07/09/2005

Internet Romance -32e-

Epilogue.

Il n'y avait pas d'avion avant le vingt-six décembre. Nicolas a dû passer Noël à Sydney avec Mary-Ann. Malheureux comme une pierre, il n'arrivait pas à en lui en vouloir, il l’avait même écrit dans French. Les french-noteurs, ceux qui n’étaient pas partis au ski, n’étaient pas tendrmes avec sa belle. Daniel, de Paris, avait écrit : « Pour moi, je n’ai qu’un mot : C’est une S… - en six lettres – un mot et beaucoup de mépris » Nicolas avait répondu en essayant de calmer le jeu. Il expliquait qu'elle avait quitté son travail, qu'elle devait déménager chez ses parents, qu'ils n'avaient pas de place pour son piano, il nous demandait même d’écrire dans le forum des témoignages de sympathie pour Mary-An qui n’avait plus accès à French. Il transmettrait.
Quatre mois plus tard, Nicolas a démissionné de TKN. Il a trouvé un travail à Nantes. C’est du moins ce qu’il avait fait savoir à la cantonade. Il n’a même pas organisé de pot de départ. Pendant ses deux mois de préavis, il me battait froid. Je lui ai envoyé quantité de courriels dans sa boite privée chez Yahoo, tous mes messages sont restés sans réponse.
(…)
Pendant dix ans je n’ai pas revu Nicolas et plus jamais entendu parler de cette histoire dont les vestiges reposaient chez moi dans les catacombes de mon ordinateur attendant l’arrivée d’un hypothétique archéologue. C’est tout à fait par hasard que j’ai croisé Louise en montant à la Citadelle, un dimanche après-midi, lors d’une promenade familiale et digestive. Fatalement nous avons reparlé de notre idylle favorite. Louise m’a appris qu’elle était restée en contact avec Mary-Ann, Qu’elles s’écrivaient régulièrement, même si cette régularité tendait à s’espacer avec les années.

Louise m’a longuement parlé de Mary-Ann. Elle avait maintenant trois enfants. Récemment, lassée de son rôle de femme au foyer, elle avait repris un travail de secrétaire chez TKN. J’étais avide de ces nouvelles mais ma femme et ma fille m’attendaient à distance, la discussion s’éternisait. J’allais prendre congé quand tout à coup, Louise a lâché la petite phrase : « Finalement, je crois que Mary est très contente avec Nicolas »

- Avec Nicolas, tu es sûre ?
- Comment, tu n’es pas au courant ?
- Non. Je n’ai jamais eu de nouvelles de Nico. Malgré mes efforts nous nous sommes quittés en froid. Il ne me supportait plus...

- ...

- Allez, raconte.
- C’est assez long et je crois que ta femme s’impatiente. Ecoute, venez donc manger à la maison un de ces soirs.
- D’accord, dans la semaine c’est possible ?
- Oui, pas de problème. On dit mercredi ?
- Va pour mercredi.

19:25 Publié dans Internet Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Ecriture

Commentaires

l'avantage de l'auteur et de pouvoir changer la vie de ces personnages selon ses envies. Il suffit de quelques mots et tout est différent. Dieu est-il un auteur qui fait basculer nos vies en gommant ou en rajoutant des mots? J'aime les épilogues car ils permettent soit de cloturer soit d'ouvrir à d'autres horizons.

Écrit par : Fred de Mai | 08/09/2005

J'aime beaucoup, ça ouvre des horizons !
Y'a plus qu'à tout recommencer ?
Cette fois-ci sans te brouiller avec ton héros ?
;•)

Écrit par : FrenchDoctor Jr | 08/09/2005

Merci pour tes visites et ta notes sur Céline. Dit moi aussi quels sont tes écrivains favoris...

Écrit par : Thierry Le BLOG | 08/09/2005

Thierry,
Si je me réfère à ton panthéon littéraire, il me semble que l'on a beaucoup de goûts en commun. Je suis tenté d'en ajouter mais à chaque nouveau nom, j'hésite.

Disons, Dostoïevski pour prendre le plus grand.

A côté de Brautigan, j’aurais mis Djian qui me l’a fait découvrir… Je ne sais pas. J’ai plus envie de parler de mes trouvailles. Je suis très content d’avoir passer La conjuration des imbéciles à mon neveu qui semblait emballé.

Écrit par : Joël | 08/09/2005

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