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14/04/2006

Radio Livre

Je continue ma lecture avec des hauts et des bas, enfin plus de bas, je dois bien l’avouer. Je prends des notes et j’écoute les auteurs sur France-Inter. C’est intéressant d’écouter les questions que posent les interviewers et de constater à quel point ils lisent bien les livres. Amusant aussi d’entendre dans l’entretien avec Nathalie Kuperman à quel point la journaliste se permet de mettre en valeur ce qu’elle, journaliste, a trouvé qui manquait dans le livre et de voir que l’auteure lui rèpod gentiment.

Je viens de aussi d’écouter le Masque et la Plume de dimanche dernier où Xav m'avait signalé qu'on parlait du Nicolas Fargues. J'avoue que j’ai un peu de peine à comprendre cet engouement. En plus c’est ma copine Patricia Martin qui est le plus soulevée par cette vague farguienne. Passe encore qu’elle pense que la sexualité du narrateur soit représentative de celle du premier sexe (un mec très beau, très porté sur la chose, obsédé, et qui avoue 4 à 5 femmes a 30 ans, vous trouvez ça normal ?) mais qu’elle cautionne les banalités dites dans ce livre sur l’Italie et les italiens… ça m’inquiète, surtout que Patricia est comme moi une grande italophile.

22:32 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ecriture

12/04/2006

Je vais de mieux en mieux

medium_lelievre.jpgJe vais de mieux en mieux


Marie-Dominique Lelievre

 

(Flammarion)


 

Selection Livre Inter

 

Elle s’appelle Gabrielle et lui Pierre. Ils ont la petite quarantaine, un peu moins peut-être, ils sont riches, ils sont beaux, lui est architecte, une pointure semble-t-il, ils ont une fille Inès, 15 ans, mignonne bien sûr et un peu chiante comme il se doit, exigeante avec papa, tannante avec maman. Ils viennent de se construire une villa de rêve dans un paysage de rêve que l’on imagine facilement en Corse. Il y a même une société de gardiennage qui passe un peu trop souvent près de la maison pour être honnête.

C’est Gabrielle qui raconte sa vie de rêve, sa maison de rêve, version demeures et châteaux, son mari de rêve, enfin presque, de ce côté la relation se gâte. Le Pierre, constructeur de son état, se renferme dans sa coquille comme un bernard-l’hermite. Il parle à la rigueur d’architecture mais il n’a pas envie de parler de l’éducation de sa fille et encore moins d’amour. Gabrielle ne se laisse pas abattre, elle est adepte de la méthode Coué alors elle se répète régulièrement la phrase magique :


Tous les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux.

 

Et pourtant rien ne s’arrange. Malgré les appareils de marque, les produits de bon goût et de qualité, les vêtements chicos, les soirées branchées… A tout point de vue Gabrielle va de plus en plus mal.

Les héros sont bien campés, visiblement Marie-Dominique connaît bien le monde dans lequel évoluent nos trois héros. Elle cite les produits qui vont bien. Elle connaît le vocabulaire qui fait va avec et qui fait mouche : Une orchidée blanche trémule à la fenêtre… Une goutte séreuse tombe de ses cheveux… ils sont des personnages de SF pris dans le suc des aliens, les roches sont adamantines… la pénombre stroboscopée… Beaucoup de recherche dans l’écriture, pourtant, on a beau circuler entre Paris et l’île de rêve, cette Fabienne Bovary là m'a un peu fatigué.

09/04/2006

La tentation des armes à feu

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La tentation des armes à feu
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de Patrick Deville
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(Seuil)

 

Selection Livre Inter

 

Aie ! Pas facile de décrire cette histoire. D’ailleurs, il n’y a pas d’histoire. Il y a un narrateur qui a la bougeotte et nous emmène dans ses bagages. Il n’a y pas d’ailleurs que ces voyages qu’il nous fait partager. Il nous fait participer à son intérêt pour Baltasar Brum dont il a trouvé une photo le jour de son quasi suicide deux pistolets Smith et Wesson chromés à la main. Vous ne connaissez pas Brum ? Pourtant il a été président de l’Urugay de 1919 à 1923 !  On ne découvre pas que Brum… il y a aussi une femme brune, son Infante de Castille, son amour impossible, et puis une jeune anglaise qui lui a fait découvrir Après le feu d'artifice d'Aldous Huxley.

Et ce n’est pas fini, on part du côté de l’ex URRS, on parle d’Essenine, à qui Kirov prêta sa maison près de Bakou, de Lermontov et de Pouchkine, morts en duel à quelques années d’intervalle, de Maïakovski, né en Géorgie, qui se tira une balle dans le coeur. Des destins que l’auteur évoque dans un récit qui prend des formes de poupées russes. On y parle même, et pourquoi pas, de la Lada une voiture  mythique et dont j’ai même possédé un exemplaire jaune...

Et on continue de partager la curiosité de l’auteur, on se penche sur la fin de Topaz (l’étau en français) ce film de Hitchcock sur la crise des fusées de Cuba, boudé par les plus fanatiques des hicthcockiens et particulièrement sur le souvenir de la main de Michel Piccoli, «qui plane, un instant, au-dessus d'un tiroir ouvert», dans lequel traîne probablement un funeste instrument.  L’auteur parle du mcguffin d'Alfred.
 
Puis on retrouve en France, la fameuse «Grande Infante de Castille», le fil rouge de ce roman, celle qui fait le pont entre toutes les histoires. Avec malice Patrick Deville nous fait voyager avec ses fantômes et les armes à feu qui sont  « comme l'alcool, des promesses de paradis qu'on implore quand rien ne va plus mais aussi quand trop de bonheur vous submerge.»

Le tout fait 150 pages, et encore, il y a les photos et même la musique d’une longue chanson qui ne m’a personnellement guère inspirée. Pourtant le patchwork fonctionne, les couleurs s’harmonisent, on ne sait pas pourquoi on s’est fait envoûter, on aimerait en savoir plus et on se dit que là, pour le coup, cela pourrait devenir vite barbant.

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

05/04/2006

J'étais derrière toi

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J'étais derrière toi
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Nicolas Fargues
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(P.O.L)

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Selection du Livre Inter

Le narrateur, français, blanc, très beau (comme Nicolas), la trentaine, deux enfants, une femme superbe et noire. Un malheureux jour, il baisouille avec une chanteuse, noire elle aussi, et il raconte sa mini frasque à sa femme le couple se dérègle et se met à fonctionner en mode sado-maso. Elle part pour trois semaines à Kodong et couche avec un beau noir, un mobalien. Le narrateur lit son journal intime et commence à raconter à un ami (virtuel) ses aventures sentimentales.

Le narrateur plaît aux filles au point qu'elles lui filent leur numéro de téléphone dans les restos, c’est précisément ce qui se passe à Romanze, en Italie où il est venu rendre visite à son père pour deux jours. Notre héros ne fait ni une ni deux, il téléphone à la fille une superbe gonzesse, vingt ans, la classe italienne et tout et tout… Rentrés à la maison il va bien sûr avouer à sa femme son aventure, enfin pas tout de suite mais presque, et la relation sado-maso repart de plus belle… Bon, je vous raconte pas la fin.

C’est écrit dans une langue moderne et simplifiée, pleine de choses, de trucs, de machins, de "bref" qui annoncent de très longues phrases à la ponctuation alléatoire. « Tu vois ce que je veux dire », « OK, je sais que c’est un cliché mais c’est vrai », « Qu’est-ce que je disais déjà ? Je me justifiais sur un truc. C’était quoi ? Ah oui… » De longues listes d'adjectifs, de questions, pas de chapitre… Moderne quoi !


Cette une histoire dans l’air du temps, plus de sexe que de psychologie, plus ado qu’adulte, plus parlée qu’écrite, on se prend pas la tête, on aime les trucs simples, les machins fastoches, les choses qu’on comprend du premier coup. C’est comme l’équipe d’Italie, y pas autant de noirs que chez nous et puis les couples blancs et noir c’est peut-être pas une bonne idée, après tout. Mais je m’égare… Peut-être… « et ma lucidité me fera paraître démoniaque en comparaison du mec lambda qui dira merde à sa meuf quand il pensera merde, qui la baisera quand il aura envie de la baiser. (…) On est tous les même faut pas croire. Et puis merde, je ne suis pas si mauvais que ça, c’est pas vrai. »  
Voilà, elle était derrière lui la meuf.

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : Littérature

03/04/2006

J'ai renvoyé Marta

J'ai renvoyé Marta
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de Nathalie Kuperman

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(Gallimard)

 

Selection Livre Inter

Sandra a pris une femme de ménage. Elle s’appelle Marta comme sa grand-mère, elle est polonaise comme l’était sa grand-mère. Pour tout compliquer Sandra à une fille, un bébé qui s’appelle aussi Marta. Sandra nous décrit par la menu sa vie au quotidien. C’est une femme heureuse, une bonne bourgeoise qui a un bon mari, un bel appartement, les deux fils d’un premier mariage de son mari, Jules et Emile, avec qui elle s’entend plutôt bien et sa petite fille Marta. Au début on se dit qu’avec tout ce conformisme, le mari va avoir une aventure avec Marta, la femme de ménage, et puis non !

L’histoire tourne autour de la névrose de Sandra qui trouve un exutoire à travers Marta qu’elle se met à espionner, à imaginer au travail, à tenter en exposant sa bague de fiançailles, elle lui explique à l’envie les problèmes de porte qui ferme mal, elle lui explique la succession des éponges de couleur et leur utilisation en fonction de leur degré d’usure, elle imagine de refourguer à Marta un vieux fauteuil vert puis une de ces anciennes robes, noire, très belle…  Bref Marta est devenue le centre de sa vie, son obsession. Le reste de la famille compte peu.

Par la magie de l’écriture l’auteure nous fait entré dans la tête de Sandra et on réussi même à s’intéresser à cette vie un peu creuse. Marta est le mcguffin d’une histoire racontée d’une écriture classique avec assez peu de dialogues. On pense forcément à Madame Bovary et on se dit qu’il est plutôt bien que, depuis Flaubert, le nombre de pages des livres ait été réduit d’un facteur deux ou trois. Essayez de relire madame Bovary, vous verrez de quoi je parle, sinon c’est que vous êtes encore plus cinglé de littérature que moi et là je dis chapeau !  

Nathalie Kuperman vit et travaille à Paris. J'ai renvoyé Marta est son quatrième roman

Extrait:

00:05 Publié dans Livre Inter | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Littérature