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18/01/2017

Fuck America

Non, ceci n'est pas une note d'humeur anti-Trump, quoique... C'est un petit livre au format "Paysage" lu dans l'avion et laissé à la Gomera en échange d'un pavé dont je parlerai bientôt.

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Après avoir vu la pièce « Le nazi et le barbier » à/en Avignon, pièce tirée du roman de l'écrivain juif-allemand Edgar Hilsenrath, roman grotesque sur la Shoah et la judaïté en liaison avec le national-socialisme et la création de l'État d'Israël publié en 1971, je me suis dit qu’il fallait lire ce cher Edgar.

Je m’attendais à un auteur hors norme et je n’ai pas été déçu avec « Fuck America ». Le pitch : « Tout juste débarqué aux Etats-Unis, Jacob Bronsky erre dans le New York miteux des années 1950, parmi les clodos et les putes. L'Américan Way of Life ? Comprend pas. Le rêve américain ? Encore moins. Enchaînant les jobs minables, Jakob Bronsky n'a que deux obsessions : soulager son sexe et écrire un roman (titre prévu : le branleur) sur son expérience des ghettos juifs. Un futur best-seller à coup sûr ! »

Situations loufoques. Dialogues déjantés, humour qui sort de tous les politiquement corrects. Un OLNI, Objet Littéraire non identifié, raconté de manière originale et donc qui bouscule le style et les conventions. Bref, j'ai aimé et cela conforte mon idée qu'il est plus facile de trouver des pépites dans le fond littéraire que dans les livres de la rentrée. Edgar est toujours vivant, il a quitté l'Amérique et vit en Allemagne où il pratique sa langue.

18:04 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (9)

24/04/2016

Passé pas simple

Suite à ces vacances à Jard sur mer, on a passé deux jours en camping-car à Noirmoutier. Vélo à Noirmoutier en l’île puis au passage du Gois, 40 ans après :-) Un peu de lecture en retard :

51q8XdSK1eL.jpgIl n'y a pas de passé simple.

de François-Henri Soulié

Prix du premier roman du Festival de Beaune 2016

Résumé : Journaliste stagiaire au Courrier du Sud-Ouest, le jeune Skander Corsaro réalise un reportage culturel sur l’abbaye cistercienne de Morlan. Quarante-huit heures après la parution de son article, un cadavre est retrouvé au pied d’un échafaudage, dans la grande nef. Skander Corsaro est alors pris dans un engrenage infernal dont le premier rouage remonte à l’Occupation nazie… À moins que tout n’ait commencé encore bien plus tôt, en 1789, par l’assassinat du dernier prieur de l’abbaye ? Peut-être que Blb, le poisson jaune de Skander, connaît la solution. Ce serait tellement rassurant si les poissons savaient tout comme dans la chanson d’Iggy Pop… Il n’y a pas de passé simple est le premier volet d’une série d’aventures trépidantes dont Skander Corsaro est le héros. C’est ce que nous a confirmé François-Henri dans la librairie où il dédicaçait son livre.

Excellent titre !

Excellent polar très drôle, très bien écrit. Je me suis régalé. Une histoire à rebondissement. Vocabulaire riche, savant parfois. Au hasard :

L’adjectif melliflue (qui coule le miel). Péjoratif. Mièvre. Doucereux.

« Son éloquence melliflue et doucereuse ressemblait à un discours de Robespierre passé à l’eau bénite »

rubalise.jpgLes rubalises : un mot valise pour ruban et balise. Film plastifié pour délimiter une zone, un chantier.

 

16:43 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (3)

15/12/2015

Pléonexie

51candKimoL._UY250_.jpgJe n’ai pas lu le livre de la canadienne Naomi Klein, « Tout peut changer: Capitalisme et changement climatique. »

Mauvaise traduction qui aurait dû être : « Ceci change tout : Le capitalisme contre le climat ».

Je ne l’ai pas lu mais je vous le résume ci-dessous :-) Blague à part, je le lirais sans doute un jour. Il semble que Naomi ait mené une enquête très serrée sur le climat et ses premiers lecteurs français l’ont trouvé très bien.

 dessin-8-14827.jpg 

Dessin pris dans Reporterre d'après le Christian Science Monitor. 

Résumé : Le capitalisme est un système basé sur la pléonexie générale. C'est-à-dire que tout le monde pense qu’il peut avoir plus que ses voisins et fait tout pour gagner plus... mais à la fin c’est toujours le plus gros qui triomphe. L’aboutissement du capitalisme c’est quand un seul possède tout.

Pendant ce temps, tout le monde essaie de se faire plus gros, achète une grosse voiture, des meubles en bois exotique, prend l’avion, ne mange que les bons morceaux du bœuf… le climat se détériore. L’habitabilité de la planète est en jeu.   

Donc il faut à transformer nos manières de penser et apprendre à réfléchir sur cette pléonexie anthropocentrique et égoïste (pléonasme).

*Pléonéxie : du grec pleonexia : désir d'avoir plus que les autres en toute chose.

Même origine que pléonasme de pléonasmos, surabondance, excès.

Et même pléistocène, de pléistos : nombreux, très nombreux. C'est la période où les archéologues trouvent le plus d’os.

Est-ce que dans mille ans, on retrouvera beaucoup d’os de ces milliards d’individus qui vivaient au XXI ième siècle ?

10/11/2015

Apostophes

CPB87012422.jpegJ’adore Bernard Pivot que l’on a eu la chance de voir en spectacle à Nancy au Livre sur le Place dans un grand numéro, « Les mots m’ont mangé »  Le récit de la vie héroïque, navrante, loufoque mais glorieuse, d’un écrivain dévoré par les mots.

 Merci à Pierre Assouline d’avoir fait ce documentaire sur Apostrophes en Replay ici. Merci à Aredius sans qui je l’eusse ratée. Précipitez-vous ! Les jours sont comptés.  Vous allez retrouver de grands écrivains, Yourcenar, Soljenitsyne, Nabokov. Des débats historiques comme celui sur les nouveaux philosophes avec André Glucksman qui vient de nous quitter...  

A l'occasion des quarante ans de l'émission, pour en ressusciter les grandes heures et les rencontres historiques, Pierre Assouline a composé un florilège des meilleurs extraits, présenté sous forme d'abécédaire, qu’il a fait commenter par un Bernard Pivot surpris, heureux, nostalgique et généreux en anecdotes inédites.

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Cette émission nous permet de constater à quel point Pivot est un homme exceptionnel qui a vécu une vie passionnante et passionnée avec un amour de la littérature énorme et communicatif. Sans compter qu’ensuite il y eu Bouillon de culture, Double Je… Vraiment, un grand bonhomme.

11:19 Publié dans Lecture, Mots | Lien permanent | Commentaires (1)

27/10/2015

Pas de pitié

nietzsche2.jpgToujours dans ECCE HOMO la dernière oeuvre de Nietzsche traduite par Alexandre Vialatte dont les sous-titres m'enchantent : 

- Pourquoi je suis si sage

- Pourquoi je suis si malin

- Pourquoi j'écris de si bon livre

- Pourquoi je suis une fatalité

Je reviens en arrière et relis un passage sur les actions désintéressées et l'amour du prochain qui donne  à réfléchir :

Mes expériences me donnent surtout le droit de me méfier de ce qu'on appelle les instincts, « désintéressés » et de ce fameux « amour du prochain » qui est toujours prêt à vous venir en aide et de la voix et du geste.

Je le considère en soi comme une faiblesse et comme un cas particulier de l'incapacité de résistance aux impulsions ; la pitié ne s'appelle vertu que dans le monde des décadents. Je reproche aux compatissants d'oublier trop facilement la pudeur, le respect, le tact et les distances, à la pitié de sentir trop vite la populace et de ressembler à s'y tromper aux mauvaises manières ; je dis que les mains compatissantes peuvent parfois avoir une action destructrice sur une grande destinée, quand elles viennent farfouiller dans les blessures d'une solitude et le privilège d'une grande faute.

Vaincre la pitié c'est, à mon avis, une vertu aristocratique : j'ai raconté, en lui donnant pour titre « La Tentation de Zarathoustra », l'histoire de ce grand cri de détresse qui parvient un beau jour au sage, et la pitié, comme un dernier péché, est déjà près de l'assaillir et de l'arracher à lui-même.

Rester maître de soi dans ces situations-là, conserver pure la hauteur de son devoir en face des bas et myopes instincts mis en oeuvre par les actions prétendues « désintéressées », voilà la preuve, la suprême preuve peut- être que doit donner un Zarathoustra, le véritable témoignage de sa force.

16:54 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1)