19/05/2014

Jugaad

11a765d8689e0ad8986ca9.L._V388836130_SX200_.jpgÊtes-vous Jugaad ?

Le Jugaad (prononcez jougad) est une concept popularisé par un français né à Pondichéry*, Navi Radjou (en photo) et qui vit aujourd'hui entre l'Inde et la Silicon Valley. Il popularise l'innovation frugale chez Ernst & Young, GM, Hitachi, IBM, Marks & Spencer, Microsoft, Procter & Gamble, SAP, Sprint... Excusez du peu !

*Elle avait elle avait le Pondichéry facile / Elle avait elle avait le Pondichéry accueillant / mais où sont passés les comptoir de l'inde, chantait Guy Béart et Juliette Gréco.

Au départ, le mot jugaad est un mot hindi familier et légèrement péjoratif qui désigne des solutions un peu bricolées. Le mot a pris récemment un sens plus positif de créativité avec peu de moyens, d'innovation frugale et est en train de devenir un système de pensée pour ingénieurs créatifs et surtout conscients des ressources limitées de la planète. Voir cette vidéo.

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Le livre de Navi Radjou, l'innovation Jugaad, redevenons ingénieux, est déjà un best seller mondial.

La figure qui représente bien le jugaad est sans doute Mac Gyver et son couteau suisse. Avec du tissu et des baguettes de bois, faire un cerf-volant, y attacher le ballon, un poignard métallique et la corde de tissu. Le tout se retrouve dehors à travers la fenêtre où une tempête a lieu. Un éclair est capté par le poignard, l'électricité est transportée par la corde humide, fait exploser la serrure et la réserve de poudre dans le labo. Le tour est joué !

Vocabulaire: En français, on a le système D pour Débrouille, on est les rois de la bricole, on utilise des moyens de fortune, des bouts de chandelles... Les québécois parlent de réparation en « broche à foin », en fil de fer. Les anglais ont « Jack of all trades », le Jacques de tous les métiers et on ajoute « Master of none », qui n'en maîtrise aucun.

07/04/2014

Sacré Victor !

victor-hugo_daumier.jpgVictor Hugo, discours à l'Assemblée nationale, séance du 10 novembre 1848

Eh bien, la grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus ; de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel (…) Il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand. C'est là ; et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.

(…) Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements, tous les asiles où l'on médite, où l’on s'instruit, où l’on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.

31/10/2013

Pensées Indiennes

 Chef%20sittingbull%20Sioux%20Hunkpapa.jpgRéflexions sur science et spiritualité...

« ... Maintenant, les vieux temps passent ; l'hypertrophie scientifique qui s'accroît depuis la Renaissance commence à apparaître monstrueuse ; et les hommes cherchent avec empressement une nouvelle vision de leur vie, vision dans laquelle on verra sanctionnées toutes les valeurs idéales, les valeurs esthétiques, morales, et religieuses tout autant que celles de la raison et de la science.

« C'est au moment d'une telle crise de la pensée moderne que je demande au lecteur de réfléchir sur les conceptions des Indiens. 

« ... Ce n'est certes pas le moindre des dons que nous aura fait la race indienne si, aux choses matérielles que nous avons reçues d'elle, le maïs, la pomme de terre, le cacao, s'ajoute un dernier don, le don spirituel de l'intuition, qui fera revivre notre sens, depuis longtemps affaibli du symbolisme des choses sensibles et rafraîchira notre entendement de la spiritualité intégrale de cette vie que nous discernons dans le sein d'une Nature maternelle. »

Hartley Burr Alexander, L'art et la philosophie des Indiens d’Amérique du Nord

Quelques pensées des peaux rouges piquées ici :

Chef%20Cochise%20Apache.jpgNous avons toujours eu beaucoup; nos enfants n'ont jamais pleuré de faim, notre peuple n'a jamais manqué de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, de citrouilles, de courges... Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu'elle nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l'aurait cru.

Black Hawk, chef indien

Nous aimons la tranquillité; nous laissons la souris jouer en paix; quand les bois frémissent sous le vent, nous n'avons pas peur.

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796

Chef%20littlehorse%20Sioux%20Oglala.jpgNous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.


L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même."

Seattle, chef indien Suquamish

Chef%20naichez%20Apache%20Chiricahua.jpgSaviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

Les illustrations de chefs indiens ne sont pas liées aux textes, je les ai piquée ici.

14/10/2013

Science

logo-sciences-et-democ-opt.jpgCafé philo ce soir avec Alain Gentil. C'est toujours un plaisir d'écouter Alain dans les fauteuils de la salle des 400 coups au rouge et noir. Alain s'attaque ce soir à un sujet difficile "Science et démocratie". Il va le traiter en deux étapes.

Petit rappel de la démarche de Descartes qui fonde la modernité de la science.

Le premier précepte : ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute

Descartes+Drawing.jpgDepuis Descartes la science s'est imposée comme indiscutable et pour certains, entre autre les scientistes du XIX et XXième, elle est devenue une sorte de base unique et indiscutable. Le scientisme veut, selon la formule d'Ernest Renan (1823-1892), organiser scientifiquement l'humanité. Il s'agit donc d'une confiance (mais pas de foi) dans l'application des principes et méthodes de la science expérimentale dans tous les domaines.

Est-ce que cette vision est encore valable au XXI ième siècle ? L'accélération des progrès scientifiques n'est il pas devenu un problème qui rend la science dangereuse. Peu de gens comprennent vraiment les enjeux. Non seulement la physique fondamentale n'est compréhensible que par un petit nombre mais le vulgum pecus peut-il vraiment se prononcer sur le nucléaire civil en connaissance de cause ? Les questions sont sans fin.

hansjonas.jpgAlain Gentil cite aussi un texte de Hans Jonas (1903-1993), philosophe allemand, texte extrait de son livre Le Principe responsabilité. Dans ce livre, Hans Jonas part de la question « pourquoi l'humanité doit exister ? ». Question reprise par Yves Paccalet. L'existence de l'humanité dont l'impératif semble aller de soi, n'est plus du tout un fait assuré de nos jours. Au contraire, par son énorme pouvoir qu'il a avant tout grâce à la technique moderne, l'homme a désormais les capacités de s'autodétruire en peu de temps — c'est pourquoi il y a ici une nouvelle question qui doit entrer dans le domaine des considérations éthiques.

En se référant à sa philosophie de la biologie, Hans Jonas fonde l'impératif que l'homme doit exister, vu qu'il a, comme tout être vivant, une valeur absolue qui lui est inhérente et qu'il s'agit par conséquent de protéger quoi qu'il en coûte.

J'ajouterai que pour expliquer aux scientismes de tous poils les dangers de la science, on peut aligner les mots eugénisme, clonage, organisme génétiquement modifiés, manipulation de virus, zones définitivement irradiées...

Alain mentionne aussi le transhumanisme dont j'ai parlé ici dans 3 notes consécutives sous le titre singularité. Voir aussi Raymond C. Kurzweil. Alain Gentil souligne le fait que pas mal de scientifiques et des philosophes pensent que l'avènement du transhumanisme est ni plus ni moins inévitable.

10/06/2013

Bonheur

« Le bonheur date de la plus haute antiquité, il est quand même assez neuf car il a assez peu servi » écrivait Alexandre Vialatte.

Attention, le bonheur ne se mesure pas avec un double mètre. Le Bouthan, a adopté le BIB, Bonheur Intérieur Brut comme indice de mesure au détriment du PIB, le produit Intérieur brut. La France pourrait faire pareil, sauf que, les français sont moroses, notre BIB (biberon en anglais) est à moitié vide. 

Une autre manière de mesurer le bonheur consiste à mesurer l’IDH, indice de développement humain, qui prend en compte l’éducation, l’espérance de vie, la santé, le niveau de vie… Selon ce critère, la France arrive vingtième, pas si loin du peloton de tête scandinave.

On peut aussi sonder le bonheur en demandant aux gens leur perception du bonheur. Pour la France, c’est là que le bas blesse. Notre perception nous met à 7,2 sur une échelle de 10 et encore, on a pas fait la mesure après une mois de mai pourri. N’empêche que si nous voyions notre vie avec la mentalité de belges on serait à 7,6 sans rien changer, et on serait à 8,9 pour un bouthanais de Thimphou.

ricard.jpgQuoique, si ce bouthanais se livre à la méditation régulièrement, il augmente ses ondes gamma dans la cortex préfrontal gauche du cerveau et devient de plus en plus heureux. C’est ce qu’a démontré Richard Davidson, éminent neurologue américain. En plaçant 256 électrodes sur la tête de ses patients, il a mesuré les ondes gamma de pas mal de monde, méditants et non méditants, et surprise :

Le record appartient à un français.

AVT2_Ricard_6680.jpegEh oui, vous l'aurez reconnu sous sa mise en plis, c’est notre ami Matthieu Ricard qui l’emporte, ce qui fait de lui l’homme le plus heureux du monde.

Désolé, mais la nouvelle n'est pas fraiche. Elle date de 2005. Ce qui ne fait qu'accroître mon acrimonie. Grrrr ! Alors là, franchement on se demande ce qu’a foutu Sarkozy. Au lieu de prendre comme conseillers des gens aussi déprimants que Patrick Buisson, Alain Minc, Alain Bauer, Guaino, Guéant, Morano... il aurait pris Ricard, on n’en serait pas là, à ce record de déprime printanière.

On perd en foot, en tennis, en rugby, il pleut encore... Et que fait Hollande ? Il consulte des économistes ! Le cerveau d'un économiste génère très peu d'ondes alpha, à la rigueur quelques courbes du CAC40 à la hausse et uniquement si le chômage monte. C'est trop tristre. Alors, je dis STOP. Un Ricard, sinon rien !

Voilà, il faut donner des responsabilités à Matthieu Ricard. Nommons à la place de Montebourg au redressement de la gaitée collective, nommons le premier ministre s'il le faut ! Avec Matthieu, on tient un recordman, il faut en profiter et redonner confiance aux français.