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18/03/2015

Ascidie

ascidie-simple.gifJe me demande ce que devient l’ascidie. Pour ceux qui ne se souviendraient pas de l’ascidie dont j'ai déjà parlé ici, je rappelle que c’est une bestiole simplissime constituée d’une bouche et d’un anus. La bouche est aussi appelée siphon inhalant ou buccal et l’anus siphon exhalant ou cloacal.

Bien sûr l’ascidie est plus compliquée que l’amibe de Vialatte mais quand même nettement moins que  l’homme ou le breton* qui en plus d'une bouche et d'un anus ont aussi une âme immortelle.

En revanche, si l’amibe s’en prend méchamment à l’intestin de l’homme, l’ascidie s’attaque non moins férocement aux cordages et aux coques de bateaux. Et comme les bateaux ont la sale habitude de naviguer sur les flots, les ascidies se baladent de mers en mers. C’est ainsi que l’ascidie massue (ou plissée) qui peut mesurer 12 centimètres est venue de Corée envahir les eaux bretonnes et belges dans les années septante.

Parmi les 2'222 espèces d’ascidies (je les ai comptée) on distingue deux grandes catégories : Les solitaires et celles qui vivent en colonies. Parmi les solitaires, outre la massue, il y a la ciona intestinalis qui partagerait 80% de son génome avec le pêcheur breton et la figue de mer (dites aussi violet ou Biju) que l’on mange à Marseille avec un aïoli ou une goutte d'huile d'olive et de citron. Ce serait paraît-il iodée et surtout aphrodisiaque. Les rares lyonnais qui y ont goûté ont trouvé que les marseillais étaient décidément des fadas ! 

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* Comme je ne veux pas copier Vialatte, je n'ai pas choisi l’auvergnat mais le breton qui le mérite bien, ma foi !

"La plus féroce était l’amibe : l’amibe, bestiole sans âme, sans pattes, sans tête, sans cœur, grossièrement composée d’elle seule ; l’opposé, le contraire de l’homme et de l’Auvergnat, qui se composent, d’une façon compliquée, de la tête, des bras, des jambes et d’une âme immortelle, sans compter le colon descendant.

Ennemie jurée du colon descendant, l’amibe s’y tapit en cachette. Elle décima la race humaine. Que lui opposer ? Les eaux de Châtel."

19:41 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (1)

04/02/2015

Bryophytes

Ce qui rend la vie plus ou moins plaisante dépend assez souvent de notre état d'esprit, de notre façon de voir… Deux exemples botaniques :

pissenlit-capitule.jpgOn peut considérer les pissenlits dans la pelouse comme des plaies et les exterminer avec un désherbant systémique pour plantes à larges feuilles, en polluant le sol.

On peut aussi considérer que c’est une fleur jaune plutôt jolie à regarder.

On peut voir les tapis de mousse comme une plaie dans la pelouse et les chasser à coup de sulfate de fer ou de scarificateur. Avec le scarificateur, il faut en plus ramasser les mousses, c'est fatiguant, et les amener à la déchetterie car c'est pas très bon pour le compost.

On peut aussi les considérer à l’instar des japonais, comme un tapis très décoratif. En plus les mousses ont une grande résistance à la sécheresse et au gel, elles absorbent l'eau, pas besoin de tondre, sympa pour marcher les pieds nus... que des avantages !

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D’ailleurs, au sujet des bryophytes (les mousses), il faut savoir qu’ils sont très efficaces pour purifier l’air. Et aussi que le sulfate de fer (qui tâche le sol de la terrasse) est à moyen terme propice à la prolifération des mousses. De même la scarification les propage bien plus qu’elle ne les limite.  

Bryophyte du grec bryo – mousse et phyto - plante. Avec phyto, on a des mots savants... mésophyte, zoophytessaprophyte (à qui ? une plante saprophyte est une plante qui vit de la décomposition d'autres plantes)… On a aussi les produits phytosanitaires qui malgré leur nom (soin des plantes) recouvre des pesticides pas très sains.

07:28 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (5)

01/01/2015

Cerveau bleu

Je ne voudrais pas plomber totalement cette joyeuse ambiance de premier janvier, mais j’ai une très mauvaise nouvelle pour 2015. Laquelle ? Vous me direz qu'on n'attend pas vraiment de bonnes nouvelles. C’est vrai. Mais… à comparer de  ce que j’ai à vous dire tout ce à quoi vous pensiez de mauvais pourrait paraître une bonne nouvelle.

La victoire des OGM, l’exploitation des gaz de schiste ? Peanuts !

La signature de TAFTA à l’avantage des multinationales ? Détails !  L’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir suite à la démission de François Hollande ? Pas grave ! L’effondrement de l’euro et  la perte de vos économies ? Bagatelle ! Non, ce que je vais vous annoncer est bien plus sérieux.

deep1.jpgAvez-vous entendu parler de Deep Blue ? de Watson et Jeopardy ? De Blue Brain ? ... Les journaux cachent bien les nouvelles importantes. Oui, Deep Blue, on en a parlé. C'était cet ordinateur fabriqué il y a plus de 20 ans et qui, au siècle dernier, en 1997 a battu Kasparov dans un tournoi d’échecs au 19ième coup de la 6ième partie, après un échange d’une tour contre un fou.

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Deep Blue n’était qu’un enfant à comparer de Watson, un autre ordinateur conçu par IBM. Watson est capable de comprendre le langage naturel et d’en tirer des stratégies. En février 2011, Watson a affronté Ken Jennings et Brad Rutter les deux plus grands gagnants du jeux Jeopardy. Ce jeu télévisé consiste à deviner les questions à partir des réponses et d’évaluer la capacité des adversaires à retrouver les questions. Jeu passablement stratégique. Le plus difficile consiste à appuyer sur le buzzer au bon moment en anticipant légèrement sa propre capacité a trouvé la réponse question. Watson a écrasé le match et a gagné 1 million pour des œuvres caritatives.

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Blue Brain, le cerveau bleu, est beaucoup, beaucoup plus inquiétant que Watson. Fabriqué lui aussi par IBM et opéré à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Blue Brain a plusieurs dizaines de milliers de processeurs. Il effectue plus d’un million de milliard d’opération (1'000'000'000'000'000) par seconde. Programmé par plus de 40 spécialistes de l’intelligence artificielle, de informaticiens, biologistes, psychologues ou mathématiciens, Blue Brain modélise un cerveau d’un million de neurones répartis en 240 types distincts, et connectés par des milliards de synapses. Démarrer en 2005, le projet prévoyait de simuler un cerveau de chimpanzé pour 2018.

Mais, depuis 2010, des fonds importants sont arrivés à l’EPFL, fonds d’origines plus ou moins occultes. Du coup le projet progresse à pas de géant selon son concepteur. Et depuis quelques mois, c’est le black out à Lausanne, plus aucune information ne sort. Les scientifiques qui travaillent sur le projet ont, semble-t-il, juré le secret total.

Pourtant, des sources informées, on croit savoir que les chercheurs planchent jour et nuit sur une manière de contrôler Blue Brain qui aurait dépassé l’intelligence de ses concepteurs et serait désormais devenu quasi indépendant. Grâce à Internet, il aurait déjà fait des petits dans nos ordinateurs et tablettes. Des petits bouts de programmes moins puissants certes, mais bien gênants... Vous en avez peut-être déjà été les victimes sans le savoir.

Plus inquiétant encore, Blue Brain a fait son nid dans le  nouveau robot personnel japonais Pepper. Ce robot vendu 2000 dollars au Japon et qui avec son compagnon Salt, le robot peluche déguisé en phoque est en train de conquérir les cœurs de vieillards dans toutes les maisons de retraite japonaises. Pour Noël, il s’en est vendu plusieurs centaines de milliers. Les Peppers sont des robots extrêmement adaptables, capables de reconnaître les émotions sur le visage des personnes qu’il accompagne et de réagir en conséquence. Ont ils tous été infectés par Blue Brain ? Aucune certitude pour le moment, mais il se peut que des bouts d’intelligence du cerveau bleu soient depuis peu dormants dans ces petits robots comme ils le sont dans vos ordinateurs personnels. Qu'attendent ils ?

D’après Michael S., qui souhaite garder l’anonymat, il est très probable que 2015 sera l’année qui va voir l’intelligence artificielle supplanter enfin la connerie naturelle et surtout la crédulité des foules du nouvel an.

 

*Les infos citées ici sont authentiques... enfin pour la plupart... Seule la fin et quelques chiffres sont un peu exagérés... juste un peu.

05:38 Publié dans Humour, Science | Lien permanent | Commentaires (3)

11/12/2014

Effet Pygmalion

Effet Pygmalion et effet Golem

Robert Rosenthal (1933-)  a réalisé cette expérience qui se rapproche de celle mentionnée dans ma note d'hier :

tk143-6f44942d-33a9-4338-858c-dc2bf8b18eca-v2Après avoir constitué deux échantillons de rats totalement au hasard, il informe un groupe de six étudiants que le groupe n° 1 comprend 6 rats sélectionnés d'une manière extrêmement sévère. On doit donc s'attendre à des résultats exceptionnels de la part de ces animaux.

Il signale ensuite à six autres étudiants que le groupe des 6 rats n° 2 n'a rien d'exceptionnel et que, pour des causes génétiques, il est fort probable que ces rats auront du mal à trouver leur chemin dans le labyrinthe. Les résultats confirment très largement les prédictions fantaisistes effectuées par Rosenthal : certains rats du groupe n° 2 ne quittent même pas la ligne de départ.

Les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient particulièrement intelligents, leur ont manifesté de la sympathie, de la chaleur, de l'amitié ; inversement, les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient stupides ne les ont pas entourés d'autant d'affection.

Cette prédiction auto-réalisatrice est appelée effet Pygmalion quand elle est positive et effet Golem quand elle est négative.

Pygmalion, dans la mythologie grecque, tombe amoureux de sa statue d’une grande beauté. Ne pas confondre avec Bygmalion qui est était un groupe spécialisé dans le conseil, l’image, la communication et la création de menue monnaie.

Golem, dans la mythologie juive, est une statue monstrueuse.  

Suite de l’expérience sur Wikipedia

Rosenthal et Jacobson ont retenté l’expérience dans des écoles d’un quartier pauvre, délaissé de la politique et où habitent un nombre important de familles immigrées vivant dans des conditions très difficiles. Ils se présentent dans une école de ce quartier avec une fausse carte de visite et expliquent qu’ils dirigent une vaste étude à Harvard, en réalité financée par la National Science Foundation… Ce sont les élèves qui vont prendre la place des rats et leurs professeur celle des étudiants et ça va marcher !

06:29 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2)

10/12/2014

Watzlawick

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Je découvre un émission de France Culture qui date de l’année dernière dans laquelle Jackie Berroyer dit des textes extraits de livres intitulé  "Faites vous-même votre malheur", et "Comment réussir à échouer" de Paul Watzlawick.

malheur1.jpgPaul Watzlawick (1921-2007) était un psy américain de l’école de Palo Alto en Californie. Un courant qui mêle la psycho-sociologie et les sciences de l'information et de la communication en rapport avec les concepts de la cybernétique. Ce courant est notamment à l'origine de la thérapie familiale et de la thérapie brève. Il fut aussi en relation avec le mouvement de l’anti-psychiatrie.

Je vous invite à en écouter quelques extraits mais avant cela voici une expérience menée par Paul Watzlawick qui ne manque pas de sel et démontre assez bien la vacuité des diagnostics psychiatriques.

Watzlawick demande un jour à Jackson, un des membres de l'école de Palo Alto, de se laisser filmer, lors d’une première consultation avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychologue clinicien. Il demande d’autre part à un ami psychologue clinicien de bien vouloir se laisser filmer, lors d’une première consultation, avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychiatre. En réalité, Watzlawick orchestre à leur insu la confrontation de deux « psy » qui ne se connaissaient pas. Chacun met tout son talent à démontrer la folie de l’autre, sur la foi des informations préalables : plus l’interlocuteur se comporte en « psy » (une obligation, puisqu’il croit recevoir un patient très atteint), et plus ce comportement (pourtant fort judicieux) confirme son prétendu délire aux yeux de son collègue méconnu.  

Watzlawick en conclut que le diagnostic psychiatrique s'apparente à une étiquette douteuse, induite par une idée préconçue, venue d’un tiers faisant autorité.

Comment devenir bon dans la quête du malheur ou comment réussir à échouer… Introduction par Berroyer, le tout est sur le site de F.Culture.

07:49 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (5)