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07/07/2017

Bullshit

photo.jpgEn écoutant Michel Rocard, je découvre un exposé de Neil Postman intitulé : “Bullshit and the Art of Crap -Detection” qu’on pourrait traduire par "Balivernes : l’art de détecter les conneries." Un exposé donné à une convention nationale des profs d’anglais le 18 novembre 1969 à Washington, D.C. Si vous lisez l’anglais suivez le lien. Sinon je vous en donne un tout petit aperçu.

Par facilité, je vais utiliser le mot anglais bullshit, littéralement "merde de taureau", qui veut dire conneries, âneries, bêtises, stupidités, balivernes, sornettes, fariboles, billevesées, bêtises, niaiseries, amphigouri, imbécillités, calembredaines, fadaises, absurdités, galimatias, coquecigrues (Rabelais), langue de bois, discours vides etc…

« Tous les gens sérieux comprennent que 90% de ce qu’on enseigne à l’école est inutilisable dans la pratique (…) Je dirais donc que l’art de détecter le Bullshit devrait prendre la première place. Je ne l’expliquerais pas plus mais j’aimerais que l’on soit d’accord sur le fait que les gens sont exposés à bien plus de « bullshit » qu’il n’est sain pour eux d’endurer et que si on pouvait les aider à reconnaître la chose ils pourraient l’éviter et revenir à une langue qui serait meilleure pour eux.

Normalement je n’aurais pas à introduire un tel sujet devant vous. Je vais pourtant expliquer la taxonomie* du « bullshit ». Il y en a énormément de variétés, je n’en mentionnerai que quelque unes et en expliquerai encore moins, je vais me concentrer sur celles qui ont une signification transcendante. Cette phrase est un bel exemple de Bullshit. Je ne sais pas ce que veut dire « signification transcendante » et encore moins ce qu’il signifie pour vous. J’avais juste besoin de termine ma phrase. Ceci est donc un exemple de style pompeux (pomposity) Le sous titre de cette conférence « Rêves et réalités » est une autre exemple de pompe. Je ne peux pas croire qu’un groupe de profs d’anglais puisse être familier avec ce qu’on appelle « réalité ». Très peu de gens sur la planète peuvent appeler « réalité » les sujets de discussion des profs d’anglais."

Après le style pompeux, Neil parle de Fanatisme, de Non-Sens (inanité) de Superstition… dans un style toujours amusant. Il énonce que la première source de Bullshit que nous devons surveiller c'est nous-même.

* La taxonomie est une branche de la biologie, qui a pour objet de décrire les organismes vivants et de les regrouper en entités appelées taxons afin de les identifier puis les nommer et enfin les classer.

Neil Postman (1931 - 2003) est un critique culturel et théoricien des médias américain connu du grand public pour son livre de 1985 au sujet de la télévision intitulé Amusing Ourselves to Death (« Se distraire à en mourir »). Il a enseigné pendant plus de quarante ans à l'université d'État de New YorkHumaniste, il pensait qu'aucune nouvelle technologie ne pouvait se substituer aux valeurs humaines.

30/06/2017

Bourgogne

Cinq jours de vélo en résidence au château de Sainte Colombe non loin du canal de Bourgogne. Visite de l’abbaye de Fontenay, du château Bussy-Rabutin et de Flavigny, le village des bonbons, balade à Avalon et à Vezelay le jeudi de pluie. Certains en vélo électrique, d’autres en vélo normal ou en voiture certains jours. Chacun comme il veut. Bonne ambiance et rigolades.

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04/06/2017

Cercueils

280px-Catrinas_2.jpgVous connaissez peut-être le Famadihana, le retournement des morts à Madagascar, une manière de leur procurer un second enterrement. Selon la philosophie malgache, les mânes des défunts ne rejoignent définitivement le monde des ancêtres qu'après la corruption complète du corps. Le rituel consiste à déterrer les os des ancêtres, à les envelopper cérémonieusement dans des tissus frais et à les promener en dansant autour de la tombe avant de les enterrer à nouveau. 

Vous avez entendu parler de l’importance du jour des morts au Méxique (photo)

Mais connaissez-vous la coutume des cercueils chez les Ga une peuplade du Ghana.

Les Ga fabriquent des cercueils personnalisés construits d’après le désir du mort. Ceci donne lieu à des œuvres souvent d’une grande richesse artistique. En 2010, une exposition a eu lieu au centre Pompidou. Ces cercueils sont souvent qualifiés de palanquins. Un palanquin est une couchette utilisée pour transporter quelqu’un souvent une personnalité. Très inconfortable à dos de chameau ou d'éléphant. Pas facile non plus sur un bouclier arverne.

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Quelques exemples de ces cercueils :

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Regula Tschumi (pour François Fillon ?):

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Avion, poulet, crabe

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Mon préféré par Kudjoe Affutu, le centre pompidou :

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Pour un grand pêcheur (un saumon pour Nanard SVP)

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Celui là, je le verrais bien pour… disons Laurent Wauquiez

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Perso, j’hésite, j’aime bien l’idée d’un travail d’artiste autour de la mort. Je n’ai pas vraiment de goût pour les palanquins, encore moins pour les mausolées… Un livre peut-être mais ça ressemble un peu à un cercueil ordinaire. Et puis, pour finir dans les flammes, à quoi bon se mettre en frais et pas question de finir embaumé comme lui :

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ou lui

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15:57 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (2)

02/06/2017

Le Lavoir

Pour son atelier théâtre de Ferney-Voltaire, Marie-Laure nous a habitué à un choix de pièces plutôt sombres posant des questions existentielles. On se souvient de « Lettres croisées » en 2008, des « Tortues viennent toutes seules », du NON d’Anna », de « Au Bois Lacté » d’après Dylan Thomas et encore de « Où vas-tu Pedro » l’année dernière et "La résistante" dans une autre cadre. Cette fois, avec "Le lavoir", le ton est plus enjoué même si derrière le rire pointe la souffrance.

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Comme son titre l’indique, la pièce se passe dans un lavoir le 2 août 1914 soit deux jours après l’assassinat de Jaurès, le jour de la mobilisation et un jour avant la déclaration de guerre. Au milieu de la scène trône un lavoir à deux grands bassins que l’on doit à Benoit Fontaine, décorateur attitré et émérite. Sont là une vieille dame en fauteuil et sa fille qui gèrent le lavoir et s’occupent des accessoires, battoirs, savons…

Puis, les lavandières arrivent à tour de rôle. En premier Gervaise puis deux jeunes sœurs, elles seront 11 à la fin en comptant la mère et la fille. « Il y a les plus jeunes, les plus âgées, les naïves, les revenues de tout, les légères, les syndiquées, les moralistes, les écorchées. Unies par leurs difficiles conditions de vie, elles parlent franc et quand elles rient, c’est pour parer au malheur. » L'arrivée des lavandières se fait dans l’allégresse et la vivacité, les dialogues fusent à un rythme soutenu lors des entrées successives. Nous voilà plongé dans un monde ouvrier et féminin plutôt dur où les femmes n’ont pas le beau rôle mais où la joie n'est pas absente.

On repère de suite la syndicaliste dont les propos ne sont pas accueillis avec sympathie par les autres. On sent peser le poids de la société et de la religion en ce début de siècle. La mère rappelle à l’ordre « Ici pas de politique et pas de religion. » Difficile pourtant de ne pas revenir sur le sujet.

Le spectacle enchaîne des tableaux vivants. On passe de la joie à la peine, du rire aux larmes, du battage aux pas de danse, des querelles aux embrassades. Le spectateur ne sait où donner de la tête et assiste à de purs moments d’émotion. Parmi les femmes on repère la belle qui bien sûr fait la belle, parle de ses succès avec les hommes et suscite jalousies et crêpages de chignons. Mais elle chante bien, alors on reprend le refrain en chœur. Il y a la jeune qui est enceinte, son tombeur tiendra-t-il promesse de l’épouser ? Gervaise rappelle comment sont les hommes, vraiment pas fiables. L’une raconte son travail chez les bourgeois comme nourrice et bonne à tout faire, maltraitée, violée. Une autre parle de son mari décédé très jeune. Elle parle aussi de son enfance au ghetto de Varsovie, de l'espoir déçu qu'avait suscité la France pour son père. L’antisémitisme pointe vite rabroué par la majorité et on en profite pour chanter ce très beau chant de paix en hébreu.

Bref, de tableaux en tableaux on assiste à ce qu’on aime au théâtre, être pris dans l’action, être ému, attentif, émoustillé et oublier la chaleur ou la clim’ qui ne marche pas trop bien. Je vais encore me répéter et dire que Marie-Laure Berchtold est une magicienne en nous offrant à une telle qualité de spectacle avec des comédiens débutants, enfin pas tous car certains ont redoublé, triplé voire plus pour leur plaisir et pour le notre.

11:15 Publié dans Théatre | Lien permanent | Commentaires (3)

22/04/2017

Militant

militant256.png?itok=DQfbLrSVJe me souviens d’une conversation avec Irene Spillane. Irene est une femme intelligente mais néanmoins anglaise et qui ne parle pas notre belle langue. Du coup, je voulais lui expliquer que je n’étais pas militant, ou bien plus probablement, à l’époque, que j’étais militant. Militant contre le nucléaire, de gauche, de toute sortes de causes justes.

Ne connaissant pas le mot adéquat in english, j’ai dit « militant » ce qui a bien fait rire Irene. Bon OK, il fallait dire « activist ». Ce qui l’a fait rire c’était que pour elle le mot sonnait comme « militaire ».

images?q=tbn:ANd9GcSBElBUO-dX1OrGuSVXNRLjPpExXU1OgrjU11zXGPSGqLsQ4ei7Bien sûr, le verbe militer est bien lié à militaire.

En latin militare c’est « être soldat » de miles, militis, soldat. Le militant est donc un petit soldat. Le propre du soldat c’est de suivre les ordres, de respecter les consignes. C’est aussi se battre avec toutes les armes mises à disposition, y compris celle dont que l’on ne comprend pas, que l'on ne sait pas vraiment manipuler.

En plus le terme a été récupéré par les religieux qui parlent « d’église militante », l’église qui se bat. L’alliance du glaive et du goupillon donc. Dans les syndicats, on parle de militants de base. Les chefs aiment bien les militants de base c’est nécessaire pour asseoir une bonne chefferie.

Certes, il faut des gens qui se battent pour des causes « justes » mais pas n'importe comment. Regardons de près les arguments qu’on vous balance et si on  ne les comprend pas vraiment ou on si on n’est pas sûr de leur valeur, n’en parlons pas.

Aujourd’hui, on marche pour la science. La bonne dé-marche, c’est d’essayer de réfléchir par nous même avant de devenir des militants.