15/06/2013
Sucre et cafard
Le sucre date de la plus haute antiquité. On sait qu’il ne faut pas donner trop de sucre aux enfants si on ne veut pas qu’ils deviennent obèses, diabétiques avec en plus des dents toutes pourries.
Le cafard est encore plus vieux que le sucre. Son expérience est énorme. Du coup, on enveloppe le poison que l’on donne aux cafards dans du sucre, de même que l’on encapsule de la strychnine dans des boulettes de viande pour de débarrasser d’un chien agressif. Attention aux candidats empoisonneurs, les chiens sont mieux protégés par la loi que les cafards.
Les cafards adorent le sucre, ils se moquent de leur ligne et n’ont pas de dent à carier. Du coup, ils becquettent volonté la boulette sucrée et hop, plus de bestiole. Et comme le monde entier se fout des cafards, personne ne porte plainte. Mais le cafard est sournois. En quelques années, il a développé une aversion au sucre. Les généticiens se sont penché sur la chose et ont constaté que les cafards, pour survivre, ont muté génétiquement plus vite que prévu par Darwin. Merci la science, sans laquelle nous serions envahi de cafards et ne saurions rien de cette affaire qui touche le meilleur ami du prisonnier.
Il y a bien un petit inconvénient pour la santé du cafard survivant : il trouve un goût amer au sucre : du coup, il perd un peu de poids et garde définitivement la ligne. Cette mutation va multiplier les sales bêtes mais elle mérite notre attention. Se pourrait-il qu’il soit transposable à l’homme ? Je pense que oui.
On pourrait imaginer que les téléspectateurs, de chaînes en continu qui diffusent des programmes affligeants enrobés dans des annonces alléchantes, deviennent résistants à la connerie télévisuelle. Rapidement, ils se mettraient à éteindre leur télé, à sortir, à lire ou à aller au cinéma. L’audiovisuel public et privé seraient terrassé. Les chaînes grecques n’auraient pas besoin de recommencer à diffuser. Un autodafé de poste de télé. Un acte de foi dans l’intelligence de l’homme.

Face au bourrage de crâne, on devrait pouvoir faire aussi bien que les cafards. Si en plus on développe une allergie au sucre et au sodas, c’est tout bénéf.
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13/06/2013
1700 ans
Ce n’est pas tous les jours que l’on peut fêter un 1700ième anniversaire.
Figurez-vous que le 13-juin-313, fut promulgué le traité de Milan.
En fait, pour brouiller les pistes, c’était une circulaire attribuée à Constantin et publiée à Nicomédie* par Licinius.
Tout habitant de l’Empire pouvait désormais « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel ». Vu comme ça, on pourrait croire que c’était l’établissement de la laïcité dans l’Empire. Les chrétiens en firent la date qui mit fin aux persécutions, celles de Doclétien en 303-304 avaient été sanglantes, et contre productives car elles avaient amené plus de gens à se convertir. Et du coup, ils vont immédiatement tenter de se faire reconnaître comme religion officielle de l’Empire avec l’aval de Constantin. Celui-ci, au concile de Nicée en 325, va même trancher la polémique sur la vraie nature du Christ. Il agit en pontife, comme les empereurs d’avant présidaient au culte de Jupiter. C’est le Césaropapisme.
Constantin s’était vaguement converti car il attribuait au dieu des chrétiens sa victoire sur son rival Maxence.
Il ne sera baptisé que sur son lit de mort mais entre temps les chrétiens ont noyautés l’Empire, et en 330, le sénat romain est constitué d’une majorité de chrétiens.
Un seul empereur, un seul empire, une seule foi.
En 353, Constance fait fermer les temples païens. En 392, Théodose persécute les païens. IL FAUT CROIRE désormais au VRAI DIEU qui EXISTE. En moins d’un siècle on est passé d’un édit de Milan tolérant à la dictature de la religion. Ensuite, il a fallu pas mal de siècles pour se sortir des imbrications du religieux et du politique. En est on sorti ?
Pas mal de pays musulmans (Iran) ou bouddhistes (Thaïlande) en sont encore là.
Source : Le journal la Croix. Eh oui, je lis la Croix, qui l'eut cru ?

Nicomédie (en grec ancien Νικομήδεια / Nikomếdeia) est une ville d'Asie mineure, capitale du royaume de Bithynie. Elle est appelée Izmit aujourd'hui. Hannibal s'y donna la mort en 183 av. J.-C. et l'historien Arrien y naquit vers 90 ap. J.-C.
05:27 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10/06/2013
Bonheur
« Le bonheur date de la plus haute antiquité, il est quand même assez neuf car il a assez peu servi » écrivait Alexandre Vialatte.
Attention, le bonheur ne se mesure pas avec un double mètre. Le Bouthan, a adopté le BIB, Bonheur Intérieur Brut comme indice de mesure au détriment du PIB, le produit Intérieur brut. La France pourrait faire pareil, sauf que, les français sont moroses, notre BIB (biberon en anglais) est à moitié vide.
Une autre manière de mesurer le bonheur consiste à mesurer l’IDH, indice de développement humain, qui prend en compte l’éducation, l’espérance de vie, la santé, le niveau de vie… Selon ce critère, la France arrive vingtième, pas si loin du peloton de tête scandinave.
On peut aussi sonder le bonheur en demandant aux gens leur perception du bonheur. Pour la France, c’est là que le bas blesse. Notre perception nous met à 7,2 sur une échelle de 10 et encore, on a pas fait la mesure après une mois de mai pourri. N’empêche que si nous voyions notre vie avec la mentalité de belges on serait à 7,6 sans rien changer, et on serait à 8,9 pour un bouthanais de Thimphou.
Quoique, si ce bouthanais se livre à la méditation régulièrement, il augmente ses ondes gamma dans la cortex préfrontal gauche du cerveau et devient de plus en plus heureux. C’est ce qu’a démontré Richard Davidson, éminent neurologue américain. En plaçant 256 électrodes sur la tête de ses patients, il a mesuré les ondes gamma de pas mal de monde, méditants et non méditants, et surprise :
Le record appartient à un français.
Eh oui, vous l'aurez reconnu sous sa mise en plis, c’est notre ami Matthieu Ricard qui l’emporte, ce qui fait de lui l’homme le plus heureux du monde.
Désolé, mais la nouvelle n'est pas fraiche. Elle date de 2005. Ce qui ne fait qu'accroître mon acrimonie. Grrrr ! Alors là, franchement on se demande ce qu’a foutu Sarkozy. Au lieu de prendre comme conseillers des gens aussi déprimants que Patrick Buisson, Alain Minc, Alain Bauer, Guaino, Guéant, Morano... il aurait pris Ricard, on n’en serait pas là, à ce record de déprime printanière.
On perd en foot, en tennis, en rugby, il pleut encore... Et que fait Hollande ? Il consulte des économistes ! Le cerveau d'un économiste génère très peu d'ondes alpha, à la rigueur quelques courbes du CAC40 à la hausse et uniquement si le chômage monte. C'est trop tristre. Alors, je dis STOP. Un Ricard, sinon rien !
Voilà, il faut donner des responsabilités à Matthieu Ricard. Nommons à la place de Montebourg au redressement de la gaitée collective, nommons le premier ministre s'il le faut ! Avec Matthieu, on tient un recordman, il faut en profiter et redonner confiance aux français.
10:47 Publié dans Au fil de la toile, Simplicité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07/06/2013
Hervé
Ce blog ne commente pas l’actualité mais la mort de Pierre Mauroy me rappelle au souvenir de mon ami Hervé, trop tôt disparu.
Hervé était un pilier de la section locale du PS. Il était au parti, simplement, naturellement, par profonde conviction de la nécéssité d'une société plus juste. Il adhérait à ce socialisme populaire avec son ancrage local et ses racines ouvrières.
En 1986, sous l’impulsion de Mitterrand, eurent lieu des élections au système proportionnel départemental. Le PS avait propulsé Dominique Strauss-Kahn en Haute-Savoie, parachutage donc. Sauf que nous les savoyard, on avait notre grand homme, Robert Borel, alors maire d’Annemasse. Du coup, un grand nombre de militants et de sympathisants se retrouvèrent en rupture avec le parti, derrière Robert Borrel.
J’avoue que pour moi, c’était sans état d’âme. Mon âme militante, je l’avais perdu, avant 81, dans une réunion de section où certains parlaient d’entreprises qui devaient cracher au bassinet* lorsque l’on serait au pouvoir.
Campagne 86 donc, on annonce que Pierre Mauroy va venir à Annemasse pour soutenir la liste PS conduite par Strauss-Kahn. Nous, les soutiens de Borrel, décidons d’aller un peu perturber le meeting à Château Rouge.
Nous faisons voiture commune avec Hervé. Durant le trajet, je le sens un peu réticent. Il n’était pas bavard le bougre mais il finit quand même par m’expliquer qu’aller chahuter Mauroy était pour lui quelque chose de bien difficile. En quelques mots, il me fait comprendre ce que Mauroy représente pour lui. Pas seulement le premier premier-ministre du quinquennat mais aussi un homme simple, profondément de gauche, humaniste… bref tout ce que vous pouvez lire aujourd’hui dans la presse.
Nous sommes quand même entrés dans Château Rouge. Moi, iconoclaste et toujours frondeur, quand Mauroy est entré, j’ai vociféré mon désaccord pour ce soutien au parachuté. Hervé est resté plus discret au fond de la salle. Nous avons tous fini à l’auditorium ou Robert nous a parlé de ses intentions. Borrel a été élu, exclu du parti, il a siégé deux ans avec les sans étiquette. Aujourd'hui, à presque 80 ans, il continue d'oeuvrer au service du territoire, il est président de l'ARC, la partie française du Grand Genève.
DSK, élu lui aussi, jurant qu’il serait savoyard à vie, est parti deux ans plus tard pour Sarcelles et de nouvelles aventures.
Hervé, si ton âme bonne et simple erre quelque part, ce que je ne crois guère, je t’envoie mes amitiés socialistes.
* Cracher au bassinet veut dire donner de l’argent à contrecœur.
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19/05/2013
Scalp
L’homme voyageur s’est fait scalper par un grand sorcier. Normalement le sorcier ne scalpe pas. La scalpation est l’affaire des guerriers. La valeur du peau-rouge se mesure au nombre de scalps récoltés.
Le scalp peut être pris sur un ennemi mort ou vivant, peu importe. Ce qui compte c’est le trophée.
Dans le cas de notre voyageur, c’est le sorcier de Dijon qui a marqué un point.
En fait, le découpage du scalp ne remonte pas au amérindiens et encore moins à la chirurgie moderne appliquée à notre ami voyageur. Cette sympathique coutume remonte aux Scythes. C’est du moins ce que nous narre Hérodote qui est quand même le papa de l’histoire et même de la géographie et donc le saint patron du voyageur.
Voici ce qu’il nous rapporte dans son Histoires au livre 4, chapitre 64 : « Quant à la guerre, voici les usages qu'ils observent. Un Scythe boit du sang du premier homme qu'il renverse, coupe la tête à tous ceux qu'il tue dans les combats, et la porte au roi. (…) Pour écorcher une tête, le Scythe fait d'abord une incision à l'entour, vers les oreilles, et, la prenant par le haut, il en arrache la peau en la secouant. Il pétrit ensuite cette peau entre ses mains, après en avoir enlevé toute la chair avec une côte de bœuf ; et, quand il l'a bien amollie, il s'en sert comme d'une serviette. Il la suspend à la bride du cheval qu'il monte, et s'en fait honneur : car plus un Scythe peut avoir de ces sortes de serviettes, plus il est estimé vaillant et courageux. Il s'en trouve beaucoup qui cousent ensemble des peaux humaines, comme des capes de berger, et qui s'en font des vêtements.
Les amers indiens avaient donc tout appris des scythes qui pourtant vivaient au Kirghizstan sur la route de la soie. A noter que l'homme kirghize protège habilement son scalp [photo].
A noter encore que français et anglais du nouveau monde, toujours avides de progrès, offraient, eux aussi, des primes élevées en récompenses des scalps ennemis.
Par contre, ils gardaient la côte de bœuf pour le barbecue.
18:31 Publié dans Au fil de la toile, Géographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

