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09/11/2015

Le pays vert

Eirik-Raudes_Groenland.jpgParmi les exemples cités par les climato-sceptiques pour réfuter les arguments du GIEC, il y a le Groenland au moyen age. Le pays qui était vert comme l'explique son étymologie.

Indiscutablement, entre 900 et 1250 il y a eu une période de réchauffement suivi vers 1450 d’un « petit âge glaciaire. » Mais, tout bien analysé, ce contre exemple ne tient pas la route car à la même époque d’autres régions du globe se refroidissaient. Pour plus de détails, lisez l’article ici.  

Il semble que  le Groenland a été qualifié de pays vert pour des raisons de marketing. La com, toujours la com ! Eh oui, Erik le Rouge banni d’Islande comme son père avait été banni de Norvège, s’installa au Groenland et pour donner envie aux islandais de venir y habiter nomma le pays « Le pays vert » ce qui est quand même plus attirant que « le pays de glace ». Joli coup de pub !

A noter que lors du refroidissement du quinzième siècle, les viking se sont tous tirés de la grande île verte.

Aujourd'hui, le Groenland dépend du Danemark mais n’est plus dans la communauté européenne depuis 1985.

Copenhague, la capitale est pionnière en matière d’énergies renouvelables. Ils sont fort ces vikings !

29/10/2015

Nouvelles animales

Après les nouvelles de l'Homme, quelques nouvelles animales :

290px-Somateria_mollissima_male..jpgLes oiseaux disparaissent. Ceux qui survivent s’en vont vers le nord. Les eiders à duvet (image) ont ainsi quasi disparu de ­Bretagne. On les comprend : Ils préfèrent les eaux froides de la Baltique aux algues vertes. Idem pour les macreuses noires qui ne chatouillent plus le cap Gris-Nez à l'automne. Quant au fuligule milouinan, un autre canard noir et blanc, ­il va bientôt quitter la France. On en a compté 72 cette année dans l'estuaire de la Vilaine. Il y a vingt ans, ils étaient 2.500.

De plus, le changement climatique désynchronise la vie des oiseaux. Jusqu'alors, la naissance des oisillons correspondait avec le pic d'émergence des insectes et chenilles dont ils se nourrissent. Désormais, la pitance des oiseaux arrive trop tôt. Lorsque les œufs éclosent, les chenilles sont devenues papillons et se sont envolées. Et les oisillons claquent du bec. 

290px-Flickr_-_Rainbirder_-_Wood_Warbler_(Phylloscopus_sibilatrix).jpgImaginez la vie du pouillot siffleur (photo). Il est en Afrique, il se dore au soleil, il n'écoute pas France Inter ni Europe, ni rien, il ne sait même pas qu'il fait de plus en plus doux en France. Il n'a donc pas changé sa date de retour. Et, lorsqu'il arrive ici, pas un seul petit morceau de  mouche ou de vermisseau. Que dalle ! Alors il va crier famine chez l'hirondelle sa voisine mais celle-ci est aux abonnés absents. Pauvre petit pouillot ! 

Les hirondelles, mieux informées, nous disent les chercheurs, ont changé leur date de retour sans même en parler à Air-France.

vers-de-farine-48538710.jpgFace à ce désastre avicole, une bonne nouvelle, il paraît que les larves du ténébrion meunier, dit aussi vers de farine, peuvent digérer le plastique. Les chercheurs les ont nourris de Styrofoam, du polystyrène extrudé utilisé comme isolant thermique. Chaque ver en consomme 34 à 39 miligrammes par jour et ils sont des centaines de millions. C’est aussi l’insecte le plus étudié pour s’en servir comme aliment. Il serait moins cancérigène que le viande rouge. Est-ce que les vers de farine qui auront bouffé du polystyrène auront un petit goût de noisette sous la dent ?  C’est à vérifier.

c-flavissimus.jpgLes chercheurs, pas les mêmes je pense, ont aussi découvert que les poissons demoiselles peuvent distinguer sans se tromper des têtes individuelles de poissons de leur propre espèce. Mieux, ils peuvent reconnaître des individus d’espèces proches, comme le demoiselle-citron (photo). 

A quand un concours de miss chez les poissons demoiselle-citrons, concours arbitré par Wanda et madame de Fontenay ?

07:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2015

Nader et l'IA

Ce blog parle assez souvent de robots et aussi de la singularité. Récemment, j’ai fait une note sur le film Ex Machina. Je rappelle que la singularité est ce moment, pour l’instant hypothétique, où la machine va devenir indépendante de l’homme voire même être un réel danger pour la race humaine.

evolution-de-l-homme-du-singe-a-l-homme-bionique.jpg

Technologicalsingularity.jpgDans son roman Rainbows End, Vernor Vinge nous raconte, à travers une fiction, ce moment singulier où la machine va prendre son essor, disons vers 2025-2035.

Pas mal de gens pensent que cette idée est stupide que la machine sera toujours une bête machine. Un gros robot stupide, disait Boris Vian.

Pourtant, je lis de plus en plus d’articles écrits par des personnes sérieuses qui s’en inquiètent. Vous avez peut-être entendu parler de l’alerte lancée par Stephen Hawking sur la menace que cause l’Intelligence Artificielle (IA). Il  a été rejoint par Bill Gates. Aujourdh’hui, je lis un article de Ralph Nader, le pape de l’écologie aux US.  Nader pointe les robots militaires :

On sait que 70% du volume des échanges boursiers des Etats-Unis sont désormais le fait d'ordinateurs (…) Les armes autonomes, par exemple, peuvent être conçues dans un certain but par les armées, mais leur usage peut déboucher sur des situations non souhaitées et plus redoutables, où ces armes décideraient d'elles-mêmes qui et quand elles frapperaient. Bien sûr si cela peut arriver, cela arrivera !

Effrayant ? N’est-il pas ?  

Que de chemin parcouru depuis 1953 et le fameux robot à Ducros dont se moquait Boris Vian ! « He va donc gros robot ! » disait-il à un robot obèse. Qu’en penserait-il aujourd’hui ? On peut se demander si l’avenir est encore à Pic de la Mirandole ou s’il ne serait pas plutôt à un nouveau Robespierre debout face aux apprentis sorciers.    

14/08/2015

Antimatière

220px-Proton_quark_structure.jpgCela fit longtemps que je ne vous ai pas donné des nouvelles de la science fondamentale, celle qui cherche à expliquer l’univers et voudrait bien trouver Dieu le pourquoi de ce foutoir tout en débusquant le comment.

(Image : Schéma de l'intérieur d'un proton : deux quarks up et un down. Leur charge de couleur évolue dynamiquement par l'échange de gluons.)

On nous a appris que le monde est fait de matière et d’antimatière. Mais est-ce si sûr ? Pour moi l’existence de cette antimatière ressemble à un gag de physicien quand on sait que, selon l’équation de Dirac 1928, quand matière et l’antimatière se rencontrent elles disparaissent (les deux) et se transforme en énergie selon la fameuse équation E=MC2. Donc l’antimatière est très virtuelle car le premier qui met le doigt dessus va se fait péter les phalanges voire plus si il y en a beaucoup.

On se dit donc que c’est encore un truc pour financer des chercheurs en physique et construire au CERN des machines gigantesques pour faire tourner la matière en bourrique. Comment démontrer (ou non) la symétrie entre les deux sortes de matière sachant que seule notre matière à nous est vraiment palpable ?

Mon informateur au CERN (Eh oui, je me flatte d’avoir un informateur au CERN) après m’avoir rapporté que la taille des prochains synchrotrons fera le tour du Salève puis ira de la terre à la lune et ensuite de la terre au soleil, mon informateur donc vient de m’envoyer une autre coquecigrue* sur la super symétrie.

Nos savants fous jouent, avec leur synchrotron à protons (ou à baryons ou encore hadrons si on préfère), le LHC. Ils jouent à piéger protons et antiprotons dans des pièges de Penning (voir ci.dessous un piège à positron). Le piège attrape un proton à la fois, il le piège comme un vulgaire lapin de garenne. Bizarrement, le rapport ne parle pas d’accélérateur mais de décélérateur, sans doute la mode du slow travel. Ils cherchent à déterminer le rapport charge sur masse des vrais et des faux protons.

image007.jpgPour obtenir un proton, c’est simple, il suffit de prendre un atome d’hydrogène et de virer son électron négatif, on obtient un H- car le H normal est un H+. Pour l’antiproton, l’article ne dit rien. On prend sans doute un antiatome d’hydrogène (mais où ? dans le piège ?) auquel on retire son positron (ou positon qui est un electron prositif).

Résultat des courses : Le CERN annonce que, bien qu'ils aient mis le paquet, la comparaison la plus précise à ce jour entre le rapport charge sur masse du proton et celui de l’antiproton ne montre aucune différence, zéro, nib, walou, nada, que dalle. Il faudra donc rajouter du pognon pour continuer à douter de la super symétrie. Voilà, voilà !

Vialatte aurait sans doute conclut : Et c’est ainsi qu’Allah est grand ! 

* La coquecigrue est une créature imaginaire. C'est aussi Une billevesée, une sornette, une chose inventée. Débiter des coquecigrues signifie raconter une histoire ou un conte, mentir. Regarder voler des coquecigrues signifie se faire des illusions, s'occuper de choses inexistantes, voire ne rien faire du tout. Ce mot a été employé pour la première fois dans la littérature française par Rabelais qui raconte dans Gargantua comment Picrochole, vaincu et chassé de son royaume « fut avisé par une vieille lourpidon (sorcière) que son royaume lui serait rendu à la venue des Cocquecigrues » autrement dit jamais, soit, selon une expression plus actuelle : « quand les poules auront des dents ».

21:57 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

18/03/2015

Ascidie

ascidie-simple.gifJe me demande ce que devient l’ascidie. Pour ceux qui ne se souviendraient pas de l’ascidie dont j'ai déjà parlé ici, je rappelle que c’est une bestiole simplissime constituée d’une bouche et d’un anus. La bouche est aussi appelée siphon inhalant ou buccal et l’anus siphon exhalant ou cloacal.

Bien sûr l’ascidie est plus compliquée que l’amibe de Vialatte mais quand même nettement moins que  l’homme ou le breton* qui en plus d'une bouche et d'un anus ont aussi une âme immortelle.

En revanche, si l’amibe s’en prend méchamment à l’intestin de l’homme, l’ascidie s’attaque non moins férocement aux cordages et aux coques de bateaux. Et comme les bateaux ont la sale habitude de naviguer sur les flots, les ascidies se baladent de mers en mers. C’est ainsi que l’ascidie massue (ou plissée) qui peut mesurer 12 centimètres est venue de Corée envahir les eaux bretonnes et belges dans les années septante.

Parmi les 2'222 espèces d’ascidies (je les ai comptée) on distingue deux grandes catégories : Les solitaires et celles qui vivent en colonies. Parmi les solitaires, outre la massue, il y a la ciona intestinalis qui partagerait 80% de son génome avec le pêcheur breton et la figue de mer (dites aussi violet ou Biju) que l’on mange à Marseille avec un aïoli ou une goutte d'huile d'olive et de citron. Ce serait paraît-il iodée et surtout aphrodisiaque. Les rares lyonnais qui y ont goûté ont trouvé que les marseillais étaient décidément des fadas ! 

1024px-Tunicate_komodo.jpg

 

* Comme je ne veux pas copier Vialatte, je n'ai pas choisi l’auvergnat mais le breton qui le mérite bien, ma foi !

"La plus féroce était l’amibe : l’amibe, bestiole sans âme, sans pattes, sans tête, sans cœur, grossièrement composée d’elle seule ; l’opposé, le contraire de l’homme et de l’Auvergnat, qui se composent, d’une façon compliquée, de la tête, des bras, des jambes et d’une âme immortelle, sans compter le colon descendant.

Ennemie jurée du colon descendant, l’amibe s’y tapit en cachette. Elle décima la race humaine. Que lui opposer ? Les eaux de Châtel."

19:41 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (1)