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01/07/2021

La Flotte

Vous souvenez-vous de cet épisode des Vaisseaux de la Flotte du Nord dans lequel les pirates qui font allégeance au MSV se lancent dans une bataille navale sans pitié contre les corsaires de sa majesté qui prônent la religion anglicane contre toute logique ?

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Non ? Dommage.

Je me souviens que nos pirates qui venaient de se goinfrer d’un immense plat de spaghettis sauce bolo et de crozets à la carbonara avec des lardons bien grillés, le tout sorti de la cambuse et cuisiné par le coq, avaient canardés les corsaires à gros boulets. Puis comme l’abordage devenait inévitable, ils s’étaient rués sur l’adversaire au nom du pastafarisme et pour sauver leur butin.

C’était avant que le nombre de pirates ne diminue et provoque ainsi le réchauffement de la Planète. Si d’autre souvenirs de cette série mythique me reviennent, je vous en ferais part mais vous aussi, fans de la Flotte du Nord, n’hésitez pas à raconter des anecdotes.   

12:21 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/06/2021

Tangping

La Chine fête les 100 ans du parti communiste après demain. Karl Marx sera de la fête au même titre que Mao, Deng et bien sûr Xì (prononcer chi, avec Xì ça chie en Chine !).

71JwakyBIpL._AC_UL160_.jpgMoi, vous me connaissez, je suis marxiste… tendance Groucho. J’aime aussi beaucoup le gendre de Karl,  Paul Lafargue, qui a écrit «Le droit à la paresse ». Mais visiblement il n’a pas fait école au sein du parti de Mao, Deng et Xi.

Pourtant il existe en Chine un mouvement qui prend de l'ampleur appelé Tangping, le droit à la paresse. Face à une concurrence de plus en plus féroce, certains jeunes Chinois préfèrent se retirer de la course effrénée à la réussite. Ils veulent désormais “rester allongés” (“tangping”, en chinois). Une nouvelle philosophie de vie qui a des allures de mouvement contestataire.

Du coup, Xi et les maîtres de la Chine ne sont pas du tout d’accord. Le parti ne s’est pas engagé dans une lutte effrénée avec les ricains dans la course à la productivité, au service du parti et des tycoons milliardaires, pour que la jeunesse se la coule douce. Au boulot les jeunes !

https3a2f2fs3-ap-northeast-1.amazonaws.com2fpsh-ex-ftnikkei-3937bb42fimages2f62f32f82f32f34663836-1-eng-gb2f2021061020cover20large.jpg?itok=JEPzvpcaAlors on se donne les moyens.

Mouchards dans le smartphone, caméras au bureau, échanges en ligne enregistrés : les employés des grandes entreprises du numérique en Chine sont les premiers à subir le “cercle vicieux” d’une surveillance algorithmée, selon l’hebdomadaire japonais. Et caméra partout, répertoire des fainéants et même des travailleurs.

Traqués en temps réel, leurs discussions, leurs navigations et chaque modification de document enregistré

Reconnaissance du sourire. Une filiale chinoise de Canon à Pékin a développé une technologie de “reconnaissance du sourire” qui “permet aux seuls employés souriants d’entrer au bureau et de réserver des salles de conférences”.

 Souriez c'est l'été.

On arrive au mois de juillet.

Le parti du peuple a 100 ans.

06/06/2021

Justice

Quel plaisir de revoir du théâtre !

Quelle joie de venir à Ferney pour voir la dernière mouture de l’atelier théâtre dirigé de main de maître et surtout de main d’artiste par Marie-Laure Berchtold.

Après avoir vu il y a longtemps « Les lettres croisées », « Où vas-tu Pedro, « le lavoir », « Au bois lacté » et bien d’autres pièces, nous avions malheureusement raté « Le dialogue des carmélites » Pourtant, à chaque fois, c’est un plaisir de voir jouer les élèves de Marie-Laure dans une mise en scène toujours remarquable, cette année n’a pas failli à la règle.

La pièce prévue pour le printemps 2020 puis reportée en novembre était enfin visible cette semaine avec une jauge réduite et la contrainte du couvre-feu à 19 heures. Tant pis pour toutes ces contraintes, nous n’avons pas boudé notre plaisir. Un décor simple avec une grande balance en toile de fond. Une table, des livres en guise de sièges ajustables aux situations de comparutions immédiates et de procès très simples.

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Justice est une pièce récente de Samantha Markowic mise en scène par Marie-Laure Berchtold.

Lumières : Daniel Rouiller

Distribution : Séverine Berger, Françoise Bernard, Françoise Chanel, Rima Hélou, Pierrette Litras, Anne-Marie Richard, Chloé Thébault.

Dès le début, le spectateur est plongé dans l’histoire en fil rouge de Sabrina Malard, victime d’un vol à l’arraché dans la rue.

La pièce nous invite au tribunal où se déroulent des scènes du quotidien de la justice française, toutes inspirées de faits réels. Se concentrant sur les délits et la petite délinquance, elle reconstitue l’appareil judiciaire et les conditions de la comparution immédiate, nous plongeant au cœur d’une justice en temps réel.

Cette immersion dans les couloirs du système judiciaire français s’avère captivante, mais drôle également.

Sept comédiennes se partagent les rôles et interprètent, chacune, les différents personnages – des déférés, des victimes, des magistrats, des avocats, des psychologues, des policiers – avec talent et brio.

Justice, une pièce intense qui décrit à merveille les tensions entre l’individu et l’institution juridique et qui fait écho à l’actualité. Un spectacle fort d’où on ne sort pas indemne !

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Le réalisme des situations, si bien rendu par le jeu des actrices (avec quelques rôles de mecs inculpés assez drôles), est tel que l’on en ressort un peu épuisé et plein de questions.

On a presque tous été, de près ou de loin, confrontés à la justice. Heureux ceux qui ne l’on jamais été car la justice est aveugle. Cette cécité est censée représenter l’impartialité mais nous savons tous qu’en fait c’est plutôt les jugements qui sont aveugles et que les plateaux de la balance, censés être en équilibre, penchent en réalité au hasard des opinions et préjugés de l’époque.

« Justice » rend bien ce malaise face aux délits et aux jugements, qu’ils soient de comparution immédiate ou pas même si on aimerait bien sortir de cette triste réalité par ces temps de covid.

10:52 Publié dans Théatre | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/04/2021

Pasta

On sait que les religions évoluent peu. Leurs ayatollah s'accrochent aux dogmes. Mais le Pastafarisme est récent, ses adeptes ont l'esprit ouvert et dynamique donc de nombreuses surprises sont à en attendre. Le Monstre en Spaghetti Volant n'a pas livré tous ses secrets. Que sait-on vraiment de ses appendices nouillesques ? Et des pirates à la retraite ?

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Courier International nous révèle que : "Il aura fallu à Dan Pashman pas moins de trois ans de souffrance, d’anxiété et de détermination pour enfin réaliser son rêve : créer de toutes pièces une nouvelle forme de pâtes, un concurrent techniquement parfait des spaghettis, rigatonis, fusillis et autre macaronis, ô combien supérieur et capable d’allier texture et fermeté à une idéale captation de la sauce tomate. “Le spaghetti ? Ce n’est qu’un simple tube”, fulmine l’intransigeant lors de son interview sur CBS, qui narre l’épopée du génie."

Donc, chers amis pastafaristes, nous avons le plaisir de vous faire connaitre ces nouvelles pâtes qui absorbent beaucoup mieux la sauce tomate. Le résultat, après nombre de révisions du design original, incompatible avec les contraintes industrielles, et plus de 10 000 dollars d’investissement personnel, est breveté sous le nom de “Cascatelli” : un demi-tube courbé ourlé d’un jabot plein de replis qui emprisonnent la sauce.

N'oubliez pas votre passoire toujours valable pour les cascatelli.

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Source de la photo

20:14 Publié dans Pastafarisme | Lien permanent | Commentaires (3) |

30/03/2021

Collapsologues

Il n'y a pas que Yves Cochet qui soit collapsologue même si Yves est, avec son cheval et sa cariole, le plus représentatif. Voici un article qui parle des autres, article à lire ici.  Lien envoyé par Juliette Ray, en résumé :

L'écologie est au coeur de l'actualité. Croissance verte, décroissance ou bien fin du monde. Le débat est complexe et certains acteurs tels que Jancovici prennent de plus en plus d'importance dans les débats.

Voici donc 4 écologistes à suivre en 2021

Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici alias JMJ. Fais partie des écologistes (collapsologues) les plus en vogue actuellement.  Il milite depuis plus de 10 ans pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'urgence climatique.

Voici une de ses conférences donnant un très bon aperçu de sa vision: La difficulté de concilier économie et écologie

 

Aur%C3%A9lien_Barrau.jpgAurélien Barrau

 Reconnu pour avoir lancé en 2019 avec Juliette Binoche, un appel pour lutter contre la crise écologique. 

En 2020, il écrit un deuxième texte international qui rencontre un succès encore plus important. Le texte est signé par 20 prix Nobel et de nombreuses personnalités connues. 

Pablo Servigne

A partir de 2008, il se consacre au mouvement de la transition écologique et s’intéresse à l’agriculture urbaine, la permaculture et l’agroécologie.

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Pablo Servigne et Raphaël Stevens sont exposés aux grands jours suite à la publication de leurs livres "Comment tout peut s'effronder". Définissant la théorie de la collaspologie au grand public.

 

Arthur_Keller.jpgArthur Keller

Arthur Keller est connu pour s'exprimer sur des questions liées à l'environnement et la collapsologie.

En février 2020, Arthur Keller compte parmi les 1000 scientifiques signataires de l’appel intitulé « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »

Autres collapsologues à suivre

  • Valérie Cabanes (Juriste, cherchant à faire reconnaître le crime d'écocide par la cour pénale internationale)
  • Gauthier Chapelle (ingénieur agronome, docteur en biologie)
  • Arnaud Dorthe (Consultant en informatique pour la finance durable)
  • Jean-Marc Gancille (Auteur, co-fondateur de Darwin)
  • Paul Jorion (anthropologue, sociologue)
  • Vincent Mignerot (chercheur indépendant, auteur, fondateur du Comité Adrastia)
  • AVT_Dmitry-Orlov_8329.jpgDmitry Orlov (ingénieur et écrivain russo-américain). Il est titulaire d'un Bachelor of Science en informatique et d'un Master en linguistique appliquée. Curieusement, dans son ouvrage Les cinq stades de l'effondrement (2013), Dmitry Orlov nous décrit en grand détail les six effondrements.
  • Laurent Testot (journaliste scientifique, spécialiste d'histoire globale).
  • Jean-Christophe Anna (fondateur de l’Archipel du Vivant, auteur, conférencier)
  • Jem Bendell (fondateur de l'Institut de leadership et de développement durable, fondateur du Deep Adaptation Forum)
  • Philippe Bihouix (ingénieur centralien, promoteur des low-tech)
  • Alexandre Boisson (ancien garde du corps présidentiel, co-fondateur de SOS Maires)
  • Dominique Bourg (philosophe des sciences)
  • Aredius (sous ce pseudo se cache un professeur émérite d'informatique à la retraite) Prosélyte convaincu du VAM (Vélo à Assistance Musculaire). Il pense que le VAE n'est pas la solution pour remplacer les bagnoles à moteur thermique, à piles, ou à hydrogène. Il pense que Le VAM avec une chaine bien graissée est plus économique que le cheval d'Yves Cochet  qui a besoin de son picotin.  

15:15 Publié dans Science, Société | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/03/2021

Effets de l'opulance

Encore une petite touche de Diderot.

Un de mes texte favori du grand Denis.

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Pourquoi ne l’avoir pas gardée ? Elle était faite à moi ; j’étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner ; j’étais pittoresque et beau. L’autre, raide, empesée, me mannequine. Il n’y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât ; car l’indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s’offrait à l’essuyer. L’encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu’elle m’avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l’écrivain, l’homme qui travaille. À présent, j’ai l’air d’un riche fainéant ; on ne sait qui je suis.

Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d’un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l’eau. J’étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre ; je suis devenu l’esclave de la nouvelle.

Le dragon qui surveillait la toison d’or ne fut pas plus inquiet que moi. Le souci m’enveloppe.

Le vieillard passionné qui s’est livré, pieds et poings liés, aux caprices, à la merci d’une jeune folle, dit depuis le matin jusqu’au soir : Où est ma bonne, ma vieille gouvernante ? Quel démon m’obsédait le jour que je la chassai pour celle-ci ! Puis il pleure, il soupire.

Je ne pleure pas, je ne soupire pas ; mais à chaque instant je dis : Maudit soit celui qui inventa l’art de donner du prix à l’étoffe commune en la teignant en écarlate ! Maudit soit le précieux vêtement que je révère ! Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calemande* ?

Mes amis, gardez vos vieux amis. Mes amis, craignez l’atteinte de la richesse. Que mon exemple vous instruise. La pauvreté a ses franchises ; l’opulence a sa gêne. La suite ici.

*Calmande Étoffe de laine lustrée d’un côté. De l'italien calamandra (« étoffe de laine fine ») attesté au quatorzième siècle, apparenté à l'espagnol calamaco (« poncho coloré »). 

______encore un peu : ___________________

Ce n’est pas tout, mon ami. Écoutez les ravages du luxe, les suites d’un luxe conséquent.

Ma vieille robe de chambre était une avec les autres guenilles qui m’environnaient. Une chaise de paille, une table de bois, une tapisserie de Bergame, une planche de sapin qui soutenait quelques livres, quelques estampes enfumées, sans bordure, clouées par les angles sur cette tapisserie ; entre ces estampes trois ou quatre plâtres suspendus formaient avec ma vieille robe de chambre l’indigence la plus harmonieuse.

Tout est désaccordé. Plus d’ensemble, plus d’unité, plus de beauté.

10:10 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |

18/03/2021

Vivre

51HTZV+gUOL.jpgÀ ce propos il me passa par la tête un paradoxe (...) : « Le pis est d’exister et j’existe. — Le pis n’est pas d’exister, mais d’exister pour toujours. — Aussi je me flatte qu’il n’en sera rien. — Peut-être ; dites-moi, avez-vous jamais pensé sérieusement à ce que c’est que vivre ?

(...)

Ce qui vit a toujours vécu, et vivra sans fin. La seule différence que je connaisse entre la mort et la vie, c’est qu’à présent, vous vivez en masse, et que dissous, épars en molécules, dans vingt ans d’ici vous vivrez en détail. — Dans vingt ans c’est bien loin ! »

Et Mme d’Aine : « On ne naît point, on ne meurt point ; quelle diable de folie ! — Non, madame. — Quoiqu’on ne meure point, je veux mourir tout à l’heure, si vous me faites croire à cela. — Attendez : Thisbé vit, n’est-il pas vrai ? — Si ma chienne vit, je vous en réponds, elle pense, elle aime, elle raisonne, elle a de l’esprit et du jugement. — Vous vous souvenez bien du temps où elle n’était pas plus grosse qu’un rat ? — Oui. — Pourriez-vous me dire comment elle est devenue si rondelette ? — Pardi, en se crevant de mangeaille comme vous et moi. — Fort bien, et ce qu’elle mangeait vivait-il ? ou non ? — Quelle question ! pardi non, il ne vivait pas. — Quoi ! une chose qui ne vivait pas, appliquée à une chose qui vivait, est devenue vivante et vous entendez cela ? — Pardi, il faut bien que je l’entende. — J’aimerais tout autant que vous me dissiez que si l’on mettait un homme mort entre vos bras, il ressusciterait. — Ma foi, s’il était bien mort, bien mort… ; mais laissez-moi en repos ; voilà-t-il pas que vous me feriez dire des folies. »

Le reste de la soirée s’est passé à me plaisanter sur mon paradoxe… On m’offrait de belles poires qui vivaient, des raisins qui pensaient, et moi je disais : Ceux qui se sont aimés pendant leur vie et qui se font inhumer l’un à côté de l’autre ne sont peut-être pas si fous qu’on pense. Peut-être leurs cendres se pressent, se mêlent et s’unissent ! que sais-je ? Peut-être n’ont-elles pas perdu tout sentiment, toute mémoire de leur premier état. Peut-être ont-elles un reste de chaleur et de vie dont elles jouissent à leur manière au fond de l’urne froide qui les renferme. Nous jugeons de la vie des éléments par la vie des masses grossières. Peut-être sont-ce des choses bien diverses. On croit qu’il n’y a qu’un polype ! Et pourquoi la nature entière ne serait-elle pas du même ordre ? Lorsque le polype est divisé en cent mille parties, l’animal primitif et générateur n’est plus ; mais tous ses principes sont vivants. Ô ma Sophie ! il me resterait donc un espoir de vous toucher, de vous sentir, de vous aimer, de vous chercher, de m’unir, de me confondre avec vous quand nous ne serons plus, s’il y avait pour nos principes une loi d’affinité, s’il nous était réservé de composer un être commun, si je devais dans la suite des siècles refaire un tout avec vous, si les molécules de votre amant dissous avaient a s’agiter, à s’émouvoir et à rechercher les vôtres éparses dans la nature ! Laissez-moi cette chimère, elle m’est douce, elle m’assurerait l’éternité en vous et avec vous.

10:32 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) |