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02/05/2014

Co-génération

Il y avait une présentation intéressante sur la co-génération l’autre soir au meeting de Nouvelle-Donne. Intéressante mais mal foutue. Pas de définition du sujet et pas d'explication sur la possible mise en œuvre. C'est quoi la co-génération ? C'est une autre manière, plus économique, d'utiliser les sources d'énergie.

schema_cogeneration.gif

La co-génération consiste à produire de l’électricité en même temps que l’on produit de la chaleur. Dans une centrale thermique ou nucléaire, plus de 60% de l’énergie est perdu en chaleur sauf si la centrale est proche d’une ville et que de bons esprits ont imaginé de récupérer une partie de cette chaleur pour chauffer des bâtiments.

L’idée de la co-génération consiste à prendre le problème dans l’autre sens. On commence à se préoccuper du chauffage et ensuite on produit de l’électricité avec la centrale. La perte peut ainsi se limiter à plus ou moins 15%. Pour que ce système soit efficace, il faut imaginer des chauffages collectifs.

Et donc il faudrait remplacer les grosses centrales nucléaires ou thermiques, productrices d’électricité ainsi que les chaudières individuelles, productrices de chaleur, par des centrales de moyennes puissance qui fournirait les deux énergies avec bien moins de perte. Simple sur la papier. Pas facile quand il s'agit de changer les infrastructures existantes.

pecs-travel-destination.jpgPourtant, les hongrois le font.

A Pécs, 120'000 personnes sont chauffées avec une centrale à paille et bois. La centrale utilise 400.000 tonnes de copeaux de bois et quelques 200.000 tonnes de paille par an. La vapeur issue de la combustion de la paille permet de produire de l’électricité et la chaleur dégagée est ensuite utilisée pour chauffer la ville de Pécs. Cette centrale remplace une centrale de l’ère communiste qui était déjà pionnière.

En fait ceci nécessite une économie planifiée au niveau de l'énergie et c'est le contraire que l'on est en train de faire en lâchant le domaine à la concurrence et au court terme. Par exemple, la construction d'incinérateurs d'ordures ménagères qui produisent déjà de l’électricité devraient être couplées avec la construction de logements pas trop éloignés des fours. Pas facile à faire dans une économie libérale. A Bellegarde, par exemple, les fours du Sidefage ne sont pas loin de la ville mais la chaleur est perdue pour tout le monde.

http://www.sidefage.fr/valorisation-energetique

22/11/2011

Freeter

J’ai interrompu depuis longtemps ma « chronique de la ressource ». Il faut dire que je ne suis plus une ressource puisque je fais partie des privilégiés qui ne vendent plus leur force de travail.

Je surveille néanmoins la lente dégradation du monde de la ressource car j’y ai encore quelques relations. L’autre jour, par exemple, j’ai croisé une ressource qui installait des alarmes.

C’était une ressource « free lance » c’est-à-dire un travailleur indépendant, pas salarié donc. Une ressource indépendante à la fois entrepreneur, patron, et son propre employé. Celui-ci travaillait pour une grande entreprise du secteur des alarmes qui lui donnait régulièrement des missions. A noter que le terme anglais freelancer dérive d’un terme du moyen âge qui désigne un mercenaire qui contrairement au soldat était libre de mener sa lance où il voulait. Depuis quelques années, on utilise parfois un terme japonais : freeter*

Ressource libre, un statut qui semblait plus ou moins convenir à notre alarmiste. Enfin, il serait plus juste de dire qu’il s’était forgé une philosophie qui consistait principalement à accepter les dictats des manageurs qui fabriquent les règles et autres instruments de mesure de la ressource. Les accepter même quand ces règles semblent stupides. Ne tenter de les changer que quand on en est une victime et ceci sans illusion. C’est dire si notre homme était un sage.

Après deux ans d’explications avec son client/employeur sur le fait qu’il ne pouvait pas traverser la Suisse avec son matériel et que le forfait kilométrique, donc le temps passé, lui était défavorable, notre homme a finalement refusé de desservir le pays de Gex. Du coup, le GPS de l’entreprise a accepté de changer de route. Car non seulement la ressource se bat avec les règles mais elle lutte aussi contre des machines imparfaites.

Et c'est ainsi que la ressource survit dans la post modernité.

* Le mot « freeter » vient du Japon donc. Il est probablement né d’une fusion entre les mots anglais « free time » (temps libre) et les mots allemands « frei arbeiter » (travailleur libre), l’expression « arubaito » dérivée de l’allemand « arbeit » signifiant déjà « travail à temps partiel » en japonais.

On connait le slogan nazi « Arbeit macht frei » de triste mémoire. Le travail a temps partiel rend-il partiellement libre ?

06:25 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (0)

18/11/2011

Mac Do

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Mon (vieux) pote Daniel avait donc bien raison de se battre contre l’implantation d’un Mac Do à Baratier dans les Hautes Alpes. Les Hautes-Alpes sont, depuis, devenues  le haut lieu de la malbouffe en France.

A preuve cette carte qui montre qu’avec 3,9 restos au M jaune par 100K habitants, ce département tient le pompon de la bouffe rapido, en battant même Paris sur le fil.


Autre carte sur le site Arcorama qui illustre la densité des Mac Do dans notre douce France :

 A noter que - Le point le plus éloigné à vol d'oiseau d'un McDonald's n’est plus dans la Creuse mais se trouve sur la commune de Thollet (Vienne) à 62 km du plus proche restaurant à St Maur (36) ! Thollet est suivi de peu par Aisey sur Seine (21) à 57 km de Dijon. Depuis le centre-bourg de Baratier, c'est à cinq minutes... à pied.

La même carte pour les USA :

mcd_us_high-400x290.jpg

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Et Allez donc faire un tour sur le site de la nourriture lente, bonne, propre, juste et surtout délectable.

09/09/2010

Chiffres

 

 

La dictature

du chiffre

 


Il y a un domaine de l’informatique qui s’appelle « Business Intelligence », BI pour les intimes. Il s’agit ici d’intelligence au sens anglais comme dans CIA, la Centrale de l'Intelligence Américaine. Difficile à traduire, la preuve, en français on utilise généralement « Aide à la décision. » C’est l’ensemble des techniques qui permettent d’appréhender le plus objectivement possible la réalité d’une activité. On puise les données dans de grandes banques de données et on présente les informations sous forme de beaux tableaux, de graphiques, de comparaisons...

Un des aspects importants de la BI est des définir des indicateurs clé,  des buts chiffrés à atteindre ou, si possible, à dépasser. Facile quand il s’agit de chiffre d’affaire, de bénéfice ou de nombre d’employés. Plus difficile quand il s’agit d’évaluer la qualité d’un service ou la satisfaction des clients. Mais qu’à cela ne tienne les malnageurs et les marquetueurs ne se laissent pas impressionner par ce genre de détail.

Les politiciens non plus d’ailleurs qui se sont bien mis ces dernières années à cette culture du chiffre. Il y a de nombreux effets néfastes à cette frénésie de tout mesurer. Par exemple, la police met des contraventions, enlève des points aux endroits où c’est le plus simple (et rentable) pour eux sans se soucier des dangers créés par tous ces gens qui finissent par rouler sans permis.

Pour satisfaire aux résultats demandés, les gens soumis à la dictature du résultat pervertissent la réalité. pour la rendre plus jolie. On voulait améliorer le travail des gens, en fait on le détériore... mais qu’importe si les chiffres sont bons. J'essayerai de revenir avec des exemples.

09:09 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (2)

13/06/2008

Pommier

Ca-vient.jpg

On me reproche de ne pas me tenir au titre de ce blog. Je m’insurge. Je ne parle que de ça. L’inspiration vialattienne ne me quitte jamais même si son style me poursuit pour ne jamais me rattraper.

Tenez, pas plus tard qu’hier, je relisais une préface de Ferny Besson, sa grande complice,  elle cite Alexandre : « Dieu se dissimule comme le loup de la vignette qui cache sa propre image au milieu du pommier. On ne voit plus que lui quand on l’a découvert. D’autres ne voit jamais que le pommier. » Combien de livres de théologie résumés par cette simple métaphore. On ne saurait être plus lyrique, cocasse, intelligent grave, simple et complet.   

Pour ce qui est des nouvelles de l’homme, chacun a sa conception de la chose : Pour certains ce sont les nouvelles qui leur pèsent ou qui les distraient pour d’autres c’est l’homme qui les navre ou les amuse. En ce moment, les nouvelles me pèsent. Elles sont mauvaises d’où qu’elles viennent et pour déjeuner en paix, je coupe la radio. Je crois que l’homme a plus besoin de vieilleries que de nouvelles pour soigner son imaginaire. Par vieilleries j’entends les contes de fées, les mythes, les fables, les sagas, les fictions et autres fantaisies… toutes ces histoires que racontaient déjà les grand-mères de nos leur grands-mères.
 
 
 

L'ennui, c’est que les nouvelles ont tout envahi dans l’imaginaire de l’homme. L’homme est devenu une ressource, il ne lit plus de roman, il lit des magazines, des articles utilitaires sur les impôts à ne pas payer, les bonnes affaires à faire, la bourse, comment tirer le meilleur parti de Vista ou de Word... Et notre président fustige La princesse de Clèves* dont Wikipedia nous dit : « roman écrit par Marie-Madeleine de La Fayette en 1678, considéré comme le premier roman moderne de la littérature française. » Donc le premier roman de notre littérature est passé aux oubliettes, les autres suivront… l’homme Nicolas est un grand politique doté d'un grand nez qui renifle très bien l’air du temps et si il s'attaque à ce roman là, on peut penser que l’air n’est définitivement plus aux contes de fée, ni aux loups ou autres animaux de la jungle. Nous vivons une époque moderne, la jungle c’est ici et maintenant pour paraphraser un président d’une époque ancienne qui lisait encore quelques romans.

 

* « L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. » NS

09:05 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (4)

17/08/2007

Muezzins

e63776e832a52b4983a39b93f1e429c9.jpgJe voulais relancer "la chronique de la ressource" chez AgoraVox. Ils ont trouvé que mon article manquait d'étoffe. Ils publient d'excellents papiers mais aussi pas mal de choses plutôt ennuyeuses.  Tant pis ! Voici le texte refusé :

« Qu’est devenu l’homme ? » se demandait Alexandre Vialatte... La réponse se trouve aujourd’hui dans le bureau du DRH, le Directeur des Ressources Humaines. Eh oui, l’homme s’est normalisé, il applique des procédures, il utilise des NTICs, des laptops, des desktops, des palmtops, il a changé, il est devenu une ressource.

La ressource, est interconnectée, branchée sur l’actualité. La ressource lit Agoravox le média citoyen. Les NTIC sont sa nouvelle marotte. « Demandez les nouvelles TIC ! » Derrière son écran, l’homme nouveau profite de Technologies de l’Information et de la Communication, la ressource nouvelle grimace de bonheur !

Autrefois, l’homme avait un directeur. C’était un autocrate qui gérait la matière humaine n’importe comment. Ce temps est dépassé ! Aujourd’hui, la ressource a un manager qui gère un groupe de ressources en technocrate avisé, et ça change tout ! Le manager dispose d’engins puissants, d’instruments de mesure sophistiqués. Il utilise un tableur, une base de donnée, des Balance Score Cards, des outils modernes quoi ! Les NTIC ont conquises l’homme, elles gagnent aussi la femme. Comme l’homme, la femme est devenu une ressource. La ressource est asexuée, sauf dans certains cas de harcèlement que nous étudierons un autre jour.

Cette chronique se propose, avec bonne ou mauvaise humeur, de donner les dernières nouvelles de la ressource confrontée à un monde devenu mondial et parfois même immondial.

Deux faits dans l’actualité de la mondialisation des RH ont cette semaine attiré mon attention. Le manque de chauffeurs en Pologne et la menace de grève des Imams turcs. On craignait le plombier et on a eu le chauffeur polonais. C’est assez logique quand on y pense : La ressource se doit d’être flexible et mobile pour s’adapter au monde moderne des nouvelles TICs, et quoi de plus mobile qu’un chauffeur de camion ou un chauffeur de car ? Effet positif : on transporte à moindre coût. Effet négatif : plus assez de ressources qualifiées en Pologne pour transporter les pèlerins... donc on donne le volant à des néophytes... d’où accidents de car à répétition. En plus des accidents chez nous, et qui font donc monter nos statistiques à nous, et donne une mauvaise image de notre pays aux ressources étrangères à l’affût derrière leurs écrans.

Autre nouvelle de la ressource, les turcs sont fiers de leur laïcité et ils paient leurs imams pour rendre des services religieux quotidiens comme cela se fait aussi chez nous en Alsace. (A noter que pour pallier le manque de vocation le clergé alsacien fait appel à des prêtres polonais.) Et pourtant les Imams turcs ne sont pas contents, ils menacent de faire grève car ils s’estiment mal payés. Ils se sont plaints à leur DRH. . Celui-ci a escaladé le problème au gouvernement dominé par le parti AKP de tendance islamo-démocrate. Les imams font valoir que, surtout en été, ils font des journées longues et harassantes avec un premier appel à la prière à 4 heures du matin et un dernier vers minuit. Sans compter qu’ils desservent plusieurs sites avec de nombreux déplacements, des va et vient incessants... et ceci sans aucun jour de pose, pas le moindre RTT. Ils attendent la réponse du gouvernement turc qui sera sans doute transmise aux imams par le DRH des mosquées.

Si la Turquie veut vraiment entrer dans l’Europe, il va lui falloir, entre autre, résoudre ce conflit du travail. Quant à l’entrée de la Pologne dans l’Europe, c’est trop tard... les carottes sont cuites depuis le traité de Nice.

Rien ne va plus dans le monde de la ressource !

06:55 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Humour

27/03/2007

Smoking

On le sait, ce blog est un blog humaniste puisqu’il se propose de donner des nouvelles de l’homme. Cette chronique donne des nouvelles de la ressource confrontée à un monde devenu mondial et un univers impitoyable dont les seules valeurs sont rendement, croissance, performance, compétition et challenge permanent.

A moins de vivre au fin fond de la Creuse et faire des fromages de chèvres (salut Michel) on sait que la ressource fume de moins en moins. Pourtant, mine de rien, la clope était un sacré exutoire pour la ressource ancienne confrontée à des cadences de travail encore plus infernale qu'aujourd'hui. Naguère, la moindre réunion se passait dans un brouillard aussi épais que le smog qui sévit en automne dans le bassin genevois quand l’anticyclone se prélasse dans nos contrées. En ces temps là, même les non-fumeurs fumaient.

Et puis, soudain, presque sans s’en apercevoir, on n’a arrêté de fumer. La vague a traversée l’Atlantique comme les dépressions qui, sans prévenir, viennent chasser l’anticyclone automnal. Cela a commencé par les salles de réunions car, au début, on avait beau lui donner mauvaise conscience, le programmeur continuait de cloper dans son bureau. Il ricanait en douce derrière son écran, avec la fumée qui lui sortait par les oreilles. Il ne perdait rien pour attendre.

Trois ans plus tard, ce fut la mode des bureaux paysagers. Un bureau où on entasse trente experts assez bien payés, supposés se concentrer, car l’avenir de l’entreprise en dépend. Les conflits entre fumeurs et non-fumeurs devenaient ingérables. Trois mois plus tard, on interdisait de fumer dans tous les bâtiments à l’exclusion d’un petit local exigu et non ventilé. L’affaire devenait grave. La qualité des programmes s’en ressentait. Chaque soir le femme du programmeur pouvait, elle aussi, sentir la douce odeur de tabac froid de la salle fumeur imprégnée sur les vêtements de son mari multipliant les sources de conflit : « -T’es encore allé traîné où hier soir ? – Quand j’ai eu fini de tester mon programme, il était onze heures, je suis rentré. » Il n’était pas cru et, à terme, leur union était cuite.

Pourtant, il s’est passé une chose étonnante dans les salles fumeurs. C’était le seul endroit de l’entreprise où on communiquait. On parlait foot, télé, mais aussi de boulot. Ce regain de communication entre les personnes et les départements évitait bien des bourdes à l’entreprise… C’est pourquoi quelqu’un a décidé que c’en était trop, qu’il fallait sévir et revenir aux pratiques anciennes d’hermétisme entre les ressources. Le management prétendit que c’étaient une décision des RH, les RH dirent avoir agit sur ordre. N’empêche que plus personne ne fume dans les bâtiments. La consommation d’anti-dépresseurs augmente. Comme l’argent, ces derniers n’ont pas d’odeurs et le DRH peut savourer sa satisfaction d’avoir mener à bien l’éradication.

Seule sa femme fume encore le soir, une cigarette ou deux après le repas. Il l’a prévenu si elle ne change pas ses habitudes, elle est virée.

Rien ne va plus dans le monde de la ressource…

18:55 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (9)