22/02/2013
Dansons le Slow
On va vers la vitesse et la quantité (qui est encore un produit de la vitesse).
En littérature comme dans le reste : nous sommes à l’âge du journalisme, et le journalisme c’est vitesse et quantité, c’est-à-dire doublement vitesse. Lamartine n’était encore qu’à la trottinette littéraire, les Goncourt au tandem, Zola au triporteur. Nous en sommes à l’âge du bolide. Au bout, la culbute. Et après ça, où ira-t-on ?
Nous arriverons à un âge où l’humanité aura tant parlé qu’elle n’aura plus envie que de se taire. On verra paraître des livres blancs. Il y aura des concours de silence organisés par les journaux monosyllabiques.
Ainsi parlait Alexandre Vialatte.
Les nouveaux outils technologiques devraient nous permettre d'effectuer nos tâches en moins de temps, et donc d’avoir plein de temps libre, pourtant, nous sommes tous archidébordés.
Mais, il se peut que, bientôt, la vitesse ne soit plus tendance. Le bruit non plus. On pourrait bien arriver à une Société de Décélération du temps (version anglaise).
Le mouvement a commencé dans les années 80 par le slow food, qui privilégie les plaisirs de la table et la convivialité, ainsi que l’art de choisir les produits à cuisiner.
Le mouvement se généralise à tous les aspects de la vie :
Slow city (ou slow città) pour des villes conviviales avec espaces verts, mobilité douce etc...
Slow education pour des têtes bien faites plutôt que des têtes bien pleines comme disait déjà Montaigne.
Slow design, une nouvelle façon de penser sa déco. Une philosophie privilégiant le bien-être, le respect de la nature et des hommes. Créer des objets plus sobre en ressources.
Slow music pour une musique plus douce à nos oreilles.
Slow sex pour une décélération érotique qui permet de mieux prendre son pied.
Slow Sciences. Un mouvement de chercheurs milite pour stopper la course à la productivité et à l'« excellence » scientifiques. Son constat rejoint celui fait par les psychologues sur nos sociétés modernes.
Dernier en date, le slow médoc qui n'est pas une volonté de ralentir la conso des vins du Médoc mais de consommer moins de médicaments. Avec l'age , le nombre de médicament augmente énormément sans réel bénéfice pour les malades aue nous sommes tous.
A quand une chaine slow news qui diffuserait de l'info en prenant le temps d'expliquer ce aui se passe, un anti BFM ou iTélé.
20:51 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01/12/2012
Simplicité
Le pauvre, c’est celui qui a besoin de beaucoup et qui désire encore plus.
Connaissez-vous les Aymaras ?
Les aymaras sont un peuple d’Amérique du sud au croisement du Chili, de l’Argentine, de la Bolivie et du Pérou. Il paraît que les incas parlaient la langue aymara et non pas le quechua comme on le prétend chez Decathlon. Ceci dit, on n’a pas d’enregistrement de Tupac Amaru, le dernier Inca qui se battit du mieux qu'il put contre les féroces conquistadors espagnols qui finirent par l'exécuter à Cuzco le 24 septembre 1572 ainsi que toute sa famille jusqu'au quatrième degré.
Connaissez-vous l'Uruguay. C'est le pays qui a remporté la coupe du monde de foot en 1930 et 1950. C'est aussi un fleuve (un rio) qui prend sa source au Brésil, sert de frontière entre l'Argentine et l'Uruguay et traverse la capitale Montévideo.
Le nom "Uruguay", proviendrait de l’aymara « Uruway ! », une exclamation qui signifie « Quelle belle journée ? Quelle belle journée nom de Dieu ! » Un exclamation que l’on prononce selon la tradition inca au solstice de printemps, quand le soleil éclaire la plaine uruguayenne, juste avant que la pluie n’arrive pour reverdir les champs et enchanter les peones.
Bien sûr tout le monde n’est pas d’accord avec cette origine, certains vous diront que uru est un oiseau multicolore, d’autres que uruguà est un escargot (rio de los caracoles). Perso, je préfère l’invocation solaire car même si les incas vivaient dans les Andes, ils avaient bien le droit de descendre en plaine de temps en temps.
Savez-vous que depuis 2009, l’Uruguay a un président normal ? C’est du moins ce que nous révèle cette semaine Courrier International.
Ce président, Pepe Mujica, ne s’est pas formé à l’ENA, non, il a fait ses classes chez les tupamaros (tupa amaru), un groupe de guérilleros qui dans les années 60 et 70, prônait la guérilla urbaine. Aujourd’hui les tupamaros se sont rangés des voitures et font parti du Fronte Amplio, le front large, une union de la gauche uruguayenne et Mujica est devenu président en 2009.
Il donne 90% de son salaire à des oeuvres sociales et vit avec sa femme, une ex de la guerilla, dans une ferme non loin de Montevideo. Attention, la route pour y aller n’est pas goudronnée. Pour les détails, lire cet article de l’Express belge.
Courrier International publie un discours de José Mujica prononcé en Juin au sommet Rio+20, des paroles édifiantes… A méditer chaque jour :
“Nous ne pouvons pas continuer, indéfiniment, à être gouverné par les marchés ; nous devons gouverner les marchés. […]
Les anciens penseurs Epicure, Sénèque ou même les Aymaras disaient : ‘Celui qui est pauvre n’est pas celui qui possède peu, mais celui qui a besoin de beaucoup et qui désire toujours en avoir plus.’ […]
Je viens d’un petit pays très riche en ressources naturelles. Dans mon pays, il y a 3 millions d’habitants. Un peu plus de 3 millions. Mais il y a aussi 13 millions de vaches, les meilleures du monde. Près de 8 à 10 millions de moutons parmi les plus succulents. Mon pays exporte de la nourriture, des produits laitiers, de la viande. C’est une grande plaine où près de 80 % du territoire est exploitable. Mes compatriotes se sont battus pour obtenir la journée de travail de huit heures. Aujourd’hui, ils travaillent six heures. Mais celui qui travaille six heures doit cumuler deux boulots ; donc il travaille encore plus qu’avant. Pourquoi ? Parce qu’il accumule les crédits à rembourser : la moto, la voiture… toujours plus de crédits. Et, quand il a fini de payer, c’est un vieillard perclus de rhumatismes, comme moi, et la vie est passée. Je vous pose la question. Est-ce que c’est cela la vie ? Nous touchons ici au cœur du problème. Le développement ne doit pas être opposé au bonheur, il doit favoriser le bonheur des hommes, il doit favoriser l’amour, les relations humaines, permettre de s’occuper de ses enfants, d’avoir des amis, d’avoir le nécessaire. Parce que c’est précisément la chose la plus précieuse. Et, dans notre combat pour l’environnement, n’oublions pas que l’élément essentiel, c’est le bonheur des hommes. Merci.
10:01 Publié dans Au fil de la toile, Géographie, Simplicité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/08/2012
Traquenard
Un jour où on lui demandait ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, Gandhi répondit : « Je pense que ce serait une bonne idée. »
Mark Twain disait que la civilisation était la multiplication de besoins non nécessaires et Gandhi ajoutait :
« La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. C'est le seul moyen pour connaître le vrai bonheur et nous rendre plus disponible aux autres [...] Il faut un minimum de bien-être et de confort ; mais, passé cette limite, ce qui devait nous aider devient une source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n'est que poursuivre du vent. Ce faux idéal n'est qu'un traquenard. S'ils ne changent pas leur modèle, les européens périront sous le poids de leur confort dont ils seront devenus esclaves.
Traquenard (une bonne traduction de « delusion and a trap ») vient de Rabelais qui l'a piqué au gascon tracanart qui désigne un cheval qui romps l’amble.
Le cheval se met à galoper des postérieurs et à trotter des antérieurs. Essayez, vous verrez, c’est pas facile !
Plus tard, traquenard devient piège pour animaux. On retrouve la même racine que dans traquer, suivre la trace d’un animal. Tomber dans un traquenard, c’est bien ce qui nous arrive. Le piège est de taille. Il a été posé par les renards des banques, par les requins de Davos, par l’idéologie de l’économie libérale (le maché, le marché..) et aussi par notre cupidité. Pas de lien étymologique avéré avec trappeur ou trappe mais c’est aussi un piège. Merci Alain Rey one more time.
L’amble est l’allure du cheval qui fait avancer ses deux jambes du même côté provocant un balancement alternatif.
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier et je t'ai dit
Nous dormirons ensemble
C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon coeur entre tes mains
Avec le tien comme il bat l'amble
Aragon – Le fou d’Elsa
11:05 Publié dans Mondialisation, Mots, Simplicité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08/01/2010
Education

Encore une note sur les changements climatiques.
Après Copenhague, le gouvernement danois met en place ce programme :
Le Ministère danois de l’Education déploie des efforts particuliers pour encourager les élèves et étudiants, les enseignants et établissements éducatifs à mettre le changement climatique au programme en 2008/09. Ces efforts se traduisent par une série d’initiatives destinées aux écoles primaires et collèges, aux programmes d’éducation pour la jeunesse et à certains établissements d’enseignement post-scolaire.
Ces initiatives reposent sur cinq perspectives clés, qui seront traitées de différentes manières en fonction des programmes éducatifs, du niveau des élèves et du contexte d’enseignement :
- Perspective du savoir – que savons-nous du climat de la planète et des facteurs ayant une incidence sur celui-ci ?
- Perspective de l’action et du comportement – que pouvons-nous faire pour limiter le réchauffement climatique ?
- Perspective de la technologie et de la communauté – quelles technologies / formes de production existantes pourraient contribuer à limiter l’effet de serre ? Quelles sont les conditions socio-économiques requises pour que ces technologies / formes de production puissent être déployées à grande échelle ?
- Perspective de l’avenir – futures technologies et pratiques « vertes » et leur diffusion
- Perspective socio-économique – questions liées au changement climatique, notamment
10:09 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07/01/2010
Crimes
Pour poursuivre les listes de listes… passons à la liste des crimes climatiques… J’avoue que je suis assez partagé après avoir lu l’article de Papy Jako sur Agoravox. Il explique avec quelques illustrations venant de pays anglo-saxons que l’on endoctrine nos enfants au sujet du réchauffement. Il rappelle 1984, le roman d’Orwell où les enfants dénoncent leur parents. Il fait référence à plusieurs sites tel que celui de Tiki, le pingouin et surtout à celui des flics du climat dont le but semble être clairement de faire des enfants des flics face à nos mauvaises habitudes de consommation.

Listes des 10 crimes :
- Laisser la télé en veille.
- Laisser goutter un robinet
- Utiliser le séchoir à linge un jour ensoleillé
- Laisser les lumières allumées dans une pièce vide
- Laisser branché le chargeur de téléphone
- Mettre de la nourriture chaude dans le frigidaire
- Ne pas utiliser d’ampoules basse consommation
- Remplir le bouilloire pour une seule tasse de thé
- Laisser les fenêtres ouvertes en hiver
- Avoir des vitres sales
Certes, il a un côté un peu ridicule dans cette liste et les argument de Papy Jako qui stigmatise les apôtres environnementaux ne sont pas tous faux. On pousse peut-être un peu loin le bouchon écologique. Mais après avoir été sur le site des climate cops, j’ai envie de relativiser. Il y a un aspect ludique sur ce site et puis convaincre les occidentaux et les américains en particulier de moins consommer d’énergie, cela vaut peut-être quelques excès qu’il ne faut quand même pas si facilement taxer de fascisme comme le font les anti-réchauffistes.
06:35 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

