08.09.2005
Internet Romance -33e-
Louise était drôlement bien installée. Une petite villa sur les contreforts de la chaîne de Belledonne, pas trop loin de Grenoble, en pleine campagne. Elle vit là, seule avec quelques animaux familiers, depuis que son mari l’a quitté l’année dernière, victime de longue maladie. Elle avait invité Gérard et sa femme. Je ne les avais jamais rencontré même si nous avions pas mal d’amis communs. Gérard avait bien connu Nicolas et beaucoup entendu de Mary-Ann. Il en connaissait sans doute la fin, une fin qui depuis dimanche occupait tout mon esprit. Je n’arrivais pas à croire à la fin heureuse que Louise m’avait laissé entendre.
Le dîner se déroula dans une atmosphère très agréable. Par un accord tacite pour ne pas trop ennuyer nos conjoints on n’aborda pas le sujet avant le dessert. Donc de l’apéro au fromage, la conversation roula sur Grenoble, sa vie culturelle, les montagnes, le ski, la situation économique, TKN chez qui la femme de Gérard avait travaillé…
Après le fromage Gérard a lancé en s’adressant à moi : « Alors apparemment tu ne connaissais pas la fin de notre histoire ? » Lui aussi, comme beaucoup s’était approprié cette idylle et il allait se faire un devoir d’éclairer ma lanterne.
- Non. Je n’étais pas au courant, Louise m’a appris dimanche dernier que Nicolas avait rejoint sa belle à Sydney. J’étais sur le cul.
- Cela n’a pas été aussi simple que ça.
- Raconte ! S’il te plait !
Avec un enthousiasme partagé, Gérard et Louise m’ont expliqué ce qui s’était passé. Ils avaient parfois des souvenirs différents sur des détails mais en gros leurs récits croisés concordaient.
A son retour d’Australie, Nico était totalement abattu. Malgré tout, il ne disait jamais de mal de Mary. Petit à petit, il a repris confiance en lui et… il a aussi repris contact avec Mary. Dans l’année qui a suivi, il s’est rendu une fois à Singapour pour la voir et une autre à Sydney. L’amour n’était pas mort, au contraire, mais apparemment Mary n’arrivait toujours pas à se décider.
L’année suivante, pour son quatrième voyage en Australie, Nico avait décidé de ne pas avertir Mary de son arrivée. Il était décidé à prendre le taureau par les cornes, il voulait rencontrer Tom et parler de cette situation qu’il n’arrivait plus à supporter. Entre les deux compères que tout opposait, le courant avait passé à merveille. Un soir, Mary-Ann avait trouvé les deux hommes de sa vie attablés dasn la véranda devant un nombre très impressionnant de bouteilles de bière, riant comme des perdus en se racontant des histoires. Elle l’avait écrit à Louise qui me montrait la lettre « ...J’étais totalement horrorisée de les voir dans cet état ! Jamais Tom ne buvait à la maison et Nico, naïve, je croyais bien avait quitter l’alcool... »
Tom avait invité Nico à abandonner son hôtel pour s'installer dans la chambre d'amis pour le reste des son séjour. Huit ans plus tard, il y était encore. Mary-Ann avait eu deux enfants qu’aucun des deux hommes n’avaient reconnus. Des lettres de Mary à Louise et des quelques courriels échangés entre Nicolas et Gérard, il ressortait que le ménage à trois vivait en parfaite harmonie même si Mary se plaignait auprès de Louise de la vie païenne et de la trop grande complicité de ses deux hommes.
- FIN -
19:15 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.09.2005
Internet Romance -32e-
Epilogue.
Il n'y avait pas d'avion avant le vingt-six décembre. Nicolas a dû passer Noël à Sydney avec Mary-Ann. Malheureux comme une pierre, il n'arrivait pas à en lui en vouloir, il l’avait même écrit dans French. Les french-noteurs, ceux qui n’étaient pas partis au ski, n’étaient pas tendrmes avec sa belle. Daniel, de Paris, avait écrit : « Pour moi, je n’ai qu’un mot : C’est une S… - en six lettres – un mot et beaucoup de mépris » Nicolas avait répondu en essayant de calmer le jeu. Il expliquait qu'elle avait quitté son travail, qu'elle devait déménager chez ses parents, qu'ils n'avaient pas de place pour son piano, il nous demandait même d’écrire dans le forum des témoignages de sympathie pour Mary-An qui n’avait plus accès à French. Il transmettrait.
Quatre mois plus tard, Nicolas a démissionné de TKN. Il a trouvé un travail à Nantes. C’est du moins ce qu’il avait fait savoir à la cantonade. Il n’a même pas organisé de pot de départ. Pendant ses deux mois de préavis, il me battait froid. Je lui ai envoyé quantité de courriels dans sa boite privée chez Yahoo, tous mes messages sont restés sans réponse.
(…)
Pendant dix ans je n’ai pas revu Nicolas et plus jamais entendu parler de cette histoire dont les vestiges reposaient chez moi dans les catacombes de mon ordinateur attendant l’arrivée d’un hypothétique archéologue. C’est tout à fait par hasard que j’ai croisé Louise en montant à la Citadelle, un dimanche après-midi, lors d’une promenade familiale et digestive. Fatalement nous avons reparlé de notre idylle favorite. Louise m’a appris qu’elle était restée en contact avec Mary-Ann, Qu’elles s’écrivaient régulièrement, même si cette régularité tendait à s’espacer avec les années.
Louise m’a longuement parlé de Mary-Ann. Elle avait maintenant trois enfants. Récemment, lassée de son rôle de femme au foyer, elle avait repris un travail de secrétaire chez TKN. J’étais avide de ces nouvelles mais ma femme et ma fille m’attendaient à distance, la discussion s’éternisait. J’allais prendre congé quand tout à coup, Louise a lâché la petite phrase : « Finalement, je crois que Mary est très contente avec Nicolas »
- Avec Nicolas, tu es sûre ?
- Comment, tu n’es pas au courant ?
- Non. Je n’ai jamais eu de nouvelles de Nico. Malgré mes efforts nous nous sommes quittés en froid. Il ne me supportait plus...
- ...
- Allez, raconte.
- C’est assez long et je crois que ta femme s’impatiente. Ecoute, venez donc manger à la maison un de ces soirs.
- D’accord, dans la semaine c’est possible ?
- Oui, pas de problème. On dit mercredi ?
- Va pour mercredi.
19:25 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.09.2005
Internet Romance -32d-
Sur une idée de Thierry:
Epilogue
Il n'y avait pas d'avion avant le vingt-six décembre. Nicolas a dû passer Noël à Sydney avec Mary-Ann. Malheureux comme une pierre, il n'arrivait pas à en lui en vouloir, il l’avait même écrit dans French. Les french-noteurs, ceux qui n’étaient pas partis au ski, n’étaient pas tendres avec sa belle. Daniel, de Paris, avait écrit : « Pour moi, je n’ai qu’un mot : C’est une S… - en six lettres – un mot et beaucoup de mépris » Nicolas avait répondu en essayant de calmer le jeu. Il expliquait qu'elle avait quitté son travail, qu'elle devait déménager chez ses parents, qu'ils n'avaient pas de place pour son piano, il nous demandait même d’écrire dans le forum des témoignages de sympathie pour Mary-An qui n’avait plus accès à French. Il transmettrait.Quatre mois plus tard, Nicolas a démissionné de TKN. Il a trouvé un travail à Nantes. C’est du mois ce qu’il avait fait savoir à la cantonade. Il n’a même pas organisé de pot de départ. Pendant ses deux mois de préavis, il me battait froid. Je lui ai envoyé quantité de courriels dans sa boite privée chez Yahoo, tous mes messages sont restés sans réponse.
(…)
Cela fait plus de dix ans que je n’ai pas revu Nicolas et plus entendu parler de cette idylle. Je travaille toujours chez TKN. Je ne m’occupe plus de mon groupe de divas. J’ai pris des responsabilités dans le département financier et je me rends chaque année deux ou trois fois au moins dans notre maison mère à Boston pour ce que Nicolas appelait des grand-messes, de larges réunion de managers. Je revois parfois mes deux ex-collègues australiens qui me demandent des nouvelles de Mary-Ann. Par Louise, je sais qu’elle a deux enfants de Tom, un garçon et une fille.
Le mois dernier, j’ai passé une semaine à Boston. Un jour où j’avais du temps libre entre deux grand-messes, je me suis rendu sur la côte vers Newport. J’étais assis avec un collègue parisien à la terrasse d’un hôtel quand j’ai vu passé une silhouette familière, le dos un peu voûté, la barbiche au vent, trop chaudement vêtu pour une si belle journée d’automne, mon ami Nicolas poussait un landau. Je le hélais, il regardait dans toutes les directions et ne me vit qu’au dernier moment quand j’étais déjà près de lui. Dans la poussette, il y avait une paire de jumeaux dont il m’appris aussitôt que c’étaient des jumelles et qu’il était le père de quatre enfants, l’aîné de ses garçons avait déjà sept ans. Il avait l’air content de me voir. Je l’invitais à s’asseoir à notre terrasse et fit de rapides présentations.
- Il me semble que tu as encore un peu maigri, Nicolas ? Et comme ça tu es marié ?
- Est-ce tu te souviens de Julia, l’américaine qui écrivait dans French et qui signait l’Amer-loque ?
- La Mélodie du bonheur ?
- Exact. Bonne mémoire chef !
- Je me souviens de tous les détails.
- Normal, tu m’espionnais. C’est dommage que tu ais refusé de venir ici avec moi pour assister au spectacle, tu aurais vu une bonne interprétation et surtout tu aurais fait la connaissance de ma future femme.
- Cela fait longtemps que tu habites ici ?
- J’ai quitté TKN pour rejoindre Julia.
Nicolas m’a invité le soir à passer chez lui. J’ai ramené mon collègue parisien à son hôtel et me suis pointé à la porte de Julia avec un gros bouquet. L’atmosphère familiale était bruyante et joyeuse. Julia avait trois filles de son premier mariage ce qui mettait notre ami Nicolas à la tête d’une belle tribu de sept enfants qui allaient de quinze ans à six mois. Sa chère et tendre avait un tour de taille respectable et sans doute un bon quintal qui semblait lui assurait un bel ascendant sur un Nico toujours aussi frêle mais qui respirait le bonheur. Il avait ouvert une excellente bouiteille de vin californien auquel il fit honneur. Il avait un bon boulot mais venait de postuler chez TKN. Je l’assurais de donner un coup de pouce à sa candidature. Il n’avait pas de nouvelles de Mary-Ann, c’est du moins ce qu’il me dit devant Julia.
En m’accompagnant à la voiture il m’avoua qu’il écrivait toujours à la belle australienne, qu’elle avait laissé tomber Tom, qu'elle priait Dieu, qu’elle n’était pas mariée et n'avait pas d'enfant, que c'était son grand désespoir.
- FIN -
Demain une version 32e
______________________________________
Lisez aussi chaque jour les aventures de Ken Cantal - Episode 16 is now playing- Soyez en le héros...
Lire la fin 31b chez Dilettante
La 31c chez Fred
_______________________________________
20:35 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02.09.2005
Internet Romance
Retournement de situation sur l'autre suite...
08:10 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
31.08.2005
Internet Romance -33-
Si je n’ai pas de nouvelles de Nicolas, je n’en ai pas non plus de sa belle... Louise est partie à la retraite. Je la soupçonne d’avoir continué ses échanges avec Mary-Ann via Internet mais quand je l’interroge, elle ne me dit rien. Mes soupçons sont fondés sur un mot qu’elle m’a lâché à propos de Tom, quand nous avons bu un café il y a trois ou quatre ans. Rien de précis mais suffisamment pour me mettre le doute.
Je suis triste de ne pas avoir de nouvelles de Nicolas même si je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Après la déception de Sydney, lors de son retour à Grenoble, Louise et moi, passions le voir chaque jour. Je l’encourageais à reprendre le travail pour oublier ses idées noires. Il ressassait sans cesse que Mary n’était pas responsable, que tout était de sa faute, qu’il s’était trop précipité. Quand on lui disait que c’eut été bien pire, plus tard, avec un enfant, il disait que non, que dans ce cas, elle ne l’aurait jamais quitté. Il gardait espoir, même s’il admettait qu’il lui fallait faire son deuil, même si, quand on lui disait qu’il devait l’oublier, que la vie continuait, il acquiesçait. Ses parents étaient venus lui soutenir le moral. Son espoir, il l’avait laissé transparaître dans son drôle de journal :
« Papa a mis à la poubelle le tas de compost que Mary avait fait au fond du jardin. Il pensait que c'était des déchets. Je ne veux pas faire pareil avec notre histoire.
(…) Quand j’appelle Mary, tard dans ma nuit, elle est toujours gentille avec moi. Je sais qu’elle n’est pas satisfaite avec Tom. Je sais qu’un jour, elle me reviendra. »
FIN
Le chapitre 33b de Dilettante puis 34b... Là-bas ce n'est pas fini...
Bientôt la version de Fred de Mai
21:20 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.08.2005
Internet Romance -32-
Epilogue
Il n'y avait pas d'avion avant le vingt-six décembre, Nicolas a dû passé Noël à Sydney avec Mary-Ann. Malheureux comme une pierre, il n'arrivait pas à en lui en vouloir, il l’avait même écrit dans French. Les french-noteurs, ceux qui n’étaient pas partis au ski, n’étaient pas tendres avec sa belle. Daniel, de Paris, avait écrit : « Pour moi, je n’ai qu’un mot : C’est une S… - en six lettres – un mot et beaucoup de mépris » Nicolas avait répondu en essayant de calmer le jeu. Il expliquait qu'elle avait quitté son travail, qu'elle devait déménager chez ses parents, qu'ils n'avaient pas de place pour son piano, il nous demandait même d’écrire dans le forum des témoignages de sympathie pour Mary-An qui n’avait plus accès à French. Il transmettrait.
Quatre mois plus tard, Nicolas a démissionné de TKN. Il a trouvé un travail à Nantes. Il n’a même pas organisé de pot de départ. Pendant ses deux mois de préavis, il me battait froid. Je lui ai envoyé quantité de courriels dans sa boite privée chez Yahoo, tous mes messages sont restés sans réponse.
A dire vrai, je sais bien pourquoi il m’en veut : On a joué au chat et à la souris tous les deux. Chacun son tour d’être le chat puis la souris, chasseur, chassé. Tapis dans nos cubes, embusqués derrière nos écrans, on s’est cru le plus malin. J’usais de mes privilèges pour lire les messages qu’il s’échangeait avec Mary-Ann, je me faisais une copie de ses notes de voyages, je prenais mes propres notes, collectait tous les écrits de French.
J’ai découvert que beaucoup de gens avaient des accès injustifiés aux machines. P., mon adjoint, m’a confirmé que Nicolas avait toujours eu, officieusement, la totalité des privilèges sur nos systèmes, sur tous nos systèmes. Cela datait de l’installation du nouveau réseau.
C’est sur mon PC à la maison que j’ai concocté le premier récit de cette saga amoureuse : plus de deux cents cinquante pages, J’avais amassé tous les détails, les principaux messages de French, les courriels, les notes, les textes retravaillés, tout, un travail d’archiviste. J’ai dû faire plus d’une fois l’aller-retour avec ma liste de fichiers sur une disquette, copié sur mon PC, disque D, répertoire Perso, sous-répertoire Romance. Pour Nico, c’était facile à trouver. Bien sûr, il savait que je l’espionnais.
19:15 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.08.2005
Internet Romance -31-
20-Décembre 92
Au réveil, même scénario qu'hier. Café, croissants… Cette fois, pas question de succomber aux délices de Capoue. J'attaque tout de suite. Elle ne fuit pas la conversation. Elle a beaucoup réfléchi. Il lui faut du temps. Beaucoup de temps. Des mois sans doute. Elle ne peut pas se décider maintenant. Non. Ce n'est pas à cause Tom. C'est entièrement de sa faute. Elle s'est emballée trop vite. Ces dernières semaines, elle s'est enivrée avec les préparatifs pour fuir le problème. C'est un comportement stupide. Elle est idiote. Le mariage c'est très sérieux, surtout quand on veut des enfants. Il faut être sûre de soi. Elle s'excuse, c'est sa faute, complètement de sa faute. « Oui, ma faute. C’est vrai. J'ai un cerveau tout petit, comme une oie, il me faut pardonner. Je suis trop bête. » Je n'arrive pas à en placer une. Sa défense si bien argumentée au départ, se noie, maintenant, dans les redites. La confusion est totale. Elle aligne trois mots en anglais, trois mots en français. Elle s'explique, s'accuse, regrette, pleure, parle d’enfants, se défend, s'accuse à nouveau, s'excuse encore. Hésite… « Le mariage, les enfants, c'est trop sérieux. Non, Tom n'a rien à voir. C’est ma faute… Sorry. This disaster is completely my own fault… I’m so sorry... » Elle veut que je lui pardonne. Elle espère que je vais lui pardonner. Elle me fait promettre de ne pas la laisser tomber. Je reste muet. J'attends la conclusion de sa plaidoirie, mais son discours s'arrête net. Mary-Ann est tendue. Le son se fait trop aigu. La corde va rompre. Quant à moi, je vais exploser comme un bang de cymbales.
Conclusion : Il faut annuler le mariage, immédiatement. Je retourne dans le pub de la veille Après trois whiskys, je me console en me disant que dans quelque mois, à Grenoble, avec une Mary enceinte qui aurait décidé de me quitter, de rentrer en Australie, cela aurait été bien pire. Mais cette éventualité là, je n’y crois pas vraiment. Je vais prendre le premier avion pour Lyon Satolas. Je retourne au deux-pièces cuisine de Mary. Elle est là, prostrée dans le rocking-chair. A peine rentré, on sonne. C’est Tom. On se croirait au théâtre de boulevard quand le mari, qui n'est pas le mari, surprend l'amant, qui n'est pas l'amant. Nous sommes tous les trois figés, et le rideau ne tombe pas. Tom est là, grand, costaud, mal rasé, en tenue de sport. Il passait par-là. Il voulait me rencontrer. Je me surprends à dire « I’m pleased to meet you. » Content de te voir, Tom.
Plus idiot, on ne fait pas !
19:20 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
28.08.2005
Internet Romance -Fin?-
Attention *** attention
Vous allez pouvoir suivre deux suites d'internet romance.
Une sur le site de Dilettante à partir de ce soir.
et une sur ce site à partir de demain.
Merci à Dillettante d'avoir accepter ce défi.
D'autres candidats?
22:55 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.08.2005
Internet Romance -R5-

Donc Nicolas et Mary-Ann se sont connus sur le net. Mary-Ann est venue en Europe. Ils ont fait un grand tour pour visiter les grandes villes mais aussi les amis de French. Tout est pour le mieux à tel point que l’on parle… mariage. Et même que le mariage s’organise, ce sera fin décembre ou début janvier à Sydney.
Pour la suite, l’année prochaine, Mary va venir habiter à Grenoble. Elle a déjà démissionnée de TKN quand Nico prend l’avion pour la grande île au bout du monde. Elle a organisée la cérémonie dans le rite anglican pour trouver un compromis entre ses aspirations Science-Chrétienne et celles catholiques de Nicolas. Nico part en éclaireur, ses parents le rejoindront pour la célébration des noces. Tout le monde se réjouit quand soudain…
Patatras. Que se passe-t-il ? A Sydney, Nico retrouve sa petite Mary en pleurs. Il y a un problème. Ce n’est pas clair. Il aura les explications demain. A moins que ce ne soit qu’une petite crise de dernière minute qui va se résoudre dans la bonne humeur. En attendant Nico est sur le grill. Ce n’est pas la discussion philosophique avec le père de Mary qui l’a calmé. Il se dit « on verra demain ». Il va passer une bien mauvaise nuit…
___________________ Fin du résumé _____________
Au fait s’il y a encore quelques lecteurs, je vous laisse me soumettre un scénario de fin. Vous pouvez partir de la fin de n’importe quel chapitre. La forme importe peu : des notes jetées sur l’écran, un synopsis ou un truc plus écrit. Soyez imaginatifs, n’ayez pas peur du délire (FD), du sang (Fred) de l’invraisemblance, de la science fiction, etc... Je vous proposerai la mienne très simple à partir de lundi soir et les propositions resteront ouvertes quelque temps en septembre.
19:20 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25.08.2005
Internet Romance -30-
19-décembre-92
J'ai dormi dix heures d'affilée. Le café fume. Mary est fraîche, souriante. Elle veut me faire un programme pour la journée. Non. Je ne veux pas. Au programme de la journée, là, à l'instant, je ne vois qu'une seule action archi-prioritaire : Il faut qu’on cause. « Nicolas, tu vois j’aimerais que tu rencontres mes parents. Nous deux, on parlera plus tard. » Tes parents ? « Oui, ils nous attendent. Pour tes parents à toi, c’est mieux de leur dire de ne pas venir. Téléphone tout de suite, annule leur voyage et profitons de la journée. Ce soir on parlera tous les deux. Tu veux bien ? »
Je devrais être en colère et je suis à nouveau sous le charme. Ses parents sont des gens cultivés, ils parlent un peu français. Ils semblent déjà bien me connaître. Il fait chaud, on se prélasse au bord de la piscine. La journée se passe gentiment. Cela paraît surréaliste. Le soir, le père m'embarque dans une grande discussion scientifique. Il est créationiste. Il croit mot à mot au récit de la bible : La genèse, Adam et Eve, toutes les belles histoires. D'après Mary, il cherche toutes les occasions d'en découdre avec les évolutionnistes : Darwin, l’homme descend du singe et tout ça… Moi, avec la métaphysique, je suis vite à court d'argument. Je préférais parler physique, la création et la vie des étoiles. Sur ce terrain là c'est lui qui manque d'arguments. On rentre vers onze heures. Je propose de conduire la Rover. Mary est toute câline. Je crois bien que c'est reparti. Arrivées chez elle, je l'embrasse longuement. Elle se coule contre moi. Elle refuse pourtant de prolonger les agaceries dans sa chambre. Pour les grandes explications, on verra demain.19:15 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.08.2005
Internet Romance -29-
18-décembre-92
« In ten minutes we will be landing at Sydney airport. » Pris par mon récit, je suis tout surpris d'être déjà arrivé (…) Dans une demi-heure, je serais dans les bras de Mary. J'ai décidé de me mettre un sac sur la tête. Une idée stupide qui m'a valu une fouille au corps et une inspection très minutieuse de ma valise par les douaniers australiens. Sont pas commodes ! Après cette fouille, têtu, je me suis remis le sac sur la tête pour passer la grande porte coulissante ouverte sur l’Australie, sur ma vie… Mary est là devant moi. Elle m'enlève le sac. Elle rit. Elle rit très fort d'un rire un peu forcé. Ses traits sont tirés, on dirait que c'est elle qui sort de vingt-cinq heures d'avion. Pour parodier San Antonio : « Je lui roule une galoche façon Hollywood qui dure un quart de plombe. Puis, reprenant notre respire, nous remorquons ma valoche à roulette jusqu'à sa tire garée dans les entrailles du grand parking d'aéroplanes. » Sitôt assis dans la voiture, tout joyeux, j'entonne les premières mesures du concerto de l'empereur. Mary ne suit pas. Je lui raconte mon voyage. Elle écoute sans rien dire. Quand elle parle, il y a quelque chose qui n’est pas dans le ton, une fausse note. Elle conduit avec attention. Beaucoup trop d'attention. Arrivés dans son petit appartement, je me mets au piano, son piano tout neuf, déjà vendu. Une belle pièce, je tourne sur le tabouret pour la complimenter et elle fond en larmes. J’ai pensé « son cher piano vendu, peut-être ? » Non, c’est un torrent. Impossible d'arrêter ce flot. Je ne sais que faire. Mes questions restent sans réponses. Que se passe-il ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de faux ? Est-ce qu’il y aurait un problème dans la préparation du mariage ? Je la rassure : « Si l'on doit remettre de quelques jours, ce n'est pas bien grave. Même les parents attendront. »
« No. This is very serious, j'ai réfléchi, très beaucoup. Pour notre mariage, je ne sais plus s'il faut le faire encore. » Allons bon ! Je ne peux pas le croire. Qu'est-ce qui pourrait bien empêcher ce mariage ? C'est n’est qu’un moment d'émotion. Elle va se remettre à rire. Ce doit être la tension nerveuse, les préparatifs. Sa démission de TKN. Je tente une boutade. Le cœur n'y est pas. Les larmes de Mary coulent de plus belle. (…) Elle a mis un temps infini à m'expliquer le problème. J'ai bu un nombre incalculable de cafés. Cela donne décousu et en vrac : « J'ai réfléchi… Ce n'est pas raisonnable… Non, ce n’est pas à cause de Tom… Oui, j’ai revu Tom… Je lui ai raconté le voyage en Europe… Non, je ne veux pas vivre avec lui… J’ai peur… C’est trop rapide… Oui, j’ai couché avec Tom depuis… Non, ne crois pas ça… ce n’est pas l’important… Excuse-moi, je n’ai pas réfléchi… I’m an idiot girl… J’ai décidé… hier seulement… Je suis folle… Excuse-moi… Excuse-moi… How stupid I can be ! » Moi aussi, je dois réfléchir. Elle tient à me donner son propre lit. Elle couchera sur le canapé. J'aurais préféré le canapé. Je m'allonge. J'essaye d’organiser mes pensées. Elle a quitté son travail chez TKN, rendu l'appartement. Elle a revu Tom, couché avec Tom. Oui, couché avec Tom. Pourquoi ? Impossible de raisonner. J'ai envie de pleurer. Je vais faire un tour dans la rue. Je marche. J'entre dans un pub, commande un whisky. Non, ce n’est pas possible ! Je dois rêver. Je ne comprends pas. Il doit y avoir une solution. Demain j’essayerai. J'essayerai demain…
19:15 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23.08.2005
Internet Romance -28
...Louise souriait à l’écoute de mon résumé.
Elle croyait savoir qu’avec Nicolas, la relation n’avait pas été… disons… à la hauteur des espérances de Mary-Ann. Je ne pouvais pas lui raconter les récits croustillants de Nico. Dommage ! Ça nous aurait fait rire un peu ! De toute façon, que pouvions nous faire ? Rien ! Nicolas allait partir en Australie. Le mariage aurait lieu. Après on verrait bien. Louise, un brin croyante, pouvait prier, moi, que pouvais-je faire ?
Pour raconter la suite, le mieux est encore de laisser la parole à Nicolas. Aussi incroyable que cela paraisse, il l’a écrit avec force détails dans son journal secret, un récit agréable, avec dialogue et fioritures. Un texte qu’il a dû beaucoup retravailler à son retour de Sydney. En voici le principal :
17-Décembre-92
"Grenoble - Francfort - Singapour - Sydney – Me voilà à deux escales du bonheur. J'ai eu Mary ce matin au téléphone, avant mon départ. Elle m’a reparlé de l’espoir qu’elle avait eu d’être enceinte, après son séjour en Europe. Sa voix m'a un peu inquiété. Elle se fatigue trop. Elle rendra son appartement à la fin du mois. Début janvier, nous irons habiter à l'hôtel ou chez ses parents, ce n'est pas encore décidé. Moi, je préférerais l’hôtel. De toutes façons, ce ne sera que pour une dizaine de jours. Je me cale profondément dans mon siège. J'adore cet instant, ce moment précis où dans l'avion tout se calme, l’instant où les anxieux prennent leurs pilules et s’enfoncent dans leurs fauteuils, les hôtesses mettent leurs ceintures et les réacteurs vrombissent. J'aurai commencé et terminé l'année en Australie. Mon intuition me dit qu’un jour, Mary et moi, nous vivrons dans ce pays. Je ne pense pas que Mary supportera bien longtemps cette séparation. N'importe, je suis prêt à la suivre partout, dès qu'elle changera d'avis. Pour l'instant, elle veut fuir. Fuir Tom ? Peut-être. J'aurais aimé, moi aussi, couper les ponts, changer de vie. Essayer l’Australie pourquoi pas ? Je me plonge dans les aventures du commissaire San Antonio et de son valeureux Berrurier. Je l’ai acheté à l’aéroport. Ce titre manquait à ma collection. Malgré San A, le voyage n'avance pas vite. Entre Singapour et Sydney, ma voisine japonaise, a droit, en anglais, au récit presque complet de mes aventures avec Mary-Ann. Je ne lui épargne aucun détail. Notre périple en Europe : les concerts, les œuvres. Je lui parle de Mary. De sa beauté extérieure et intérieure qui rayonne si fort. Elle semble passionnée. Je lui explique les complications du déménagement de Mary. Elle se montre friande de tous les détails de la préparation du mariage."
19:10 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.08.2005
Internet Romance -27-
TKN autorisait Mary-Ann à terminer son contrat de travail vers le 10 décembre. Elle allait pouvoir mieux organiser les détails de la noce. Elle avait appelé les parents de Nicolas en Vendée et à force de persuasion elle avait réussi à les convaincre d’assister au mariage, Nicolas en était tout esbaudi. Pour sa part, il avait abandonné tout espoir, ses parents n’étaient pas chauds pour un si long voyage, de plus cette histoire de Science Chrétienne ne leur plaisait qu’à moitié. « Je les ai décidé, il vont venir. » Incrédule, Nicolas avait appelé sa mère, qui bien sûr avait confirmé, il allait s’occuper de trouver des billets d’avion pour ses vieux parents.
Nicolas et ses billets… L’état d’excitation dans lequel il se trouvait, vers la fin novembre, était indescriptible. Pour les billets, il avait trouvé de supers prix : Un aller-retour pour lui et ses parents, un aller simple Sydney-Lyon pour Mary-Ann, le tout à prix cassés. L’ennui, c’est qu’il s’était débrouillé pour faire deux réservations, dans deux agences différentes. Au cas où, on ne sait jamais… Puis, croyant que c’était la même personne qui l’appelait une deuxième fois au téléphone pour confirmation, il avait donné son accord à elle aussi. On le menaçait de frais d’annulation extravagants. Pour le détendre, je l’entraînais au pot de fin d’année de notre département chez TKN, il avait même fini par accepter de boire une margharita.
Après le pot, alors que dans mon bureau je rassemblais mes affaires, Louise est passée me voir, nous sommes restés très tard à parler dans mon double cube. Mary-Ann lui avait fait des confidences par mail et Louise trouvait que ce départ, ce mariage, tout cela était bien trop précipité. Elle avait deux sujets d’inquiétude. La religion d’abord : pour Mary-Ann, la Science Chrétienne (la SC) était au-dessus de tout. D’après Louise, elle aurait même abandonné l’idée d’avoir des enfants si la SC le lui avait demandé. Les adeptes ne se soignent que par la prière, pas de médecin, la prière, seulement la prière ! Des préceptes contraires aux principes de Nicolas, le très rationnel, le très scientifique Nicolas. Mary-Ann l’avait bien senti et elle était inquiète, elle savait que, confronté à la maladie, Nicolas n’accepterait jamais les méthodes de la SC.
Malgré le souci que semblait se faire Louise, à l’instant, je n’arrivais pas à prendre cette question de religion tout à fait au sérieux. Par contre, l’autre sujet qu’elle abordait avec ses mots choisis avec soin, me semblait bien plus brûlant : Tom. Tom était divorcé, il avait trois enfants, en aucun cas il n’en voulait un autre. On le savait par Mary-Ann. Louise me disait qu’elle qualifiait les rapports sexuels avec Tom de « tremendous », de formidables, par ailleurs, je savais que la sensualité de la belle australienne était explosive. « Si je comprend bien : Ils baisent bien ensemble. Avec son rital, elle s’envoie souvent en l’air. » Louise souriait à l’écoute de mon résumé.
19:10 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.08.2005
Internet Romance -26-
Nicolas, de retour de son périple de six semaines à travers l’Europe, pose deux semaines et demie de congé, de fin décembre à début janvier, pour cause de mariage. Son solde de vacances est archi-négatif, me voilà convoqué par le département des ressources humaines. Avec un peu de difficulté, je leur dore gentiment la pilule. Par French, on apprend que Mary-Ann démissionne de TKN Australie et va venir vivre en Europe. Le mariage est maintenant un secret de polichinelle. Elle avoue, par-dessus le marché, avoir vendu son piano tout neuf et quelques autres babioles. Même les plus sceptiques doivent bien se rendre à l’évidence : l’idylle continue.
Par French, on suit un peu les préparatifs. J’ai mon feuilleton personnel par e-mail et en plus, je rattrape mon retard du tour d’Europe en lisant, par épisode et parfois dans le désordre, le drôle de journal de Nicolas. Je me demande comment il arrivait à faire tout ça. Il prend beaucoup sur ses heures de bureau. Avec la date et l’heure des fichiers, je suis bien placé pour le savoir. Avec tout ça, mon travail aussi part à vau-l’eau, je consigne méticuleusement tous les éléments de cette histoire dans mon répertoire D:perso/romance.
Chéri,
Faux espoir. Ce n’était que retard des mes règles. (…) J’ai trouvé un pasteur (un prêtre ?) anglican qui agréera de nous marier. Entre toi Catholique et moi Science Chrétienne cela fera un moyen (average). Mes amis de la SC ont accepté de venir dans ce temple. S’ils n’auraient pas voulu, je ne sais pas comment je pouvais faire. Ce n’était pas possible à l’imaginer pour moi. Tom n’est pas trop (tellement) content. Honte sur lui. S’il ne voudra pas venir au temple, pour moi, ce sera dommage mais pas trop sérieux quand même.
Mi-novembre, avec Nicolas, les discussions du soir, au Trianon, ont repris. Il me raconte le passage en Vendée, chez les parents, la famille… Il était très fier de présenter sa belle. Il me dit que le contact a été excellent, que ses parents aiment déjà beaucoup Mary, « À part peut-être, le problème de la langue, bien compréhensible ! » Par Louise, je savais que le séjour n’avait pas été facile pour Mary-Ann, que l’accueil lui avait paru un peu forcé. Choc des cultures malgré les tonnes de bonne volonté réciproque.
Difficile d’être plus amoureux, plus aveuglé que ne l’était Nicolas à cette époque. Fort de mes deux mariages, je lui suggérais de ne pas accepter toutes les fantaisies de sa belle, de faire un peu de résistance. Il m’affirmait que c’était bien lui qui portait le pantalon. Moi, par les courriels, je voyais bien qu’il était en train de céder sur tous les terrains. Ils discutaient des bagages de Mary-Ann à envoyer en Europe, canapé, fauteuils, machine à laver. Nicolas avait tout ce qu’il fallait chez lui mais elle voulait ses affaires à elle, il ne restait donc plus à Nicolas qu’à négocier un bon prix pour le transport. Il décrochait son téléphone et il négociait, docilement.
19:40 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.08.2005
Internet Romance -R4-

Donc, pas de retournement de situation spectaculaire, nos deux tourtereaux ont parcouru l’Europe pendant cinq à six semaines en filant, semble-t-il, le parfait bonheur.Quel périple pour la petite australienne à peine sortie de son ile-continent.
Nico n’a pas mégoté. Il lui a offert tout ce qu’il y avait de mieux : Concerts, ballets, soirées de rêve, hôtels de luxe… sans négliger les repas amicaux avec les french-noteurs.
Nico ne touche plus terre. Il n’en croit pas sa chance. Il ne sais plus que choisir entre le rire du bonheur et les larmes de la séparation.
Mary se dit que Nico est un homme amusant et qui a du savoir-vivre. Elle a pris sa grande décision : ce sera le mariage. Est-ce Nico qui a fait une demande formelle ? Est-ce Mary qui a poussé pour la cérémonie ? On ne sait pas, mais qu’importe, le mariage est annoncé et c’est un Mary-Ann joyeuse qui retourne en Australie pour en préparer les détails.
19:30 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2005
Internet Romance -25-
La tête débordante d’images, Mary-Ann s’est installée près du hublot dans l’avion Lyon-Paris qui va la ramener vers son Australie natale.
Quelles semaines incroyables ! Quel bout en train ce Nicolas !
Elle qui se croyait particulièrement agitée… avec Nico, elle est archi battue. Il s’est montré d’une efficacité remarquable à combler chaque instant de ce long périple. Pas une seconde d’ennui. Il lui a fait voir tous les lieux dont elle rêvait. Elle va pouvoir raconter tous ça à son père dont elle sait qu’il a toujours rêvé de voyages et d’Europe en particulier. Elle va épater ses copines…
Pourtant elle se pose une question : Ce mariage, est-ce bien sérieux ? Elle a toujours aimé prendre des décisions rapides. A quoi bon réfléchir des mois, des années ? Avec Nicolas elle s’est sentie confortable depuis le premier jour. Il n’a pas de raison de perdre du temps. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Elle est prête à rompre tous les ponts. Nico veut qu’elle vienne en Europe. Elle viendra en Europe.
En échange il a accepté de se marier en Australie. Ce n’est pas facile pour lui, il faut qu’il renonce à sa religion, à ses traditions… Mary-Ann est la dernière à prendre ce genre de chose à la légère. Elle veut trouver une solution qui satisfasse tout le monde.
Malgré tout, elle se demande comment ses parents vont prendre la chose. Et que va dire Tom ? Après tout elle se moque de ce qu’il pense. S’il avait envi de la garder près de lui, il n’avait qu’à s’en occuper avant.
Non, elle s’est sentie très bien avec Nico et sa décision est prise. Elle ne reviendra pas en arrière.
Elle se tourne vers sa voisine, un française. Elle parle beaucoup mieux le français qu’en arrivant. Elle lui raconte qu’elle va se marier, qu’elle sera en blanc, qu’elle va faire toutes les boutiques nuptiales de Sydney pour trouver la plus belle robe de mariée. Elle lui montre la superbe bague avec un diamant de belle taille que Nico lui a offert une.
Non, décidément, jamais elle n’aurait pensé en débarquant à Grenoble qu’elle allait vivre pareille idylle.
Elle se tracasse un peu pour sa maman qui n’est jamais sortie de Sydney, à peine de son quartier. Ce sera difficile de la persuader que l’avenir de sa fille se trouve en France. Tout ce qu’elle sait de la France ce sont des histoires d’explosions nucléaires dans le Pacifique, et Dieu sait si elle n’aime pas le nucléaire… A dire vrai avec papa ce ne sera guère plus aisé. Il a un peu plus voyagé mais ses œillères n’en sont pas moins grandes… Mais il ne lui a jamais rien refusé, surtout pas son pardon…
Après cinq semaines, elle se réjouit de retrouver son Australie, ses parents et même Tom et les enfants de Tom qui lui ont manquée et qui demain lui manqueront encore plus. Nico va lui envoyer des photos de leur périple… Elle espère qu’il n’oubliera pas. Elle sait qu’il n’oubliera. Difficile de trouver plus attentif que lui… C’est un amour se dit-elle en atterrissant à Paris. C’est une bonne décision.
19:30 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.08.2005
Internet Romance -24-
Après ce texte un peu chaud, le quotidien à nouveau, en style télégraphique :
« Retour Vendée. Temps passe trop vite. Mardi. Victoria Hall. Concerto Empereur… Notre concerto. Heureux présage. Jeudi. Concerto pour violoncelle de Lalo et symphonie en ré mineur de César Franck. Moins bon… mais Mary aux anges, donc suis content moi-aussi. »
Et les grandes questions :
« Mary ne prend pas de précautions quand nous faisons l’amour. Elle veut un enfant. Avons parlé des risques liés à ma maladie. Elle croit que la prière est la solution. La Science Chrétienne est vitale pour Mary. Je prie aussi. Je suis prêt à me convertir. Mère choquée. Père muet. Tant pis. Mary veut enfants, veut mariage dans sa religion. Je suis d’accord, d’accord sur tout. »
La grande affaire ! Le mariage était décidé.
Quelques détails restaient à préciser : La date, le lieu et surtout, prêtre ou pasteur. Ce point avait dû faire l’objet de débats. Pourtant, la conclusion en fut rapide. Mary-Ann de retour à la mi-octobre, on décidait que les noces seraient célébrées le 6 janvier, mais j’anticipe. C’est à cause de mes textes indiscrets. Je savais trop de choses que je ne devais pas savoir. Ni au moment repas que j’avais manqué chez TKN, ni la semaine suivante, avant que Mary-Ann ne reparte, nous ne savions quels étaient leurs projets. Louise et moi allions reconduire la belle Australienne à son avion, nouvelle expédition pour Lyon-Satolas, dans la voiture on a appris en confidence ce que je savais déjà que le mariage était pour bientôt.
Je hais les aéroports. Je hais les départs. La file d'enregistrement qui n'avance pas, la crainte de rater l’avion, les gens qui s'agitent, les gens qui attendent. Mary_Ann, elle, est très à l'aise, elle multiplie les petites attentions en direction de Nicolas, minauderies, gestes tendres, elle le rassure. Bientôt, le mariage, elle nous mime l’entrée dans l’église, elle entonne la marche nuptiale. Mendelssohn. Le songe d’une nuit d’été, allegro vivace. Nicolas ne sait plus s’il doit rire ou pleurer. Puis soudain Mary-Ann se souvient qu’il faut qu’elle achète une babiole pour les enfants de Tom. On se rue vers le coin des boutiques et on ne trouve rien.
Finalement, on arrive au contrôle des passeports, la limite fatidique, la grande étreinte. Nicolas a la larme à l’œil. Louise et moi ne sommes pas trop vaillants. Le policier attend placidement que l'on se décide. Ça y est, elle est partie. Louise console Nicolas, elle essaye de le calmer « ce n'est qu'une question de deux mois, à peine plus, ensuite, vous serez réunis pour le reste de la vie ». Je propose à Nicolas de boire un truc fort. Il refuse. Pas d’alcool. Il sèche ses larmes et on repart pour Grenoble.
19:25 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17.08.2005
Internet Romance -23-
Ce repas… J’étais absolument furieux. Je l’avais raté pour des raisons familiales. Des récits, recueillis par d’autres de la bouche de nos deux voyageurs, il ressortait que leur couple était resplendissant. Louise, pourtant réservée, commençait à penser que… après tout… peut-être… ce pourrait bien être le grand amour et cette idée la mettait d’excellente humeur. Les amoureux avaient mentionné de grands projets, tous classés top secret. Plus tard, de ce bref passage à Grenoble avant leur départ en Vendée, il me resterait le récit torride et mystérieux du piano, encore le piano.
« Mary avait raccroché. Ses parents allaient bien. Tom aussi. Elle a mis ses bras autour de mon cou, elle avait senti ma tristesse. Elle allait tout faire pour l'apaiser. Cela commença par un strip-tease brûlant. En fond sonore, elle avait mis la petite musique de nuit de Mozart. Je ne suis pas un expert en effeuillage. (…) Elle y mettait une lenteur, une lascivité, en pur contraste avec son impétuosité naturelle. J'avais sous les yeux une de ces filles des îles dont la seule présence langoureuse sait faire naître chez le mâle, le moins porté sur la chose, d'orgiaques fantasmes. Comme elle ne portait pas de soutien-gorge, elle jouait avec son corsage, elle l'enlevait à moitié, le remettait, faisait mille tours de passe-passe. Finalement elle n’eut plus que sa culotte qu’elle l’enroulait, déroulait, enroulait à nouveau autour de ses fesses, des fesses gentiment rebondies, prometteuses, magnifiques. Puis, dans le plus simple appareil elle s'avança vers le piano, elle monta plusieurs gammes et me fit comprendre que c'était à moi de jouer. Je mis à la caresser toute la science dont je suis capable. Je jouais sur son corps des partitions endiablées. Je faisais saillir ses mamelons roses, je lui léchais le nombril, le bas du ventre, là où la peau est plus douce et celle de Mary du vrai velours. J’essayais de me faire léger, frôlant, de pincer avec délicatesse les cordes de son corps tendu vers le plaisir. Comme je me montrais sans doute trop délicat à son goût, elle ajoutait ses mains aux miennes, n’hésitant pas à plaquer sur ses cuisses, son sexe de puissants accords. Toutes ces caresses lui déclenchèrent un magnifique orgasme, elle se cramponnait haletante au rebord du piano. Ce fut un long paroxysme de jouissance suivi de courts ressauts harmoniques pour atténuer la violence de cet apogée. (…) Je ne pourrai plus jamais voir mon antique piano de la même façon. Depuis, les seules premières notes du concerto 21, quelle jouait si souvent, provoquent chez moi, réflexe de Pavlov, un durcissement de mon anatomie. »
19:27 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.08.2005
Internet Romance -22-
Tout ce long périple, dans la vieille R5 de la terre à lune :
« Le mot antique colle bien avec ma voiture, Mary-Ann l'utilisait fréquemment dans French pour désigner tout ce qui a un peu d’âge. Hier, elle m’a dit sur un ton espiègle qu’à quarante ans l'on devenait antique. Je suis donc un antique de fraîche date. »
J’allais oublier Salzbourg et ses nuits endiablées :
« À l’hôtel Mozart, perché sur son rocher, nous avons connu une grande nuit. Mary met dans l'amour le même enthousiasme qu'au piano. Elle alterne les phases endiablées, les andante un poco adagio et les longues phases de tendresse. C'est dans les grands crescendos qu'elle me bouleverse le plus. J'en deviendrais presque spectateur tellement la chose m'étonne, m'inquiète. Je me sens étranger à son plaisir même si je fais de mon mieux pour l'entretenir. Faire de mon mieux, c'est l'expression qui convient, dans cette lutte des corps, quand la partie devient enragée, il n'y a pas égalité, elle a toujours le dessus, je ne suis que son sparring-partner. J’aime bien les plateaux, les grands moments de tendresse, les mots doux qu'on susurre, les caresses moins fiévreuses. Malgré mon inquiétude quant à l’issue du prochain round, je profite de l'instant, je parle de Mozart, nous parlons d'avenir. Je me suis un peu renseigné sur les possibilités de travail en Australie, elle parle de rester ici, d’avoir des enfants, vite, très vite. »
Nicolas allait-il partir ? Mary allait-elle venir par ici ?
Dans son journal, il avait même consigné les coups de téléphone de Mary-Ann à sa mère et surtout à Tom. Elle appelait Tom pendant des heures, c’est le détail qui tue !
« Mary a repris ses téléphones en Australie. Ses parents vont bien, Tom aussi, il est triste, il s'ennuie d'elle. J'ai envie de d’écrire « qu'il crève ». En voyant ma tête, Mary m'explique une nouvelle fois qu'elle ne peut pas le laisser tomber du jour au lendemain, que c'est moi qu'elle aime. Alors, je rumine en silence et puis j’oublie. J’ai une grosse capacité à oublier, en tout cas à court terme, parce que plus tard, je sais que cela va me tarauder sans cesse. »
Le récit n’est pas toujours aussi léché. Il se peut bien que je n’aie pas réussi à copier la dernière version. Une version comme ci-dessus : mise en forme, retravaillée, toute à son avantage. Certains petits textes étaient en pur style télégraphique. Des notes brutes prises à la volée des vacances, des notes à enjoliver, plus tard. Mais pour qui ?
« Retour maison. Récupéré chats. Mary s’habitue. M’aide ramasser feuilles. Veut faire compost. Absolument. Elle est écolo. Discussion travail Grenoble. Veut plus activité support-vente. Aimerait aussi faire documentation technique en anglais. Idée à tester avec Thierry (…) Repas TKN mardi 12, avant départ Vendée pour présentation parents. »
20:20 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.08.2005
Internet Romance -21-
Et le récit indiscret continue:
« La (première) journée a été longue. Elle allait durer plusieurs semaines. Gastronomie et musique. Surtout musique, une longue journée symphonique, concertante, andante sostenuto, allegretto, allegro aperto, vivace, allegro di molto. Sensualité, amour, festival joyeux, illumination, feu d'artifice, apothéose de l’esprit et des sens. (…) Elle joue de mon vieux piano désaccordé à merveille. Rien à voir avec les concerts qu’elle me donnait par téléphone. Elle est LÀ, elle est chez moi, joyeuse, vive, riante. Je suis au-delà du coup de foudre (…) Dans toute l’excitation du premier jour, j'ai complètement oublié de lui offrir les cadeaux longuement choisis : Du parfum bien sûr, Ysatis de Givenchy, un grand châle pour affronter les froidures et quelques babioles. Ysatis, le nom de la machine à partir de laquelle j'écris dans French. Elle est touchée, émue, c’est son parfum favori et je l’ignorais. C’est mon jour de chance. »Je me demande quand il a eu le temps d’écrire tout ça. Il a tout consigné : Le concert d’orgue à Sallenoves avec Christian et la chorale de Monchaud. Les riches toilettes de Mary-Ann décrites par le menu. Quelle garde-robe ! Pas étonnant qu’elle ait payé a little surplus de bagages. Le départ pour Paris. Le repas de french-noteurs dans un restaurant typique près des Halles, le restaurant aux grandes tentures violines. Il y avait Daniel Letellier et ses deux copains dragueurs et pêcheurs, Jean-Pierre et Paulo. Autre échantillon de sa prose :
« Le soir à Paris, c'est ripaille. Daniel nous a dégotté un petit restaurant parisien au charme un peu vieillot. Le décor seul est un pur ravissement : des parois violines, des tentures en harmonie, sur les murs des natures mortes peintes de gibier et de fruits, la grande table entourée de banquettes moelleuses et éclairées par des lampes Tiffany aux couleurs pastel. Mary est ravie et elle le montre comme elle sait montrer sa joie en embrassant tout le monde sans arrêt ; même le chef cuisinier, un ami de Daniel venu s'enquérir du bon déroulement de ce repas, a lui aussi droit à sa bise. (…) Le samedi, Daniel nous invite chez lui à la campagne. Il y a un piano. Mary saute sur le tabouret. On chante une bonne partie de la nuit, chansons françaises, chansons australiennes, tout ce que l'on sait, les refrains, et beaucoup de la-la-la. Une soirée entre amis, les amis de French, alors on parle des absents, de Julia, des camarades québécois. Ambiance amicale et douillette (…) »
La garde-robe s’est encore étoffée. Paris sera toujours Paris. Départ pour le tour d’Europe. Bruxelles, Gottingen, Munich, Vienne, le Danube, Strauss… Venise ? Non, Venise, ce ne sera pas possible… C’est trop court. as le temps… Tout ce long périple, dans la vieille R5 de la terre à lune...
22:06 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.08.2005
Internet Romance -20-
Plus tard, j’ai pu me rattraper avec son journal dont voici un extrait écrit après le pot d’arrivé chez TKN :
« Sitôt arrivée à la maison, Mary-Ann s’est mise au piano. -Ton piano joue faux, il faudrait l'accorder- C'était dit sur un ton sans réplique. Elle en joue avec furie, en même temps elle critique le bureau de TKN. Elle se paye la tête de mes collègues avec une saine férocité. Quelle énergie ! J’ai besoin d’un whisky pour retrouver mes esprits, à l’ultime seconde, je me rappelle que la chose est désormais prohibée. Elle est précisément en train de s’inquiéter de la quantité d’alcool ingurgité dans la soirée par mes collègues, elle parle et elle joue en même temps. « C’est toujours comme ça ? Ils boivent toujours autant ? C’est beaucoup trop, ce n’est pas raisonnable… » Après un final enlevé, elle rabat le couvercle du piano, elle s'approche de moi. Je comprends que le moment tant attendu et un peu craint est arrivé. A l'instant, si j'avais le choix, je préférerais rester dans ce fauteuil à l'écouter jouer toute la nuit. Je me sens tout raplapla… J'esquisse le geste de me lever, elle me plaque dans le fauteuil comme un demi de mêlée All-Blacks. Elle pose sa tête entre mes jambes… Si je n'étais pas si bien calé, je m'effondrerais. Elle passe ses mains sous mon pull, force le passage sous ma chemise. Je tente un mouvement pour l'amener à ma hauteur. Elle m'invite, sans un mot mais fermement, à ne pas faire le moindre geste. Elle officie selon un rituel écrit de longue date, je suis sa victime expiatoire. Pour l'instant, le seul choix qui m'échoit est d'attendre que la cérémonie se déroule à son rythme. La prêtresse fait son office, les gestes sont lents, les points forts sont entrecoupés d'attente. Elle me caresse lentement, délicatement, voluptueusement, elle se concentre avant d'attaquer ma ceinture. Ses gestes sont précis, presque sans émotion. Elle la décroche d'un coup sec, elle déboutonne sans hâte, un, puis deux boutons, elle marque un temps d'arrêt, on dirait qu’elle hésite. Dans ma tête c'est l'ébullition. Je suis partagé entre l'envie d'agir et celle de laisser faire, je laisse faire. Je me contente de lui caresser les cheveux avec la même douceur qu'elle met à me caresser le bas du ventre. Elle s'attaque à mon pantalon, docilement, j'aide à la manœuvre, mon sexe n’hésite pas, il se redresse. Elle en fait le tour du bout des doigts, l'effleure comme une touche de piano, puis elle semble s'en désintéresser complètement. Elle ne bouge plus puis baisse la tête, obstinément, concentrée. J'ai des fourmis dans les jambes. Je retiens mon souffle. Elle ponctue ses caresses de longues périodes d'immobilité, puis, elle reprend ses attouchements, des gestes plus cabalistiques que sexuels autour de mon pénis. Ce doux supplice se termine par un éclat de rire. Elle se lève, me prend la main pour m'extraire du fauteuil, me conduit dans ma chambre. Je fais deux petits pas, les jambes entravées avant de remonter un peu mon pantalon et de la suivre docile, perplexe et impatient. Je m'apprête à la déshabiller à la hâte mais elle tente de freiner mon impétuosité, elle m'indique qu'elle veut de la lenteur, de la douceur. Je fais mon possible pour me calmer, puis on se retrouve bien vite, sur le lit, serrés l’un contre l’autre dans une étreinte tant désirée (…) »
Il écrit bien, le bougre. Je lisais ces pages, copiées depuis le disque dur de Nicolas, à deux bureaux de son cube, avec le délicieux sentiment que l’on ressent en violant un interdit. Il était rentré plus calme de son tour d’Europe. Il parlait moins. Je ne questionnais pas et pour cause, je savais tout. Cette position de voyeur était détestable et délicieuse. Je sautais au prochain paragraphe. Inutile. Le récit croustillant s’arrêtait là. Coïtus interruptus !18:00 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
13.08.2005
Internet Romance -R3-
On avance… voilà, ça y est, notre histoire n’est plus virtuelle. Mary-Ann, fatiguée de devoir se satisfaire, pour toutes étreintes, des seuls allers-retours de sa souris sur son tapis en poil de chatte, pendant que de son côté Nico remue frénétiquement son curseur à l’aide du petit clito rouge (entre le point G et le H du clavier), (Mary-Ann) a décidée de venir en Europe.
Elle s’est peut-être aussi lassée de Tom son compagnon un peu rustique et sportif alors que ses aspirations à elle ne sont que musique et spiritualité. Sans compter que Tom, avec trois enfants, estime avoir suffisamment donné pour la reproduction de l’espèce. Elle attend donc stoïquement de partir à l’aéroport de Sydney. A Lyon, Elle est attendue par un comité d’accueil autour d’un Nico supercaféïné et dont le cœur fragile risque de péter à chaque instant.
La belle arrive, toute souriante. Pas la plus belle, non, mais gracieuse et charmeuse à souhait. Le narrateur et Louise, une observatrice, surveillent la scène avec un amusement attendri. Le monde de TKN, Management Science resté au travail est curieux. Les choses sont bien faites : on a organisé un pot… Tous les intéressés vont pouvoir se rendre compte de visu. Ils sont plutôt séduits par la belle australienne. La spéculation va bon train sur l’avenir de notre couple…
Ndlr : Cette semaine, pendant que je marchais sur les chemins du Queyras, j’ai finalisé le scénario du deuxième Ophélie et pris la décision de l’écrire rapidement. Je sais, vous vous en moquez et vous avez raison. Côté feuilleton, la tension est montée avec le nombre de lecteurs malgré le peu de commentaires. La force de l’histoire ne suffira pas à convaincre Cribas qu’il devrait limiter sa consommation d’alcool sauf peut-être en cas de happy-end (pardon Garde) fin heureuse. Fred va-t-il changer son héros, Paul Vachard, pour nous écrire des bluettes qui se finissent dans le mélo le plus méli qui soit. D’ailleurs, que dire de la fin de cette idylle ?
Franchement, je ne sais pas. Tout est possible, Nico et Mary sont sur les routes, on peut bifurquer dans toutes les directions. Je suis presque tenté de vous faire écrire la suite… Plus tard peut-être. Pour l’instant, restez à l’écoute il se peut que cela devienne torride et comme il n’y a que ça qui vous intéresse vraiment…
17:05 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
12.08.2005
Internet Romance -19-
Depuis notre équipée sauvage à Lyon-Satolas, Louise et moi avions commencé à parler de cette histoire. Depuis des mois, elle était devenu la confidente de Mary-Ann. Leur échange épistolaire, hors French, datait de janvier. Mary-Ann parlait d’Australie, Louise de la vie ici, de ses grands enfants, Mary-Ann questionnait beaucoup sur les enfants : « comment étaient-ils tout petits ? Est-ce que c’était difficile ? Est-ce que son mari l’avait beaucoup aidé ? » Elles parlaient de Nicolas.
J’avais mille questions pour Louise, mille questions sur la belle australienne. Il me fallait les poser calmement, Louise n’est pas du genre à galvauder ses secrets, pas non plus du genre à fréquenter le bar du Trianon. Je trouvais donc tous les prétextes pour lui rendre visite dans son bureau, un cube assez éloigné du mien. Il m’a fallu toutes les six semaines pour savoir deux ou trois petites choses. Que Louise me pardonne, c’est sur la base de ces bribes, glanées jour après jour, que je voudrais reconstituer le puzzle : « Portait d’une petite fille élevée dans le quartier chic de Rose Bay, à Sydney. Enfant gâtée par son papa et sa maman. Jeune femme en quête de sens à sa vie. »
- Cette liaison, d’après toi, c’est solide ? Tu crois que ça peut durer ?
- Écoute, quand Mary-Ann m’a parlé de ce voyage, j’ai pensé que c’était une bêtise et que jamais il n’irait à son terme, je le lui ai dit.
- Et aujourd’hui ?
- Je ne sais pas. Je ne sais plus trop quoi penser…
- Qu’est ce qu’elle dit de Nico ? Comment elle le trouve ?
- Disons, qu’elle n’est pas dupe de son côté… son côté…
- Bizarroïde, farfelu.
- Si tu veux… Avec Tom, ça ne marche pas si mal. Physiquement j’entends. Elle est assez franche dans ses lettres, presque crue. Tu sais qu’ils devaient se marier, Tom et elle ?
- Nico n’a pas l’air d’y croire.
- Moi, je te le dis qu’avec Tom c’est plus sérieux que Nicolas veut bien l’admettre.
- Oui, difficile de croire qu’elle va changer son bel italien contre notre petit vendéen malingre et un peu illuminé.
- Je ne dirais pas ça comme ça… C’est pas très sympa.
- D’accord ! Mais est-ce que tu penses que Mary-Ann essaye de rendre Tom jaloux en venant ici ?
- Ça, c’est bien possible, et je n’aime pas ça du tout. Elle m’a dit qu’elle trouvait la situation amusante, que Nico est gentil mais un peu fou.
Après tout, puisque Nicolas voulait bien jouer les guides à travers l’Europe, c’était son problème.
- Mon espoir, c’est que Mary-Ann veut des enfants… elle en veut à tout prix et avec Tom, c’est exclu.
- Quand même, Nicolas, comme étalon, on fait mieux.
- Écoute, pour ce qui est du cerveau, il est pas mal équipé, Non ? A ce qu’on dit, c’est même un petit génie.
- Génie, je ne sais pas mais très intelligent, ça oui !
Nous étions livrés à notre imagination, nos tourtereaux visitaient l’Europe et nous, nous manquions atrocement d’information. Heureusement pour moi, Nicolas avait emmené son ordinateur portable et il a pris des notes, presque chaque jour. Plus tard, j’ai pu me rattraper avec son journal.
19:40 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.08.2005
Internet Romance -18-
Cinq heures. Dans la grande salle de conférence, nos deux amis officient. Elle prépare les amuse-gueule, il ouvre les bouteilles. Nicolas me dit à l’oreille qu’elle a dormi toute la journée, en tous cas, elle semble en grande forme. Il est d’usage d’arriver en retard aux pots, de prétexter du travail. Pas ce soir, tout le monde est à l’heure. En vraie maîtresse de maison, Mary-Ann propose des jus de fruits, elle reçoit, après tout, elle est de la grande maison TKN, sitôt les présentations faites, elle commence à jouer les organisatrices avec habileté. Elle plaisante avec chacun, passe de l'anglais au français, à l'aise dans tous ces coqs à l'âne qui font les délices si superficielles de ces pince-fesses du vendredi soir. La conversation roule de l'Australie aux vacances, du jardinage à la peinture à l'huile, des crèches aux particularismes nationaux…
En aparté, les collègues me prennent à partie, ils questionnent : « C’est toi qu’a dit qu’elle était si belle ? Tu trouves vraiment ? Bof ! Pas tant que ça. » Ils critiquent : « Un couple pareil, ça ne peut pas marcher. Regarde le, le Nicolas ! Non, mais vraiment, regarde-le. Il est à côté de ses pompes. Il va lui payer des vacances en Europe, voilà tout ! » Ils conjecturent : « Moi, je te parie que dans une semaine elle reprend l’avion pour ses kangourous. Avec l’autre hurluberlu, elle ne tiendra pas plus longtemps… » Ils étalent leur culture : « Si, si, ça arrive, chez Georges Brassens on voit des biches qui remplacent leurs beaux cerfs par des sangliers…et la nonne aima le brigand. » Je précise que c’est tonton Georges qui chante tonton Victor. Quant à notre tonton Nico il a le sourire vissé sur la figure et rayonne de bonheur.
On est resté un très petit groupe pour manger une pizza. Ensuite, le calme plat, six longues semaines. A peine deux ou trois notes dans French pour seule ponctuation d’un tour d’Europe triomphal. Une note de Daniel à Paris, une de Bruxelles, une de Dieter à Munich. Au bureau, forcément, on était en manque. Moi, Louise, tous… Même les plus cyniques.
19:35 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.08.2005
Internet Romance -17-
« …De toute façon, je l'aurais reconnue, je suis sûr que je l'aurais reconnue. Elle était comme sa voix, comme ses lettres, comme je l'imaginais dans mes rêves les plus colorés. Fraîche, malgré ses vingt-six heures de voyage, enjouée, souriante. Je la serre très fort. Elle se dégage de l'étreinte pour embrasser les trois autres, puis elle revient vers moi pour une effusion encore plus intense… »
C’est ce que Nicolas avait écrit, le soir même, dans son journal.
Nous aussi, sommes revenus sur terre. Les bagages sont restés en rade à Paris, ils arriveront dans la journée. Le buffet de l’aérogare vient d’ouvrir, on va boire un café pour apaiser les émotions. Elle parle, elle parle… les mots se bousculent… français, anglais, franglais… tout y passe… elle veut tout raconter… tout, tout de suite. Elle veut tout savoir… ses questions ne supportent que des réponses ultracourtes… Est-elle belle ? Est-ce la plus belle fille de Sydney ? Disons : pas tout à fait. Elle est assez mignonne. Elle a un charme fou, des yeux brillants. Elle commande un jus d'orange, un très grand… Il n'y a qu'un modèle… pas assez grand pour elle… tant pis, ce sera deux jus d'orange. Nicolas, toujours sur son nuage : « La même chose, s’il vous plaît. » Louise immortalise nos deux amis devant leurs quatre verres d’orangeade.Arrivés à Grenoble, on dépose nos tourtereaux chez Nicolas, ils passeront au bureau ce soir pour le verre de l’amitié. Dans la voiture, tous les trois, on est un peu émus, envieux, l’imagination vagabonde, on se passerait bien d’aller au travail et pourtant, nous y sommes très attendus. Les collègues, même les plus fatigués de cette histoire, même les moins romantiques, sont à l’affût des nouvelles. Ils veulent savoir. Oui, bien sûr, Mary-Ann est trop belle pour lui… C’est vrai… Un canon ? Peut-être pas… Encore que… Ils verront bien… Ils verront ce soir… comme convenu, ce sera le pot offert par Nicolas en hommage à sa belle.
19:30 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.08.2005
Internet Romance -16-
Il allait réveiller sa tachycardie. « Cette nuit, je t’assure, j’ai pas dormi une minute ! J’étais bien trop excité pour fermer l’œil ! » On le croyait volontiers. Debout depuis quatre heures, Nicolas en était à son cinquième café. Nous roulions sur la route de Lyon-Satolas, c’est moi qui conduisais dans le petit jour naissant. Dans le Renault Espace, nous étions quatre : Louise, Christian et moi, silencieux et méditatifs, l’excitation de Nicolas n’avait pas encore de prise sur nous trois.
Christian, un vieil ami de Nico, organiste du dimanche comme lui, avait travaillé dans notre groupe une année plus tôt. Louise est, avec moi, la plus proche observatrice de cette idylle. Elle approche de la retraite. Secrétaire chez TKN, elle a pour Nicolas de l’amitié et beaucoup de tendresse. C’est une femme de bon sens, solide sur ses pieds, l’œil rieur, de l’humour à revendre. Chaque jour elle lit French et quand on a décidé d’accompagner Nicolas à l’aéroport, elle est venue me voir. On a parlé un long moment, elle s’amuse de cette histoire avec beaucoup d’indulgence dans la voix. Elle m’a parlé de Mary-Ann comme d’une complice.
On est archi en avance, le hall de l’aéroport est désert, le buffet est fermé. On tourne en rond. Louise a pris son gros appareil photo. Les amoureux ont convenu, en souvenir du ballon rouge de Boston, que Mary-Ann mettrait un sac sur la tête. L’heure arrive, l’avion est annoncé, on s’avance vers l’arrivée. Des passagers défilent. D’où viennent-ils ? Des jeunes au pas alerte, un vieux boitillant, l’air sévère, une dame souriante avec trois enfants… Et toujours pas de sac sur la tête. Louise désigne à Nicolas une immense noire fessue avec des balcons bien surplombants, elle lui demande : « C’est elle ? » Lui, sur son petit nuage, de répondre : « Non, elle est trop grande. » Crise de fou rire générale.
Enfin, LA voilà. Pas de sac sur la tête, un grand sourire, elle s'avance vers Nicolas comme dans un ralenti de série B. La scène des grandes retrouvailles après dix ans de séparation. L'héroïne tombe dans les bras de son prince charmant. Les photographes mitraillent. Demain, cela fera la une.
19:30 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.08.2005
Internet Romance -15-
Au Charles Kingsford Smith Airport de Sydney, Mary-Ann regarde les photos de Nicolas et des copains de son équipe elle s’attarde sur ce motard casqué et grimaçant. Elle se réjouit et craint à la fois ce voyage en Europe. Si l’on excepte un aller-retour à Singapour dans le cadre de TKN, elle a peu quitté l’Australie et même assez peu les environs de Sydney. C’est là qu’elle a toute sa famille, son église, ses amis de l’orchestre de chambre, ses pianos, le vieux et le neuf, son travail. C’est dans cet ordre tout ce qui compte dans sa vie. Ensuite elle pourrait mettre Tom, mais est-ce que Tom compte vraiment ? C’était un peu à cette question qu’elle se propose de répondre en allant rejoindre Nicolas à Grenoble.
Pour elle, ce voyage, c’est énorme. Fille unique, elle a été chouchoutée par papa et maman, elle a connu ses premières amours dans le quartier de Rose Bay, embrassée son premier garçon sur le bateau qui fait la navette dans le plus beau havre du monde de Circular Quay à Rose Bay. Petite fille modèle bien qu’hyperactive, à seize ans elle n’en avait pas moins fugué avec un groupe de garçons et de filles de son âge pour connaître le frisson d’une nuit de bivouac sur la plage de Bondi à quelques kilomètres de la maison paternelle. La réprimande avait été sévère, c’était néanmoins un des grands souvenirs de son enfance. A dix-huit ans, elle s’était fiancée avec un membre de la SC de quatre ans son aîné, deux ans plus tard, elle allait se marier quand le garçon avait pris ses jambes à son coup en pleine préparation des réjouissances. Même scénario ou presque deux ans plus tard.
Si elle était encore célibataire à trente ans, ce n’était pas faute d’avoir connu des garçons. Certaines de ses amies la considéraient même d’un oeil jaloux comme une vraie collectionneuse. Ce qui clochait pas avec elle, c’est que dès que le garçon remplissait les critères pour devenir le père des ses enfants, elle rentrait immédiatement dans une relation fusionnelle. Ensuite, il n’y avait que deux scénarios, soit le garçon inquiet partait en courant, soit il devenait collant et c’est elle qui ne le supportait plus. Cela ne ratait jamais. Sauf avec Tom. Avec Tom, c’était une relation plus froide, fonctionelle. Il n’y avait qu’au lit que cela explosait.
L’ennui avec Tom, c’est qu’il a trois enfants, qu’il ne s’intéresse qu’au sport, qu’il est italien et ne fréquente que des italiens, qu’il n’est pas du tout Science Chrétienne… elle le soupçonne même de ne pas croire ne Dieu, ce qui a ses yeux est gravissime. Elle avait presque décidé, malgré tout, de vivre avec Tom, elle s’est habitué aux enfants, surtout à la petite dernière, les deux grands la traite encore avec distance mais ils commencent à s’habituer. Ils avaient parlé mariage l’année dernière et depuis plus rien. Bien sûr, ils n’ont pas répondu à la question fondamentale : enfant ou pas enfant. Pour Tom, c’est impensable, pour elle c’est indispensable.
Alors depuis quelques mois, elle s’est mise à vivre par French, à communiquer nuit et jour avec Nicolas. Elle l’a convaincu d’arrêter l’alcool, il a commencé à étudier la science chrétienne et les soins par la prière. Ce qui au début n’était qu’une tocade est devenu un projet. Elle a même commencer à en parler à Tom qui ne sait que maugréer devant sa télévision et refuse d’entre en matière. Il ignore le sujet, quand elle en parle ses oreilles se ferment.
« Vol pour Paris Charles de Gaulle, embarquement immédiat. »
19:45 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.08.2005
Internet Romance -14-
De toutes mes lectures indiscrètes, les textes de Mary-Ann sur la religion étaient les plus indigestes. Ses fautes de français, amusantes d’habitude, devenaient pénibles. Des textes prétentieux, bourrés de clichés d’un messianisme gnangnan. Elle était adepte de la Science Chrétienne, elle écrivait la SC. On aurait dit une mauvaise traduction de l’araméen via trois ou quatre langues mal maîtrisées. Ce que je comprenais de tout ce charabia, c’était que la SC n’admet pas d’autre méthode de soin que la prière. Dieu sait protéger qui a la foi. Une sorte de sainte méthode Coué. Ce n’était pas, pour elle, une vague activité sociale parmi d’autres : La SC avait dans sa vie plus de place que Nico ou que Tom. D’après moi, il n’y avait guère que son désir de maternité qui aurait pu l’amener à enfreindre les saints préceptes édictés au XIX ième siècle par Mary Baker Eddy, le messie de la SC.
Tom, encore Tom. En toute indiscrétion, entre les lignes, je sentais bien que l’Italien sportif, inculte, un peu fruste, était pour Mary-Ann plus qu’une simple liaison. Elle s’était attachée à ses trois enfants : « Le dimanche, quand les enfants de Tom sont avec nous, on se lève de bonne heure, on fait très beaucoup de choses actives. Ils sont gentilles avec moi. Le problem c’est qu’ils ne sont pas miens et ils sont des teenagers. » Les autres dimanches, il prenaient du bon temps : « …quand les enfants sont avec leur maman, Tom et moi, on ne quitte pas le lit avant que d’aller à le match de soccer vers trois heures après-midi. On prépare des plateaux… On se recouche… Je crois qu’on dit c’est une grasse matinée… c’est very délicious » A la lecture de ces mots Nico devait trouvé le sportif bien encombrant.
Dans un des courriels que je lisais en douce, elle annonçait à grands cris sa venue en France, ce serait en septembre. Je n’ai pas eu à jouer les hypocrites bien longtemps, Nicolas est arrivé triomphant dans mon bureau « Elle va venir ! Elle arrive bientôt ! C’est merveilleux ! Il faut que je prépare tout ça. Je serai en vacances en septembre et en octobre, six ou sept semaines, je crois. » Je n’ai pas eu le cœur de lui faire remarquer que l’on ne pouvait pas prendre plus de quatre semaines de congé d’affilée sans une excellente justification. À dire vrai, cette histoire commençais à tous nous fatiguer : Nicolas, moi et surtout toute l’équipe de prima donna. Dans les couloirs, à la cafétéria, on ne parlait plus que de ça. Le travail de tous s’en ressentait. Une pause de deux mois nous ferait le plus grand bien à tous.
De plus, nous allions faire la connaissance de Mary-Ann, de la pétillante Mary-Ann. La plus belle fille de TKN Sydney. Elle aussi était tout excitée :
Sydney le 12-Sep
Nicolas,
J'ai trouvé un billet d'avion vraiment pas dispendieux (expensive?). Dans 3 semaines et 1 jour c’est pour moi la France! Je m’enjouis très beaucoup de notre rencontre en vrai. Tom ne parle rien sur ces vacances. Rien de plus sur le mariage. Le projet du début de l’année, projet qui devrait être achevé ce mois-ci. Je ne sais quoi faire plus. Je vais prier Dieu pour inspirer mes choix.
Ma curiosité n’avait plus de frein. Au début, je n’osais pas trop aller guigner dans le courrier de Nicolas Ce n’était pas digne de moi. Puis progressivement, j’ai fouillé dans tous ses fichiers. Ce mariage, prévu de longue date, entre Tom et sa belle, il me l’avait caché. C’est Mary-Ann qui l’avait annulé en mai ou en juin. Nicolas m’avait dissimulé d’autres petits secrets qu’il confiait à une sorte de journal bizarre tenu dans un fichier EXCEL.
A cause de ce rôle d’espion, quand Nicolas m’a demandé de venir accueillir Mary-Ann à Lyon, j’ai un peu hésité. J’étais partagé entre ma curiosité à vif et une envie de sortir de ce rôle de témoin sournois, de voyeur un peu glauque. J’ai accepté bien sûr. Nicolas comptait les jours comme un prisonnier. Il était soudain pris d’une fièvre d’écriture dans French. Sa grande inquiétude, c’était la photo de sa belle qui n’arrivait pas, une coquetterie de sa part. Nous, les french-noteurs grenoblois, il y avait belle lurette que Nicolas nous avait demandé, à tous, des portraits pour les envoyer à Sydney. J’avais posé dans un photomaton avec mon casque de moto et mon air le plus niais possible. Nicolas avait sous-titré : « Mon chef casqué. »
20:30 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (0) |

