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13/01/2019

Nouvel an2

Le nouvel an chinois change chaque année car basé sur le calendrier lunaire mais les russes ont un deuxième nouvel an le 13 janvier dans le calendrier Julien. Le même vieux calendrier qui place la révolution du 7 novembre 1917 en Octobre. En 1582 Grégoire a ajouter 10 jours pour remettre les saisons en place. Au XXième et XXIième siècle on ajoute 13 jours, ensuite ce sera 14... et Vialatte en a parlé en 1962 dans une chronique. 

Et le 13, ce sera le premier de l’an. Le premier de l’an russe, qui est fixé par le calendrier julien. Cinquante mille Russes fêteront ce jour à Paris en mangeant le bortsch, les zakouski, l’azou, le wzwar et le koulibiak, et en chantant d’une voix caverneuse. Des chants plaintifs. Par pure gaieté. « Je suis gai, disait Raspoutine, chante-moi quelque chose de bien triste. » Tel est le mystère de l’âme slave. Sa grande plaine lui donne le vertige. Le Russe aime le mêler à tout. Et en même temps il mange de petits oignons craquants avec le riz arrosé de citron et la longue brochette de mouton que le garçon brandit comme une épée. Dans un décor, autant que possible, de colonnes bariolées comme un manège forain. Ces choses lui rappellent son pays. J’ai demandé à un vieux chauffeur s’il s’en souvenait ; c’était si loin ; dans l’espace et dans le temps. 
— Ah ! oui, monsieur, me dit-il, c’est vieux, c’était l’époque des tsars. En ce temps-là on avait le droit de grève...

La Montagne, 2 janvier 1962.

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11/01/2019

La vie

Peut-on repousser la mort ?

4219%20DESPROGES.jpgJe vais tenter de répondre à cette question dans les notes suivantes mais en attendant voici un texte de Desproges dans un livre dont l’incipit est :

« "Adieu l'âge vert, je suis dans l'âge mûr. Et l'âge mûr, par définition, c'est celui qui précède l'âge pourri."

Après m'avoir ausculté de fond en comble avec minutie, il a dit:

- Pierre, mon vieux... Mon pauvre vieux.

- Je vous en prie, docteur. Soyez franc. Je veux toute la vérité. J'ai besoin de savoir.

- Eh bien, j'ai une mauvaise nouvelle. De toute évidence vous êtes atteint d'une... D'un... D'une maladie à évolution lente, caractérisée par... par une dégénérescence des cellules et...

- Ecoutez. Soyez clair : j'ai un cancer ?

- C'est-à-dire que non. Je ne dis pas cela.

- Vous dites "irréversible". C'est mortel. C'est donc bien un cancer. Parlez-moi franchement. Il... il me reste combien de temps ?

- Eh bien oui. Vos jours sont comptés. A mon avis, dans le meilleur des cas, vous en avez encore pour trente à quarante ans. Maximum.

- Mais si ce n'est pas un cancer, comment s'appelle cette maladie ?

- C'est la vie.

- La vie ? Vous voulez dire que je suis...

- vivant, oui, hélas.

- Mais où est-ce que j'ai pu attraper une pareille saloperie ?

(…)

"Moralement, de très nombreuses personnes parviennent cependant à supporter assez bien la vie en s'agitant pour oublier. C'est ainsi que certains sont champions de course à pied, président de la République, alcooliques ou choeurs de l'armée Rouge. Autant d'occupations qui ne débouchent évidemment sur rien d'autre que sur la mort, mais qui peuvent apporter chez le malade une euphorie passagère, ou même permanente, chez les imbéciles notamment.

- Et vous n'avez pas d'autre médication à me suggérer ?

- Il y a bien la religion : c'est une défense naturelle qui permet à ceux qui la possèdent de supporter relativement bien la vie en s'autosuggérant qu'elle a un sens et qu'ils sont immortels.

- Soyons sérieux...

- Alors, je ne vois plus qu'un remède pour guérir de la vie. C'est le suicide.

- ça fait mal ?

- Non, mais c'est mortel... Voilà, voilà. C'est deux cents francs.

- Deux cents francs ? C'est cher !

- C'est la vie.

09/01/2019

spoiler

Mon amie Pascale de la Route du Cinéma fait très attention de ne jamais dévoiler la fin d’un film. Démarche que l’on nomme d’un mot anglais spoiler*, elle ne spoile pas. Certains blogs n’ont pas cette précaution. On dit que Pierre Murat, critique à Télérama, est spécialiste de la révélation de la fin des films au Masque.

antarctique-bases.jpg?u=https%3A%2F%2Fwww.populationdata.net%2Fwp-content%2Fuploads%2Fantarctique-bases.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1C’est un jeu dangereux. Pour preuve le premier meurtre jamais commis sur le 6ième continent. 

Il y a là-bas des bases éparses sur des montagnes de glace. Une des bases russes s’appelle Vostok, c’est la plus proche du pôle sud non loin du 80ième parallèle mais l'histoire se passe sur l'île du Roi-George.  On s’ennuie sur ces bases, pas de piscine, pas de WIFi, rien et il est donc conseillé d’emmener quelques livres et d’ailleurs on peut penser que seuls les grands lecteurs acceptent de passer plusieurs mois là-bas.

Le problème de Serge Savitsky, chercheur, c’est d’être arrivé à la base après Oleg Beloguzov, un soudeur de 52 ans qui avait lu tous les livres de la base et qui est animé d’un esprit foncièrement sadique. A chaque fois que Serge était au milieu d’un bouquin, Oleg lui racontait la fin. « Oleg arrête, la ferme, tais-toi ! » Une fois, deux fois… quinze fois, la moutarde commençait à monter au nez de Serge jusqu'à ce qu’un jour où, ce qui devait arriver arriva... Serge s’empare d’un couteau de cuisine et poignarde Oleg.

157948_640_360.jpg?u=http%3A%2F%2Fwww.radioscoop.com%2Fimgs%2F157948_640_360.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1Oleg a été évacué vers le Chili, admis aux soins intensifs, son état de santé serait stable.

Serge, en revanche a été renvoyé de la base alors qu'il n'avait pas lu tous les livre et envoyé à Saint-Petersbourg et emprisonné. On espère que quelqu’un a pu l’approvisionner en bons bouquins.

Personnellement, j’aimerais que quand il sera rétabli Oleg soit jugé et condamné sévèrement comme spoiler quant à Serge il devrait être acquitté pour légitime défense. Mais je ne suis pas sûr que les autorités russes soient de mon avis.  

* spoiler, dévoiler, déflorer, divulguer, gâter, découvrir (la fin)… est un verbe anglais to spoil qui signifie gâcher, gâter. Du latin spoliar ruiner, piller. Donc spoiler est un autre exemple d’emprunt au français spolier qui veut dire dépouiller, déposséder, détrousser.

Un spoiler réduit (détruit) la portance d’une aile.

16:40 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1)

06/01/2019

Epiphanie

6 janvier, épiphanie. A l’origine c’était la première date choisie par les pères et même les grands-pères de l'église pour la naissance du Christ.

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Image : La befana

Allez savoir pourquoi leurs descendants, les fils de l'église donc, ont a mis la chose 12 jours plus tôt, le 25 décembre. On dit que ces 12 jours symbolisent le décalage des 12 mois lunaires de l’année auxquels il faut ajouter 12 jours pour obtenir les 12 mois solaires. Pour repiquer vos salades ce printemps il était donc conseillé de surveiller le temps qu’il fait le 29 décembre, pour tailler les arbres on surveillera le 2 ou 3 janvier.  Attention : « Pluie aux Rois, blé jusqu'au toit, et dans les tonneaux, vin à flot. »

Dans le ciel, on a la Vierge et le Bouvier (berger du boeuf) ensuite le Lion de la tribu de Judas, celle de Joseph père de Jésus. Dans la Cancer on a les Anes qui en grec se dit Phatnè - la crèche. Les mages peuvent venir. Matthieu nous le relate :

1 Quand Iéshoua' naît à Béit Lèhèm en Iehouda, dans les jours du roi Hèrôdès, voici, des mages du levant arrivent à Ieroushalaîm et disent :
2 "Où est-il, le nouveau-né, le roi des Iehoudîm ? Oui, nous avons vu son étoile au levant, et nous venons nous prosterner devant lui".

10 Ils voient l'étoile et se réjouissent. Ils offrent l'or, l'oliban et la myrrhe.

C’est le zoroastrisme qui introduisit l’idée de la résurrection, associée à la venue du Saoshyant, le messie né d’une vierge. Plus tard, le Saoshyant devint l’envoyé d’Ahura Mazda, l’incarnation divine de Mithra dans un homme qui devra ramener l’âge d’Or. L’islam shiite fit du Saoshyant le 13ème imam. Comme quoi la superstition ne date pas d'hier.

Les liturgies syrienne et arménienne qui ont une nette tendance à l’exagération parlent de douze mages. Les théologiens y ont mis le haut-là. Il y avait trois mages un point c’est tout : Melchior, un vieillard à cheveux blancs et longue barbe. Il offre l’or royal. Gaspard, jeune imberbe, teint rougeaud offre l’encens. Balthazar un noir barbu, amène la myrrhe qui annonce la mort et Pâques.

Mais Alexandre Vialatte le grand en parle mieux que moi :

3.jpg?u=http%3A%2F%2Fwww.informatiquegifs.com%2Ffonds%2F1024%2Fchameaux%2F3.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1Il n’y a rien de plus beau que les Rois mages. Surtout de nos jours. Ils sont plus noirs et plus dorés. C’est le nègre que je préfère. C’est Balthazar. Surtout quand il a une robe verte. Et le chameau. Au XVIIIe siècle on n’aimait pas qu’il y ait le chameau. Cet exotisme était proscrit. On protégeait les valeurs nationales. Je ne sais plus quel illustre peintre avait logé un dromadaire dans une Adoration des mages, pour entrer à l’Académie. Le jury lui en ferma les portes. Le chameau, lui dit-on, « distrayait l’attention ». Il est pourtant dans Isaïe : « Lève-toi, Jérusalem, et brille… Les dromadaires te couvriront en foule, les jeunes chameaux viendront de Median et d’Epha. » Ainsi l’Orient saluait-il l’Occident. (La Montagne, 24 décembre 1957)

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Et encore…

La poésie, c’est le début de l’année. C’est les Rois mages avec leurs couronnes d’or, l’encens, la myrrhe, les robes rouges, les robes jaunes, le chameau à l’oeil dédaigneux, avec son profil de vieille dame, et son cou comme un tuyau de pompe. Et le nègre ; surtout le nègre ; à cause de sa robe verte.
Et tout le mois de janvier est comme ça. Comme un Breughel ; les enfants qui patinent, la vapeur qui leur sort du nez, le ciel noir, la terre blanche, les peupliers tout nus ; le schlitteur en bonnet de fourrure ; rien de plus charmant que les images de l’hiver.
Surtout quand on les voit de l’auberge, à travers une petite fenêtre. devant un grog fumant où nage un citron pâle.
Quand on a eu bien froid et qu’on aura bien chaud.
(La Montagne – 9 janvier 1964)

07:03 Publié dans Blog, Religion | Lien permanent | Commentaires (1)

04/01/2019

Anonyme

54423848_p.jpgJe ne sais pas s’il faut y voir un message mais mon ami Dan me raconte l’histoire d’un gars qui a écrit un roman qu’on ne lira jamais. Ses essais précédents s’étant soldés par des refus. Il fait imprimer le suivant à compte d'auteur.

Et il le perd sur les rayons de la bibliothèque de la ville. Un bibliothécaire le trouve, l’enregistre, l’étiquette. C’est ainsi que des lecteurs curieux se mirent à lire son bouquin… Bouquin, qui circula dans les prêts de livre que se font les bibliothèques entre elle. Comment est-il sorti de l’anonymat ?

Anonyme-Couleurs-Primaires-Livre-741157730_L.jpg?u=https%3A%2F%2Fpmcdn.priceminister.com%2Fphoto%2FAnonyme-Couleurs-Primaires-Livre-741157730_L.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1

Soudain les gens se l’arrachent… des impatients veulent des exemplaires supplémentaires… mais… on ne retrouve pas l’auteur. Un mécène offre un tirage de milliers d’exemplaires… Mais où est l’auteur ? Le livre se balade ainsi 35 années. Ah oui, j’oubliais… son titre :

‘Biographie d’un inexistant’.

Dan ajoute : On comprend pourquoi cela était si difficile de trouver cette personne !!!

Anonyme%2Best%2Bla%2Bmort%2B-%2BTome%2B1.jpg?u=http%3A%2F%2F2.bp.blogspot.com%2F-pCTU6p8H-3E%2FVerZT3fIdoI%2FAAAAAAAAHJo%2FyFqdQGZepig%2Fs1600%2FAnonyme%252Best%252Bla%252Bmort%252B-%252BTome%252B1.jpg&q=0&b=1&p=0&a=1Finalement quelqu'un trouve l’auteur, son grand père décédé depuis longtemps. En triant des affaires de famille il a mis la main sur un carnet de route que le grand père tenait. Sur ce carnet sont notés les dates et noms des personnes qui ont emprunté le bouquin ainsi que ses voyages d’une bibliothèque à une autre.

Cette histoire me ramène à la mienne. Je n'ai jamais eu de prix littéraire, jamais écrit de best-seller, de moyen-seller ni de petit-seller, je n'ai tué personne, je ne suis pas marié à une star du cinéma, je n’ai jamais congelé de bébé, je ne cause pas sur Europe1 ni me pavane sur BFMtv. Je ne suis pas ministre de l’économie, ni pute ni soumis et même pas insoumis... en conséquence, mon livre ne se vendra pas. Il n'existera même pas, alors à quoi bon écrire ? Voilà le dilemme et il y a deux m à dilemme comme à femme ou à homme… Mais je m’égare.

Oui, je sais, la vraie question est : Est-ce que j’ai le talent pour écrire un bon livre ? Peut-être pas. Pourtant mon niveau de sérotonine dans le cerveau est assez bon mais est-ce suffisant ?

Je terminerai par une autre remarque de Dan: "Comment créer une histoire originale avec le monde des médias qui nous arrose 24 sur 24 de nouvelles stupéfiantes ? Et Trump qui nous sort une nouvelle déjantée cinq fois par jour ? La littérature adore la nouvelle stupéfiante, déjantée, rare, baroque, foutraque, farfelue, bizarre, cocasse, fantaisiste, extravagante, singulière, grotesque, saugrenue, curieuse, extravagante, fantaisiste ou même abracadabrantesque…

Avec Donald on est servi et c'est en direct sur twitter. Stay tuned !

12:24 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (3)