08/02/2014

Les mauvaises gens

51YDZMQC23L._.jpgComme j’avais bien apprécier « Les ignorants » de Davaudeau qui racontait l’échange entre un vigneron et l’auteur (initiation croisée vin contre BD), Xavier et Inés m’ont offert un coffret de trois autres BDs d’Etienne Davaudeau. Je les gardais pour la bonne bouche. Je viens de terminer la première « Les mauvaises gens » qui raconte le parcours des parents de l’auteur.

Étienne Davodeau est issu d'une famille ouvrière des Mauges. Dans Les Mauvaises Gens, il retrace la jeunesse de ses parents : tous deux nés en 1942. Ils commencent à travailler dans l'industrie locale à 13 et 14 ans et deviennent membres de la JOC, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, et aussi syndicalistes CFTC puis CFDT.

C’est le monde d’après guerre. Une époque où il y avait du travail mais quels travaux ! Des patrons paternalistes à souhait, ERAM, local de l'étape, n’échappait pas à la norme. La guerre d'Algérie. Des bonnes sœurs pas rigolotes qu'on imaginent pas loin de celles de Philomena. (film de Stephen Frears sur nos écrans très bon et très émouvant, allez-y !). A l’exception de quelques vicaires, qui, à cette époque, s'engagent aux côté des ouvriers, le conservatisme des curés est très prégnant... les Mauges furent au cœur de la guerre de Vendée. 

C’est de la BD-récit, très littéraire... même si on dit qu'on n’aime pas la BD, c’est par là qu’il faut commencer. La bonne nouvelle pour moi, c’est qu’il y en a trois dans le coffret.

Davaudeau est aussi l'auteur de Lulu femme nue, qui a inspiré un autre bon film éponyme du moment à Solveig Anspach.

15/10/2013

Hannah Arendt

Un film moyen, cinématographiquement parlant, de Margarethe Von Trotta avec Barbara Sukowa, Axel Milberg, Janet McTeer...à propos d'un personnage hors du commun.

Comme Hans Jonas qui était son ami et dont parlait hier Alain Gentil au café philo, Hanna Arendt a suivi en Allemagne les cours de Husserl, Heidegger Karl Jaspers et Bultmann, excusez du peu !

Elle a même eu une liaison avec Heidegger qui a rejoint le parti nazi en 1934 pendant quelques mois pour être nommer recteur de l'Université de Fribourg et qui resta, malgré tout, l'homme de sa vie.

A part quelques flash-back sur sa liaison avec Heidegger, le film se concentre sur le suivi par Hannah du procès d'Adolph Eichmann, qui va durer 6 mois en 1960 à Tel-Aviv. Hannah va écrire un article compte-rendu dans le New Yorker. Article publié sous le titre Eichmann à Jérusalem. Eichmann fut considéré par la hiérarchie nazie comme le « spécialiste de la question juive »

Bien qu'elle ait travaillé de nombreuses années au sein d'une organisation sioniste Hannah Arendt évolua progressivement au sujet d'Israël, et exprima son opposition constante à tout enfermement nationaliste. Elle était favorable à un État fédéral mixte judéo-arabe.

Suite au procès, elle entra en conflit avec la presse israélienne. Cette œuvre, Eichmann  à Jérusalem, est plus qu'un simple compte rendu de procès. Il s'agit en réalité d'une étude sur le mal, ou plutôt sur les ressorts du mal qui ont rendu les camps d'extermination possibles. Hannah Arendt décida d'ailleurs pour cette raison de donner à cette œuvre, le sous-titre d'Étude sur la banalité du mal.

On reprocha à tort à Hannah Arendt d'avoir non seulement présenté Adolf Eichmann comme un sioniste mais aussi, et surtout, d'avoir fait le reproche aux populations déportées de ne pas s'être suffisamment révoltées contre le sort terrible que les dirigeants nazis leur réservaient. Ces deux points et les critiques infondées, qui résultent d'une lecture erronée de l'œuvre de Hannah Arendt, furent largement rejetées par l'auteur.

Sur la base d'un important travail de documentation, Hannah Arendt, qui a toujours revendiqué une réelle indépendance d'esprit, dénonça dans Eichmann à Jérusalem le comportement des membres de certains Judenräte (conseils juifs), en particulier celui de Theresienstadt, qui furent amenés à collaborer avec les autorités nazies. Ces accusations, qui avaient déjà été formulées par d'autres, provoquèrent une importante polémique.

Intéressante réflexion sur la difficulté de philosopher librement. Les sionistes ont décidé une fois pour toute que la Shoah faisait parti des dogmes d'Israël et on ne peut pas toucher aux dogmes sans risque, même sur un point de détail, même en posant des questions légitimes. Hannah Arendt l'a vérifié à ses dépends.

15:33 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

11/03/2013

Lincoln

abrahaent-des-etats.jpg

[le vrai]

Je viens de relire des critiques pas très sympas pour ce film. J’en avais aussi lu avant de le voir qui disaient : « film évitable. » Alors bon, j’y suis allé avec réticence et finalement, je l’ai vu deux fois. J’ai adoré le récit. J’y ai trouvé du grand Spielberg dans la maîtrise de l'intrigue et de la narration. Contrairement à d’autre, les petites anecdotes que racontait sans cesse Lincoln m’ont bien plu. Il y manque peut-être un peu d'émotion, oui sans doute.

Il faut dire que j’adore les joutes verbales qu’entraîne la politique. Hé oui, la politique c’est la continuation de la guerre par la parole. En politique, c’est le discours qui fait les vainqueurs et les vaincus. Je suis donc un bon client pour les films « politiques » et Dieu sait si celui-ci est politique. 

L’histoire raconte essentiellement comment Lincoln, alors que le Nord est déjà vainqueur potentiel de la guerre de sécession qui est en train de finir, fait un forcing d’enfer pour faire passer le 13ième amendement qui abolit l’esclavage. Le film va jusqu’à son assassinat trois mois plus tard.

J’ai voulu le voir une seconde fois pour bien comprendre le rôle exact de chaque protagoniste et les subtilités de cet homme et des gens qui s’affrontent au sommet de l’état. C’est très fort et très habilement mené. Bien sûr, les historiens n’y ont pas trouvé leur compte. Forcément, pour les historiens, il faut défendre LA Vérité, enfin, disons, leur vérité. Et Spielberg avait un film à défendre, l’intérêt des spectateurs essentiellement américains, suffisamment versé dans l’Histoire mais pas trop quand même. 

Lincoln%20-%20Tommy%20Lee.jpg

PHOTcoln-lrait_w532.jpgLes acteurs sont magnifiques. Une mention pour Daniel Day-Lewis qui EST Lincoln et une autre pour Tommy Lee Jones (ci-dessus entre les drapeaux) qui joue un Thaddeus Stevens, abolitionniste, chef de la commission des Finances de l’assemblée, touchant à force d’être dur et sans pitié. Ils sont tous les deux d’une expression et d’une présence rare.

Un truc étonnant que je ne savais pas, à l'époque, le parti républicain (une aile conservatrice et une radicale), parti de Lincoln donc, qui  est un parti neuf, est abolitionniste alors que les démocrates sont esclavagistes. On y perd un peu la notion de droite et gauche qui nous est familière. Ceci conforte nos gens de gauche qui prétendent qu’aux US il y a deux partis de droite. Disons que l'alignement n'est pas le même.

22:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (10)

21/02/2013

Festival du film vert

En 2013, 24 villes présentent des films du festival du film vert, dont 20 en Suisse ( Bienne, Châtel-St-Denis, Cossonay, Couvet, Echallens, Fribourg, Genève, La Chaux-de-Fonds, La Neuveville, Lausanne, Lausanne-Agrobiorama, Le Noirmont, Le Sentier, Moudon, Nyon, Orbe, Renens, Sion, Verbier (Le Châble), Yverdon-Les-Bains, 3 en France, Ferney-Voltaire, St Julien en Genevois, Vulbens, 1 au Sénégal (Dakar). 

Trois prix seront remis cette année: Le Prix Tournesol du meilleur documentaire Vert, le Prix Greenpeace suisse et pour la première fois, le Prix de la Fondation GoodPlanet.Deux films seront présentés durant cette soirée: 

affiche2013%2024%20villes%20s.jpg

A noter que la France (ou est-ce la Suisse ?) a annexé Dakar.

La Françafrique n'est pas morte :-)

Le programme à St Ju:

Tous Cobayes : le 22/02 à 20h et le 24/02 à 15h30 au cinéma

             Rouge et le noir (le vendredi soir en présence du réalisateur)

The happy movie : le 26/02 à 20h à l’Arande

Love meat ender : le 01/03 à 20h à l’Arande

14:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2013

30ième Festrival Annonay

festivalannonay2013.jpgLe 30 ième festival d'Annonay commence demain...

  • 8 premiers films en compétition
  • Des premiers films hors compétion
  • 30 ans de découverte
  • De bons films tout public.
  • Des soirées spéciales

  • Un jury selectionné sur lettre de motivation   présidé par Bernard Jeanjean
  • Un jury lycéen présidé par Audrey Bastien
Que du bon et du super.

Le programme est ici (en PDF).

Bande Annonce - Festival du Premier Film d'Annonay 2013 from MJC Annonay on Vimeo.

Allez y !