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18/06/2015

Alacrité

3484102_7_6f19_laurent-fabius-et-francois-hollande-le_92213bb0ccd5250c56d8e0711b4582df.jpg&sa=X&ei=X4yCVdO4JomuUfLXgPAH&ved=0CAkQ8wc&usg=AFQjCNHkhP9VhlWRWkxAu-MDqzjPVnmK8wDialogue avant le départ du président pour Alger…

François : Dis-donc Laurent tu y vas fort avec Abdelaziz, vanter son alacrité, fallait oser !

Laurent : Oui, je suis assez content de ma trouvaille. C’est avec Georges, un de mes conseillers qu’on a déniché ce mot. Moi, j’avais pensé à dire qu’il n’était pas tout à fait mort. Je cherchais un truc du style « L’esprit encore vif »

François : Oui mais alacrité... quand même !

Laurent : On a cherché des synonymes avec Word. Ardent, frétillant, pétillant, guilleret, endiablé, éveillé, brillant, éclatant, spirituel, vert, allègre…

François (amusé)  : Que des mots qui caractérisent bien Abdelaziz lui qui est éteint et apathique depuis son AVC.  

Laurent : Oui mais on ne peut pas dire ça. C'est pas diplomatique.

François : Du coup tu parles de son alacrité, fallait oser.

Laurent : C'est pas toi qui va me reprocher de faire un peu d'humour. Avec Georges on a cherché des substantifs et en partant d’allégresse on a trouvé jubilation, enjouement, vivacité, ardeur et finalement on est tombé sur alacrité.

François : Trop fort. Je crois que je vais te le piquer.

Laurent : Tu vas aussi parler de l’alacrité d’Abdelaziz ?

François : Oui mais je pensais surtout à te piquer ce Georges pour donner plus d’alacrité à mes discours.

Laurent : Faites comme bon vous semble, c’est vous le président.

François : Eh oui, c'est moi. Et pourtant tu avais dit en 2011 "Franchement. Hollande président, on rêve !"

Laurent (en aparté) : Eh oui, on rêve...


Le 07h43 : "Alacrité communicative" par franceinter

bouteflika3.jpgAlacrité : Emprunté au latin alacritas ardeur, entrain.

Le mot signifie joie, allégresse, ardeur, vivacité et il a pris la nuance de gaieté enjouée.

Tout le portrait d'Abdelaziz Bouteflika. 

31/01/2015

Travail

honourable_bertrand_russell-1916.jpg?w=100&h=150Bertrand Russell, né en 1872 est mort en 1970. Il était l’auteur des Principia Mathematica. Avec Bourbaki, Russell a mis en place les principes qui refondent la mathématique au XXième siècle. En plus Russell était un des plus grands philosophes du siècle et en plus du plus il a obtenu le prix Nobel de… littérature en 1950.

Militant pacifiste, libre penseur, il a soutenu Einstein visé par le Maccarthysme*, il s’est associé contre la guerre du Vietnam avec Jean-Paul Sartre.  Comme Duboin, il était partisan d’un revenu universel. Il a écrit un essai sur le travail qui me plait beaucoup. En voici quelque extraits, le PDF est ici et aussi ici en 4 billets dans une traduction un peu différente. 

la-paresse-est-mc3a8re-de-tous-les-schtroumpfs.jpg?w=300&h=256Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j'ai été élevé selon le principe que l'oisiveté est mère de tous vices. Comme j'étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu'on me disait, et je me suis ainsi doté d'une conscience qui m'a contraint à peiner au travail toute ma vie.

Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution. En effet, j'en suis venu à penser que l'on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu'il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels.

J'espère qu'après avoir lu les pages qui suivent, les dirigeants du YMCA lanceront une campagne afin d'inciter les jeunes gens honnêtes à ne rien faire, auquel cas je n'aurais pas vécu en vain.

(...)

Et d'abord, qu'est-ce que le travail ? Il existe deux types de travail : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se 10 trouvant à la surface de la terre, ou dans le sol même ; le second, à dire à quelqu'un d'autre de le faire. Le premier type de travail est désagréable et mal payé ; le second est agréable et très bien payé. Le second type de travail peut s'étendre de façon illimitée : il y a non seulement ceux qui donnent des ordres, mais aussi ceux qui donnent des conseils sur le genre d'ordres à donner.

La plupart de nos convictions quant aux avantages du travail sont issus de ce système : étant donné leurs origines pré-industrielles, il est évident que ces idées ne sont pas adaptées au monde moderne. La technique moderne a permis aux loisirs, jusqu'à un certain point, de cesser d'être la prérogative des classes privilégiées minoritaires pour devenir un droit également réparti dans l'ensemble de la collectivité. La morale du travail est une morale d'esclave, et le monde moderne n'a nul besoin de l'esclavage. (...)

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* Il écrit au New York Times, qui vient de fustiger Einstein dans un de ses éditoriaux, en ces termes : « Vous semblez affirmer qu'on doit toujours obéir à la loi, aussi mauvaise qu'elle soit. Je ne peux pas croire que vous ayez réalisé ce que cette position implique. Condamnez-vous les martyrs chrétiens qui refusèrent de se soumettre à l'empereur, ou encore John Brown ? Non, mieux, je pense que vous vouez aux gémonies George Washington et militez pour que votre pays refasse allégeance à sa gracieuse majesté Élizabeth II. En tant que loyal sujet britannique, je ne peux qu'approuver votre point de vue ; mais j'ai peur qu'il n'obtienne que peu d'écho chez vous. »

17:59 Publié dans Duboin, Textes | Lien permanent | Commentaires (0)

03/01/2015

Portrait

Saurez-vous trouver l'auteur de ce texte étonnant et sa date approximative ? Le portrait, c'est pour brouiller les pistes...

stachemou-nietzschc3a9enne.jpg?w=640Seul, presque sans effort, il apprit en deux ans ce que le despotisme abêtissant de tous les pions de la terre n'aurait pu lui enseigner en un demi-siècle. Il se trouva soudainement rempli des lettres anciennes et commença de rêver un avenir littéraire. Au fait, que diable voulez-vous que puisse rêver, aujourd'hui, un adolescent que les disciplines modernes exaspèrent et que l'abjection commerciale fait vomir ? Les croisades ne sont plus, ni les nobles aventures lointaines d'aucune sorte. Le globe entier est devenu raisonnable et on est assuré de rencontrer un excrément anglais à toutes les intersections de l'infini.

Il ne reste plus que l'Art. Un art proscrit, il est vrai, méprisé, subalternisé, famélique, fugitif, guenilleux et catacombal. Mais quand même, c'est l'unique refuge pour quelques âmes altissimes condamnées à traîner leur souffrante carcasse dans les charogneux carrefours du monde. Le malheureux ne savait pas de quelles tortures il faut payer l'indépendance de l'esprit. Personne,dans sa sotte province, n'eût été capable de l'en instruire et l'ironique mépris de son père, résolument hostile à tout ambitieux dessein qu'il n'eût pas couvé lui-même, ne pouvait être qu'un stimulant de plus. D'ailleurs, il se croyait un cœur de martyr, capable de tout endurer.

Un jour donc, ayant, à force de démarches, obtenu à Paris le plus misérable des emplois, il s'en vint docilement agoniser, après cent mille autres, dans cet Ergastule* de promission* où l'on met à tremper la fleur humaine dans le pot de chambre de Circé*. La hideuse Goule des âmes qui n'a qu'à les siffler pour qu'elles accourent à ses sales pieds des extrémités de la terre, une fois de plus, avait été obéie !

Il tenait de sa mère, morte depuis longtemps, le ridicule romantique d'une origine espagnole, partagé d'ailleurs avec cette multitude de prêtres infâmes dont on peut lire les identiques forfaits dans la plupart des romans anticléricaux. Cette origine, — à peine démentie par des yeux d'un bleu si naïf qu'il avait toujours l'air de s'en servir pour la première fois, — était surabondamment attestée par l'extraordinaire énergie de tous les autres traits sans exception. Seulement, c'était l'énergie contemplative de ces amoureux de l'action héroïque qui n'estiment pas que l'action vulgaire vaille la dépense de l'autre énergie.

Hirsute et noir, silencieux et avare de gestes, exécrateur victimaire du propos banal et de la rengaine, il portait sur l'extrémité de sa langue une catapulte pour lancer d'erratiques monosyllabes qui vous crevaient à l'instant même une conversation d'imbéciles. Bouche close, narines vibrantes, sourcils presque barrés et entrant l'un dans l'autre à la plus légère commotion, il avait parfois des colères muettes et blanches de séditieux comprimé qui eussent donné la colique à un éventrable despote. En ces rencontres, le cannibale sortait du rêveur, instantanément.

* Pourquoi une majuscule ? Un ergastule est une caserne servant à l'hébergement des groupes d'esclaves employés aux travaux des champs dans l'Italie antique. C'est aussi une prison souterraine, un cachot dans l'Antiquité romaine

Promission : Promesse (je prenais des campanules pour des fleurs de la passion.

Circé : Sorcière et enchanteresse.

20:00 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (3)

18/10/2014

Jean-Claude T. -3-

Suite de l'histoire de Jean-Claude T., histoire retrouvée dans mes fichiers, texte oublié au point de douter que je puisse l'avoir écrit. C'est mieux de commencer par la premier épisode... Utilisez les liens pour remonter les notes...

Lola avait rencontré le côté face de Jean-Claude T. alors que Paulette connaissait bien le côté pile, le côté abject.

janus.jpgToute sa vie Jean-Claude T. avait joué sur ces deux faces. Il existe un dieu romain à deux têtes, Janus, qui a donné le mois de janvier. D’un côté il porte une clé pour ouvrir les portes du paradis et de l’avenir et de l’autre il porte un fouet pour promettre l’enfer et punir les fautes du passé.

Mais Janus est un dieu de paix alors que Jean-Claude T. est un homme violent. Son visage souriant n’est là que pour mettre en confiance ses futures victimes. N’empêche que la vieille dame était bien embêtée. Elle avait peur de sortir dans la rue, elle ne voulait pas prendre la risque de rencontrer son locataire.

Vous vous demandez si Jean-Claude. T. a toujours été quelqu’un de si méchant et comment il est devenu très riche et a ensuite perdu une grande partie de son argent.

Commençons par la première question. On se rappelle que Jean-Claude T. est né dans une bonne famille, que ses parents étaient agriculteurs, des gens très gentils et très appréciés dans le voisinage. C’est vrai, Jean-Claude était un enfant plutôt chanceux qu souriait et savait séduire les gens. Il n’avait pas toujours été méchant. A dix ans, il avait été mis en pension chez un oncle et une tante. L’oncle était un frère de sa mère, la tante était sa femme. Ses gens n’avaient pas d’enfants et ils prenaient parfois en pension leurs neveux ou leurs nièces. 

La tante Germaine et l’oncle Paul étaient très sévères avec les enfants. Chaque petite bêtise se terminait par une punition. Sans qu’il y ait d’explication, l’oncle et la tante étaient encore plus sévères avec Jean-Claude qu’avec les autres enfants. Plus Jean-Claude essayait de se rendre sympathique comme il savait le faire avec son sourire enjôleur, plus l’oncle Paul le punissait pour des broutilles et même souvent pour rien.

Normalement Jean-Claude T. n’aurait pas dû rester très longtemps chez son oncle et sa tante. Mais, malheureusement, sa mère avait été malade...

Voilà, l'histoire se termine ici... du moins dans le fichier retrouvé... Désolé mais à vous d'imaginer la suite...

08:10 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (2)

17/10/2014

Jean-Claude T. -2-

La suite de l'histoire... mais commencez plutôt par le début. C'est mieux..

A l’époque de sa grande richesse, Jean-Claude T. avait acheté un château, un magnifique château, beaucoup plus joli que la forteresse délabrée qu’il habite aujourd’hui. Jean-Claude a toujours eut la passion des grandes demeures. A l’époque, il avait plusieurs voitures racées et très puissantes garées dans l’immense garage au sous-sol. Il organisait d’immenses fêtes en invitant les gens qui lui devaient de l’argent. Il avait gagné beaucoup d’argent. Il voyageait dans le monde entier.

Chateau-web-449x362.jpg

Mais, un jour, il a perdu toute sa fortune et finalement il s'est retrouvé dans cette vieille forteresse presque en ruine, loin de la ville qu’il loue pour une bouchée de pain. En fait depuis quelque temps, la location ne lui coûte rien car il a décidé de ne plus payer. Chaque mois, il envoie à sa propriétaire une enveloppe vide. Il loue la bâtisse délabrée à Paulette, une vieille dame qui a très peu d’argent pour vivre. Elle l'a hérité de ses parents et elle compte beaucoup sur l’argent de la location.

Paulette était venue se plaindre à Jean-Claude T., le mois suivant, celui-ci avait mis de la bouse de vache dans l’enveloppe vide. La vieille dame ne savait plus que faire. Elle serait bien aller à la police mais elle avait trop peur de son locataire.

Paulette avait parlé de ses malheurs à une la fille d’une de ses amie, Lola, qui est assistante sociale. Un jour Lola est venu voir Jean-Claude. Elle lui a expliqué qu’elle était une amie de Paulette et qu’elle voulait comprendre pourquoi Jean-Claude ne payait plus son loyer.

Jean-Claude la reçu très aimablement, expliquant qu’il avait un petit problème d’argent en ce moment mais qu’il payerait bientôt. Lola avait été tellement bien reçu qu’elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi Paulette se plaignait. Elle expliqua à la vieille dame sa visite et lui dit qu’elle serait sans doute payée le mois suivant. Mais le mois suivant, Paulette reçu une lettre d’injure qui sentait très fort la bouse de vache

Lola avait rencontré le côté face de Jean-Claude T. alors que Paulette connaissait le côté pile, le côté méchant.

A suivre...

08:18 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0)