16/07/2007
Lieu frais
Comment s'élever
à perte de vue
sur les ailes
de la spiritualité
et du rêve
« En fin de compte, talent à part, j'aime mieux Léon Bloy que Vigny. Bloy est un forcené, un énergumène, un homme affreux par certains côtés. Mais du moins, lui, -jamais, ne regarde le monde du haut de sa grandeur. Le monde l'écrase et il proclame sa douleur. Tandis que Vigny avec son silence hautain, qu'il aille aux chiottes, ce -surhomme! Du reste les chiottes sont bien l'endroit d'élection des silencieux. Lieu retiré, frais, calme, sentant le désinfectant, où l'on peut méditer à loisir, lire avec profit, s'élever à perte de vue sur les ailes de la spiritualité et du rêve.»
Jean DUTOURD
Académie française - 87 ans
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13/07/2007
Antichar

[René Char par Picasso]
Depuis quarante ans je m'exerce
A saisir ce qu'ont énoncé
Claudel, René Char, Saint-John Perse
Et n'en suis pas plus avancé.
Victor Bernard Chanson
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On fête cet été les cent ans de la naissance de René Char. Partout l'éloge fait rage. Après le concours "Lettera Amorosa" en référence à Char, j'ai pensé : Et pourquoi pas, une petite note, hum... disons, discordante ?
CANON ANTICHAR
Son oeuvre est une cave où ce « Char » enlisé
A grands coups de cymbale entasse des symboles,
Ce dindon s'y pavane entre des hyperboles :
Ses pieds plats à jamais l'empêchent de voler.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et vaste nullité,
Cet obscur charabia nous laisse épouvanté :
Et pourtant les gogos et les snobs lui répondent!
Même pour enflammer une bonne d'enfants,
On n'oserait goûter ce plat de résistance,
Cette glossolalie aux accents discordants
Que nul n'a pu traduire en la langue de France...
Et de lui prodiguer d'aussi louches encens
Nous prouve, à tout le moins, qu'on a perdu le sens.
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11/07/2007
Léon Bloy

« Le réel, c'est de savourer des épithètes homicides, des méta-phores assommantes, des inci-dentes à couper et triangulaires. Il faut inventer des catachrèses qui empalent, des métonymies qui grillent les pieds, des synecdoques qui arrachent les ongles, des ironies qui déchirent les sinuosités du râble, des litotes qui écorchent vif, des périphrases qui émasculent et des hyperboles de plomb fondu. Surtout, il ne faut pas que la mort soit douce. »
LÉON BLOY - L'art de déplaire
Léon Bloy (1846 - 1917)romancier et essayiste. De son œuvre, on retient surtout la violence polémique, qui explique en grande partie son insuccès, mais qui donne à son style un éclat, une force et une drôlerie uniques. Pour autant, l’inspiration de Bloy est avant tout religieuse, marquée par la recherche d’un absolu caché au-delà des apparences historiques.
Le blog du stalker. Allez voir à Bloy. C'est très érudit, un peu trop peut-être.
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