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23/11/2018

Vialattons un peu

J'ai trouvé le texte ci-dessous chez les amis de Vialatte sur Facebook. Ceci me permet de tirer mon chapeau à René de Obaldia qui fait partie de mon Panthéon littéraire avec Le vent dans les branches de sassafras et surtout Innocentines, madame Croche, le zizi de Zaza, et le petit Gengis Khan inventeur de la mondialisation. Je lui tire mon chapeau, car René vient d'entamer son second siècle frais comme un gardon. Chapeau bas donc !  

(Cliquez, puis cliquez sur le petit triangle, cliquez encore si nécessaire. 

Alexandre le coruscant*

Le crépuscule enveloppe la Beauce. Il fait cependant assez clair pour que, installé dans le jardin de ma maison de campagne, à l’ombre de la cathédrale de Chartres (une trentaine de kilomètres à vol de vanneau), je puisse encore lire. Je lis. Entendez, je ne regarde pas la télévision. Je lis Vialatte.


La Beauce, qui a résisté d’une manière spectaculaire au plissement hercynien, n’est pas un pays de marins, comme la Bretagne, ou de montagnards, comme l’Auvergne, l’Auvergne tant chantée pour notre auteur qu’on eût pu croire qu’il y naquit. C’est en Haute-Vienne qu’il consentit à se joindre à nous, en 1901, à Magnac-Laval exactement, issu d’une mère délicate et d’un père rigide (...)

J’ai eu, en effet, le bonheur de connaître personnellement Vialatte. Pas assez. On ne connaît jamais assez ceux que l’on connaît – ou que trop.

De taille moyenne, fort supérieure, cependant, à celle des Beaucerons, il faisait usage d’un corps « solidement charpenté » comme aurait écrit Paul Bourget. Mais la charpente n’est pas tout, l’os ne fait pas le moine. Ce qui me frappa lors de notre première rencontre, ce fut son visage. Son visage qui démentait...

Qui démentait quoi ? Je ne saurais dire. De là, je crois, l’ambiguïté du personnage : une part d’ombre qu’il préservait jalousement. Visage en partie camouflé par des lunettes et qui évoqua pour moi celui d’un mandarin chinois.


Soudain, ce fut évident : avec simplicité, il ressemblait au grand poète Tou-Chao-Ling, appelé communément Tou-Fou, l’heureux rival de Li-Po. Ce qui, bien sûr, me plongea dans l’étonnement. D’autant que nous ne trouvons trace d’aucun dessin, portrait, encore moins photographie de l’auteur de la chanson du toit de chaume abîmé par le vent d’automne (712-770) (...)

Où eut lieu cette première rencontre ? Je crois que ce fut, il y a bien vingt-cinq ans, au « Buisson Ardent », un bistrot misérable et joyeux rue Vieille-du-Temple, attenant à l’échoppe d’un tailleur juif, dans lequel Jean Paulhan m’avait entraîné. Paulhan, autre mandarin, dernier survivant d’une dynastie guerrière et appliquée.


Un après-midi, alors que je me trouvais dans son bureau de la N.R.F. – il venait de refuser deux manuscrits, l’un parce qu’il le jugeait trop épais, trop joufflu, l’autre parce que trop maigrelet -, l’éminent Tarbais, opérant une curieuse volte-face, me souffla à brûle-pourpoint : -vous devriez connaître Vialatte.


Certes, je connaissais Vialatte par ses traductions de Nietzsche et de Kafka. Mais je venais de découvrir une de ses chroniques de La Montagne dans laquelle il discourait sur ma dernière pièce : Du vent dans les branches de Sassafras (...).

Prenons le temps en si docte et plaisante compagnie. Le temps d’aller et venir entre les lignes, ou de revenir à telle page, le temps de flâner, de rêver, de jubiler, de vialatter.


Prenons même le temps de le perdre (le temps, ce grand maigre) ; il nous sera rendu au centuple(...)

René de Obaldia – Préface à « antiquité du grand chosier »

* Coruscant - Vif, étincelant, brillant

17:45 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (0)

13/11/2018

Fin des temps ?

Le lac d’Annecy a baissé de niveau. On peut penser que cet hiver il reprendra son étiage qui en fait une perle au milieu des montagnes.

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Mais il y a plus grave : Le lac de Tibériade s’assèche encore plus vite.

Le lac de Tibériade est ce lac ou se déroulent un grand nombre d’épisodes de ce célèbre feuilleton scénarisé par Matthieu, Luc, Jean et Marc. On se rappelle de la tempête apaisée* quand le héros marche sur les flots, de la pêche miraculeuse, et surtout dans l’un des derniers épisodes l’apparition aux disciples après ce qu’on pensait être la chute finale, la sortie du tombeau du héros crucifié. Magnifique !

Ce lac est traversé par le Jourdain, la rivière où dans un des premiers épisodes Jean le baptiseur trempe notre héros et où l’Esprit descend sur lui. Un épisode culte que commémorent tous les fans de la série pour attirer l’Esprit sur leurs nouveaux-nés.

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Et bien figurez-vous que ce lac est en voie d’assèchement et bien plus rapidement que le lac d’Annecy.  C’est d’autant plus inquiétant que dans une autre séries célèbre scénarisée cette fois par Mahomet, il est dit (et même hadîth) que l’assèchement de ce lac est un des signes majeurs de la fin des temps puisqu'il signe l'émergence du faux-messie, le dajjal.

Chais pas vous mais moi, j’ai la pétoche

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* Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. Et voici, il s'éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s'étant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! Il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d'étonnement.

08/11/2018

14-18

Les_hommes_contre.jpgCe 11 novembre, j'ai envie de me souvenir de mes deux grands-pères, un que je n'ai pas connu et qui fut gazé à Verdun, gazage dont il mourut quelques années plus tard. L'autre, Laurent/Besso qui s'est battu en 15-18 dans le Tyrol, les Dolomites, l'Isonzo et qui se faisait une joie chaque 11 novembre à Abondance de rejoindre des poilus d'autres fronts, d'une autre nation pour le banquet offert par la mairie. En Italie, l'armistice fut signée le 4 novembre. Mes remarques ci-dessous s'appliquent à l'Italie, une guerre dont la stupidité a été bien illustrée dans le film de Rossi "Les hommes contre". Sur le front français, on a le chef d'oeuvre de Kubrick, "Les sentiers de la gloire". 

Selon l’Universalis : Depuis 1922, le 11 novembre est en France une fête nationale fériée (donc deux fois fête) qui commémore la victoire et la paix.

Le 11 novembre marque la fin de la première guerre mondiale. OK, mais ce ne fut pas vraiment une fête. Le pape Benoit XV, pape de du 3 septembre 1914 au 22 janvier 1922 la définissait comme un massacre. Et on ne fête pas les massacres !

Des millions de gens sont morts inutilement, des innocents sacrifiés sur l’autel du nationalisme xénophobe, de la folie humaine, de l’ambition des apprentis sorciers qui ouvrirent la route à cette grande tuerie du XXième siècle.

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La première guerre mondiale fut un immense drame, une tuerie, un carnage, une boucherie, une hécatombe, un massacre infligé aux citoyens envoyés à l’abattoir pour satisfaire la soif de pouvoir de chefs nationalistes incapables et ineptes. 

En 2016, l’assemblée nationale a refusé la réhabilitation des fusillés de 14-18. Pourtant ces soldats qui ont osés se rebeller devant la barbarie sont les vrais héros de cette guerre.

Ce n’est pas que Pétain qu’il faut mettre au ban de la nation, ce sont aussi tous les maréchaux, le général Nivelle ainsi que les politicards qui se sont montrés incapables d’arrêter cette escalade stupide qui a conduit au massacre.  

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Illustrations de Tardi pour Voyage au bout de la nuit.

Oublions ces généraux pusillanimes et déjà multi-décorés qui ont envoyés tant d’hommes à la mort. Contentons nous de nous souvenir de « ceux de 14 ». Ces civils enrôlés pour être envoyés à la mort dans ces folles batailles, la Marne, la Somme, les Flandres, Verdun, le chemin des dames… Et aussi les déserteurs qui ont eu le courage de résister.

Joffre « Offensive à outrance »: ainsi pourrait être résumée la stratégie déployée par le maréchal Joffre.

Foch Théoricien militaire, il est à l’origine du plan XVII prônant la combativité et l’offensive à tous prix. 

Nivelle Il incarne à lui seul l’aveuglement de l’état-major français face à la réalité du conflit! C’est lui qui est choisi pour remplacer Pétain durant la bataille de Verdun, ce dernier étant jugé pessimiste et peu agressif (voir ci-dessus).

 

 Oh Barbara
Quelle connerie la guerre !

11:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

07/11/2018

Hérédité

heredis-une-cooperative-en-plein-developpement.pngJe viens d’installer Heredis, un logiciel de généalogie. Ma cousine Josiane m’a envoyé tout mon pedigree* côté paternel. Ceci permettra à mes petits enfants de connaître les 16 grands-pères des grands-pères des grands-pères de leur grand-père (moi). Idem pour les grands-mères. Normalement cela devrait faire 32 si j'avais les aïeux de ma mère et 64 si on rentrait leur deuxième famille au même niveau de détail. Les puissances de 2 quoi. Des milliards au temps de Charlemagne.

Le plus vieux de la bande (Pietro-Guiseppe Costa) est né en 1756. A l’époque Louis XV avait 46 ans. Il avait succédé au roi soleil son arrière grand-père le 14ième du nom. Voltaire avait 62 ans et Rousseau 44. Le Piémont était très loin de Versailles et aussi de Ferney. 

Il ne me reste plus qu’à compléter le tableau avec ma descendance et celle des cousins-cousines, et idem en ce qui concerne la partie maternelle, enfin ce qu'en connait mon powerpoint. Non, je ne ferai pas le tour des mairies et des cimetières. Peut-être mettrais-je à contribution quelques cousins-cousines supplémentaires.

crane-bird-3d-model-max.jpg* Le mot pedigree est encore un mot qui nous vient de l’anglais qui eux-mêmes disaient jadis pedegru, emprunté au moyen français « piè de gru », par l’anglo-normand pe de gru. Le pied de grue par analogie aux 3 petits traits utilisés dans les registres officiels anglais pour désigner les ramifications d’un arbre généalogique à 3 branches. Utilisé en français pour les chevaux et les chiens, il est plus tard utilisé pour les hommes en commençant par les repris de justice. (Alain Rey bien sûr!)

GCaronculeeDessin.jpgQuant à faire le pied de grue, qui  se disait au XVIe siècle "faire la grue" et au XVIIe "faire la jambe de grue". Le verbe 'gruer' voulait aussi dire 'attendre'.
Bien entendu, toutes ces formes ont pour origine notre échassier capable de rester longtemps debout à attendre on se sait quoi ou encore à dormir. Une grue était utilisé en argot pour désigner une prostituée qui faisait justement le pied de grue dans la rue en général appuyée contre un mur.

Pour en finir avec le mot grue sans grumeau ni gruau (le petit de la grue). Voici la grue de chantier qui elle aussi n’a qu’une jambe.

kibri-ki13034-liebherr-1400-grue-mobile-miesbauer.jpg

12:37 Publié dans Blog, Mots | Lien permanent | Commentaires (5)

03/11/2018

Fait chaud

ob_2cf0ce_grenouillesurlefeu.jpgOn connaît l’histoire de la grenouille qui saute hors de la casserole si on la plonge dans une eau très chaude et qui resterait dans la casserole sur le gaz quand la température de l’eau se met à monter plus progressivement.

C’est une belle métaphore de l’humanité qui ne fait rien alors que le dérèglement climatique est de plus en plus évident.   

Mais c’est se moquer des grenouilles dont Jean Rostand pensait le plus grand bien. Il a notamment montré que la grenouille a du nerf et de la cuisse.

En fait l’homme est bien plus con que la grenouille et il l’a démontré en 2010 au Championnat du monde de Sauna  à Heinola en Finlande. En finale, deux compétiteurs, de l’eau ajoutée sur les pierres brûlantes toutes les 30 secondes, 110 degrés, une minute, deux, trois, quatre, cinq, six, plus… Finalement on ouvre les portes…

Bilan : Un mort, le Russe Vladimir Ladyjensky, brûlé au 3ième degré. Un brûlé grave,  le Finlandais Timo Kaukonen tenant du titre qui va faire six semaines de coma avant de récupérer très très lentement de ses brûlures internes et externes. « Toutes les règles ont été respectées », assurent les organisateurs. Pourtant le Russe mort s’était bourré d’antalgiques et frictionné d’anesthésiques locaux. On dit que le finlandais était clean, pas de dopants, rien que sa connerie.

L’humanité n’est pas sorti de la mare !

rechauffement_climatique-87714.gifLa grenouille chante au bord de l’étang, 
Qui, sous un rayon de lune tremblote ; 
Dans le crépuscule où du rêve flotte, 
C’est un chant très doux et très attristant. 

C’est un chant très doux et très attristant 
Qui monte, toujours une même note ; 
Sur l’eau qui se moire et qui papillote, 
Le roseau fluet penche en chuchotant.