Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/03/2017

Ciment

En 1970, Lafarge rachète la cimenterie des bords de Seine au groupe Lambert, un groupe florissant.

On se souvient de l’héritage Lambert au début des années 70. Hubert Lambert, un des gros héritiers des cimenteries Lambert à la mort de Léon, son père, est immensément riche, il vit avec sa mère à Montretout. Il a un fort penchant pour les chefs autoritaires. Il mène une vie d’oisif, alcool, drogue, médicaments, tabac… Tous les fascistes le flattent. Il entre en contact avec le couple Le Pen. Jean-Marie va lui donner des responsabilités au front national. Flatté celui-ci couche les Le Pen sur son testament. Sa mère approuve.

6644286_secretslepen.JPG

La mère d'Hubert décède en 1976, et un mois plus tard, c'est au tour d'Hubert. Les Le Pen sont en possession du dernier testament, donc le seul valable. Ils s'installent dans la villa de Montretout. Un cousin d'Hubert, Philippe Lambert (fils de Charles ou de Fernand ?), qui habitait aussi la maison de Montretout, a bien envie d'attaquer Jean-Marie Le Pen, mais il trouve finalement un arrangement avec ce dernier. Le testament ne sera pas contesté.

eiil-etat-islamique-en-irak-et-au-levant-drapeau.jpgDernièrement, en 2014, le groupe Lafarge, cimentier franco-suisse, qui entre temps a bien grandi, aurait passé un arrangement financier avec Daech pour pouvoir continuer d’exploiter sa fabrique de ciment en Syrie.

Mur-de-Trump.jpg

Et aujourd'hui on apprend que le groupe Lafarge s’est mis sur les rangs pour construire le fameux mur entre les US et le Mexique, le mur Trump.

Ciment: Au sens figuré le ciment est ce qui lie les choses ou les êtres ensemble. Dans les cas qui nous occupent, Daech, Le Pen, Le Mur, le ciment serait plutôt ce qui divise les gens. Le symbole de l’amitié devient le symbole de la haine, un retournement dont la langue est coutumière. Un consultant venait consulter maintenant il consulte. La discrimination consistait à distinguer les choses aujourd’hui c’est un délit. Énerver, enlever les nerfs est devenu exciter les nerfs. Le beau mot de libéral n’est-il pas devenu affreux accolé à néo ? etc…

15:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

12/02/2017

Justice

Hgj_j_857_571.jpgComme la langue, la justice peut avoir plusieurs vitesses "selon que vous serrez puissant ou misérable...". 

Pour distinguer le rang ou la situation sociale des gens à qui l’on s’adresse le français dispose du « tu » et du « vous ». Les italiens ajoute le « lei », la troisième personne du pluriel. Le pape et Alain Delon utilisent le « Nous » de majesté.  

Les japonais font plus fort, ils disposent de plusieurs niveaux de langage qui font varier le vocabulaire. Un vendeur utilise le keigo pour parler à son client-roi. Idem pour marquer une différence de rang, il faut utiliser un vocabulaire différent que celui utilisé dans une conversation de tous les jours. Contrairement à notre pratique de langage plus ou moins soutenu jusqu’à l’argot de banlieue, le keigo est passablement codifié.

En plus il existe un Keigo supérieur le saikô keigo. Un vocabulaire  qui s’applique à la fois à la famille impériale japonaise et aux membres des familles royales étrangères, mais pas aux présidents ou autres chefs d’État roturiers.

lady-justice-by-kackie-cc-flickr.jpgJe ne sais pas ce qu’il en est de la justice au Japon mais chez nous, grâce au FillonGate / PenelopeGate on apprend qu’il y a plusieurs niveaux. Il y en a au moins trois : la justice pour tous le monde, celle pour les parlementaires (keigo pour députés et sénateurs) et celle pour le président (saikô keigo).

Bien sûr comme pour le vocabulaire, la justice "pour tous le monde" se décline en multiples modes selon que vous disposez d’un avocat commis d’office, d’un avocat spécialisé, d’un ténor du barreau, voire de 2, 3, 4… avocats hyper spécialisés qui vont permettre de récuser le tribunal, de soumettre une QPC* et autres chicanes procédurières et ainsi aux procès de durer, de durer, de durer... jusqu'à ce que mort s'en suive. Pour les jeunes de banlieue c'est comparution immédiate et peine de prison.

* QPC Question Préalable de Constitutionalité. En patois savoyard cupesser signifie tomber, se renverser, faire faillite.

11:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

17/01/2017

Tenerife

14 jan Départ pour Tenerife à Puerto de la Cruz. On quitte l'île et nos hôtes charmants. On recommande l'adresse pour les marcheurs et même les moins marcheurs. Arrivée à l'hôtel. Descente en ville. Repas de Tapas (Arçon), une adresse routard pas mal.

15 jan Dimanche. Beaucoup de monde le long de la mer à regarder les vagues et un dizaine de surfeurs courageux. Après Lanzarote (mirador del Rio), Valle del Gran Rey (Mirador del Palmerejeo), troisième site de Cesar Manrique, l'architecte canarien : Lago Martianez une piscine d'eau de mer.

edN9ctKgN_Tj4MWphoE8xGOUFy0.jpg

Ensuite visite de La Orotava, la ville qui occupe le centre de l'île de Tenerife (de 0 à 3718 mètres, presque aussi bien que Saint Gervais et son Mont Blanc). Beaucoup de maisons anciennes avec de très belles huisseries et balcons en bois. Eglise ND de la Conception. A visiter absolument.

concepcion-orotava-fc.jpg

 

16 jan Une dernière rando dans le massif du Teno, le troisième massif de Tenerife à l'ouest. On avait déjà parcouru le baranco de Masca, on fait un petit tour (pas vraiment petit) recommandé par le routard (qui ne l'a sans doute pas fait) autour du centre des visiteurs de Los Pedregales. Très belle arête sur le retour. Fromage de chèvre. Pas trop de nuages.

DSC00701 (Copier).JPGDSC00695 (Copier).JPG

DSC00699 (Copier).JPG17 jan Retour à Saint Julien où il fait un froid de canard. Après les 18 à 21 degrés de La Gomera, les moins 5 de Genève sont durs à encaisser. L'an prochain on part tout l'hiver :-)

11:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2017

La Gomera

Dix jours aux Canaries. Cela devient une habitude après le premier voyage à Grand Canaries et Tenerife. Le second à Fuerteventura et Lanzarotte. Le troisième à La Palma. Le quatrième à Tenerife. Départ pour La Gomera, une semaine et trois jours à Puerto de la Cruz à Tenerife encore.

Gomera1.gif

Sept jours et six belles randos à La Gomera. La Gomera est une petite ile de 369 kilomètres carré avec en son centre le pic de Garajonay (1487 mètres). Depuis ce sommet et sur tous les côtés de l'île partent un grand nombre de barancos (ravins, combes, précipices). Quelques villes en bord de mer, la plupart des côtes sont des falaises. Du coup, pas de routes pour faire le tour de l'île. On loge chez Catherine et Jean-Yves à San Sebastien, le chef lieu de l'île.

Chambre confortable. Petits déjeuners copieux fait de produits locaux et bio, avocats, tomates, délicieux jus de fruit... Le matin on fixe l'itinéraire du jour, Jean-Yves nous fournit un plan et le descriptif... Prêts pour une balade de quatre ou cinq heures. Soleil tous les jours.

07-jan Genève - Tenerife sud - Bateau à Los Cristianos pour San Sebastien. Catherine nous réceptionne au port et on prend notre VW. Petit tour vers la plage d'Avalo et l'ermita de la Guadalupe (la vierge apparue au Mexique en 1531). Du vent et des falaises.

la-gomera-punta-de-avalo-blick-ermita-de-guadalupe.jpg

08-jan  première balade sérieuse en direction des Cuevas Blancas. Deux boucles. Jolie montée jusqu'à la piste. Puis camino muy bonito jusqu'à un cirque de terrasses et de palmiers. Enfin sur le plateau jusqu'au village abandonné de Cuevas Biancas. Retour assez long dans les barancos jusqu'à la piste. Un beau parcours pour un premier jour. 

20170108_122800 (Copier).jpg

09-jan Balade dans le centre de l'île vers El Cedro. Montée raide aux bords d'une grande cascade de plus de 200 mètres jusqu'au bar d'El Cedro. Montée dans la forêt (laurasilva) et longue traversée avant d'arrivée à l'ermita de ND de Lourdes. Redescende en direction d'Hermingua. Montée en voiture vers le sommet.

20170109_182956 (Copier).jpg

10-jan Départ non loin de Playa Santiago face à l'ermita (en fait les ermita -nombreuses- sont des chapelles plutôt que des ermitages) de Guarimiar.  Longue montée, il fait chaud jusqu'à un col (Lasadoy) . Arrivée en courbes de niveau sur le village d'Imada. Bistrot. Descente très belle sur Rumbazo et Guarimar.

DSC00663 (Copier).JPG

11-jan Balade en dessus de Valle gran Rey. Départ d'El Cercado. Descente vers une autre eremita de Guarà (guadalupe encore) en suivant un ancien canal. Très beau point de vue sur les barancos. Retour par Chipude.

DSC00668 (Copier).JPG

12 jan Départ d'Agulo. Le chemin attaque directement la falaise. Très impressionnant  mais pas trop de sensation de vertige. Arrivée vers un barrage. Montée au mirador d'Abrante qui surplombe Agulo dans une cage de verre. Aller et retour au centre des visiteurs du parc Garajonay, vidéo et petit musée Gomerien intéressant. Descente sur Agulo. Difficile de retrouver le chemin dans la falaise.

DSC00675 (Copier).JPG

DSC00682 (Copier).JPG

13 jan Dernière balade à la Gomera depuis la plage (la marinade) de Vallehermoso (quelle belle vallée!). Encore une belle montée au milieu des sabinas (variété de genévriers) et des cardoncillios (euphorbes ?) jusqu'au mirador. Encore une ermita (la Coromoto). Joli chemin donnant sur la mer pour arriver à Santa Clara. Pique-nique et redescente sur Vallehermoso.

DSC00693 (Copier).JPG

DSC00690 (Copier).JPG

On a beaucoup aimé la Gomera et l'ambiance de San Sebastien. L'avantage d'une petite ville pas trop touristique, les gamins qui jouent dans la rue, il y a de la musique, plusieurs orchestres le vendredi... 45 restaurants d'après Tripadvisor, on a testé le premier, la Forestera, très bien, La Tasca excellent rapport qualité-prix, Agando bon poisson local, El Pejin pas le bon soir... 

14 jan Départ pour Tenerife Puerto de la Cruz. On quitte l'île et nos hôtes charmants. On recommande l'adresse pour les marcheurs et même les moins marcheurs.

18:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2016

Novembre

stormy-day-illustration-id594453310?s=170667aNovembre déroule ses bourrasques de pluie poussées par un vent du nord très froid que Météo France s'obstine à nous faire venir du nord-ouest. Un vent froid vient du nord, point. Chez nous c'est la bise, si le ciel est noir, c'est la bise noire, s'il pleut en plus c'est le mois de novembre.

Commencé par les saints puis suivis des morts, il continue par l'armistice de la grande guerre le 11 et par la mort du général de Gaulle le 22. Non, Brassens a eu le bon goût de mourir en octobre, j'ai vérifié. S'il avait été sûr d'éviter novembre, nul doute qu'il en aurait fait un addendum à Supplique.

On aurait pu penser que ce mois propice à la déprime nous débarrasserait du grand cornac, de l'éléphant et de sa trompe. Il n'en sera rien hélas.

On peut encore espérer qu'il nous soulagera du petit Naboléon, l'ex-président à talonnette, avant la fin du mois. Hier, sur la base des sondages, j'aurais dit oui, ce matin je n'en suis plus très sûr. J'ai comme un coup de blues. Si ça se trouve, il va se déclarer contre l'élite, pour la défense des petits fonctionnaires et le revoilou à la fin du mois, comme un sou neuf, prêt pour deux ou trois mandats de plus avec Hollande quasi seul pour lui faire barrage de son corps. La poisse !

Pour nous consoler, rien de tel qu'un plat chaud. Je vous propose de revenir à une recette sûre, l'omelette de novembre aux champignons selon Vialatte :

1658301-la-tele-des-inconnus-les-sketchs-les-plus-vus-sur-internet.jpgPour faire l'omelette aux champignons, achetez une grande maison rustique exposée aux vents de la tempête, rassemblez les chasseurs dans la cuisine obscure, immense, dallée et tournée vers le nord, sur deux bancs de chêne autour d'une table pesante (on en trouve chez les antiquaires entre mille et quinze cents francs). Éclairez avec une chandelle afin de dramatiser les ombres et posez sur la table une bouteille de vin noir. Le premier chasseur est barbu, le deuxième édenté, le troisième longiforme, le quatrième a des sourcils terribles, le cinquième sait chanter O Sole mio, le sixième a l'air assez idiot mais il n'en est pas moins vorace ; le septième ressemble à Fernandel, le huitième à une tête de mule, le neuvième au troisième, le dixième au premier, et le onzième à tous les autres ; les autres à des figurants. Allumez un grand feu de sarments, mélangez dans la poêle la trompette de la mort, l'oreille d'ours et la tête-de-nègre et versez dessus des œufs battus dans un saladier à fleurettes. Servez très chaud tant que l'omelette bave encore. Faites circuler ensuite de grands bols de faïence, des aiguières de vermeil ou des cuvettes d'émail dans lesquels vous aurez dissous à l'eau bouillante deux grosses cuillerées de savon noir acidulées d'un jus de citron, pour permettre aux chasseurs de nettoyer leur barbe. On peut aussi se servir d'écuelles en plastique bleu. Tremper la barbe par trois fois, gratter le jaune d'œuf coagulé, tordre et rincer dans une eau claire, éponger soigneusement avec un chiffon sec.


Desservez, après, d'un seul coup. D'un revers de bras. Jetez sur la table les perdreaux, les cerfs, les faisans, la bécasse, les sangliers, le hérisson. Réservez l'ennemi de la famille. Ajoutez du lard et du poivre. Deux truffes, sel, thym, laurier, trois bouteilles d'armagnac. Hachez menu. Cuisez au four dans des pots de terre. Mettez ce qui reste en saucisson. Profitez du temps de la cuisson pour enterrer rapidement dans le jardin, sous le lilas, l'ennemi de la famille. Pendez ensuite les saucissons aux poutres et mettez les pots sur l'armoire en plaçant les plus grands derrière, ils seront plus faciles à compter. Si par hasard vous avez oublié de réserver l'ennemi de la famille en jetant le gibier sur la table, ne recommencez pas à zéro, mais faites pour lui une petite prière quand vous mangerez les saucissons.

N'oubliez surtout pas que beaucoup de champignons sont vénéneux et que vous risquez d'empoisonner un invité par imprudence. Essayez-les sur un cousin pauvre avant de servir. Il y a toujours dans les immenses maisons de province un cousin pauvre qui est resté sur votre insistance hypocrite, à la suite d'un banquet de baptême, parce qu'il ne sait jamais dire non, et qui loge au grenier dans la chambre de bonne. Il aime rendre de petits services. Il se fera une vraie joie de goûter aux champignons.

Tels sont les plaisirs de novembre.

Almanach des quatre saisons, p.180-181

17:30 Publié dans Blog, Vialatte | Lien permanent | Commentaires (3)