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07/04/2011

Mister Pip

Plaisir de retrouver des amis à Baratier près d’Embrun, plaisir de marcher dans les Calanques de Cassis sous le soleil et plaisir de lire. Difficile de faire mieux en quelques jours.

Pour les Calanques, c’est comme d’habitude en vedette, En Vau, Port-Miou, Port-Pin, Sugiton, la grande Candelle et le Candelon… et les chemins flèchés de rouge, de blanc, de vert qui serpetent au milieu des rochers.

 

Pour le livre, c’est

Mister Pip

de  Lloyd Jones.

Que je compte bien faire lire autour de moi et dont je laisse le soin de commenter à l’experte Nancy Huston :

 

Mister Pip met en scène et en abyme, de façon subtile mais vertigineuse, l'empathie narrative. L'auteur, homme blanc dans la cinquantaine, se glisse dans la peau d'une fillette noire de 13 ans, qui se glisse dans la peau du héros d'un roman écrit cent cinquante ans plus tôt à l'autre bout de la planète - et nous, lecteurs, nous glissons à notre tour dans la peau des enfants éberlués, des parents affolés, des rebelles aux abois et, surtout, de ce magnifique désespéré qu'est M. Watts. Lloyd Jones nous offre là non seulement une histoire palpitante, vive, sensuelle, colorée, humaine, dans laquelle la tendresse la plus poignante alterne avec la violence la plus extrême (la lecture de certaines pages est suffocante) - mais aussi, en toute humilité, une leçon magistrale, à méditer par tous les professeurs de littérature à travers le monde. Le roman, nous rappelle-t-il encore et encore, nous donne la permission de changer notre vie.

22:36 Publié dans Lecture, Montagne | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/01/2011

Muray-Lucchini

J’ai écrit en 2007 une note sur Philippe Muray que je ne renie pas après avoir vu Fabrice Lucchini disant ses textes. J’avais même mis un commentaire que je trouve toujours pertinent suite à un lecteur qui le comparait de Vialatte. Je me cite :

« Cela me semble juste de le (Muray) comparer à Vialatte, même penchants politiques et grand talent... à première lecture, Vialatte me semble avoir plus de légèreté.

Ceci dit, comme Vialatte, Muray (1945-2006) était un fieffé réac qui n’avait pas, me semble-t-il ce petit état de grâce humoristique qui faisait de Vialatte ce vieux con qu’on aimait à qui l’on pardonnait tout comme le disait, je crois, DvanW. Pour être juste, Muray était plus un philosophe et un moraliste alors que Vialatte était plutôt un artiste. Les textes de Muray ont une grande profondeur et ils ont été écrit un demi siècle plus tard, avantage non négligeable.

 

 Lucchini fait du Lucchini avec Muray comme il en a fait avec La Fontaine ou avec Céline. Il joue un rôle, il imagine que la salle est pleine de bobos qui ne connaissaient pas Muray et qui découvrent, atterrés, un écrivain qui déteste la modernité, la fête, les emplois sociaux... C’est sans doute un peu vrai (l'atterrement) pour certains. Du coup, Fabrice joue au comédien de gauche qui travaille pour ceux qui sont en haut du balcon et qui ont des billets bon marché.  

 

Très belle intro de Fabrice avec un texte de Cioran qui raconte qu'il n’ose pas aborder Beckett dans un parc. Ensuite Muray... Je n’ai pas vraiment aimé le texte sur les métiers (les fameux nouveaux métiers comme "agents d'ambiance", "coordinateurs petite enfance"...) qui se moque des "emplois jeunes" de Martine Aubry. Dans le fond, Muray ne connaissait pas vraiment le problème, ou il joue au con. Le texte sur le sourire bloqué de Ségolène Royal m’a beaucoup plus. Très drôle et tellement vrai. J’ai plus ou moins aimé un autre texte sur  l' "infantéisme" (néologisme de Muray) de la société où le citoyen veut continuer à être un enfant avec ses caprices et ses désirs dans le seul but de perpétuer cette enfance éternelle (le bonheur étant associé à la période de l'enfance). Et enfin, j’ai adoré un long poème dans lequel Muray se moque d’une fille bobo et voyageuse (la touriste innocente) à qui il arrive des malheurs. Le coup du poulet nourri aux grains et qui courre dans l’herbe, Lucchini en fait des tonnes, et, bon public, on se marre.

 

Bref, on n’y va pas pour Muray que l’on peut lire par ailleurs. Sa vision bien qu’aux antipodes de la mienne (et même parce qu’aux antipodes) pour certaines choses me fait beaucoup réfléchir sur notre société. Comme Zemour, il est un mal nécessaire. Il faut lire ses textes sur l’envie de justice, l’empire du bien… Bien sûr, on y va pour Lucchini qui, s’il lisait des textes de mon blog, serait sans doute capable d’en faire un spectacle poilant. Encore faudrait-il qu’il passe par ici. Qu’il vienne sur ce blog pour Vialatte. Il m’a semblé qu’il connaissait mal Alexandre suite au texte de Muray qui commence par : « L’enfance date de la plus haute antiquité… »

Autre parallèle, après Guy Debord, cité par Lucchini, qui m'est venu à l'esprit, dans la critique du langage, le relie avec Franck Lepage. Parallèle que Franck n'aimera pas. Franck n'est pas un écrivain mais c'est un humoriste moraliste marxisant qui, à la différence de Murray, n'explique pas les dérives par une grande déviance bienpensante sociale-démocrate qui touche la société par sa droite et sa gauche. Lepage pense, en gros, que le capitalisme est responsable de cette novlangue dont l'emprise est voulu/calculé par les puissants. Je penche pour Lepage mais, il se peut, que Murray ait en parti raison.

21:28 Publié dans Blog, Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/01/2011

L'usine à lapins

 

 

Une grande découverte que ce Larry Brown et son usine à lapins. En 470 pages il nous balade dans plusieurs histoire assez peu corrélées qui alternent en vous tenant en haleine. On suit des personnages un peu glauques dans la ville de Memphis, et une Amérique populaire.

 

 

Il y a d’abord ce couple, 70 ans/40 ans, dans lequel la femme s’ennuie. Elle a des besoins  et tente de débaucher un jeune de 20 ans, sympa et paumé, venu pour attraper un chaton.

 

Il y a Anjalee, une prostituée qui ne porte pas chance à ses amants et qui inspire un amour géant à un jeune boxeur engagé dans la marine.

 

Il y a surtout Domino le boucher. Il n’a pas eu de bol dans sa vie Domino, et pour tout arranger, avec son camion, il prend un chemin de traverse et rencontre un cerf de Virginie qui aurait pu lui donner les délicieux steaks dont il rêvait mais qui, au contraire, va bouleverser sa bien pauvre vie.

 

C’est plein de détails marrants. C’est raconté à merveille et savamment traduit dans un français parfaitement adapté aux personnages. On pourrait regretter le manque de liens entre les histoires mais on pardonne tout, tellement on est content de suivre ces tranches de vie.

 

Malheureusement Larry Brown est mort en 2004, il avait 53 ans. Il ne nous livrera plus d'usine à lapins.

04:56 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/01/2011

Auster et Lapins

 

Quelques livres de ce début d’année :  

  • Un Paul Auster assez costaud que JJ dit avoir été écrit pour moi.
  • Une découverte dont je vous parlerai demain: "L'usine à lapins."
  • L'heure d'avant de Colin Harrison Un polar leger, disons le polar de la décénie du mois un peu fade après l'usine à lapins. 
  • Les Années d'Annie Ernaux qui nous refait le coup de Je me souviens de Perec... Assez réussi ! 

Les deux premiers découverts grâce à JJ avec une très belle photo d'Andrée en souvenir avec une phrase du pauvre Ruthbeuf tirée de la complainte.

 

  

Dans le scriptorium de Paul Auster.

 

Une fantastique mise en abyme d’un écrivain et de son œuvre. Mister Blank estr un vieillard enfermé dans une chambre blanche tout habillé de blanc, est confronté à ses héros plus ou moins hostiles. Une caméra enregistre les faits et gestes d'un vieil homme qui constate qu'il ne se souvient plus des événements qui ont précédé. Le coup de fil d'un soi-disant policier, James Patrick Flood, la lecture d'une entame de roman intitulé Neverland et la consultation de photos laissées sur un bureau non loin du lit vont le plonger dans la perplexité. Une femme survient, elle s'appelle Anna, elle vient prendre soin de lui; il a avec elle, il le sait confusément, un lien particulier.

 

Au fil des 135 pages, on retrouve certains personnages de l’œuvre d’Auster en particulier Anna Blume. Pour les petits connaisseurs de l’œuvre d’Auster, Le Voyage d’Anna Blume est une œuvre moins connue que la Trilogie new-yorkaise mais c’est néanmoins une œuvre majeure qui décrit un monde décadent, voué à vivre sur la récupération des ordures, et dans lequel Anna tente de survivre.  

 

Le mot scriptorium (au pluriel, des scriptoria) est un mot latin dérivé du verbe scribere qui signifie « écrire ». Ce nom désigne l'atelier dans lequel les copistes réalisaient des livre copiés manuellement, avant l'introduction de l'imprimerie en Occident. 

21:24 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : paul auster |

05/09/2010

Le brave tampon Chvéïk

 

Le brave soldat Chvéïk est un roman satirique de l'écrivain tchèque Jaroslav Hašek (1883-1923). L'œuvre relate sur le mode de l'absurde et du grotesque les pérégrinations de Josef Chvéïk, brave Tchèque de Prague vivant à l'époque de la Grande Guerre, sous la domination austro-hongroise.


Chvéïk passe pour un idiot. Il l’est dans le sens premier, c'est-à-dire original, singulier, étranger, inadapté (propre à l’individu comme dans idiosyncrasie). Le problème c’est qu’autour de lui la bêtise règne. La bêtise des puissants, la connerie des militaires, l’imbécillité des lâches… Lui, Chvéïk, dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit même si ses prises de position en faveur de l’empereur paraissent bien étrange à Prague et lui valent autant de déboires qu’aux détracteurs tchèques du pouvoir étranger.

On suit avec amusement ses aventures sous fond de Première Guerre mondiale, dans l'Empire austro-hongrois décadent, au royaume d’Ubu. Cela commence en 14 avec l’assassinat du gros archiduc à Sarajevo qui va mettre l’Europe à feu et à sang. Ce qui fait la force du personnage, c’est son obéissance inconditionnelle à l’ordre austro-hongrois dans cette Tchéquie qui obéit à reculons et qui continuera à jouer le jeu sans conviction dans la période communiste jusqu’au printemps de Prague puis à la chute du mur (pour simplifier:-). Chvéïk dit « Je vous déclare avec obéissance que je suis fidèle à l’empereur et prêt à mourir pour l'empire. »

Le Brave Soldat Chvéïk entre autres péripéties devient tampon d’un aumônier militaire (feldcurat) athée et paillard puis d’un lieutenant coureur de jupons. Mot vieilli, le tampon était un soldat d’ordonnance, c'est-à-dire un soldat attaché (domestique) à un officier. On disait tampon en France car leurs bérets avaient la forme d’un tampon de locomotive.

* Une traduction un peu étrange de Henry Horejsi qui alterne les lourdeurs et une grande invention verbale sans doute dans l'original de Hasek.

10:14 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |

31/07/2010

Quel livre ?

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Vous attendez chez le médecin (ou le dentiste, le coiffeur…)

Quelqu’un est plongé, totalement absorbé, dans un livre.

Est-ce que comme moi vous faites tout pour découvrir le titre du livre ?

Si oui, je vous offre un nouveau passe-temps…

 

Désormais, plus besoin de vous déplacer, vous pouvez suivre ce que les gens achètent dans le monde entier chez « The book depository », une sorte d’Amazon anglais. C’est ici. A l’nstant où j'écris cette note, en France quelqu’un vient d’acheter « Positive dog training », un "guide complement idiot" pour dresser son chien de manière positive.

08:51 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |

16/07/2010

Tillier

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Georges Brassens disait donc « Quiconque n'a pas lu Mon Oncle Benjamin ne peut se dire de mes amis ». Mon oncle Benjamin est un livre de Claude Tilier (1801-1844).

Edouard Molinaro en a tiré un film avec Jacques Brel dans le rôle titre.

Le livre n’est pas facile à trouver mais il est sur la toile en accès gratuit. Difficile de donner un extrait de cette histoire très voltairienne. Voici un passage très philosophique et le livre si vous avez JavaScript.

Nous nous disons : Voilà la journée finie ; nous allumons notre lampe, nous attisons notre feu ; nous nous apprêtons à passer une douce et paisible soirée au coin de notre âtre : pan ! pan ! quelqu'un frappe à la porte ; qui est là? c'est la mort : il faut partir. Quand nous avons tous les appétits de la jeunesse, que notre sang est plein de fer et d'alcool, nous n'avons pas un écu ; quand nous n'avons plus ni dents, ni estomac, nous sommes millionnaires. Nous avons à peine le temps de dire à une femme : « Je t'aime! » qu'à notre second baiser, c'est une vieille décrépite. Les empires sont à peine consolidés, qu'ils s'écroulent ; ils ressemblent à ces fourmilières qu'élèvent, avec de grands efforts, de pauvres insectes ; quand il ne faut plus qu'un fétu pour les achever, un bœuf les effondre sous son large pied, ou une charrette sous sa roue. Ce que vous appelez la couche végétale de ce globe, c'est mille et mille linceuls superposés l'un sur l'autre par les générations. Ces grands noms qui retentissent dans la bouche des hommes, noms de capitales, de monarques, de généraux, ce sont des tessons de vieux empires qui résonnent. Vous ne sauriez faire un pas que vous ne souleviez autour de vous la poussière de mille choses détruites avant d'être achevées.

02:42 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |