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22/11/2014

Filmar

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Le Rouge et Noir est associé au festival FILMAR. Cinq films cette semaine. On en a vu trois pour l'instant. Ce sera difficile de voir le film d'animation par ces après-midi ensoleillés.

sortie nationale :

CANADA MORRISON (« Ciencias Naturales »)
film argentin de Mathias Lucchesi (2014 – 1h11)
avec Paula Galinelli Hertzog, Paola Barrientos, Alvin Astorga


Lila, 12 ans, a grandi sans connaitre son père. Interne dans un pensionnat isolé sur les flancs d'une montagne argentine, sa seule obsession est de le rencontrer. Après plusieurs tentatives de fugue, et contre l'avis de sa mère et de la principale du pensionnat, sa maîtresse décide de l'aider et de partir avec elle à sa recherche. Leur seul indice, une petite plaque en cuivre sur laquelle est inscrit le nom d'une compagnie d'électricité pour laquelle il aurait travaillé...

Histoire simple et très beau film

Avant-première

ATLANTIDA
Film argentin d’Inès Maria Barrionuevo (2014 – 1h28)
Avec Melisa Romero, Sol Zavala, Florencia Decall, Guillermo Pfening


À Córdoba, au cours d’une très chaude journée de 1987, deux soeurs, Lucía et Elena, se retrouvent seules à la maison, l’une agacée par son pied dans le plâtre et s’ennuyant à mourir devant la télévision, l’autre préparant ses examens afin d’entrer à l’université de Buenos Aires. Les jeunes du village passent leur temps au bord de la piscine, à parler de leurs premières expériences amoureuses et sexuelles, les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Parfois ils se rapprochent. Jeune apiculteur de 15 ans, Andrés est différent. Au cours de cette journée anodine, chacun vit une rencontre singulière. Quel univers insondable, quelle Atlantide le désir peut-il atteindre 

Mention spéciale Cinélatino Toulouse 2014, Présenté au 64e festival de Berlin 2014

Soirée rencontre

 

PALMA REAL MOTEL (« Las Horas Muertas »)

film mexicain d'Aaron Fernandez (2013 - 1h40)
avec Kristyan Ferrer, Adriana Paz, Eliseo Lara Martinez


Sur la côte de Veracruz, Sebastian, 17 ans, doit reprendre seul la direction du petit motel de son oncle. Il loue les chambres à l’heure à des couples adultères et des amants de passage. Parmi eux, une belle jeune femme, Miranda, vient régulièrement retrouver un homme marié qui lui fait souvent défaut. Pendant ces heures creuses, Sebastian et Miranda font peu à peu connaissance et laissent s’installer entre eux une troublante complicité.

Jeudi en présence de l'actrice Adriana Paz

Un beau film. Le titre Les heures creuses aurait mieux convenu. 

LE GARÇON ET LE MONDE (« O Menino e o Mundo »)
film d'animation brésilien d' Alê Abreu (2014 - 1h20)


Souffrant de l'absence de son père, un petit garçon quitte son village et découvre un monde fantastique dominé par des animaux-machines et des êtres étranges. Une animation hors du commun faite de diverses techniques artistiques qui illustre les problèmes du monde moderne à travers les yeux d'un enfant.

Cristal du long métrage et le Cristal du public 
Festival d'animation d'Annecy 2014

PELO MALO, CHEVEUX REBELLES
film vénézuelien de Mariana Rondon (2013 – 1h33)
avec Samuel Lange, Samantha Castillo


Junior a 9 ans. Il vit à Caracas avec sa mère et son frère de 2 ans. Junior a les cheveux frisés de son père. Il voudrait avoir les cheveux lisses de sa mère. Junior adore chanter, danser avec sa grand-mère et se coiffer devant la glace. Mais pour sa mère, Junior est l'homme de la famille. C'est comme ça qu'elle l'aime...

Un film très noir sur un enfant mal aimé dans les HLM de Caracas. 

22:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

16/11/2014

Pride

Un film tiré d'une histoire vraie. 

(Allociné) Eté 1984 - Margaret Thatcher est au pouvoir bien décidée à casser les reins à tout ce qui est mouvement syndical. Le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la marche de la fierté homosexuelle (gay pride) à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide.

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Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d'un minibus pour aller remettre l'argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause contre le rouleau compresseur du libéralisme des années Reagan et Thatcher. 

Un film bien fait et émouvant dans la grande tradition des films basés sur des histoires de solidarité humaine et d'humanisme...

 

A propos des nom de village Gallois sans voyelles ou presque, le plus long nom est

Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch 

qui signifie « l'église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près d'un tourbillon rapide et l'église de saint Tysilio près de la grotte rouge ». Le nom est également transcrit comme :

Llan-vire-pooll-guin-gill-go-ger-u-queern-drob-ooll-landus-ilio-gogo-goch, qui indique sa prononciation correcte en anglais.

18:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

14/11/2014

Marie Heurtin

Marie-Heurtin_portrait_w193h257.jpgGros succès au Rouge et Noir pour le dernier film de Jean-Pierre Améris « Marie Heurtin » en sortie nationale. Aujourd’hui, c’était la venue de la toute jeune Ariana Rivoire pour deux séances suivies d’échange avec l’actrice via deux interprètes pour le langage des signes. La communauté sourde des environs était venue en force de France et de Suisse. Tout le monde est ressorti enthousiasmé par le film.  

Une histoire inspirée de faits réels qui se sont déroulés en France à la fin du 19ème siècle. Née sourde et aveugle, Marie Heurtin, âgée de 14 ans, est incapable de communiquer avec le reste du monde. Son père, modeste artisan, ne peut se résoudre à la faire interner dans un asile comme le lui conseille un médecin qui la juge « débile ».

En désespoir de cause, il se rend à l’institut de Larnay, près de Poitiers, où des religieuses prennent en charge des jeunes filles sourdes. Malgré le scepticisme de la Mère supérieure, une jeune religieuse, Sœur Marguerite, se fait fort de s’occuper du « petit animal sauvage » qu’est Marie et de tout faire pour la sortir de sa nuit... 

Sœur Marguerite est superbement jouée par Isabelle Carré qui jouait déjà dans les émotifs anonymes le précédent film de Jean-Pierre Améris et qui joue aussi dans Respire, film à voir bientôt. Marie est donc joué par Ariana Rivoire, venue pour répondre à nos questions. Ariana est sourde mais pas aveugle et elle fait preuve d'un bel entrain quand elle parle du film. Un film plein de sensibilité et de poésie sous titré spécialement avec plusieurs couleurs à l'intention des personnes sourdes.

Après le film les spectateurs sourds et malentendants ont montré qu’ils pouvaient être aussi bavards sinon plus que les entendants. Ils ont signé très longtemps dans la salle des 400 coups pour finir une soirée bien sympathique. A noter que cette semaine le Rouge et Noir fête son 200'000 ième spectateur en sept ans. Pas mal pour un ciné à une seule salle.

17:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1)

09/11/2014

Le sel de la terre

Quand on découvre dans un film de Wim Wenders un photographe aussi fabuleux que  Sebastiao Salgado, on se dit que l’on n’est pas si cultivé que l’on pensait. Ce film est un documentaire atypique sur la vie et l’œuvre du génial photographe brésilien. Beaucoup de ses plus belles photos en noir et blanc.

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Le film commence par des photos incroyables de la mine brésilienne de Serra Pelada non loin de l’embouchure de l’Amazone. C’est une fourmilière dans laquelle grouille des chercheurs d’or, on parle de 100'000 personnes.  Photos magnifiques comme toutes celles présentée dans le film. Puis, on passe en indonésie, sur la banquise… Salgado est allé partout. Pour la partie bio, on voit son père, paysan du Minas Gerais déploré l’aridité de sa terre qu’il a, semble-t-il, contribué à déboiser… Entretien entre son fils Juliano, coréalisateur du film avec Wim Wenders, et son grand-père…

Ensuite se succède des photos de l’Afrique, Sahel, Ethiopie, Ruanda… Des photos insoutenables que l’on a déjà vu et qui sont aussi belles qu’atroces, ce qui a provoqué pas mal de polémiques sur la nécessité de les faire. Je me souviens des polémiques, pas de Salgado mais visiblement il était une des cibles.

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Après cette série qui permet de douter que l’homme soit vraiment le sel de la terre*, ou encore de penser que ce sel a vraiment perdu de sa saveur, la dernière partie du film nous parle de l’idée de sa femme Lélia qui a voulu que le domaine familial que Salgado possède au Brésil, soir rendu à la nature en régénérant des terres épuisées par des années d'exploitation. Ils ont planté des milliers d'arbres et ont réussi en quelques années à recréer un lieu agréable à vivre en régénérant la forêt tropicale atlantique. Cette propriété a été donné à l’institut Terra  pour en faire une opération pilote.

*Matthieu 5:1 « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la salera-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes »

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12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (5)

14/10/2014

Heimat

21036615_20130906144740187.jpgPour les Zémour et autres passéistes qui rêvent de vivre dans les siècles précédents, il leur faut voir le film Heimat, la version qui se passe entre 1842 et 1844 dans le Hunsrück non loin de la frontière française. La misère qui régnait dans cette région aujourd’hui prospère était terrible !

Au départ, Heimat est une série télé que tout allemand connaît  11 épisodes de 55 à 138 minutes qui racontaient la vie du village imaginaire de Schabbach de 1919 à 1945  créé par Edgar Reitz et Peter Steinbach et diffusée à partir du 6 mars 1984 sur le réseau ARD. 

En 2013, Edgard Reitz décide de donner à Heimat un pré-scriptum en deux épisodes de deux fois deux heures. Ce sont ces deux merveilles que l’on a pu voir au Rouge et Noir. Plutôt que d’expliquer toute l’émotion et la beauté de ce film, je cite l’excellente critique de La route du Cinéma :

En vieillissant certains réalisateurs semblent devenir séniles (ex. Ridley Scott, 75 ans) et proposent des films sans queue ni tête avec scènes de cul lamentables en guise de Viagra, d'autres au contraire tel Edgar Reiz (81 ans) conserve une haute opinion de leur art et l'élève à des sommets de beauté et de perfection. Heimat est de ces films qui foudroie le regard et s'imprime dans la rétine. Quand en plus le fond est au niveau de la forme on est face à une véritable œuvre d'art. Et pourtant cela dure 4 heures. Mais lorsque le premier épisode s'achève, on a pas vraiment le choix : l'envie de connaître la suite est trop pressante. Impossible de quitter Jakob dans la situation et dans l'état de désarroi où on le laisse...

Mais le réalisateur ne se contente pas de nous mettre dans les conditions de vie épouvantables de ces paysans par ailleurs accablés de taxes par les hobereaux locaux, il fait également passer sur le destin de Jakob un souffle romanesque et romantique affolant. Et parfois au détour d'une scène il applique quelques touches de couleurs contribuant par contraste à rendre ce somptueux noir et blanc encore plus beau : les bleuets dans un champ, une couronne de fleurs sur une porte ou toutes les nuances de la couleur verte... Au milieu d'une routine harassante qui brise les plus faibles, surgissent comme des points d'orgue, des points de suspension, quelques scènes exceptionnelles d'une beauté, d'une puissance et d'une intensité rares : une fête de village, contraste saisissant avec la dureté implacable du quotidien, moment crucial où se joue l'essentiel, l'enterrement collectif de plusieurs bébés qui n'ont pas résisté à la rudesse d'un hiver particulièrement terrible ou une scène d'amour, une des plus belle et bouleversante jamais vue...

Heimat, selon Wikipedia, est un mot allemand intraduisible en français, bien qu'il corresponde à un sentiment universellement répandu. Il désigne à la fois le pays où l'on naît, le village où l'on a grandi, mais aussi la maison où on a passé son enfance ou celle où on est chez soi. (...) Il y eut une époque où la langue allemande opposait "Heimat" à "Elend", la misère. Ce dernier mot vient de l’ancien allemand "ali-lenti" qui signifie littéralement "l’autre pays" ou l’étranger. Vivre "à l’étranger" était donc synonyme de vivre "dans la misère", ce qui définit par extension "Heimat" comme un équivalent du bonheur.

A propos de mots, j'ai adoré la maitrise des langues et en particulier des langues indiennes d’Amérique du sud de Jakob le héros. Ce qui nous vaut l'apparition à l'écran de Werner Herzog, lui-même, dans le rôle d'Humbolt, le grand géographe.

Voir le livre Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann

dont j'ai parlé ici

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19:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2)