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04/08/2014

Conte d'été -2-

L’île où est né le petit Jòn, pas vraiment petite, pas vraiment paradisiaque, est bien plus grande que le Luxembourg quoique deux fois moins peuplée.

gestion-finances-nice.jpgPendant l'enfance du petit Jòn, l'économie de l'île est orientée vers la pêche. Plus tard, au début du siècle, la privatisation des banques va entraîner l’économie vers les services financiers et les investissements  pour en faire un des pays les plus riches du monde. Cette richesse soudaine va entraîner de grandes inégalités dans l’île.

A seize ans, le petit Jòn en est déjà à sa deuxième tentative de suicide. Il traîne son mal de vivre dans des foyers pour jeunes en difficultés. Il se considère comme idiot puisque tout le monde lui dit qu'il est idiot. Il passe plusieurs années en institutions spécialisées pour enfant à problèmes. Pourtant il a des projets, il veut être punk. Un punk no future mais un punk comique. Il fait déjà le pitre pour ses camarades. Il ne veut rien apprendre à l'école mais il sait faire l'idiot pour faire rire les copains. Et puis, il a son jardin secret.

monty-python-1020x1024.jpgIl a ses propres lectures. Il s’intéresse au mouvement anarchiste, aux surréalistes, aux Monty Python,  il lit même le Tao Tö King de Lao Tseu. Il devient aide-soignant en psychiatrie puis chauffeur de taxi. Le soir il est bassiste au sein du groupe punk Les Morveux. Musicien jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il n’aime pas vraiment la musique, que ce qu’il aime c’est raconter des blagues entre les morceaux.

Il parle de plus en plus, du coup il décide de faire une carrière de comique. A vingt ans, il a un un premier enfant.

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03/08/2014

Conte d'été -1-

3131810000_1_2_WFwCYszu.jpgIl était un fois un petit garçon prénommé Jòn qui vivait sur une île. Une île pas vraiment petite, ni déserte, ni même paradisiaque. Une île plutôt froide et même glaciale par moment.

Aucune fée ne s’était pas penchée sur le berceau du petit Jòn en ces jours de janvier 1967. Ses parents étaient déjà âgés et aigris. Son père,  policier de son état, abonné à la Pravda n’avait jamais eu d’avancement à cause de ses opinions communistes. Chaque soir, assis face à la photo de Staline, il rabâchait devant son fils et sa femme un discours aigri que la mère de Jòn, grenouille de bénitier, ne partageait pas mais que tous deux écoutaient en silence par souci de ne pas mettre le pater-familias en colère.

Malheureusement pour Jón ce n’était pas à l’école qu’il pouvait trouver quelques compensations. Jòn était un cancre. On le déclara même attardé et on eut aucune difficulté à le convaincre qu’il était attardé. En plus, il était petit, maigrichon, hyperactif et toujours à se plaindre de mots de tête et de migraines. Il n'allait pas apprendre à écrire avant l’adolescence et à quinze ans il ne parvenait pas à citer les mois du calendrier dans le bon ordre.

Voilà un bien triste début d’histoire me direz-vous. C’est l’été, on veut se marrer ! Juillet a été assez pourri comme ça, Joël, sois gentil arrête ça tout de suite, c’est trop triste !

Eh bien non. Je vais continuer car cette histoire pourrait finir mieux qu'elle n'a commencée.

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17/05/2014

Nuages

pt96156.jpgLe nuage est à la mode. L'anglais l'appelle CLOUD car cela fait moins éthéré, plus business oriented. Le français se contente de rester la tête dans les nuages.

Quand il ne rêvasse pas il a le cerveau embrumé, il est dans le brouillard. Le plus souvent il voit son avenir plein de nuages, noirs de préférence.

Les informaticiens américains ont inventé le CLOUD computing qui consiste à mettre les données dans les nuages. C'est dangereux, on ne sait pas qui pourrait les trouver. Et bien que les nuages se déplacent habituellement d'ouest en est, vos données risquent de traverser l'atlantique d'est en ouest. C'est pourquoi une entreprise nommées Nu@ge veut relocaliser le cloud computing en France. Son ambition : Un Cloud computing open, écologique et relocalised. Voilà qui est parlé.

A propos de nuages, les vrais cette fois, Hervé, fidèle lecteur, m'envoie un communiqué de presse que je vous livre tout chaud, enfin tout frais, et donc pas réchauffé.

wallpaper-foret-et-nuage.jpgGenève, le 16 mai 2014. Dans un article publié aujourd’hui dans la revue Science, l’expérience CLOUD1, au CERN, rapporte que les vapeurs biogènes émises par les arbres et oxydées dans l’atmosphère jouent un rôle important dans la formation des nuages et contribuent ainsi au refroidissement de la planète.

Ces aérosols biogènes sont ce qui donne aux forêts, vues de loin, leur halo bleu caractéristique. L’étude de CLOUD montre que les vapeurs biogènes oxydées se combinent avec de l’acide sulfurique pour former des particules embryonnaires, lesquelles peuvent ensuite grandir et devenir les noyaux de condensation autour desquels les gouttelettes des nuages peuvent se former.

Voilà, si vous pensiez que l'acide sulfurique pouvait, à lui seul, former les nuages, vous aviez tord. Il y faut aussi des vapeurs biogènes. Depuis la plus haute antiquité, l'homme vit dans un nuage de vapeurs biogènes émises par les arbres. Contrairement à la femme, il ne voit pas la vie en rose. Dans le meilleur des cas, il monte sur la montagne pour pouvoir contempler le bleu qui émane de la forêt. Mais le plus souvent il reste dans la grisaille nuageuse en attendant le réchauffement climatique qui ne saurait tardé nous dit-on.

10/08/2013

Muray et sa blonde

philippe-muray-1.jpg

Philippe Muray (1944-2006) était sans doute un sale type. Mais un sale type qui savait écrire. Il était plus réac qu'Eric Zémour. Il savait mettre en valeur les idées les plus rétrogrades. C'était un réac de toutes obédiences, anti progrès, anti société, anti règles, anti tout, misanthrope, misogyne, misandre, misengarde, misenbière, misosocialo, misantout et même limite fascho.

Cependant, il faut bien admettre que les idées réacs font des textes plus marrants que les idées de la bien- pensance de gauche. Les exemples pullulent dans la littérature du siècle dernier... Chardonne, Nimier, Laurent, Blondin...

En effet, la littérature comme le théâtre est beaucoup plus attirante quand elle est nous fait nous poiler. Une figure de style qui essaye de nous convaincre du bien fondé de la générosité, de l’altruisme, des bons sentiments, de la compassion est toujours plus affligeante que la même figure qui transperce d’un trait la carapace de vertu d’une dame patronnesse ou d'un politicien compatissant. 

Muray savait comme personne poser des questions et dégonfler les baudruches de la modernité et de la post modernité. Il s’en prenait au clinquant, au faussement charitable, aux dévouements bidons, aux lois protectrices, au désintéressements factices... Et forcément, il s’en dégageait une impression de haine de tout ce qui est gentillesse, douceur et bonté, d'où mon qualificatif de "sale type".

Lucchini, après avoir dit Lafontaine et Céline, s’est attaqué à Muray. Il a notamment dit sur scène le poème « Tombeau pour un touriste innocente » qui, il faut bien l’avouer est un petit bijou. Mon passage préféré « Petit poulets de grain ayant accès au pré ». Fabrice dans sa loge :

Rien n´est jamais plus beau qu´une touriste blonde
Qu´intervieuwent des télés nippones ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d´un pirate aux façons très courtoises

Elle était bête et triste et crédule et confiante
Elle n´avait du monde qu´une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution

La suite ici

13:52 Publié dans Humour, Textes | Lien permanent | Commentaires (5)

25/04/2013

Surdité

 LSQ_logo_surdite.jpgAujourd’hui, je me suis fait traiter de sourd par celui qui articule mal. C’est vexant. Faut-il que je fasse un bilan auditif ou est-ce lui qui doit prendre un cours de diction ? Du coup, il bredouille que pour le cours de diction, il n’est pas d’accord.

Il n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre.

La surdité est une perte partielle ou totale du sens de l'ouïe. On parle aussi d'hypoacousie qui peut devenir pour les sourds totaux l'anacousie ou la cophose. Dans le cas de personnes âgées, on parle de presbyacousie qui commence à partir de 18 ans, paraît-il, et qui peut être aggravée par l’exposition trop proche et fréquente des baffles diffusant du rock à plein tube.

La cophose, surdité totale, peut être due à une fracture du rocher. Le rocher est la partie pétreuse de l’os temporal qui contient les fameux osselets, le marteau, l’enclume et l’étrier. Ces osselets transmettent et amplifie les vibrations du tympan jusqu’à la cochlée. Voir aussi cette note.

guitarenscene.jpgCurieusement, lors de Guitare en scène, célèbre festival de guitare de Saint Julien en Genevois, on croise des jeunes munis de bouchons d’oreille. Il arrive même que presque tous les auditeurs soient munis de ces bouchons. On penserait que baisser le son soit un solution, mais non…

Pour finir une digression sourde : Mon coeur est lourd... mon corps est sourd mes doigts sont gourds. Pour mourir, je pourrais me jeter du haut d’une tour et tomber dans la cour. Mais le sourd ne court-il pas le risque de ne pas entendre sonner sa dernière heure. Alors, réflexion faite, je cours.., boire une bière place du Bourg de Four.

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