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14/10/2009

Piscine

Autre passage de l’article fort intéressant de George Monbiot* du Guardian qui parle  de malthusianisme et de l’hyperconsommation des riches.

« L’une de mes relations qui fréquente les gens très riches me dit que dans la banlieue des banquiers, la Lower Thames Valley, certaines piscines extérieures sont chauffées a une température suffisante pour s’y baigner toute l’année. Les propriétaires adorent plonger dans leur piscine durant les nuits d’hiver et regarder les étoiles. Le chauffage leur coûte 3200 € par mois. Cent mille personnes vivant comme ces banquiers épuiseraient les écosystèmes indispensables a la vie plus rapidement que 10 milliards de personnes vivant comme les paysans africains. Mais au moins, les hyper-nantis ont l’exquise attitude de ne pas se reproduire beaucoup, ainsi les vieux riches (écologistes of course) qui dénoncent la croissance démographique les laissent tranquilles. »

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Conclusion de l'article: C’est le moment d’avoir les tripes d’appeler un chat un chat. Ce n’est pas le sexe le probleme, c’est l’argent. Ce ne sont pas les pauvres le probleme, ce sont les riches.

 

24/05/2009

Kupinam

Ca-vient.jpgIl était une fois...

...un guru qui avait un très bon disciple, un brahmacharin inspiré par l'esprit de renoncement. Il ne possédait qu’un simple kupinam (linge servant de caleçon, le vêtement minimum). Un jour, son guru lui dit: « Tu vas te rendre dans un endroit isolé pour te consacrer à la méditation. Je te donnerai un mantra (formule rituelle et incantatoire) et je viendrai voir dans quelques années comment ça va. »

Le jeune homme parti et se mis à pratiquer la méditation selon les instruction de son guru. Son programme journalier était le suivant: le matin il se levait, lavait son kupinam, le faisait sécher sur l'herbe, puis commençait sa méditation. Ensuite, vêtu de son seul kupinam, il allait au village pour mendier sa nourriture. Il revenait pour le repas et s'asseyait de nouveau pour la méditation.

Un jour, une souris fit des trous dans son kupinam. Notre brahmacharin était désespéré; c'était sa seule possession. Il l'a raccommodé tant bien que mal et, en mendiant sa nourriture au village, il a dit aux gens qu'il n'avait plus de kupinam. Les villageois lui dirent: « Cela ne fait rien, on va te donner un autre kupinam ! » Ainsi fut fait. Il était tout à fait heureux avec son nouveau kupinam, et il a recommencé son programme journalier.

Quelques jours après, la même histoire s'est reproduite. Une souris a de nouveau fait des trous à son kupinam; il va de nouveau au village et redemande un kupinam que les villageois lui ont volontiers donné. Cette histoire est arrivée deux ou trois fois. Finalement, les gens se sont fatigués et lui ont dit: « Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours un nouveau kupinam ! On va te donner un chat, tu le garderas près de toi, le chat chassera les souris et celles-ci ne viendront plus manger ton kupinam ! » Le brahmachârin a alors emmené son chat, et les souris se sont éloignées. Il était tout heureux, son kupinam n'était plus déchiré par les souris.

Seulement voilà, il y avait un autre problème. Il fallait nourrir le chat, lui donner du lait. De ce fait, quand il allait au village, il demandait aux gens: « S'il vous plaît, donnez-moi aussi un peu de lait pour mon chat. » Les villageois lui ont donné volontiers du lait pour le chat. Cela s'est reproduit plusieurs jours, pendant une semaine ou deux, et les villageois ont fini par se fatiguer. « Eh, Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours du lait ! On va te donner une vache, tu vas la traire et tu auras du lait pour nourrir ton chat. » Alors il a emmené la vache, a appris à la traire et ainsi il a eu du lait tous les jours pour lui et pour son chat.

Mais un nouveau problème est apparu: il fallait nourrir la vache. Quand il allait mendier, il demandait aux villageois de lui donner du foin pour nourrir sa vache. Les villageois lui ont d'abord donné du foin, puis finalement se sont lassés et lui ont dit: « Eh, Bâbâ, on ne va pas toujours te donner du foin ! Il y a des terres en friche près de ton âshram. Tu vas les cultiver, on va te donner du blé à semer, il va pousser, tu auras du blé pour faire tes galettes et tu auras de la paille pour ta vache. Alors il a dit oui, car il était obéissant et très influençable, comme beaucoup de brahmachârin et de sâdhu. Il a fait cela, récolté son blé, en a semé une partie à nouveau, a commencé à stocker de la paille.

Finalement, au cours des années, il n'a plus pu faire le travail lui-même. Il a dû demander aux villageois des hommes pour l'aider. Au début, il lui en ont donné, mais après ils lui ont dit: « Bâbâ, on va te donner une femme, tu vas te marier avec elle, elle t'aidera, elle te donnera des enfants et les enfants t'aideront à leur tour. » C'est ce qu'il a fait, et petit à petit son âshram s'est transformé en une grande propriété, avec des greniers pour le foin et le blé, des ouvriers comme dans une entreprise.

Un jour, son guru est venu rendre visite à son disciple. Il a vu la ferme, avec des gens occupés à droite et à gauche. Il a demandé à un homme: « Dis donc, j'avais mis un brahmachârin ici, qu'est-il devenu ? Est-il parti ? » L'homme répondit: « Non, non, il est debout là-bas. » Notre brahmachârin était habillé comme tout le monde, il donnait des ordres à ses ouvriers. Son guru s'est approché de lui. Quand le brahmachârin l'a vu, il est tombé à genoux et a dit: « Guruji, regardez ! Tout ça, c'est à cause d'un kupinam ! »

Note du 11 avril 2008

Petit supplément gratos à l'occasion de la semaine du pouvoir d'achat...

...et aussi parce que c'est dimanche

21/05/2009

Toujours simple

Je parle depuis longtemps de SimplicitéVolontaire sur ce blog. Ma première note date même de mai 2005. J'ai envoyé cet article à AgoraVox. NaturaVox l'a pris tout de suite et PlanèteInfo a suvi. S'il a fait découvrir le mouvement à quelques personnes, c'est bien.

<<C'est là>>

C’est devenu un truisme, on brûle la planète par tous les bouts et forcément elle se réchauffe. Faut-il attendre ou faut-il agir? Les adeptes de la Simplicité Volontaire ont décidé d’agir. Pas par altruisme, mais parce qu’ils pensent que privilégier l’être sur l’avoir, le simple sur le complexe est une manière de vivre mieux et plus sereinement. Quelle est l’ampleur de ce mouvement? Va-t-il empêcher les glaciers de fondre?

Jean-Pierre et Nathalie sont de nouveaux adeptes de la simplicité volontaire, la SV. 57 et 54 ans, leurs deux enfants sont maintenant autonomes financièrement. Leur maison est devenue bien trop grande pour eux. JP se dit qu’il a travaillé dur et qu’il pourrait peut être prendre du bon temps. Tant pis pour les annuités perdues et la retraite plus modeste. Ils pourraient vendre la maison et s’installer dans un appartement plus petit et confortable. Ils n’ont pas vraiment besoin d’aller chaque année en vacance dans l’hémisphère sud. Ils peuvent consommer moins... Depuis quelques temps, Nat et JP parcourent les forums de la SV. Au milieu de tous ces jeunes adeptes écolos et alter mondialistes, JP retrouve des idées enfouies depuis longtemps dans sa mémoire.

Le mouvement

Les adeptes du mouvement pour a simplicité volontaire se proposent de réduire leur dépendance à l’argent, à la vitesse, à la compétition... pour libérer du temps. La simplicité volontaire est un style de vie choisi pour des raisons très diverses : spiritualité, santé, qualité de vie (moins de stress, temps pour la famille, les amis), convictions politiques, goût personnel... La SV n’est normalement pas un ascétisme impliquant de grands sacrifices. C’est un mouvement qui se veut tolérant : A chacun sa simplicité. La SV n’implique pas, par exemple, l’adhésion à l’idée de décroissance.

La suite est là

06/04/2009

Crapaud ouf

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Yves Paccalet,

Théodore Monod,

L’humanité menacée

et les crapauds oufs

 

Certains auront noté dans la liste de mes sites un lien sur le blog d’Yves Paccalet, un blog passionnant. Yves est écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste et un peu poète. Il a publié en 2006 un essai brillant et un peu déprimant L’humanité disparaîtra, bon débarras ! Essai dans lequel il analyse la folie suicidaire de ces grands singes égoïstes et soi-disant sapiens que nous sommes. Un livre à rapprocher de celui de Théodore Monod, Et si l’aventure humaine devait échouer. Théodore Monod (1902-2000) était un savant naturaliste à la curiosité toujours en éveil. Spécialiste du désert, humaniste, penseur, philosophe et même théologien.

Jean-Charles me signale la métaphore des crapauds fous que j’appellerai plutôt des crapauds oufs ou même des crapauds utopiques. Il se peut que cette histoire soit sans fondement scientifique. Tant pis ! C’est une jolie métaphore.

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Au printemps, les crapauds se rendent de leur lieu de vie à leur lieu de reproduction en bande de milliers d’individus. Quelques crapauds déboussolés (crazy toad) quittent le groupe et se perdent dans la nature. Ils ont peu de chance de trouver un partenaire et une mare propice pour copuler et se reproduire.

Exceptionnellement, quand par exemple l’homme s’en mêle et construit une autoroute mal placée et sans tunnel pour la faune, les crapauds normaux sont bloqués et succombent. La survie du groupe dépend alors de ces crapauds utopiques dont certains vont réussir à trouver un nouveau chemin, un partenaire et une mare propice à leurs ébats.

Vous me direz que l’autoroute de la mort* que construit l’humanité, faite de pollution, de déchets, des saccage des terres et des mers, de nouveau virus, de risques nucléaires…, ne comporte ni tunnel, ni possibilité de s’en sortir et sans doute aucune mare propice pour les crapauds oufs. C’est possible... mais pas certain, on peut toujours chercher un chemin. La voie qui est suggérée par ces crapauds que sont Yves Paccalet et Jacques Monod est une voie très ancienne, c’est celle de la sagesse. Paccalet a écrit un deuxième livre, Sortie de secours, qui prône un changement de valeurs vers plus d’égalité, de générosité et de solidarité pour redonner un sens à l'humain. C’est dire à quel point ce crapaud est utopique !

*On pense à l’autoroute intergalactique au début du Guide du routard pour la Galaxie.

22/02/2009

Manifeste

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Grâce à Stéphane Paoli, toujours à l’affût du mouvement des idées, on a découvert ce week-end sur France-Inter le manifeste pour les « produits » de haute nécessité signé par deux grands écrivains martiniquais, le poète Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau [photo] et cinq autres intellectuels antillais.

Je ne connais pas grand-chose aux problèmes des Antilles. Comme pas mal de français, j’ai le vague sentiment qu’il faudrait arrêter de porter cette économie à bout de bras et les laisser se débrouiller seuls. L’idée d’envoyer là-bas des profs et autres fonctionnaires mieux payés qu’en métropole m’agace un peu, à la fois pour notre porte-monnaie et pour leur dignité. En gros, ce conflit n’est pas le mien.

En lisant le manifeste de neuf pages, j’avoue que j’ai été agréablement surpris à la fois par la forme et par le fond.  Pour la forme on n’en attendait pas moins de ces deux immenses écrivains. Illustrations

>>>La hausse des prix ou la vie chère ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires - non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte d'épuration éthique.

>>>Nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont le pouvoir d'achat ou le panier de la ménagère.

>>> …l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du Marché et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par l'esprit colonial et régulées par la distance que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

>>> Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance

En parlant de l’eau : commencer à sauvegarder les dernières chiquetailles d'un trésor

Sur le fond, il y a quelque chose de très original dans ce texte. Il commence par soutenir sans réserve le mouvement,

« c’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. »

puis glisse progressivement vers une remise en cause du système capitaliste, « L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. »

et de la société marchande,

« C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes... »

il parle de poésie

« On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. »

et des fameux produits de haute nécessité,

« La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. »

et il termine par l’écologie et la sauvegarde de la planètepour un renaissance :

« Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

Alors voici notre vision :

« Petits pays, soudain au coeur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés postcapitalistes, capables de mettre en oeuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant... »

Je m’excuse de plus citer qu’analyser ce texte mais je le trouve tellement beau et tellement à propos dans cette période de crise que je préfère le citer. Je vous encourage à le lire en entier.

Pour les pisse-froid qui trouveront ce texte irréaliste, tant pis pour eux, qu’ils aillent investir leur argent chez le nouveau Madoff ou faire du consulting chez Omar Bongo. Bravo à ces messieurs antillais. Un seul petit regret, pourquoi sept messieurs ? Et les dames ?

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A noter pour ceux que ça intéresse un petit livre qui contient une adresse à Barack Obama par Glissant et Chamoiseau qui parle de la créolisation du monde.