30/10/2012

Globalizzazione

Mondialisation.jpgPetite scène amusante l’autre jour dans le bus R2, bondé à souhait, à Naples .

Une jeune femme asiatique est assise au milieu du bus, près d’elle, une poussette et dedans un enfant d’un an. Dans un italien très approximatif, elle demande où descendre pour la rue XXX. Elle doit se rendre chez le médecin pour son enfant.

Un sexagénaire fait une remarque sur ces gens que envahissent l’Italie sans parler la langue. Un autre vieux monsieur souriant lui répond poliment et explique que ceci est la rançon de la mondialisation.

podcast.

Du coup, des jeunes gens prennent le monsieur souriant à parti. Ils parlent napolitain. J'ai de la peine à suivre. Le monsieur souriant explique gentiment qu’il faut bien l’accepter et que si ça se trouve ce bébé sera un jour prof d’université ou même premier ministre. Ses jeunes opposants protestent.

Dans son plus bel italien le monsieur souriant dit : « d’ailleurs il vaudrait mieux avoir eu ce bambino au gouvernement plutôt que Berlusconi. » Les rieurs un peu jaunes sont de son côté. Ils se poussent pour laissez sortir le landau. Ensuite la discussion se poursuit, animée mais plutôt courtoise.

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Papa, peux-tu m'expliquer la mondialisation avec des mots simples.

La mondialisation, ma fille, c'est une chose... quand elle n'existait pas et que ton pays te dégoutait, eh bien tu pouvais au moins espèrer en trouver un meilleur.

26/10/2012

Démocratie 2.0

A propos des nouvelles utilisations d’internet en matière de démocratie, on parle de démocratie 2.0. En 2008, après des années de croissance, les islandais se sont fait plumer par les banquiers et les adeptes de la société-casino version  neo-liberalisme économique (*). Ils se sont donc retrouvés à poil et la gueule enfarinée dans un pays plutôt froid et humide en général sauf à Blue Lagoon.

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Ils ont donc décidé de prendre le taureau par les cordes et Internet par le clavier.

D'avril à juillet 2011, un groupe composé de 25 citoyens de différentes origines sociales a ainsi travaillé sur le projet constitutionnel avant de le poster sur internet pour permettre à leurs concitoyens de réagir et d'enrichir le texte, ce que plusieurs centaines d'entre eux ont fait.

Le projet de nouvelle constitution a été soumis fin juillet 2011 au parlement, l'Althing, et en mai dernier, les députés ont décidé de solliciter l'avis de la population par le recours au référendum.

Le week-end dernier, les Islandais étaient invités à répondre par oui ou par non à six questions sur des sujets tels que le contrôle des ressources naturelles du pays, celui de l'église nationale ou le futur système démocratique de l'île. Ils étaient aussi consultés sur la possibilité de référendums d'initiative citoyenne et sur le mode de scrutin. Ils devaient également dire si la future constitution devrait être fondée sur le texte qui leur était présenté. 

Ces six questions avaient été choisies par une commission de 25 citoyens ordinaires élue en 2010 pour réviser la Constitution. Résultats : deux citoyens sur trois ont approuvé.

"Le vote de ce week-end parle avant tout de rendre la société meilleure et d'en éliminer les forces corrompues. La constitution est l'affaire de tous", affirmait vendredi dans son éditorial le tabloïde DV. 

"Faut-il faire de ces propositions la base d'une nouvelle constitution ' Ma réponse est OUI", a clamé le Premier ministre, la sociale-démocrate Johanna Sigurdardottir, lors d'un débat au Parlement jeudi. Donc, bravo les islandais !

Comment les partisans de l’économie-casino vont-ils s’y prendre pour torpiller la chose ? That’s the question comme on dit en Islande (que les anglais persistent à appeler Iceland).

(*) Premier pied de nez au FMI et à la banque mondiale, ils ont commencé par rejeter, en 2010, l'accord prévoyant un remboursement de la somme de 3,5 milliards d'euros spéculatifs investis par des anglais et des hollandais dans la banque Icesave en faillite en 2008.

13/08/2012

Traquenard

NehruGandhi.jpgUn jour où on lui demandait ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, Gandhi répondit : « Je pense que ce serait une bonne idée. » 

Mark Twain disait que la civilisation était la multiplication de besoins non nécessaires et Gandhi ajoutait :

« La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C'est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres [...] Il faut un minimum de bien-être et de confort ; mais, passé cette limite, ce qui devait nous aider devient une source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n'est que poursuivre du vent. Ce faux idéal n'est qu'un traquenard. S'ils ne changent pas leur modèle, les européens périront sous le poids de leur confort dont ils seront devenus esclaves. 

amble.jpgTraquenard (une bonne traduction de « delusion and a trap ») vient de Rabelais qui l'a piqué au gascon tracanart qui désigne un cheval qui romps l’amble.

Le cheval se met à galoper des postérieurs et à trotter des antérieurs. Essayez, vous verrez, c’est pas facile !

Plus tard, traquenard devient piège pour animaux. On retrouve la même racine que dans traquer, suivre la trace d’un animal. Tomber dans un traquenard, c’est bien ce qui nous arrive. Le piège est de taille. Il a été posé par les renards des banques, par les requins de Davos, par l’idéologie de l’économie libérale (le maché, le marché..) et aussi par notre cupidité. Pas de lien étymologique avéré avec trappeur ou trappe mais c’est aussi un piège. Merci Alain Rey one more time.

L’amble est l’allure du cheval qui fait avancer ses deux jambes du même côté provocant un balancement alternatif.

Que ce soit dimanche ou lundi

Soir ou matin minuit midi

Dans l'enfer ou le paradis

Les amours aux amours ressemblent

C'était hier et je t'ai dit

Nous dormirons ensemble

C'était hier et c'est demain

Je n'ai plus que toi de chemin

J'ai mis mon coeur entre tes mains

Avec le tien comme il bat l'amble

  Aragon – Le fou d’Elsa

18/04/2012

Mémoires d'ouvriers

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Le dernier film de Gilles Perret.


La force de Gilles Perret c’est de partir du particulier, du local pour toucher à l’universel. Je réalise que j’avais déjà écrit la même chose à propos de son premier film 3 frères. On peut bien sûr affirmer la même chose pour son film indispensable Ma mondialisation.

De mémoires d’ouvriers commence à Cluses où, en 1904, trois ouvriers furent tués par leurs patrons dans le bâtiment qui sert aujourd’hui de mairie. Clin d’œil antiraciste, seul un ouvrier maghrébin semble avoir garder la mémoire de cet assassinat.  

Ensuite le film part en Savoie pour nous raconter la grande histoire sociale française. De la naissance de l'électrométallurgie, en passant par les grands travaux des Alpes et la mutation de l'industrie, jusqu'au déploiement de l'industrie touristique, c'est l'histoire ouvrière en général que racontent les hommes rencontrés par Gilles Perret. Dignes et lucides, ils se souviennent de ce qu'ils furent et témoignent de ce qu'ils sont devenus dans la mondialisation.

Allez le voir ! 

24/12/2011

Bon Noël

3269.jpegDe l’avis général, la France est dans le fond du trou. L’économie va mal. Un ami transporteur me disait que seule la bouffe circule encore dans ses camions, les autres produits ne se transportent plus. On ne fabrique plus rien en France.

Et, pendant ce temps, que font nos sages députés ? Ils cherchent une solution à la crise ? Ils bossent la question du chômage ? Ils traquent le pouvoir d'achat ? Non. Ils votent une loi qui parle d’un massacre qui a eu lieu en... 1915 ; alors qu’il eut suffi d’attendre 3 ans et on aurait pu tranquillement commémorer le génocide arménien en même temps que le deux centième anniversaire de la fin des tueries napoléoniennes.

Du coup, les turcs sont fâchés. Ils n’aiment pas qu’on les traite de sanguinaires. Le turc a sa fierté, il manie le sabre aussi bien qu’un français mais il ne veut pas qu’on dise qu’il égorge mieux que nous. C’est ainsi ! Alors comment améliorer nos relations avec la Turquie ? C'est la question du jour pour Alain Juppé. Sur le Post, j’ai trouvé cette suggestion. Une idée qui semble frappée au coin du bon sens. Passez un bon noël et réveillonnez léger :  

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