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01/01/2012

Prospective 2012

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Image de sages mayas tirée d'un site savant... 

et qui parle du Popol Vuh.


Attention les amis 2012 s’annonce des plus difficiles.

Ah, vous le saviez déjà ?

OK. Donc, une année difficile et plus courte, car, bien que ce soit une année bissextile, 2012 sera finalement écourtée de 9 jours, En effet, selon le T’zolin, le calendrier des mayas réservé aux échanges essentiels avec l’Univers, et selon la légende du Bison Blanc traduite à partir du Popol Vuh, le livre sacré des Mayas, l’année et le monde s’achèveront le 21 décembre 2012.

Certains prétendent que la traduction quiché-français du Popol Vuh*, en particulier l’épopée du Bison Blanc, est incertaine. C’est tout à fait possible. C’est d’ailleurs pourquoi, dans un pur souci de démythification et même de démystification, et compte tenu de ma fréquentation assidue de la civilisation maya, je me suis penché attentivement sur la question. 

Je m’y suis penché car beaucoup de choses fausses ont été dites au cours des 5125 ans et des 13 bak-tu-nob des mayas, en particulier pendant ce dernier quinquennat horribilis. Pour ma part, je suis convaincu que l’attentisme ésotérique et la passivité bling-bling qui règne laisse planer pas mal d’imbroglios, de confusions, d'idéalismes voire de fumisteries, et donc que cela ne peut nous mener nulle part… et réciproquement. Mais cette débandade est-t-elle vraiment liée à la fin du monde et au calendrier maya ? Je dis : Faut voir…

Dans mes recherches, en particulier sur les Messagers du Temps, j’ai découvert que notre rôle dans le maintien d’un système solaire en équilibre, en particulier notre rôle à nous, la Quinquaillerie, était non d'attendre de l'aide, mais de participer au mouvement. Ne nous demandons pas ce que l’Univers peut faire pour Nous, mais bien plutôt ce que Nous pouvons faire pour l’Univers. Il nous faut penser et agir en conséquence.

On sait que notre système solaire est exactement à la mi parcours, la mi-temps, 6,8 milliards d’années derrière nous et encore 6,8 milliards à tirer avant que le grand froid du Big Crunch ne gèle tout, y compris les Chtis et les Corses au sang chaud. Donc, il faut s’attendre à plusieurs basculements de la planète sur son axe, à de grandes épidémies de grippe, à des scandales liés à l’abus de faux nichons et de vraies niches fiscales, sans compter les crises de l’euro et les renflouements de banque sub-séquents (à la crise).

Oui mes amis, il va nous falloir du courage, surtout que nous savons que nous nous trouvons pris au piège dans des énergies émises par ces poubelles de l'espace que sont les trous noirs bourrés de bosons de Higgs massifs.

Certains comptent sur les drogues psychotropes pour s’en sortir. Je dis méfiance. Ce n’est pas que je doute de l’efficacité intrinsèque des psychotropes dans les temps de crise mais, depuis peu, on sait qu’il faut de méfier des effets secondaires. On a découvert que la Mirtazapine agit rapidement, mais fait prendre du poids contrairement au Citalopram ou à la Reboxetine  par exemple. On sait que la Paroxétine, le Prozac, provoque moins d’effets secondaires sexuels que Le Bupropion ou Wellbutrin, que la Sertraline provoque des diarrhées. La Trazodone entraîne de la somnolence. La Venlafaxine provoque nausées et vomissements. Sans parler des effets secondaires du Gabapentin, de la Desipramine, de l’Escitaloptam et bien d'autres molécules. Vialatte, dont l’année vient de s’écouler, aurait adoré commenter ces découvertes de la science.

Si vous ne voyez pas où je veux en venir, sachez que moi non plus. Il n’est pas facile de suivre le grand Bison Blanc sur le chemin de l’avenir surtout avec un œil dans une traduction approximative du Popol Vuh et l’autre surveillant les progrès de la science. Malgré tout, je crois que l’année 2012 ira à son terme avec où sans nous. Et j’en profite pour vous souhaitez mes meilleurs vœux.

00:30 Publié dans Blog, Textes | Lien permanent | Commentaires (3) |

31/12/2011

Souvenirs 2011

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Pour terminer l'année, un petit texte à la manière de Perec.

Quelqu’un, je ne me souviens plus qui, m’a demandé de faire un bilan de 2011. Alors, j’ai cherché dans ma mémoire. Eh bien, figurez-vous que je ne me souvenais même pas d’avoir croisé le commandant Arso de retour de Libye et pourtant, j’ai reconnu la photo, c’était bien lui avec son casque de cuir et sa bouche en cul de poule. Mais, au fait, aux fêtes, au faîte, que reste-t-il de 2011 ? 

 

Je me souviens que 2010 s’était terminé par la retraite de Bernard…

Je me souviens à quel point il était heureux le Nanard de rejoindre notre groupe de fainéants qui s’agitent en tous sens pour faire croire qu’ils ne battent pas en retraite.

Je me souviens que 2011 avait commencé par les 60 ans du même Bernard dûment festoyés chez l'amie Roro.

Je me souviens que Josie s’était déguisée en truite et qu’elle frétillait de la queue en chantant du schubert. Ça ne s’oublie pas !

A ce propos de retraite, je me souviens que Pierre avait envisagé d’arrêter. Et même qu’il avait dit qu’il avait arrêté. Arrêté quoi ? On ne s’en souvient plus très bien.

Je ne me souviens pas à quelle date exactement on est allé visiter Marseille… Oui, je sais, ce n’était pas en 2011. Par contre, je me souviens qu’on avait mangé le soir à Sormiou, qu’on avait marché dans les Calanques et but des bières à Callelongue. C’est fou comme on se souvient bien des bonnes bouffes et des bieres.

Je me souviens combien ardue et corsée fut la mise au point des vacances Corse du mois de juin avec ceux qui partaient, ceux qui ne partaient pas, ceux qui faisaient le GR20, ceux qui ne marchaient pas, celui qui avait des plans d’Alaska, celles qui ne savaient pas, ceux qui manquaient d’entraînement, ceux qui se sentait mou du genou, celui qui se trompait de port pour prendre les billets, celle qui avait la vue qui baissait, …

Je me souviens que les Michel n’avaient pas pu venir et étaient partis vers Schönbrunn, Budapest et le beau Danube pas très bleu.

Je me souviens du repas sur le bateau, on étaient six, on avait squatté une grande table en faux bois du Corsica Ferry pour un authentique concours de bons vins et de victuailles.

Je me souviens que sur le GR20, il faisait des orages tous les jours et même, un jour, qu’on a du mettre une corde pour une dalle à peine inclinée… mais ruisselante de pluie.

Je me souviens de Sabine qui, le matin, ne croyait pas aux orages mais qui, l’après-midi, battait des records de vitesse sur un sentier inondé alors que la foudre pétait à nos oreille, une seconde 300 mètres, une demie seconde 150 mètres.

Accélère Sabine !

Je me souviens de Pierre traversant en toute souplesse et légèreté un ruisselet rendu furieux par le même orage. Il avait le pied très sûr délicatement posé sur une échelle couchée sur le torrent par des allemands secourables.

Je me souviens de Bernard inquiet et qui écoutait le récit de vieux corses démoralisants et peu crédibles qui lui expliquaient la bière à la main les affres de la Solitude.

Je me souviens de la tête de René quand on lui a dit que sa réservation au dernier refuge avait été revendue. Je me souviens aussi de sa surprise quand il a retrouvé ses grolles dans le tas en cherchent celle de Sabine, grolles qu’il croyait avoir au pied.

Je me souviens qu’on avait traversé des cascades, et que Patrick riait… Patrick rit toujours, ce jour là, il riait sous cape… sous cape de pluie…bien sûr.

Arrivé sur la route, je me souviens que Chantal, Catherine et Raymonde étaient venues nous récupérer, cela devenait une habitude.

Je me souviens qu’à Corte, les filles dormaient sous un abri précaire en tôle et que, le matin, Chantal était toute piquée par d’invisibles punaises de lit.

Je me souviens que, pendant qu’on montait au lac Melo, Pierre et Bernard avaient rencontré Doumé Colonna, le mythique gardien de Reims, le compagnon de Kopa et Fontaine en Suède.

Je me souviens de Jean et Jean-Marie grimpants sur les dalles qui montaient au lac de Nino. Je me souviens que Jean-Marie et Chantal photographiaient, la bonne excuse, au lieu de grimper comme tout le monde. Je me souviens que certains avaient trouvé longuet le retour vers le col de Vergio, pardon de Vergiù.

Je me souviens de l’église de Casamaccioli, de son dortoir à droite et de son réfectoire à gauche mais je ne veux pas me souvenir pas du restaurant Paglia d’Orba à Albertace.

Je me souviens très bien du gîte à Ota, de la montée vers San Cipriano, du  bain dans le ruisseau, de la plage de Girolata et de la terrasse surplombant la rade où Jean-Marie faisait des farces à Jeannot.

Je me souviens que Chantal, en ruclonant*, avait ramassé des sortes de cimbales et un vieux nid d’oiseau qui doit encore se trouver dans ma voiture.

Je me souviens que Bernard avait quitté la Corse directement pour l’Alaska et la préparation du séjour balnéaire de Josie, Charly et Roselle dans le 49ième état des US. Interrogée à son retour, je me souviens que Josie a dit : les vacances en Alaska c’était bien, sauf que l’eau est un peu froide et le trajet long et fatiguant.

Je me souviens de la découverte du festival d’Avignon, de l’accueil somptueux à Valiguières, des plantes d’Aleth et aussi de l’actrice à peine démaquillé qu’on avait retrouvée en terrasse pour manger. Elle venait de jouer pour nous « Les règles de savoir-vivre dans le monde moderne. » On en a bien besoin.

Je me souviens que grâce à vous, la Quinquaille, Catherine et moi, sommes partis en juillet/août à Saint Petersbourg pour commencer un semestre riche d’expériences russes pour toute la famille Perino.

Je me souviens qu’on ne pouvait pas décemment enchaîner ce voyage en Russie avec la route de la soie en septembre. Je dis la route de la soie parce que je ne suis pas sûr de me souvenir du nom des Stans, ouzbek et  tadjik, je crois… kirgiz, kazak, turkmène… rayez les mentions inutiles. 

Je me souviens que dans les Stans, il y avait, comme toujours, des marcheurs d’un côté, et des intellos contemplatifs de l’autre… Je crois me souvenir qu’il y avait parmi  le intellos le commandant Arso, en repérage sans doute.

Je ne me souviens pas des dates pour la visite du nord en 2012 mais je suis sûr que ce sera encore très bien. 

* Le ruclon est une déchetterie du côté de Genève. Rucloner c'est ramasser des objets dignes du rebut.

14/10/2011

Gazoullis

  • En janvier, il twittait pour saluer l’arrivée de Marine à la tête du Front, puis l’arrivée de la Nintendo 3DS au Japon.  (121)
  • En février, il twittait sa joie pour la démission d’Osni Moubarak
  • Mi Mars, il twittait son angoisse après le Tsunami au Japon et le désastre nucléaire de Fukushima.
  • En mars encore, il twittait sa satisfaction face à l’invasion de la Lybie.
  • En Avril, il twittait pour saluer l’arrestation de Laurent Gbagbo
  • Début mai, il twittait, il était heureux de la béatification de Jean-Paul II, bien méritée selon lui.
  • Le lendemain, c’est la mort de Ben Laden qu’il saluait par un twit de 140 lettres exactement.
  • Mi-mai, il twittait à tort et à travers pour partager avec ses suiveurs sa grd surprise à l’annonce de l’arrestation de DSK à l’aéroport JFK (140)
  • Les jours suivants, il twittait encore sous le coup de l’émotion.
  • Il retwittait aussi les récents messages concernant Fukushima qui le bouleversaient tellement.
  • Pour les victoires de foot et de rugby, il avait twitté mais sans vraie conviction, juste par réflexe.
  • Même chose pour la victoire de la chanson azerbaïdjanaise à l’Eurovision.
  • Par contre, fin juin, l’avancée des troupes rebelles en Lybie l’avait pas mal occupé à twitter.
  • Twitts et retwitts pour les bons matchs de l’équipe de France féminine en foot. quatrième. Bravo !
  • Il avait beaucoup twitté fin juillet pour faire connaître au monde son incompréhension face à l’ignoble attentat d’Oslo. (120)
  • Il avait aussi envoyé quelque twit pour saluer la sortie du dernier film d'Harry Potter. Le dernier, c'était DEFINITIF.
  • En août, il avait assez peu twitté... A peine quelques messages envoyés du camping de La Baule pour parler du sale temps (119)
  • Il s’était rattrapé en septembre avec le 10ième anniversaire de la chute des tours. Pas mal de twitts pour rappeler à tous l’importance de l… (140)
  • ...L’importance de l’évènement, majeur à ses yeux, essentiel disait-il dans ses nombreux twitts enflamés.
  • Ne pas oublier le complot... il avait relu le dossier 9-11 en entier sur AgoraVox. Il fallait qu’il le twitte à tous pour expliquer le complot.
  • Début octobre, il twittait pour déplorer la mort de Steve. Comme Michael Jackson, Steve était un ami… du moins, il les considérait comme tel…
  • Michael, deux ans déjà, et Steve Jobs, de grandes pertes pour l’humanité, des génies… Il fallait bien qu’il le twitte à tous ses followers. (135)

 

  • Et puis, hier, il avait reçu ce twitt de Sandra relayé sur son mur Facebook :
  • Salut Jeff, je te quitte, t’es trop con.

Fallait-il qu’il retwitte ce message ou devait-il carrément s’immoler par le feu comme cette prof de math dans son lycée à Béziers ?

29/05/2011

Lordon - Théatre

 

 

Frédéric Lordon, dont je parlais hier, a écrit une pièce de théatre en alexandrins sur la crise financière. D'un retournement l'autre.

 

Extrait paru dans le monde diplo.

 

 

Acte III Scène 2

Bureau du président de la république. Des banquiers, des conseillers...

 

 

 

 

Le banquier

Monsieur le Président, votre haut patronage

Nous offre l’occasion de multiples hommages.

A votre action d’abord qui fut incomparable

Et victorieusement éloigna l’innommable.

Mais à votre sagesse nous devons tout autant

La grâce que nous vaut le parfait agrément

De vous entretenir et d’avoir votre oreille,

Pour éloigner de vous tous les mauvais conseils.

Le quatrième banquier

Nous savons le courroux qui saisit l’opinion,

Tout ce que s’y fermente, toute l’agitation.

Nous entendons la rue rougeoyant comme forge

Vouloir nous châtier, nous faire rendre gorge.

Le peuple est ignorant, livré aux démagogues,

Outrance et déraison sont ses violentes drogues.

Il n’est que passion brute, impulsion sans contrôle,

Un bloc d’emportement, et de fureur un môle.

Le troisième banquier

Mais nous craignons surtout que des opportunistes,

Sans vergogne excitant la fibre populiste,

Propagent leurs idées, infestent les esprits.

Ils ne nous veulent plus que raides et occis.

Même les modérés sont assez dangereux.

Incontestablement ils semblent moins hargneux,

Et s’ils n’ont nul projet de nous éradiquer,

Ils ne veulent pas moins nous faire réguler...

Le banquier

Il ne faut rien en faire, monsieur le Président,

La chose n’aurait que de grands inconvénients.

A-t-elle en apparence le renfort du bon sens ?

Elle n’en est par là que plus grande démence.

Le marché, de la crise, doit sortir raffermi,

Certes il connaît parfois quelques péripéties,

Mais toute la nature est sujette à des cycles,

Il n’y a pas là de quoi édicter des articles.

Qui voudrait s’opposer au retour des saisons,

Empêcher des planètes la révolution ?

Aux marchés nous devons ce genre de sagesse,

A ses fluctuations il faut que l'on acquiesce.

 (...)

 

Le nouveau conseiller

La mission, l'enthousiasme et l'intérêt commun,

Ne sont-il pas touchants nos bons samaritains ?

Ah! le joli spectacle, les merveilleux acteurs

On les croyait arsouilles, ils sont nos bienfaiteurs.

(...)

Cyniques ou crétins ? C'est toute la question.

Une aimable réplique répond à sa façon

En disant de ces gens qui n'ont aucun arrêt :

A ce qu'ils osent tout, là on les reconnaît.

 

(référence à une célèbre réplique d'Audiart sur les cons.) 

20/05/2011

Ne pas céder

Ne pas céder face à la pluie

Ne pas céder face au vent

Ne pas céder non plus face à la neige ou à la chaleur de l’été

 

Avec un corps solide

Sans avidité

Sans perdre son tempérament

Cultivant une joie tranquille

 

Chaque jour quatre bols de riz complet

Du miso et un peu de légumes à manger

 

Dans toutes les choses

Sans y mettre ses émotions

Voir, écouter et comprendre

Et sans oublier

 

Dans l’ombre des bois de pin des champs

Vivre dans une cabane au toit de chaume

 

S’il y a un enfant malade à l’Est

Y aller et le veiller

S’il y a une mère fatiguée à l’Ouest

Y aller et porter sa gerbe de riz

S’il y a quelqu’un proche de la mort au Sud

Y aller et lui dire qu’il n’y a pas besoin d’être effrayé

S’il y a une dispute ou un litige au Nord

Leur dire de ne pas perdre leur temps en actes inutile

 

En cas de sécheresse, verser ses larmes de sympathie

Lors d’un été froid, errer bouleversé

 

Appelé un bon à rien par tout le monde

Sans être complimenté

Ni rendu responsable

 

Une telle personne

Je voudrais devenir

Kenji Miyazawa est un poète japonais toujours très lu au Japon. Né en 1896, l’année du tsunami de Meiji Sanriku, qui a fait environ 22 000 morts, et il est décédé à l’âge de 37 ans en 1933, l’année du tsunami de Showa Sanriku, qui a causé 3 000 morts et disparus. Sa vie semble étrangement liée aux tsunamis. A l’époque où vécut Miyazawa, les catastrophes naturelles et les mauvaises récoltes se succédaient et les tragédies telles que les suicides familiaux et les ventes de jeunes filles par leurs parents étaient nombreuses.

12:21 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) |

21/12/2010

Retraite

Soirée mémorable, samedi, pour fêter la retraite de l’Homme. Il y avait des masses de nourriture et même une corbeille de fruits exotiques venus tout droit de la Réunion. Il y avait des chansons sur le travail, des sketchs pour expliquer à quoi s’exposait l’homme à la retraite... Et j’avais écrit un petit texte pour reprendre ma saga de l’Homme. 

Sur la route de l’autonomie

 

Après avoir fabriqué des saucisses et autres préparations culinaires… usiné des pièces de métal… construit d’une main des alambics de tôle parmi les plus alambiqués pour un grand fabriquant d’arômes en tenant de l’autre main les rênes du syndicat local de la chimie… tenté sa chance dans la belle Province… réparé quelques maisons anciennes… bénévolé à l’Apreto… animé l’atelier cuisine pour la pitance d’ex, et de moins ex, toxicomanes… promené au petit matin des délinquants pour leur faire visiter la ville de Genève tout en les aidant à repérer les bons coins où on peut se faire de la thune facile…

 

Enfin… oui ENFIN, l’homme prend sa retraite. Il est enfin libre !

 

On se souvient que j’ai chanté les lointains voyages de pêche de l’Homme. En particulier au Nunavut. J’ai abordé la vie complexe de l’homme du nord et de la femme du sud confrontés aux feux de friture et aux feux de cheminée, au bricolage domestique, à la perte des clés et des agendas, aux affres des petites boutiques sympas,  et diverses autres péripéties… Le temps est venu de reprendre cette saga pour faire le point sur cette étape importante et tellement attendue : La retraite de l’Homme.

 

Retraite, quel vilain mot pour une si belle chose. Le régiment bat en retraite. L’Homme, lui, se bat avec sa caisse de retraite pour pouvoir se retirer, quel désastre ! Aucun doute, il faut changer ce mot. J’ai pensé à autonomie, au sens philosophique du terme. Autonomie, du grec auto soi et nomos loi. Vivre sa vie, s’accomplir selon ses propres lois. Voilà le superbe programme qui attend l’Homme : La liberté.

 

Sur le papier c’est magnifique mais attention, dans la réalité ce n’est pas toujours simple. L’Homme le sait : la liberté a ses contraintes. Demain il va se trouver confronté au vide existentiel qui guette l’homme le mieux préparé.  Plus rien pour rythmer le temps, à part les programmes de la télé. Plus de reconnaissance de ses chefs. Personne pour lui dire, merci Homme pour le travail exceptionnel que tu as accompli au service de la collectivité. Plus d’augmentation de salaire inattendue. Plus de repas chers-collègues, et d’ailleurs même plus de chers collègues pour lui téléphoner, trop occupés qu’ils seront à balader de nouveaux délinquants dans la grande ville.

 

Bien sûr, l’Homme peut prendre exemple sur les grands anciens. Lulu, qui le premier à abandonner le front des jeunes et de la culture pour photographier tantôt des imbécillités, tantôt des idioties suivant les jours, enfin occupé à faire du l’art idiot et du cochon sympa, mi-Bouvard et Pécuchet, mi-brave-soldat-Chvéïk… du n’importe quoi mais conçu de manière autonome (de auto, soi et nomos loi). Jean-Marie qui cultive son Morton et s’essaye avec succès à faire des photos pas trop imbéciles ni trop stupides. René, qui non content de descendre à ski les pistes qu’il vient péniblement de gravir, cultive son jardin avec frénésie et part avec Raymonde au quatre coins de la planète-trekking pour user ses godasses et son sac à dos. Un agenda surbooké, le René. Pas un exemple à suivre. Et moi, enfin, qui fatigué de me reposer, me colle cinq à six rendez-vous pas jour histoire de montrer qu’on peut, si on veut, être tout à fait inefficace tout en s’appliquant avec beaucoup de soin. Je ne mentionnerai pas Jeannot, bien trop jeune dans l’exercice de l’autonomie pour servir d’exemple.

 

Donc, l’Homme sait ce qu’il faut ne pas faire, à lui de se démerder pour trouver ce qu’il faut faire. Personnellement, je lui déconseille la pêche trop intensive. Supposons qu’il finisse par se dégoûter du saumon, que les berges des rivières et des lacs l’insupportent, que l’Alaska redevienne un état des États-unis… que il en ait marre de faire voler des mouches sèches pour attraper des poissons mouillés… Impossible. Dit-il ? On dit ça mais dans la vie tout est possible. Un jour, la femme pourrait par exemple entrer dans une boutique sans rien acheter. Improbable, d’accord mais pas impossible, question de statistiques. Et là, soudain, c’est le drame. Il n’a plus rien dans sa vie. Il se retrouve condamné à regarder les documentaires animaliers sur la cinq. Et pour peu qu’il se fatigue de voir le dix millième ours attraper le cent millième saumon. Là, il es foutu. FOUTU. Plus de jus, plus rien…

 

Alors voilà, j’ai pensé qu’il fallait qu’il se diversifie. Il pourrait prendre des cours de photos avec René, Lulu ou Jean-Marie. Il pourrait s’intéresser à tous ces gadgets que la Femme repère du premier coup d’œil dans les boutiques…. Franchement, il y a plein d’autres choses que la pèche dans la vie. Alors, Bernard, réfléchit bien parce qu’on ne voudrait pas que tu t’ennuies. L’oisiveté est mère de tous les vices, c’est bien connu. Sarko l’a dit, le travail est une valeur essentielle et prendre sa retraite trop jeune n’est bon ni pour le travailleur ni pour la sécu. La déprime est au bout de la retraite.

 

C’est bien pourquoi, il ne faut pas battre en retraite. Il faut penser autonomie – du grec auto –soi- et nomos -loi-. Bonne et longue autonomie Bernard !    

 

Joël – 17 décembre 2010

08:47 Publié dans Blog, Textes | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/12/2010

Robin opine

Depuis quelque mois, j’ai mon SDF personnel. C’est un personnage assez mystérieux qui pendule du nord au sud de la ville. Il a ses quartiers de nuit dans un abri-bus non loin du casino et ses quartiers de jour sur un banc non loin de la frontière et du rond-point qui voit passer les frontaliers matin et soir. Le soir proche des euros glissés dans les bandits manchot, la journée non loin de l’eldorado genevois qui attire comme des mouches les travailleurs pas trop manchots, il bouquine, il dort, il rêve. A quoi ?

Un autre vidberg pour illustrer :

Au début de l’automne, on me demandait d’où il venait et, depuis que la neige et les frimas nous sont tombés dessus, on me demande instamment mon avis, eh oui ça caille dur par ici. On s'inquiète car le bougre attire les regards avec sa dégaine pas ordinaire. Plutôt jeune, assez bizarrement coiffé d’un chapeau à la Robin de Bois. En guise d’arc et de flèches, il trimballe du nord au sud, sauf les jours de neige, des ballots toujours plus volumineux. Là dedans, il a des journaux, des livres, un réchaud avec une boite découpée utilisée en coupe-vent pour faire sa popote, casserole, cuillère, fourchette, gobelet, un rasoir, une brosse à dent, un mini savon, un miroir ébréché etc…

 

Sous le soleil ou les pieds et la tête dans la neige, j’ai tenté plusieurs fois de nouer conversation avec Robin (faut bien lui donner un nom). La première fois, il m’a répondu : « Non, pas d’aide, merci, pas besoin » et il s’est vaguement enquit de la puissance de mon scooter avant de tomber dans un mutisme total. Il lisait un livre écrit en anglais. Je n’ai pas osé pousser plus loin l’investigation pour connaître de quel livre il s’agissait, pourtant Dieu sait si j’aime savoir ce que lisent mes contemporains.  Les fois suivantes, il ne m’a pas adressé la parole. Lors du rendez-vous matinal froid et neigeux, il a continué de préparer son rasage matinal en m’ignorant. Comme j’insistais lourdement pour savoir s’il avait besoin d’aide ou non, il a fini par opiner négativement de la tête. *

 

Pourquoi me direz-vous, me préoccupe-je de ce monsieur ? Eh bien, parce que tout le monde me pose des questions à son sujet. Qui a dit que l’on vivait dans un monde indifférent. Pas du tout ! Les gens sont soucieux et ils détestent que le sandwich qu’ils viennent d’offrir finisse à la poubelle ou que la veille couverture donnée avec cœur reste pliée par terre mouillée par la neige. Et puis, ils veulent savoir, ils veulent comprendre, ils ont la trouille qu’un jour ce soit eux dans l’abri-bus glacé. Les plus concernés sont d’ailleurs les élus locaux qui s’inquiètent au moins autant que les bonnes âmes des associations. L’élu local a du cœur, faut pas croire !

 

* Si, si, on peut opiner négativement. Les docteurs en Sorbonne opinent même du bonnet en levant leur bonnet carré. En opinant du chef, on exprime une opinion, mon SDF le fait même avec opiniâtreté.

* Opiner et opinion viennent du latin opinari avoir un avis. A rapprocher du mot grec doxa, opinion, qui est le contraire de l’épistémè la connaissance scientifique. Doxa a donné orthodoxe, qui se conforme à l’opinion commune et paradoxe, idée contraire à l’opinion commune.

 

"Je n'aime pas beaucoup qu'on partage mon opinion, j'ai l'impression de n'avoir plus qu'une demi opinion." dit le chat de Geluck.