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20/08/2012

Moustiquaires

images?q=tbn:ANd9GcR3g1fS3dBrPZpVmLZj_4OsNYrnLBJtU2eA0cAlaUxUHPUpiLLxCSIQIaahVaut-il mieux faire payer, même une bricole, un produit ou un service plutôt que de le donner gratuitement ? N’importe quel adepte du libéralisme économique vous dira que si on fait payer les gens feront plus attention et donc que le résultat sera meilleur.

Et bien, c’est faux !

C’est du moins ce qui ressort d’un certain nombre d’études menées dans le domaine de la santé. Les résultats sont les plus probants et même indiscutables en ce qui concerne les soins préventifs, par exemple, les moustiquaires imprégnées, les pastilles de chlore, les vermifuges…

Par contre, le fait de ne pas distribuer de moustiquaires va engendrer des pertes économiques conséquentes. La différence de PIB entre les pays africains à fort taux de malaria et les autres en est une preuve.

22:03 Publié dans Gratuité | Lien permanent | Commentaires (6)

28/09/2009

Les sublimes

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Le saint lundi

Une chose qui m’a toujours étonné dans le monde du travail que j’ai fréquenté, c'est la docilité des cadres et employés très qualifiés. J’ai eu la chance de bosser dans des environnements privilégiés, ingénierie et informatique. Des employés très recherchés et souvent hautement qualifiés mais qui bossaient énormément pour créer de la richesse qui, souvent, profitait plus à leur patron qu’à eux même. Inutile pour un ingénieur de multinationale de demander à son boss plus de temps libre, il est bien payé mais il est corvéable à merci et... il l'accepte.

En écoutant Paul Ariès, j’ai appris l’existence des "sublimes". Voir l'article de la grande relève créé par Jacques Duboin. Les sublimes étaient au 19 ème siècle des ouvriers qualifiés très mobiles mais pas trop flexibles (comme dit le DRH moderne). Ils revendiquaient leur liberté et s’évadaient parfois de l’usine. Ils commençaient souvent la semaine de travail le mardi en se moquant de l’amende patronale et faisaient grève au printemps.

En général, ces ouvriers qualifiés retrouvaient du travail en cas de licenciement. Certes, cela n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui mais cela l’a été dans les années 70, 80 et si on est très qualifié et un peu solidaire, c‘est toujours vrai. L'employé qualifié sent mieux que tout autre le poids de la conjoncture. Il a l'oeil sur son travail et un autre sur le business de son patron. Il peut facilement tirer parti des fautes de son patron pour rétablir l’équilibre des revenus.

Il faudra attendre la fin du 19 ème siècle pour voir disparaître les "sublimes". Ils seront nombreux à participer à la mise à mort de leur désir fou de liberté : Les patrons, la femme, le jardin, la maison achetée, tous concourent à les fixer. Les syndicats, eux aussi, marqueront leur hostilité aux "sublimes", leur préférant des ouvriers disciplinés, responsables. Les premiers journaux syndicaux désapprouveront la pratique du saint lundi. En 1884, les syndicats étaient autorisés. C'en était fini du Sublime. Venait maintenant le temps des militants et des "responsables".

N’empêche que, un peu de résistance de la part des sublimes d’aujourd’hui mettrait peut-être de l’huile dans les rouages sociaux qui broient les employés et les amènent parfois au suicide.

13:21 Publié dans Gratuité | Lien permanent | Commentaires (3)

27/09/2009

Paul Ariès

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J’ai hésité vendredi dernier entre les mots et les idées. Les mots, c’était Claude Hagège qui venait à Archamps parler de l’amour des langues et les idées, c’était Paul Ariès, à Genève, qui venait parler de la gratuité. Un choix cornélien.

En temps normal, j’aurais choisi, sans hésiter, les mots, mais comme j’ai pas mal bossé sur le thème de la gratuité pour le café citoyen du lundi 14 septembre, j’ai pensé qu’il me fallait boucler la boucle en allant écouter Ariès.

 

Ariès est un tribun. Il a le verbe haut et fort. Sa description des problèmes de la société est claire, il amène la gratuité et le RUE, Revenu Universel d’Existence, avec beaucoup d’habilité. Je pense que son analyse est juste et que ses idées sont plutôt bonnes quoique difficiles à mettre en œuvre : Elles nécessitent d’établir un consensus dans la population, des approches nouvelles, la mise en place d’outils de contrôle puissants, etc...

Pourtant, j’ai trouvé le discours de Paul Ariès, vendredi à Genève, simpliste et irréaliste. Ceci est probablement dû au fait que, ayant pas mal travaillé sur le sujet, je ne pouvais pas trouver d’intérêt à un exposé militant et simplificateur. Autre point qui m’a gêné, c’est l’aspect sectaire du discours. L’attaque de gens comme Daniel Cohn Bendit ou Nicolas Hulot en terme très méchants m’a déplu. Ce n’est pas que j’idéalise ces deux là, politicards comme les autres, mais ils ont fait plus qu’Ariès pour populariser la cause environnementale. Détester les gens qui vous sont proches plus que vos ennemis est une vieille lune de la politique particulièrement dans ce camp très à gauche.

Comment imaginer que l'on puisse faire passer des idées aussi à contre courant que la gratuité et un RUE substantiel, en restant dans un cadre démocratique, sans un large consensus politique ? A moins que la solution à laquelle pense Ariès ne soit qu’une resucée des méthodes utilisées dans la défunte URSS par les bolcheviks. Il ne l'avouera pas bien sûr.

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12/09/2009

Sociale intelligence

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Encore une note sur la gratuité avant la présentation de lundi à l’Arande., 20 heures. Un article surprenant de Jean-Paul Damaggio "Les Amériques et la gratuité". Celui-ci fait un raccourci saisissant mais au bout de ce raccourci, il y a cette idée qui me paraît essentielle "Apporter les outils novateurs pour rendre la gratuité socialement compétitive"

Les entreprises sont capables de mettre en oeuvre des outils puissants de "Business Intelligence", les responsables de l'économie utilisent des outils dits "d'Intelligence économique". Si on veut que la gratuité ne dérape pas, il faut mettre en oeuvre des outils d'intelligence socio-économique. Ceci commence par l'étude d'indicateurs de bon fonctionnement et permettraient un suivi de la gratuité, indicateurs simples et accessibles à tous. La mise en place de tells instruments me semble indispensable. Ils pourraient être mis en pratique de suite dans les domaines quasi gratuits (chez nous) de la santé et de l’éducation.

Comme dit Damaggio : "Nous savons qu'il n'est pas possible de renvoyer le compétitif dans le néant de l'histoire."

Comment rendre la gratuité socialement compétitive ?

(…) Imaginons une bibliothèque qui prêterait gratuitement des livres sans se doter des outils capables de contrôler les prêts : elle deviendrait très vite vide. Le chercheur nord­américain, James Petras n'hésite pas à rappeler que des services publics (et nous pensons que c'est vrai pour le concept de gratuité) repensés pour servir les citoyens, doi­vent avoir des comptes à rendre, en tenant compte des acquis techniques d'évaluation propres à l'économie poli­tique actuelle. Quand on sait comment le système mar­chand conduit au gaspillage, ne rêvons pas, la gratuité, bien qu'elle soit de l'ordre du bien commun, n'éliminera pas, d'elle-même, tout comportement néfaste à l'intérêt général ! Les Amériques, où la manie de l'évaluation sert les attitudes socialement négatives, peuvent apporter, en renversant leur usage certains outils capables d'articuler efficacité et gratuité. Dans un hôpital, les bilans du travail y sont hebdomadaires mais portent surtout sur l'action des individus et peu ou pas sur le fonctionnement global de l'institution. Renverser l'outil, c'est admettre le principe d'un temps régulier consacré à évaluer le travail, tout en élargissant les domaines d'analyse (en écoutant notam­ment les usagers et d'autres observateurs). Le tort peut­être de James Petras c'est, tout en défendant la fonction centrale de l'Etat, de croire que par sa décentralisation, on va apporter, comme par magie, des outils de contrôle plus fiables. Tout débat sur la gratuité suppose donc de s'inter­roger sur les moyens techniques à mettre en oeuvre mais aussi sur le statut de l'Etat, suivant le principe bien connu : on ne peut traiter du fond sans traiter de la forme sous peine de se perdre. Les Amériques peuvent permet­tre de saisir les dangers encourus par la société quand l'Etat se désagrège, et en même temps elles peuvent apporter des outils novateurs pour rendre la gratuité socialement « compétitive ». La force du concept de gra­tuité c'est en effet d'obliger à distinguer le socialement compétitif de l'économiquement compétitif, à partir du moment où nous savons, me semble-t-il qu'il n'est pas possible de renvoyer « le compétitif » dans le néant de l'histoire.

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21/08/2009

Rupture

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Tout le monde ne met pas le même sens derrière les mots, chers à notre président, de rupture ou de réforme.

Exemple dans un texte de Denis Colin – Philosophe qui se réclame de Marx - Toujours tiré de Vive la Gratuité - Page 31

Quelle part doit être laissée à la loi de la valeur et quelle part à la gratuité ? Cette question ne peut être tranchée a priori et c'est l'expérience et la délibération collectives qui, seules, permettront de trancher. Mais en tout état de cause cela implique la rupture avec les dogmes économis­tes aujourd'hui dominants selon lesquels les agents en cherchant individuellement à maximiser leur utilité pro­duisent le fonctionnement d'ensemble optimal. Une rup­ture pas seulement théorique mais aussi pratique.

Ceci dit, depuis Marx, il y a deux ou trois choses qui ont changée dans le domaine économique.

10:21 Publié dans Gratuité | Lien permanent | Commentaires (2)