15.05.2008

A travers les siècles

La rédac du mois de mai. 33 blogs ce mois ci participent : Le théme                   "Les voyages dans le temps"   

Voyager sur la terre peut déjà être dangereux. Voyager dans l'espace encore plus, alors, voyager dans le temps... Non, le seul voyage dans le temps qui me ferait vraiment envie serait celui qui me ramènerait au doux temps de l’insouciance, au temps de l’enfance, au temps des lectures, disons dans les années soixante, dans mon pays savoyard avec ses vaches et ses clochers.

Il y avait fort peu de livres à la maison si l’on excepte quelques almanachs. J’ai toujours pensé que mon goût de la lecture m’est venu de ces fameux albums de Mickey qu’à chaque anniversaire et même en quelques autres occasions, mon parrain m’offrait quand j’avais entre 7 et 12 ans. Cela avait le format d’un gros livre bourré de bandes dessinées et de quelques textes pas trop compliqués comme les trucs et astuces des castors juniors…

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Je commençais par les histoires complètes, Géo Trouvetout, Picsou, Pat Hibulaire, le grand méchant loup… et je gardais pour la fin les histoires à suivre. L’avantage de l’album, qui devait regrouper une vingtaine de journaux hebdomadaires, c’est qu’il permettait de suivre une histoire « à suivre… » en tournant les pages d’un fascicule à l’autre. La dernière histoire à suivre que je lisais, du moins au début, s’intitulait « Mickey à travers les siècles. » Le dessin en était moins coloré, plus complexe, donc moins attirant que les autres.

Mickey se promenait d’époque en époque suivant une séquence très aléatoire. Chaque séquence se terminait par un coup qu’il prenait sur la tête. Sous Saint Louis, il prenait un bouclier de Sarazin et hop il arrivait sous Doclétien, après quelques aventures, il finissait par tomber d’un char pour se retrouver au XIX, là il finissait par tomber d’une pelle mécanique ancestrale pour se retrouver à l’époque du masque de fer en 1662. Il tombait d’une échelle et hop, il arrivait sous Louis XI… Bref l’énumération serait fastidieuse et elle se trouve ici    

  C’était une sacrée leçon d’histoire. Je pense qu’avec les premiers albums, je devais être trop jeune pour apprécier mais au fur et à mesure que je grandissais, j’ai commencé à aimer ces voyages dans l’histoire. Paraît que le nouveau LHC du Cern pourrait permettre des voyages dans le temps. Je rêve d’une machine qui me permettrait de me retrouver dans ce coin de grenier où je me réfugiais pour lire tranquille et où je dévorais aussi les Bob Morane et les comics bon marché qu’en Italie on appelle de « fumetti »… Tartine Mariole, Akim, Buck Jones, Kid Carson. La lecture c’est de la science fiction, On y trouve de la transmission de pensée spatio-temporelle et du voyage illimité dans le temps. Toutes les chimères y ont droit de cité. 

Allez lire les autres: 

Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Bluelulie, Hibiscus, Anne, Chantal, Looange, V à l'ouest, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Cecfrombelgium, Gally, La Nymphette, Julie70, Gazou, BlogBalso, Vladyk, Lucile, Guy Cardinal, Joël, Linda, Denis, Julie, Isabelle, Le chat qui, Lodi, Ckankonvaou, Mahie

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15.03.2008

Rédac Mars

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Bonnes manières,

savoir-vivre,

politesse,

et bonne éducation
.
 
Il y a des jours où on a envie de se mettre les doigts dans le nez, de faire une grimace à la dame, de se moquer de sa vieille concierge, de faire pipi sur le gazon pour ennuyer les coccinelles, de traiter le président de salissant, l’employé de la poste de chique molle, de faire savoir à son patron que ses heures sup. à impôt réduit il peut se les carrer quelque part, de dire à sa femme que non, samedi on ira pas acheter cette télé dont on a pas besoin de toute façon…
 
Bon, j’arrête là. En fait c’est de recevoir d’Olivier un sujet comme celui-là « Les bonnes manières, le savoir-vivre, la politesse, la bonne éducation » qui m’a mis en crosse. Franchement Olivier, tu ne crois pas qu’on a déjà assez d’ennuis par les temps qui courent avec le prix de l’essence qui grimpe, le prix du yaourt itou, l’euro fort, la bourse qui se plante, la croissance qui décroît, le vent à décorner des bœufs, la fonte des glaciers, le réchauffement de la planète, le taux d’ozone, la disparition du tigre du Bengale, la raréfaction des variétés de pommes, ma liste qu’est pas passée au premier tour de municipales, la coqueluche du petit dernier et la grippe aviaire… 

Les bonnes manières… pfuttt et pourquoi pas l’amour du prochain, la sagesse, la justice, la morale, le respect, la dignité... tant qu’il y était. Je vous le dis tout net, ce sujet ne m’inspire pas. Mais pas du tout ! Après tout Olivier, il a qu’à lire les bouquins de Nadine de Rothschild s’il veut se faire une idée, Guide du protocole et des usages, l’art de séduire, le bonheur de réussir, le savoir vivre au 21ième dessous, politesse oblige, Megève par-dessus tout… Sont tous en vente chez Amazon.fr. J’ai vérifié. Allez, au mois prochain.

PS: Ce texte n'est pas à prendre au premier dégré. Autant que vous, je déplore le manque de politesse. Ceci dit il ne faut pas tomber dans l'excès inverse et devenir moralisateur. Si je ne dis pas toujours bonjour, cela ne veut pas dire que je pense "Casse-toi, pauvre con!" C'est pas bien d'insulter ses concitoyens, qu'on soit prézydent ou pas!   

Lisez quand même les rédac des autres e n commencant par Laurent :-) On ne sait jamais, il y a peut-être un ou deux textes valables, tout peut arriver.

Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Joël, Looange, V à l'ouest, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, Vladyk, Hpy, Lydie, Lucile, Guy Cardinal, Optensia, Linda, Denis, Yibus, Julie

* Demain, le couple O.K. deuxième moitié. 

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05.03.2008

Interco suite

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Faut-il

supprimer

les communes ?

Suite à ma présentation de lundi dernier sur l’intercommunalité dans la cadre du café Actu’L, j’ai eu l’idée d’en faire un article pour AgoraVox que vous trouverez ici.

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Article repris par  Yahoo

Dommage que vous ayez raté cette présentation, vous auriez, en plus de ce que vous allez lire sur AgoraVox, appris des choses sur deux Intercommunalités: la Communauté de communes du Genevois (CCG) et l’Agglomération franco-valdo-genevoise qui est composée de 196 communes urbaines, périurbaines et rurales

45 genevoises, 

40 vaudoises et

111 françaises

où résident aujourd’hui près de 730.000 habitants et sans doute 1'000'000 dans vingt ans. et dont la CC du Genevois est la porte sud. Lire la note.

 

 

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19.02.2008

Dans le bus

Porto est une ville magnifique dont le centre historique a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Sur le fleuve Douro le long duquel, en amont, on produit le fameux vin dans des décors en terrasse de toute beauté (encore au patrimoine de l’Unesco). Et puis, quand on en a marre de monter et descendre dans ces petites rues si pittoresques qui surplombent le Douro, on peut aller visiter le musée d’art contemporain et son parc enchanteur. Ensuite on déambule en bord de mer...
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La Sé - La cathédrale de  Porto.
Puis, quand, fatigués de marcher, vous prenez le bus 500, qui longe la mer puis les rives du Douro pour remonter place de la Libertade, vous pouvez vivre une scène de la vie ordinaire : Un môme qui se met à brailler dans un bus de plus en plus bondé. Huit ans peut-être, une voix éraillée mais très puissante. Le ton du caprice. Une note soutenue, très agressive, pendant des kilomètres... et les passagers qui prennent parti. Suivant leur tempérament ils se moquent ou ils donnent des conseils d’éducation ou encore ils scrogneugneutent assez fort pour être bien entendus de la mère et de la grand-mère qui semblent défendre bec et ongles les cris du marmot. 
 
Je dis « semble » car on ne comprend pas tout vu que là-bas, ils parlent portugais figurez-vous et que le portugais est une langue qui ne se parle pas comme elle s’écrit. A preuve les inscriptions dans le bus et le métro (très beau le métro!) qui ne correspondent pas à ce que dit la voix d’hôtesse. Il y a bien une vague ressemblance mais c’est assez éloigné. La prochaine fois je prends un cours de prononciation. Pour revenir à notre marmot, arrivé au terminus il gueule encore comme un goret qu’on égorge. La mère essaie de le consoler et lance des invectives aux passagers qui continuent de commenter ce manque d’éducation. Un vieux monsieur me fait le geste de donner une bonne calotte, il doit dire « Ce qui lui manque à ce môme là, c’est ça. »

La ville est magnifique, à mi-février on y trouve toutes sorte de fleurs : mimosas flambants jaune (des arbres énormes), rhodos, camélias, magnolias… bref c’est le printemps. Sans compter que les gens sont très gentils, très cools et de bonne humeur. On mange bien pour pas cher. Bref allez-y !  
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En haut: La tour du Clérigos samedi
En bas: Ponts sur le Douro 
 
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15.02.2008

Mon blog, ma drog

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.

La rédac du mois,

le 15 à 12 :00

heure de Paris.

Un sujet imposé et

l’imagination au pouvoir.

Ce mois ci

Mon blogue, ma drogue.

Le sujet m’inspire mais je ne serais pas long. Je surfe sur Internet depuis quinze ans, j’ai commencé un blog en 2003, le 31 mars exactement. Ces pages viennent de disparaître de Wanadoo. Je suis pas mal accro mais je me soigne. Je crois que le blog dénote une bonne dose de narcissisme et pas mal d’exhibitionnisme. J’assume !

Il y a des choses que je tente d’éviter sur ce blog, que j’aime bien appeler mon Joueb, un mot que l’on n’utilise plus et, à mon avis, c’est dommage. J’évite les trucs trop personnels qui n’intéressent personne et risquent d’en froisser quelques uns. J’évite les sujets trop polémiques et en particulier la politique. Les blogs sont trop souvent des foires d’empoigne où faute de style et de vocabulaire, on s’insulte copieusement en pensant avoir des idées. On sait tous que ceux qui prétendent avoir de grandes idées n’ont en fait qu’une trop grande idée d’eux-mêmes.

Ce que j’aime c’est faire partager mes découvertes, mes coups de cœur, ce qui me fait vibrer sur le moment. Je suis très éclectique c’est pourquoi je parle de géographie, de livres, de cinéma et de toutes les curiosités qui me semblent dignes d’intérêt. Je trouve aussi que c’est un bon exercice d’écriture. L’écriture c’est comme le sport, on n’est pas tous les jours bon mais si on pratique régulièrement on s’améliore lentement.

Voilà, lisez les rédacs des autres.

Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Christophe, Hibiscus, Bluelulie, Anne, Hpy, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Jo Ann v, V à l'ouest, William, Catie, Nanou, Isabelle, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70, Aurélie N, Gazou, JulieMeunier, BlogBalso, Celine, Vladyk

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24.01.2008

Rencontre -2-

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Ma rencontre

avec

Alexandre Vialatte

-2- 

J’ai eu la chance de rencontrer Alexandre Vialatte. C’était pendant l’hiver 1969/1970 dans le train entre Clermont-Ferrand et Paris. Un train qu’il empruntait régulièrement pour relier sa chère Auvergne à la capitale.
 

(…)J’avais sorti de la poche de mon vieil anorak, le petit livre rouge des pensées de Mao Tsé Tung.

Intrigué, il me posa deux ou trois questions sur le livre faisant preuve d’une vraie curiosité. Il connaissait pourtant mieux que moi la pensée du grand timonier qui devait conduire la Chine au chaos en encourageant sa jeunesse la plus ignorante à dénoncer le pouvoir des intellectuels les plus érudits, à les contraindre à des autocritiques truquées pour finalement les envoyer cultiver la terre. Il avait écrit des chroniques sur Mao. Il aurait sans doute pu me réciter cette chanson populaire à Pékin en ce temps là : « Les poissons ne peuvent quitter l’eau, les cucurbitacées ne peuvent lâcher la plante grimpante, Le peuple ne peut abandonner le parti communiste, La pensée de Mao est un soleil qui ne se couche jamais. » Il aurait pu  ironiser sur ces chinois qui s’attachaient à Mao comme la citrouille à l’ampélopsis, ces chinois qui brandissaient le livre, le récitaient à l’arrêt d’autobus, qui se jetaient dans le Fleuve Jaune pour suivre Mao dans ses exploits natatoires, des chinois qui allaient jusqu’à gagner des médailles olympiques grâce à lui et à ce petit livre que je tentais en vain de décrypter.

Alexandre me regardait d’un air amusé qui s’expliquait peut-être par la préparation de sa 876 ième chronique de la Montagne, celle du 22 novembre 1970 dans laquelle il parle de l’effrayant témoignage dans les mémoires du petit empereur de Chine victimes de toutes les cruautés mentales. Élevé comme un dieu vivant dans une cour d’un autre age où il n’avait droit de faire aucun mouvement, paralytique en quelque sorte, la rééducation maoïste avait réussi au bout de nombreuses années de sévices à lui faire coller des boites en cartons. Cette chronique 876 qui raconte d’autres prisons culturelles de Mao toutes très horribles et qu’il termine par « Voilà pourtant ce dont rêve toute une jeunesse française » juste précédé de son célèbre « Et c’est ainsi qu’Allah est grand. » qui devait clore toutes ses chroniques montagnardes du 9 décembre 52 au 25 avril 71.

Peut-être que, derrière le jeune maoïste mal fringué, il avait reconnu le futur  quinquagénaire chauve et bedonnant, le père de famille soucieux de transmettre des vraies valeurs, voir le grand-père en puissance, ou l’informaticien rangé et fou de littérature qui un jour voudra à tout prix encombrer les rayons des librairies de ses œuvres.  

 --- la suite demain, peut-être ---

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15.01.2008

Déjeuner

Chaque mois, le 15, à la même heure, 12.00, heure de Paris, des rédac' blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun. Ce mois-ci le petit déjeuner. Allez aussi lire leur point de vue, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires!

Laurent, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Christophe, Hibiscus, Alcib, Bluelulie, Anne, Hpy, Joël, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Jo Ann v, V à l'ouest, Marie, William, Catie, Nanou, Isabelle, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally, Froggie, La Nymphette, Julie70

Dé-jeuner Cesser le jeune comme break fast.  

Mais c’est que mon petit dej. est d’une banalité à pleurer. Que dire ? En gros, Nescafé, biscotte ou baguette du jour précédent partagée avec ma moitié (alternativement un dessous et une dessus), beurre allégé, confiture maison (et c’est bibi qui les confectionne) un fruit ou deux. Le seul vrai suspens de l’histoire c’est est-ce que la biscotte va se casser et tomber dans le nescafé. Pas génial !

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Non, la seule aventure du petit dej, c’est par la radio qu’elle arrive.

Plusieurs options : Déjeuner en paix donc en silence. Ecouter France-Inter et son cortège de nouvelles qui sont mauvaises d’où qu’elles viennent, une chaîne musicale ou  France Culture ? Bon, on ne se refait pas, on retombe presque toujours sur France Inter. On écoute les infos de sept heures sur le radio-réveil (les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles et viennent) et on se lève.

On tente d’éviter la chronique de Jean-Marc Sylvestre vers 7 :20 qui amène chaque matin le démon de la mondialisation à la maison. Le pire c’est qu’il croit ce qu’il dit. Il est convaincu que, plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres vont aller bien. Contre toute logique, il vante chaque matin, la liberté du loup dans la bergerie. Donc à éviter sous peine de casser encore plus ses biscottes, voire de se gâcher la journée.

La vraie difficulté c’est de rater Sylvestre sans manquer Nicolas Demorand à 7 :25 qui chaque jour nous fait découvrir un truc étonnant. Ce matin, il parlait de Pot-Bouille de Zola, une autre fois c’est une BD super ou un site Internet original. Demorand, c’est un vrai intellectuel. Quand il interview Bernard-Henri ou Alain (Finkielkraut), on sent tout de suite du quel côté est la vraie réflexion, le souffle… Bref, je suis fan de Demorand. En général c’est juste après lui, vers 7:30, qu’on déjeune, toujours avec France-Inter qui à sept heures et demi répète les même nouvelles, mauvaises d’où qu’elles viennent, en cassant ou pas la biscotte dans le bol de Nescafé. Suspens !

 

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21.12.2007

Dialogue

-          Je crois au Grand Pangod ! Le Grand Pangod est Grand !

-          Ah non, moi je suis Apangodien !

-         Oh moi, finalement je ne sais pas trop, mais on ne sait jamais, ça peut servir.

-         En fait, en matière de Pangod, je suis agnostique, on verra bien quand on y sera !

-         En attendant, n'offensons pas les Croyants de la Très Sainte Eglise du Grand Pangod, on ne sait jamais, et puis, ça peut être dangereux : ce sont des gens irascibles qui se fâchent pour un rien...

-         Ce que je sais c'est que dans les épreuves cruciales, la cigarette m’a été d'une aide plus efficace que les évangiles pangodien.

-         Moi, je crois au salut de l'humanité et à l'avenir du cyanure.

-         Oh vous savez, la vérité théologique est une marotte d'adolescent, ou un symptôme de sénilité.

-         Selon moi, pour entrevoir l'essentiel, il ne faut exercer aucun métier. Rester toute la journée allongé, et gémir à mi-voix.

-         Pour moi tous les penseurs sont des ratés de l'action et qui se vengent de leur échec par l'entremise des concepts.

-         On est d’accord. J'ai perdu la foi et la grâce, et j'accuse Grand Pangod de trahison. Le Grand Pangod exploite nos complexes d'infériorité, en commençant par notre incapacité de croire à notre propre divinité.

-         Je suis d'accord avec vous finalement.

Quel auteur se cache derrière certaines phrases de ce texte ?

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15.12.2007

Luxe

cf6d00be59e518450d7b0be72a555c8a.jpg C'est le jour de la rédac. Le 15 du mois à midi. 30 rédacteurs ce mois-ci voir la liste plus bas. Après le look, la gourmandise, les bagnoles, c'est  le luxe.  Manquait  plus que ce soit la luxure pour continuer sur les péchés capitaux. D’ailleurs luxe et luxure, c’est la même étymologie, Luxus veut dire excès en latin comme dans luxuriant, cela veut aussi dire splendeur et faste et encore ce qui est superflu et inutile.

Donc je déclare d’entrée que le luxe et moi on n’est pas trop copain. J’ai d'ailleurs déclaré la guerre au superflu et à l’inutile. Je viens de commettre un article sur NaturaVox qui a eu un petit succès et que je vous encourage vivement à lire si vous êtes en quête de simplicité volontaire. 

Ceci dit, la définition du luxe peut aussi être ce qu’on considère comme valable et précieux. Il existe une méthode japonaise nommée QFD qui permet de savoir ce que les  consommateurs désirent vraiment dans un produit futur ou une amélioration de produit existant. On raconte que le QFD a été appliqué pour la création d’une voiture de luxe et que ce qui est ressorti loin devant en terme de priorité c’était le silence bien avant la vitesse ou la carrosserie. Donc tout le paquet a été mis sur comment faire une voiture silencieuse.

Pour moi en ce moment le luxe c’est la liberté de faire ce que j’ai envie, écrire des articles, randonner… C’est le calme, le silence, pas trop de stress, rencontrer mes copains pour faire une bonne bouffe sympa sans excès de raffinement. C’est très ennuyeux les restos de grand luxe où il faut venir saper et où trois pingouins sont à l’affût du moindre de vos vidage de verre.   Le luxe aussi de faire de temps en temps un petit voyage pour découvrir un endroit sympa, d’autres gens, loger dans un hôtel correct mais modeste ou mieux dans une chambre d’hôte accueillante chez des gens qui aiment recevoir. On s’ennuie dans les hôtel de luxe ou chez des hôtes qui ont une chambre de charme à 150 euros. On s’ennuie à Bora-Bora à passer la journée allongé dans un transat au bord d’un bête lagon tout bleu, d’ailleurs comment peut-on fréquenter des pays sans montagnes ?

Voilà, ma conception du luxe mais si je participe à un QFD, ce que je mettrais en premier, loin devant, c'est la liberté. Je ne vois rien de plus précieux quand on a la santé. Allez, à la bonne votre! Au mois prochain et lisez les rédacs des autres. 

Laurent, Olivier, Bergere, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Lady Iphigenia, Julien, Chantal, Christophe, Hibiscus, Alcib, Bluelulie, Anne, Hpy, Isabelle, Joël, Looange, Loïc & Hyun-Jung, Anne B, V à l'ouest, Froggie, Jo Ann v, William, Catie, Nanou, Lelynx, Cecfrombelgium, Gally

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21.11.2007

Richesse

Ils étaient tous les deux instits. On les appellera Aimée et Albert. Ils ont commencé leur carrière un peu après la guerre. En 1950, ils se sont enfin installés dans le même village. Vers 1955, ils ont eu leur première voiture, une Simca. L’été, ils partaient camper avec leurs trois filles. Dans leur village, avec le curé et le maire, ils étaient des gens importants. Ils avaient un logement de fonction. On disait : « Le couple de régents*. » Si un môme se faisait punir, il évitait soigneusement d'en parler à ses parents de peur de prendre une torgnole par son père. Albert a pris sa retraite à 55 ans en continuant quelque temps le secrétariat de mairie, non pas par nécessité mais pour le plaisir. Avec ses trois enfants Aimée a pu arrêter à 52 ans. Avec leurs économies, ils ont acheté un bel appartement. Leur retraite était confortable, ils se sont mis à voyager avec le club des anciens profs et instits.

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Si on prend un indice du PIB, le Produit Intérieur Brut français, de 200 en 1948, on obtient, en francs constants, environ 1500 en 2004 soit, selon l'INSEE, un accroissement de la richesse de 750% et même un peu plus.

 

C’est justement en 2004, qu’Alexia et Antoine ont commencé leur carrière de professeurs des écoles. Aujourd’hui, ils gagnent 3300 euros, ils paient 1050 euros de loyer et laissent une bonne partie de leur salaire pour la crèche des deux petits. Ils ont une Scenic d’occasion et une vieille Twingo pourrie. Ils hésitent à partir en vacances trop longtemps. Ils attendent une affection dans la même ville ou village. Ils se demandent s’ils ont les moyens d’avoir un troisième enfant. Ils peinent à mettre un peu d’argent de côté. Ce n’est pas la galère mais ce n’est pas Byzance non plus. Le pire, c’est le manque de considération. Quand un môme se fait punir, il n’est pas rare que les parents viennent leur demander des comptes en les toisant du haut de leur gros salaire. Antoine prendra sa retraite au mieux après 60 ans, elle un peu avant, si tout va bien, si leur contrat n’est pas « unilatéralement renégocié. »

Certains jours, Antoine et Alexia se posent des questions: Où est passée toute cette richesse? Cette belle multiplication du PIB par plus de 7,5 ? Pourquoi rament-ils alors leurs grands-parents ont si bien réussi ? Qu'est ce que c'est que cette société qui traite ses enseignants de manière aussi pitoyable ?   

 

*Régent, régente – Maîtres d’école en Suisse et en Savoie.

 

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15.11.2007

Choc Culturel

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La rédac du mois de novembre. C'est Le 15 à 12 heures, heure de Paris. Pour le sujet, voir le titre et pour les participants, c'est ici:
 
 
On croit que la mondialisation peut abolir les différences culturelles et c’est souvent le contraire qui se produit. Pour ma part, je m’emploie à cultiver mes racines et à élargir mon esprit. Cultiver mes racines en connaissant ces traditions montagnardes qui ont fait des gens fiers, solides, habitués à une vie rude et un peu âpres au gain. (Ici on jette l’argent par les fenêtres de l’extérieur vers l’intérieur.:-)

S’élargir l’esprit, c’est une chose assez facile à Genève où la tradition de cosmopolitisme et d’accueil est séculaire. Une tradition qui n’empêche pas qu’on cultive ses particularismes. En bon suisse, le genevois ne jure que par la Migros, une chaîne de magasin pure sucre hélvète, tout en tenant énormément à son indépendance cantonale, il vit bien séparé du reste de la Suisse en regardant la France comme une contrée un brin exotique ou l’on part en week-end comme on fait de plus longues vacances au Togo ou dans les îles.

L’avantage de l’endroit, quand on est comme moi curieux des autres, ce sont les rencontres multiples et surprenantes. Pour prendre un exemple, je vous parlerai de mon ami Mahlar. Mahlar a fait math-sup au lycée Bertholet à Annecy, il connaît très bien la politique française. Il est aussi un peu suisse car il est sorti brillamment de l’EPFL, l’école polytechnique de Lausanne. Mais Mahlar est originaire de la région de Bombay et il a gardé toutes les valeurs et traditions millénaires de cette partie de l’Inde.

J’avais envie de raconter la « petite party » qui a réuni le tout indien de Genève au BIT, le Bureau International du Travail, à l’occasion de son mariage. Le vrai mariage avait eu lieu à Bombay, sept jours de festivités avec cheval blanc et grand tralala… Au BIT ce n’était qu’un « petit » rappel, une party donnée pour les gens qui, comme moi, n’avaient pas pu faire le déplacement. La mariée couverte de bijoux était promise à Mahlar de longue date. Pendant quelques heures, pour ma femme et moi, le dépaysement, en plein genève fut total.

Une autres anecdote : Nous avions une heure ou deux à tuer à l’aéroport de Belfast après une journée fatigante de consulting chez un constructeur d’avion. J’avais repéré un bar au loin et j’avais déjà le goût de la bière en bouche. Soudain, je me retourne, plus de Mahlar. Je reviens sur mes pas pour le découvrir scotché sur place, le tête bloquée  en l’air, concentré sur un écran de télé qui ne donnait même pas les horaires d’avion mais un match de cricket. Pour un français, le cricket est un sport des plus ennuyeux et bien pour Mahlar, c’est un sport passionnant.

C’est ça le choc des cultures. Découvrir qu’un gars qui parle français avec la pointe d’argot nécessaire, qui connaît les arcanes de la politique française, qui ne crache pas dans la fondue au fromage, qui peut parler savamment du championnat de France de foot… découvrir que ce même gars était fiancé à l’âge de 4 ans et qu’il peut rester scotché devant les West Indies  contre le Pakistan dans un sport aussi mortel que le cricket.

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15.08.2007

Rédac d'août

C'est une conspiration mondiale ! Pour l'instant nous ne sommes que 19 mais cela va grossir... grossir. Quand nous serons mille cela deviendra peut-être compliqué de tout lire... En un mot, l'idée consiste à poster tous les 15 du mois à midi heure de Paris, une rédac sur un sujet fixé le premier du mois. La liste des participants:

Laurent, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Julien, Bergere, Christophe, Isabelle, Hibiscus, Fred, Anne, Hervé, Hpy Chantal, Loïc & Hyun-Jung, Marie, Looange

En juillet, c’était : "t'as le look ?"  En août c'est encore estival et détendu (attention à la rentrée en septembre ;-) : "Votre pêché gourmand" (avouez votre petite tartine de Nutella à 4h tous les jours, ou bien que vous ne pouvez pas vous endormir sans un grand verre de lait...)

Mon pêché gourmand.

Si pour le look j’avais assez peu d’idées, pour la gourmandise j’en ai des ventrées. Plus jeune, je n’étais pas trop pour le sucré mais cela à changé et je suis le premier à tomber dans les plaques de chocolat que la marraine de Gian-Luigi lui offre si généreusement. Si vous voulez garder la ligne il ne faut pas avoir de marraine comme delle là. Ce n’est pas plaque à plaque, c’est par dizaines qu’elle les achète et Gian-Luigi nous en fait profiter, nous qui sommes ses collègues de labeur.

En creusant un peu et puisque nous sommes en août, j'ai décidé de vous parler des noisettes. C’est petit les noisettes, c’est délicieux dans le chocolat au lait ou le Nutella mais, à mon avis, c’est encore meilleur quand ce sont des noisettes fraîches. Remarquez que je pourrais aussi vous parler des amandes mais il y a peu d'amandiers par ici ni d'ailleurs de pistachiers ou d'arachides et pour les noix mais ce n’est pas encore la période.

a4ff8d7a8ffc2e4544f468f337707046.jpgAutant vous faire tout de suite une confidence, je suis la réincarnation d’un écureuil et même la réincarnation d’un lignée d’écureuils, le treizième squirrel-lama dont le karma, il faut bien l’admettre, était de revenir en homme occidental friand de petite graines alors que tous mes avatars précédents étaient sans exception des écureuils du Tibet. Noblesse oblige !

L’écureuil du Tibet est encore plus friand de noisettes et de petites graines que celui de chez nous et à fortiori que les chipmunks (tic et tac) américains que les québécois appellent des suisses. Le suisse mange n'importe quoi en particulier des croûtes de fromage et des röstis. Qu'on ne me parle pas des écureuils qui bouffent des glands comme celui de l’âge de glace surpris ici par la caméra.

37abdcbf421c9208bca0a01a1e1f4a74.jpgCette parenthèse naturaliste et métempsychotique refermée, revenons à nos noisettes du 15 août. C’est la pleine période. Certes, j’ai planté deux noisetiers pourpres autour de ma maison mais cela ne saurait suffire pour ma consommation personnelle. Surtout qu’il y a des années sans et les balanins de la noisette au rostre effilé (très belles photos de la sale bête sur ce site). Ce monstre de trois millimètres pond ses œufs dans le fruit en formation et la larve, un petit ver blanc, va percer la coquille pour donner ce trou que les amateurs de noisettes fraîches connaissent bien. Concurrence déloyale qui peut se régler sur le pré à coup de sulfate de fer, à condition de ne pas rater le créneau de fin février-début mars, fonction du temps et de la lune et attention de ne pas laisser de traces rouge sang sur la trerrasse.

Bref, pour assouvir mon content de noisettes, j'ai dû m'organiser. C'est tout un boulot. Il faut repérer le noisetier qui va bien. Des noisettes assez grosses mais pas de ces énormes rondes, les géants des halles, dont la chair fraiche goûte comme des glands. Idéalement un mélange de pourpres, d'aveline du Piémont et de longues d'Espagne. Le fin du fin, c'est l'impériale de Trébizonde ou la petite ronde de Byzance mais on en trouve assez peu sauf au bord de la mer noire en Turquie (voir Trabzon). La Turquie est le paradis de l'écureuil, enfin en théorie, car le turc ne partage pas volontiers, il est premier producteur mondial et il tient absolument à le rester.

Bref, j'ai en tête une vraie cartographie de tous les noisetiers du Genevois. Par chance, et contrairement à la Turquie, les gens d'ici attachent peu d’importance à la noisette. Donc, je pose mon scooter discrètement, je me bourre les poches de précieuses graines fraîches. Si personne ne vient, je décharge mes poches dans mon top-case pour les recharger rapidement sur l'arbuste. Attraper les branches du haut est tout un art.

60ae946198ddca028bf340af4653ceb2.jpg755edabfb3f84bbc0e7b403ffc16e97c.jpgArrivé à la maison je sépare la bogue du fruit, je me munis d'un casse-noisette et... je savoure. Que ceux qui pensent qu'il faut attendre septembre pour que les noisettes soit bien mûres demande au premier écureuil venu. 

 

PS: La noisette est très calorique mais par chance, depuis peu, elle est bourrée d'oméga3, oméga6 et surtout d'Oméga9 (3 fois 3).

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30.07.2007

Citations

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"Tu trembles carcasse ! Mais si tu savais où je te mène, tu tremblerais encore plus."

Sans surprise, une citation d'un militaire et non des moindres:

TURENNE. Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon,  vicomte de Turenne, 1611 Sedan - 1675 à la Bataille de Salzbach. Il fut un des meilleurs généraux de Louis XIII puis Louis XIV. Maréchal de France en 1643, maréchal général des camps et armées du roi en 1660.

Petit-fils de Guillaume le Taciturne par sa mère Élisabeth de Nassau, et fils de Henri de la Tour d'Auvergne, premier gentilhomme de la chambre d'Henri IV, maréchal de France en 1592, duc de Bouillon par son premier mariage avec Charlotte de la Marck. Turenne épousa en 1653 Charlotte de Caumont La force.

Exact contemporain de Charles de Batz-Castelmore dit d'Artagnan, autre militaire (bonne inspiration du Garde). Grand stratège, Turenne inspira Napoléon 130 ans plus tard. Celui-ci fit mettre sa dépouille aux Invalides. Louis XIV lui avait concédé la sépulture des rois dans la basilique Saint-Denis où la révolution est venue lui chatouillé les pieds. 

__________________________________________________

dd23423e4c26603a8cfb80fb391e6e3c.jpgHatez-vous lentement et sans perdre courage
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage
Polissez-le sans cesse et le repolissez...

La métaphore est un peu étrange, le métier fait penser à du tissage et le polissage à de la poterie.

Nicolas Boileau - Art Poétique - Bravo au Garde-Mots.

Boileau est au XVIIe siècle le principal théoricien de l'esthétique classique en littérature. Il fut l'un des meneurs du clan des anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes

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15.07.2007

T'as le look?

C'est une conspiration mondiale! Pour l'instant nous ne sommes que 15 mais cela va grossir... grossir. Quand nous serons mille cela deviendra peut-être compliqué de tout lire... En un mot, l'idée consiste à poster tous les 15 du mois à midi heure de Paris, une rédac sur un sujet fixé le premier du mois. Ce mois-ci, le sujet est paraît-il très différent. estival et détendu: "t'as le look ?"
Parlez nous de votre coiffure, de votre façon de vous habiller... du look dont avez toujours rêvé sans jamais oser franchir le pas. Si vous êtes timides, vous pouvez parler de vos voisins, de votre fille et ses amies... Lire les autres ici: Laurent, Nathalie, Bertrand, Jean-Marc, Lady Iphigénia, Julien, Bergere, Christophe, Isabelle, Pho, Hibiscus, Fred, Bluelulie, Alcib

___________________Rédac_____________________________

Le look, pfuutt, c’est vraiment pas pot de tomber sur un sujet pareil pour ma première rédac. S’i y a quelqu’un qui se fout de son apparence, c’est bien bibi. Enfin, à dire vrai, je m’en foutais. C’est un peu comme le pognon, il y a un moment, quand t’es jeune, où tu prends ça de haut. D’ailleurs ne dit on pas «L’argent ne fait pas le bonheur» et «L’habit ne fait pas le moine.» Eh bien, ça se discute comme on dit chez Delarue. Pour le fric, d’ailleurs ça ne se discute même pas: si t’en as pas t’es à la rue, c’est tout. ! Pour l’habit, faut voir.

J’étais le plus mal fringué de toute ma galaxie soixantehuitarde et, quarante ans plus tard, voilà le travail : 

           

Bien sûr, cela ne s'est pas fait en un jour. Après m’être fait emm… par tous les flics et douaniers du coin, les suisses comme les français, à cause de mes cheveux longs, frisés (eh oui) et pas toujours nets, de mon vieil anorak sur un pull drapé et effiloché, des baskets trouées et un jean à l’avenant… j’ai décidé d’opter pour du moins voyant, le look programmeur discret, mon job de l'époque. Puis au fil des années, tout en tissant mon réseau professionnel je me couvrais de tissus plus cossus. Oh rien d’ostentatoire rassurez-vous (j’aime bien ostentatoire), non, du classique, du pratique, du chic mais discret… on disait alors BCBG.

N’allez pas croire que j’apportais plus d’intérêt à l’habit. Que nenni. J’attachais toujours plus de prix à un bon livre qu’à un bon costard. J’aimais mieux Boris Vian et son homme nu qui marchait l’habit à la main, que d’être bien sapé avec de belles bretelles qui soutiennent l’habit au niveau des aisselles.(1) Mais je m’égare.

Je me sapais donc pépère chez Voisin, le marchand de fringues du coin. Un bon fournisseur, je le recommance, capable de parler littérature, c’est dire ! Ni trop cher ni trop cheap. Une seule règle pour moi: trois essais au maximum. Si ça n’allait pas ce serait pour un autre jour avec trois nouveaux essais. Bref, jusqu’à samedi dernier, je pensais que l’habit ne faisait pas le moine mais que le moine ne pouvait pas se contenter de n’importe quelle bure au col crado ni le bureaucrate de n’importe quelle cravate monacale. C’était ma seule philosophie, rien d’abyssal (ni d’habit propre d’ailleurs.)

Et puis pour le mariage de mon fils, voir note du 7-7-7, je n’avais pas de costard décent, alors je me suis dit: "faut louer!". Me voilà donc chez Mascarade, rue des rois, la boutique qui habille d’occase tout les théâtreux genevois. « Vous voulez un jaquette ? » me demande la vendeuse. Je réponds « peut-être mais pas une flottante. » Elle ne capte pas ma saillie humoristique. Voyant que j’étais béotien en matière de costume de mariage, elle m’explique en quelle occase on met une redingote, un frac, un smoking, une queue de pie… puis elle me dit : « Avec la jaquette, vous mettrez sans doute une lavallière ? » Hum, vous dite une lavallière? ...faut voir. Elle me sort une espèce de bavoir gris perle. Non, je prendrais une cravate plus classique.

Voilà. Vous avez vu les photos. Les copains étaient épatés, mon fils et ma bru aussi. Il y avait de quoi. Faut convenir que si je m’étais intéressé un peu plus tôt à mon look, si au lieu de me fringuer comme l’as de pique je m’étais sapé comme un lord (on ne dit plus comme le prince de Galles), j’aurais pu me placer dans la vie et sans doute qu’aujourd’hui je roulerais carrosse, j'aurais une banque à chaque doigt, et un doigt dans chaque pays, et chaque pays serait à moi. Quand même, à quoi ça tient la vie ! 

(1) Grammaire : On ne dit pas : "L'habit à Popaul" mais "L'habit de Popaul"  

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06.06.2007

Modernité

medium_marx_thumbnail.jpg Tout le monde a lu ces derniers jours l’histoire du cheminot polonais, Jan Grzebski, tombé dans le coma à la suite d'un accident en 1988, et qui s'est réveillé au bout de 19 ans.

Comme l'héroïne de  "Good bye Lenin", Jan Grzebski est tombé dans le coma à l'époque communiste, au temps des magasins vides et de toutes les pénuries.

 

On imagine facilement la surprise de Jan confronté aux téléphones portables et à tous ces gens pressés qui courent on ne sait où. Cette histoire m’a rappelé un petit texte que j'avais écrit et qui racontait le retour de mon grand père maternel. Je n’ai pas connu mon grand-père maternel qui après avoir fait Verdun en 1916 et respiré quelques gaz délétères en est finalement mort vers la fin des années 30. Il aura tenu jusqu'à la naissance de ma mère donc, et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai.

Depuis il n’a pas donné signe de vie, ce j’ai toujours trouvé très regrettable. J’ai  pu m’entretenir avec mon autre grand-père, Lorenzo, des joies du front Austro-Italien, des cacciatori alpini guerroyant dans les névés tyroliens,  mais avec Augustin, rien ! Pas un mot du moral des troupes dans la tranchée, des connards d’officiers, des déserteurs… que dalle !  

J’ai recherché ce texte (la lettre à Gustin)… en vain. Une preuve que je ne garde pas tous mes fonds de tiroirs (qui a dit, c’est une bonne chose ?) Bref Le Gustin, non seulement il ne m’aura pas connu moi, le plus torturé de ses petits enfants, mais il n’a rien su de la résistance, du Général de Gaule, de Pompidou, de Giscard, de Chirac  et encore moins de Sarkozy. Rien de la télé, de TF1, du PAF, de Vivement Dimanche, des Beatles, de Johnny et de ses soucis fiscaux, de Coluche et des restos du cœur, de Paris Hilton, des CD-ROM, du DVD, de l’ordinateur et même rien de la 2CV…

Lui qui était boulanger, il n’aura jamais vu de sa vie un pain industriel (c’est peut-être une bonne chose, on est d’accord). Il faisait son jardin à la bêche sans savoir que Botanic vendrait des plantons et des fleurs tous prêts à des prix astronomiques. Il mangeait ses tranches de lard bien épaisses sans souci de son cholestérol. Bref, je vous la fais courte mais je trouve que, dans le fond, ce cheminot polonais n’a finalement pas raté grand-chose si l’on songe que quand il est tombé dans le coma, Jean-Paul II était déjà pape depuis une bonne dizaine d’années.

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18.05.2007

Libération

Vingt-cinq ans...
Je revois la couleur du ciel au-dessus de Genève. La forme des arbres au bout de la rue de Carouge. Sous le soleil de ce printemps là, la nouvelle envahissait doucement la ville. En début d'après-midi, peu de gens avaient entendu la radio. Joyeuse et peu précise, la voix de ma mère téléphonant de Lausanne, sans dire bonjour :« Voilà, voilà, ça y est !»... - Allô, quoi ? qu'est-ce que tu... « Mais oui ! Ça y ,st ! C'est fini !»... - Mais qu'est-ce qui est fini, Maman !... « La guerre, mon chéri ! La guerre est finie !... »
Et ce besoin physique de le dire, immédiatement, moi aussi à quelqu'un là tout de suite sans raccrocher - dans ce téléphone encore chaud. A qui ? je ne sais plus très bien car j'ai fait le premier numéro qui me venait au coeur, mais ce devait être celui des Lauriac puisque ma mémoire â cet endroit résonne du grand rire de Rirette, ma sœur perdue.
Et puis sortir, voir, toucher des hommes, embrasser des femmes, plonger dans la foule des braves gens, partager ! ah oui ! partager cette joie qui s'est allumée dans mes tripes et qui monte à ma gorge comme un premier amour.
Dans les rues, la nouvelle gagne les passants, ouvre des boutiques, arrête un couple, rattrape un tram, sort de la pharmacie, me bouscule, disparaît dans une allée, monte dans les étages, saute du 5e, ne rejoint aux Bastions, me devance à la Corraterie, déboule dans les Rues Basses, voilà, voilà, ça y est, la guerre est finie, à bas les Boches, vive la France, le Molard sort ses drapeaux, la foule arrive Je partout sans savoir où elle va, revient sur ses pas, cherche à ~avoir ou ça va se passer...


Car enfin il faudrait bien que quelque chose se passe, n'est-ce pas, puisqu'on est tous venu pour ça !

Alors ça va se passer partout, la rue est à nous, les fenêtres pavoisent, des types se mettent à jouer de l'accordéon sur le trottoir, de bar en bistrot des bandes d'amis s'improvisent, trinquent, s'embrassent, font « Schmolitz » et repartent à la recherche d'autres amis. Ça va durer toute la nuit - dans ce grand délire des hommes qui boivent pour se jurer que le monde va devenir meilleur...
Toute la nuit, nous avons bu au bonheur de la France, à la grandeur de l'Amérique, au courage des Anglais, à l'héroïsme des Russes. Nous avons arrosé l'Europe future, inondé l'Humanité de demain, noyé la Victoire du Bien sur le Mal.

Délivrée du nazisme, la Terre des Hommes de bonne volonté allait connaître enfin la Paix, la justice, le Bonheur !
Nous avons bu toute la nuit - jusqu'au matin radieux de ce nouveau printemps qui se levait sur un monde fraternel.
Il y a vingt-cinq ans.

Nous avons bu toute la nuit.

Mais c'est aujourd'hui que j'ai la gueule de bois...

Jack Rollan - Bonjour publié dans "La Suisse" 9 mai 1970

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23.04.2007

Le Tout

medium_ACS.jpgToujours

en lisant Compte Sponville.

sans léviter

.

« Je suis Dieu et ma vie c'est l'éternité. » C'est du moins ce que prétend, en toute immodestie, mon ami Henri qui rejoint ce que dit Comte-Sponville dans l'esprit de l'athéisme. Un extrait:


« Formidable formule de Nâgârjuna (...) : « Tant que tu fais une différence entre le samsâra et le nirvâna, tu es dans le sannsara. » Tant que tu fais une différence entre ta vie telle qu'elle est - décevante, fatigante, angoissante - et le salut, tu es dans ta vie telle qu'elle est. Tant que tu fais une différence entre l'éternité et le temps, tu es dans le temps. Tant que tu fais une différence entre l'absolu et le relatif, tu es dans le relatif. Et quand tu ne fais plus cette différence, ou plutôt quand elle cesse de te faire? Alors Dieu a cessé de te manquer, comme l'ego de t'encombrer. Rien ne manque : tout est là, tout est vrai, tout est éternel, tout est absolu (Prajnânpad : « Voir le relatif comme relatif, c'est être dans l'absolu »), et plus rien - fût-ce toi-même - ne t'en sépare.


Il n'y a plus que tout, et peu importent les noms qu'on lui donne ou qu'on lui prête : il n'y a plus que l'illimité (Anaximandre), le devenir (Héraclite), l'être (Parménide), le Tao (Lao-tseu), la nature (Lucrèce, Spinoza), le monde («l'ensemble de tout ce qui arrive» : Wittgenstein), le réel sans sujet ni fin » (Althusser), « l'un-sans-second » (Prajnânpad), le présent ou le silence (Krishnamurti) - l'absolu en acte et sans personne.

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18.04.2007

A pied

medium_rlstev.jpg.

Les

voyages

à pied

.

Nous sommes si pressés d’agir, d’écrire, de réunir des biens, de nous faire entendre un instant dans le silence moqueur de l’éternité que nous oublions une seule chose dont celles-là ne sont que fragments : vivre. Nous tombons amoureux, nous buvons sec, nous courons de ci de là sur la terre comme des moutons apeurés. Demandez-vous maintenant si, au bout du compte, vous n’auriez pas mieux fait de rester au coin du feu chez vous, occupé au bonheur de penser. Rester à contempler, se rappeler les visages des femmes sans les désirer, être partout et avec tout en sympathie, mais vous contentez de rester où vous êtes et ce que vous êtes, n’est-ce pas connaître la sagesse et la vertu à la fois et demeurer dans le bonheur ?

Après tout, ce ne sont pas ceux qui portent la bannière qui jouissent de la procession, mais ceux qui la regardent de leur balcon. Une fois que vous aurez saisi cela, vous serez d’humeur à être un parfait hérétique vis-à-vis de la société. Ce n’est pas l’heure de vous dérober, ou de prononcer de grands mots vides.

(…la marche à pied...)

Est-ce que, pendant cet intervalle, vous avez été le plus sage des philosophes ou le plus insigne des ânes ? L’expérience humaine n’est pas encore en mesure de répondre ; mais au moins vous avez connu un magnifique moment, et abaissé les regards sur les royaumes de la terre. Que ce fût sagesse ou folie, le voyage de demain vous emportera corps et âme vers quelque autre paroisse de l’infini. Celui qui est membre de cette confrérie ne voyage pas en quête de pittoresque mais à la recherche de certaines humeurs joyeuses – De l’espoir et de l’esprit qui accompagnent les premiers pas le matin et de la paix, de la plénitude spirituelle au repos du soir.

 Des promenades à pied – Robert Louis Stevenson 1876 

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14.04.2007

Mon Croaïzu

medium_Craizu0001.JPG

J'ai retrouvé ce texte dans mes archives écrit en patois savoyard donc en arpitan.

Un texte retrouvé grace à un de ces instituteurs qui faisaient soit-disant la chasse au patois mais qui avaient aussi une grande culture et une grande tolérance.

En mémoire d'Albert (de Rumilly) qui a dit ce texte, en patois (de Rumilly bien sûr) par un beau soir des années 80 à la MJC de Saint Julien

C'est un peu long mais je ne me suis pas senti de le couper. 

Mon Croaïzu

- Le craizu était une petite lampe à huile -

A Eclié, pet dzot los egrâ,
Saquin jhor qu'd'itou égarâ,
D'avou fé la travaille
D'on viœu croaizu, qu'dromsive i
(Lo rat avo radia son Jaret)
Parmi d'atre faraille.

A Ecle, dessous les escaliers,
L'autre jour où je m'étais égaré,
J'ai fait la découverte
D'un vieux Croaizu qui dormait là
(Les rats avaient mangé sa mèche)
Parmi d'autres ferrailles.

Avoé grand suet, d't'é ramassâ,
Drolo croaïzu dé tèp passâ,
Viœu souveni d’famille
T'itâ coffo, t'fassâ pétia ;
Mais, yeuré que d'tai biet nétia,
Ton couivro jhauno brille !

Avec grand soin, je t'ai ramassé,
Drôle de Croaizu des temps passés,
Vieux souvenir de famille !
Tu étais sale, tu faisais pitié ;
Mais à présent que je t'ai bien nettoyé,
Ton cuivre jaune brille !

T'mé rappelle mon juéno tèp,
Pourra croaïzu ; ya jha longtèp
Qu'no sin d'villié congnsance !
D't'avaï rtrovâ, d'sé tot contèt ;
S'té vu, no bliagrin on momet,
To dou, dvant la crédance.

Tu me rappelles ma jeunesse,
 Pauvre Croaizu ; il.y a déjà longtemps
Que nous sommes de vieilles connaissances
De t'avoir retrouvé, je suis bien content ;
Si tu veux, nous allons blaguer un moment;
Tous les deux devant la crédence.

U mai d’juet, pé rna bella né,
Quaque tèp après la miné,
Dejha l'pollet çhantâve ;
A pu-pré on hoeura avant jhor,
Quand ma mâre m'a mta u jhor,
E ton faret qu'mallmâve !!

Au mois de juin, par une belle nuit,
Un peu après minuit,
Le coq chantait déjà ;
A peu près une heure avant le jour,
Quand ma mère me mit au monde,
C'est ta mèche qui m'a éclairé !

Yœu-tou qu'ya l'tèp, quand rli faret
S'argalâve d'houillo d'navet,
Dzot la granda chospance !
Yœu-tou qu'ya rlé grandé veillé,
Quand los garçon, lé juéné flié,
Çhantivo loeu romance
!

Où est le temps, quand cette mèche
Se régalait d'huile de navet (colza),
Dessous la grande suspension !
Où est-ce qu'il y avait les grandes veillées
Quand les garçons, les jeunes filles,
Chantaient leurs romances !

L'hivé, t'a viu faire d'bennon,
D'ruçhe, d'croblié et d'cavagnon ;
Viu pelâ lé çhatagne.
T'a viu bleyï los éçhangliu,
T'a viu lo gromaillon trizu
Tontbâ diet lé cavagné !

L'hiver, tu as vu faire des bannes,
Des ruches, des corbeilles et des paniers ;
Vu éplucher les châtaignes.
Tu as vu tailler les chénevottes,
Tu as vu les cerneaux (de noix) triés
Tomber dans les corbeilles !

Ntra famille étaï u compliet.
Su l'cul d'on lopin, to solet,
T'fassâ brilli ta l'mire,
Quand diet l'pélo, lot assèbliâ
Ptiou et grand, n'z'itô attabliâ
Su la granda pâtire !

Notre famille était au complet.
Sur le fond d'un pot(1), tout seul,
Tu faisais briller ta lumière,
Quand dans la salle à manger, tous assemblés
Petits et grands, nous étions