prévoyez un mouchoir pour la fin.

Les lecteurs difficiles trouveront peut-être le début un peu long, mais laissez-vous donc aller, la deuxième partie est un pur régal, soyeux à souhait, agréable comme les pâtisseries de Manuela, l'amie de Renée, poétique, joyeux et communicatif. Bref, lisez-le et si vous n’aimez pas venez m’engueuler ici. Je ne rembourserai pas le livre mais je veux bien compatir... enfin, un petit peu.

01:30 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : littérature, ozu

23/07/2006

Portes

Vialatteça faisait longtemps…

Les portes de la solitude sont des portes monumentales. Il y en a une à Ghardaïa, en plein désert. C'est une flèche ripolinée. Avec cette inscription parfaite : "Ghardaïa, trois kilomètres, Tombouctou, cinq mille kilomètres". Ca dit très bien ce que ça veut dire. On ne saurait mieux s'exprimer.

Il y en a une autre à Font-d'Hurle (c'est un haut plateau, dans les Vercors); elle est en bois, à claire-voie, longue, basse, encastrée dans rien. Il n'y a rien à droite, rien à gauche, pas un mur, pas un fil de fer, rien par-devant, rien par-derrière, si loin que s'étende la vue; seulement cette inscription grandiose : "Prière aux visiteurs de refermer derrière eux". On ne saurait mieux dire à l'homme que, d'où qu'il vienne et où qu'il aille, il ne peut jamais ouvrir ou fermer que sur soi.

* J'ai envie de refaire un petit feuilleton mais je n'ai que des histoires un peu courtes comme celle de Décembre ou trop longue comme Ophélie.  

 

15:35 Publié dans Blog, Vialatte | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature

30/05/2006

Amour -2-

medium_eros2.jpg"Si l'amour est réciproque et que nous avons donc affaire à un couple qui s'aime, les conséquences pour l'entourage immédiat et le reste du monde sont certes moins dangereuses, vu que le couple se neutralise largement lui-même, mais elles n'en sont pas moins, humainement et éthiquement, tout à fait déplorables. Les couples amoureux tendent en effet fréquemment à un commun autisme (voir le couple au dîner) ou à une commune arrogance (voir le jeune couple en voiture). Dans les deux cas ils se mettent hors du monde, soit que, dans leur mutuelle fusion et autosuffisance, ils oublient tout ce qui les entoure, soit que, dans l'exaltation que leur procure leur couple unique au monde, ils méprisent celui-ci et ne considèrent plus les autres humains, qu'Éros n'a pas touchés de sa folie sacrée, que comme des imbéciles auxquels ils peuvent faire un bras d'honneur.

Tout cela est étrange et irritant, alors que l'amour passe pour la meilleure et la plus belle chose que l'homme ait à donner et qui puisse lui arriver, et que prétendument cet amour le rend capable de produire ce qu'il y a de plus grand et de plus haut. Comment résoudre cette aporie? Comment ce qui nous abêtit, et qui est potentiellement capable de faire de nous des brutes, peut-il être ressenti et désigné comme le bonheur suprême? L'amour n'est-il, finalement, qu'une maladie, et non la plus belle, mais la plus terrible qui soit? Ou bien est-il un poison dont le dosage décide s'il est bénéfique ou dévastateur? Au secours, Socrate, au secours!

L'âme de l'homme, dit Socrate, n'est pas homogène, elle est divisée en trois, et il la compare à un attelage que nous pouvons nous représenter comme celui d'un char antique, constitué de deux chevaux et d'un cocher. Or c'est déjà une prouesse de maintenir un tel véhicule sur la piste. Mais cela devient une aventure à se casser le cou dès lors que, comme dans l'attelage de l'âme, seul l'un des chevaux est de bonne composition, docile et facile à dresser, tandis que l'autre est mauvais, sauvage et rétif. Lorsque de surcroît Éros entre en jeu, que l'âme triple commence donc à aimer et se trouve face à l'objet de son amour, l'attelage inégal échappe à tout contrôle. Le mauvais cheval prend le mors aux dents et doit être fouetté et maté, aussi souvent et longtemps qu'il le faut pour que les flancs lui cuisent et que sa bouche saigne et qu'enfin il se plie humblement à la volonté du cocher et, comme le brave cheval, approche l'aimé avec une hésitante modestie. Chez cet aimé, une fois qu'il est séduit et gagné, germe alors l'amour qui répond à l'amour : il se laisse toucher, embrasser et enfin entraîner sur la couche.


Et alors seulement, dit Socrate et écrit Platon, « quand ils sont ensemble pour dormir, le cheval indiscipliné de l'amoureux a beaucoup de choses à dire au cocher, et il fait valoir son droit à de petites compensations pour toutes ses souffrances ». Au demeurant, l'âme selon Platon est immortelle. Et c'est vrai de toute âme. Même de celle chez qui le cocher est faible et où c'est le mauvais cheval qui donne le ton. Mais à une telle âme Éros ne donnera pas des ailes, pas plus qu'aux âmes qui croient pouvoir renoncer à Éros. Après la mort, elles se retrouvent toutes dans des cachots souterrains, pour y faire pénitence mille années durant. Les autres, en revanche - et à notre avis elles ne sauraient être bien nombreuses -, dont les cochers sont assez forts et réfléchis pour ne pas lâcher les rênes au mauvais cheval, et qui ne se sont toutefois pas détournées de l'amour, Éros après la mort leur fait pousser des ailes, et elles s'élancent et volent dans la lumière, et se rapprochent de la sphère où habitent les dieux."

Patrick Süskind - Sur l'amour et la mort

18:55 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature