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26/02/2020

Transgenre

Aredius, mon commentateur favori me demande d’éclaircir une tribune signée par 1000 personnes et publiée par Libération, le journal de la modernité moderne en lutte contre toutes les discriminations. Je m'y colle donc en espérant que mes lecteurs feront preuve si possible de culture non genrée.

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Le titre :

Entre le féminisme universel et un féminisme intersectionnel il n'y a aucun débat. Seule la transphobie persiste,

Facile à comprendre quand on sait que intersectionnel désigne l’ensemble des sections de discrimination (attention au contresens ce n’est pas entre les sections) donc quasiment l’universel à l’exception évidente de la transphobie que l’on ne peut pas caser ni entre ni parmi les sections. Pour en savoir plus sur l'intersectionnalité cliquez

de l'Etat jusqu'à Twitter.

C’est un peu l’équivalent profane de "De la terre jusqu’au ciel" dans un autre ordre.

A toi ma sœur, mon frère, mon adelphe

OK un adelphe est soit un frère soit une sœur, bref quelqu’un de sexe indéterminé (sibling en anglais).  Indispensable pour éviter les impairs avec les Trans.   

Tribune : Nous sommes des femmes, nous existons. Nous, femmes, hommes, adelphes ne sommes pas l’objet d’un débat. Il n’y a pas de débat entre le féminisme universel et un féminisme intersectionnel. Il n’y a pas matière à faire une tribune Il n’y a pas de «pour» et il n’y a pas de «contre». Il n’y a pas de débat dans le féminisme.

Voilà qui est clair. Cette tribune n’est pas une tribune comme le disait Magritte. Pas de débat féministe, tenez-vous le pour dit.

Il y a la transphobie. Vos juges ne nous accordent pas les papiers. Vos patrons ne veulent pas de nous. Vos journaux nous mégenrent quand nous sommes mortes. Ils donnent la place, complices, à votre haine. Vos médecins nous mutilent quand nous sommes intersexes. Ils refusent nos traitements. Votre police nous terrifie. Nous redoutons vos prisons. Vos fétiches quand nous baisons. Nos familles sont brisées. Nos militantes sont harcelées et tabassées. Nos corps sont assassinésBalancés du haut d’un pont. Nos corps doivent être stérilisés et notre descendance ne nous appartient pas. Nos corps n’existent pas dans vos livres. Vous ne comptez pas nos mortes. Vous effacez notre histoire.

Encore un passage facile à comprendre quand on sait que les trans ne veulent pas qu’on les mégenre, surtout après leur mort. Les trans veulent qu’on considère leurs corps morts et pas qu’on les balance par-dessus les moulins. Les trans veulent braver la bienséance en toute liberté.

Bref, inutile que je commente la suite qui me semble des plus limpide quand on sait que l’on vit dans une société non seulement transphobe mais aussi nécrophile, violente et binaire. Surtout binaire si on pense à toutes ces bites qui nous entourent.

Il y a l’organisation systémique de la transphobie par votre société : de l’Etat au Twitter d’une ex-Femen. Il y a la haine des femmes transgenres, des hommes transgenres et des personnes transgenres. Chacun de vos mots est un coup porté dans nos ventres. Il y a la précarité et la solitude qui nous poussent au suicide. Notre solitude est une prison dont le patriarcat a la clé. Et c’est du fond de ta cellule, ma sœur, mon adelphe, que tu nous entends crier ici.

Ils disent que tu en fais trop. Ils disent que tu renforces leurs clichés genrés. Ils disent aussi que tu n’en fais pas assez. Ils disent que tu essaies mal. Ils disent que tu aurais besoin de chirurgie. Ils disent que tu mutiles ton corps. Ils parlent toujours à ta place. Ils exhibent ton corps sur les réseaux. Ils n’utilisent pas ton vrai nom. Ils refusent ton humanité. C’est du sexisme : leurs injonctions contradictoires et leurs standards impossibles. C’est de la violence : on tue celles et ceux qui n’ont pas de nom. Tu es une femme comme une autre. Tu as un nom. Lève les yeux sur ton corps. Prends ce qui t’appartient. Dérobe-toi. Crie : échappe-leur ! Ces femmes refusent ton humanité, ces hommes te condamnent à mourir : hurle maintenant avec nous. Ne débats pas. Dis : je meurs de votre société binaire et violente. Mais je ne me contenterai pas de vous survivre. Je vivrai. Et je ferai de votre société nécrophile un jardin pour mes adelphes.

Merci de votre attention !

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19/02/2020

Hanuman

Le pastafarisme est fondamentalement une religion monothéiste. Nous n’avons qu’un seul dieu MSV, le Monstre en Spaghetti Volant. Ceci dit, on peut être pastafariste et adhérer à une ou plusieurs religions sans problème.

C’est pourquoi, je m’adresse aujourd’hui aux hindouistes qui ont pas mal de dieux et d’avatars de ces dieux : Brama la guerre et Vichnou la paix mais aussi un éléphant Ganesh et un singe Hanuman. Fils de Pavana, le dieu du vent, et de la déesse Anjanâ, Il est décrit comme assez fort pour soulever des montagnes, tuer des démons et rivaliser de vitesse avec Garuda, l'oiseau véhicule de Vishnu. Sans doute aidé par les appendices nouillesques du MSV.   

On a pas mal de statue de Hanuman un peu partout. Les américains en ont une grande installée ce mois ci dans un temple au Delaware (voir plus bas). Mais bien sûr les indiens hindous ne sont pas en reste, il en on fait une de 64 tonnes. Cette effigie du dieu singe a quitté le temple du Rajasthan où elle trônait pour aller, à 900 kilomètres de là, plonger dans le Gange, puis revenir à son point de départ. Une petite balade qui a nécessité la démolition de quelques péages d’autoroute.

Mais attention, le grand singe peut en décider autrement et pourrait choisir “de s’établir n’importe où sur son parcours”. Il y a sans doute un grand prêtre qui aimerait redorer le blason de son patelin avec une grande statue et qui a  prévenu ses coreligionnaires du risque. Ce sera au retour sans doute car pas question de priver le grand singe d’un bon bain dans le fleuve sacré.

Quand Hanuman aura décidé o'u il veut vivre, je suggère que l'on adosse un petit temple au MSV pas top loin. Car si la vérité d'une religion est, comme les prédicats en mathématique, indécidable, la bienveillance du MSV et de ses appendices est indiscutable.   

Largest statue of Lord Hanuman in United States arrives at Hindu temple in Delaware

10/02/2020

Pangolin

290px-Pangolin_borneo.jpgPour les chinois la corne de rhinocéros est aphrodisiaque et la chair de pangolin a des vertus thérapeutiques. En plus avec leurs écailles ils font de médocs qui sont sans doute aussi efficaces que les granules de Boiron.

Mais il semble bien que le pangolin se venge en leur refilant un coronavirus qui leur vient de la chauve-souris.

 

31148236898_aff4b2ab35_b.jpgLe SRAS, autre coronavirus qui a fait 800 morts nous venait aussi de la chauve-souris via la civette palmiste masquée. 

Pourtant les chinois ont trouvé un truc pour trouver les pangolins, chair ou écailles, de contrebande grâce au cricétome des savanes. Ce rat géant est originaire d’Afrique. Mais, ne vous laissez pas abuser le cricétome n’est pas un rat, il ne fait pas partie du genre Rattus et encore moins des Rattus Rattus, mais du genre Cricetomys. Ceci dit, les chinois s’en foutent il l’utilise juste pour sa capacité à détecter les bas morceaux et les écailles de pangolin planqués par les contrebandiers.

290px-CrycetomysGambianus_Apsilia.JPGLe cricétome est comme le pangolin un animal sympathique. Il se domestique facilement. Du coup, on l’exploite. On utilise son odorat très développé pour faire du déminage et même du dépistage de la tuberculose.

Depuis quelques années on assiste à l’essor de la cricétomiculture. Sa chaire est très appréciée et son élevage ressemble un peu à celui des lapins. Il devient une grande source de protéines en Afrique.

Les chinois devraient en faire l’élevage plutôt que de bouffer des animaux sauvages qui leur refilent des méchants virus. Un élevage permet de mieux contrôler l’expansion d’une zoonose. Quant au pangolin, pas d'élevage possible.

16:52 Publié dans Bestiaire | Lien permanent | Commentaires (0)

06/02/2020

Pneumatiques

J’ai inventé le piston,

le clavier,

la soupape,

le monte-charge,

la clepsydre,

l'hydraule,

l'horloge musicale,

le canon à eau et bien d'autres choses qui ont eu un retentissement majeur sur la civilisation occidentale.

 

Je suis…

Je suis…

 

autumn-cornucopia-with-fruits-and-vegetables-vector-vector-id450973675Ah oui j’ai aussi fabriqué une corne d'abondance chantante pour une statue offerte à la femme du pharaon Ptolémée II. C’était donc vers -270 avant JC.

 

 

Mon nom est Ctésibios d'Alexandrie.

Mon père était barbier. Gamin, j’aimais bien la mécanique et les machines à eau. En ce temps là il y avait sept aqueducs à Alexandrie et des centaines de réservoirs et de fontaines. À seize ans, j’ai fabriqué une sorte de monte-charge, pour monter ou descendre des tables, qui fonctionnait grâce à de l'eau sous pression. J’avais aussi bricolé un système permettant d'orienter le miroir de barbier de mon père dans n'importe quelle direction, à l'aide d'un système pneumatique. Le principe est encore utilisé aujourd’hui dans les ressorts de rappel pour la fermeture des portes.

On me connaît un peu par mes « Pneumatiques » et mon traité des clepsydres traduits par les arabes. C’est Philon de Byzance qui a décrit mon orgue hydraulique, dont j’étais assez fier et ma pompe aspirante et foulante.

Mon orgue a beaucoup plu. Les romains l’ont utilisé pour calmer la foule avec un bruit retentissant lors des jeux du cirque, on en a retrouvé un peu partout en Europe, il y a peu à Aventicum, la capitale des helvètes. Ma corne d’abondance qui faisait aussi de la musique plaisait beaucoup.

250px-Hydraulis.jpgOn peut associer l'hydraule à la clepsydre pour un musique plus douce. J’ai aussi associé des automates pour faire des jacquemarts. On m'a raconté que l'empereur Constantin V en offrit un à Pépin le Bref le père de Charlemagne

 

 

 

 

 

J’ai bricolé aussi des canons à eau pour envoyer des projectiles au-delà des remparts de la ville et bien sûr perfectionné le système de distribution d'eau dans Alexandrie en expliquant le principe du siphon, et en l'associant avec des soupapes pour faire une pompe aspirante foulante qui permettait d'élever l'eau à plusieurs mètres.

Je vous passe les détails.

Fcorn

02/02/2020

Hypnique

Je suis content car je viens de lire un article sur un truc qui m’arrive parfois dans mon tout premier sommeil et en plus il y a plein de mots pour décrire la chose.

La chose : Cela semble se passer quelques secondes après que le sommeil arrive. C’est une forte secousse due à la contraction de tous les muscles. Un truc que je qualifierais d’électrique. Cela dure peu mais c’est assez inquiétant.

C’est donc une secousse HYPNIQUE *

ou encore une myoclonie d'endormissement,

ou une myoclonie hypnagogique * et, plus banal, un sursaut du sommeil.

Parait que ce n’est pas vraiment grave et que 60 à 70% de la population mondiale en a fait l’expérience. Pour expliquer la chose je retiendrai une seule hypothèse :

Comme nos cousins les chimpanzés nos lointains ancêtres dormaient dans les arbres, et une chute pendant leur sommeil pourrait avoir des conséquences néfastes. Du coup, au moment de s’abandonner au bras de Morphée, on aurait la vision de la chute arboricole et le réflexe de s’agripper de tous nos muscles à la branche. Eh oui Darwin avait raison, l'homme descend du singe et le singe descend de sa branche.

* hypnique du grec hypnos sommeil 

* hypnagogique du grec hypnos sommeil et du verbe  ἄγω, ago conduire, mener : « qui amène au sommeil ».

* Myoclonie - grec toujours, myo muscle, klonos agitation.

13:42 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (1)