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09/01/2015

Pavage

lectureFichiergw.do?ID_FICHIER=1906Un vague sentiment de perdre mon temps aujourd'hui... Mais Vialatte me rassure : 

Le temps perdu se rattrape toujours, et il ajoute,

peut-on rattraper celui que l'on a pas perdu ?

Vialatte a-t-il raison ?

C'est une question difficile. Le mathématicien anglais Penrose (1937-) répond à cette question en 1973, à propos d’un sujet de relativité générale : « On ne sait jamais vraiment quand on perd son temps » Conclusion: comment peut-on le rattraper ? 

Penrose a fait la découverte des ses fameux pavés en perdant son temps, il cherchait un jeu. Il a trouvé un pavage nouveau et non périodique. Quelques temps après,on découvre dans la nature des matériaux présentant une structure fortement ordonnée comme celle des cristaux mais non périodiques : les quasi-cristaux. Les pavages non périodiques de Penrose s'avèrent alors un modèle plausible de ces étranges matériaux.

alhambra2.jpgBon assez de théorie.

Pour les pavages périodiques, on a l'Alhambra,

ce magnifique palais de Grenade.

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L'Alhambra ! L'Alhambra ! Palais que les génies

Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies,

Forteresse aux créneaux festonnés et croulants

Où l'on entend la nuit de magiques syllabes

Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,

Sème les murs de trèfle blanc.

                                                   Victor Hugo

Pour les pavages de Penrose, on a certaines œuvres de MC Escher. Ne pas confondre avec Stephan le chanteur qui d'ailleurs s'écrie Eicher. A noter que Maurits Cornelis Escher avait 33 ans de plus que Penrose, mais il avait l'esprit encore vif quand le mathématicien a trouvé ses pavés.

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Penrose est aussi connu pour son triangle et ses escaliers qui ont beaucoup inspiré Escher :

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06/01/2015

Janvier

presentation.jpgDans ces chroniques de la Montagne, Vialatte parle 25 fois de Henri Désiré Landru qui se fiança un grand nombre de fois et mettait ses conquêtes au chaud dans son poêle à trois trous.

C’est en janvier que Landru, le sire de Gambais, qui est appelé à rester dans l’histoire comme le prototype du faux affectueux, brûla sa dernière femme dans un poêle à trois trous avec ce qui lui restait de coke, dans une petite cuisine de banlieue. Tous les honnêtes gens l’en blâmèrent. Le vent soufflait. L’ombre de sa barbe s’agitait sur le mur de la cuisine. On lui coupa la tête et on le mit en chanson. Cette histoire prouve qu’au mois de janvier l’homme aime rester au coin du feu. La femme aussi. 

283 femmes sont entrées en contact avec Landru à la suite d'annonces matrimoniales passées dans des journaux. On imagine le succès qu'il aurait eu avec l'effet démultiplicateur de Meetic ou Attractive Word... A son procès, l'un des éléments les plus accablants est fourni par des reçus de billets de train : Landru achetait, lors de ses déplacements en train à Vernouillet ou Gambais, un aller-retour (pour lui) et un aller simple (pour la fiancée). Conclusion, mesdames, vérifier bien que votre soupirant vous offre aussi le billet retour. Qui trop embrase mal éteint !

La chanson, Landru vilain barbu, c'est Trenet qui l'a faite

10:09 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (1)

05/01/2015

Silence

Je me souviens d’avoir été surpris par le silence. C’était, il y a quelques années, non loin du lac d’Arvouin. On s’y rend depuis La Chapelle d’Abondance, le village de mes ancêtres maternels. C’est à deux pas de la Suisse, quand on bascule de l’autre côté de la Pointe d’Arvouin, on est déjà à l’estranger. Vers le lac on est isolé de tout, le bruit des bagnoles n’arrive plus. Pas d'avion. J'entendais les battements de mon cœur et le bruit de l'air sortant de mes poumons.

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C’est assez saisissant de n’entendre aucun bruit. Et même ça fout la trouille. Il paraît que c’est quasi impossible de tomber au niveau zéro décibel. On peut pourtant s’en approcher... en plein centre de Paris. Dans chambre anéchoïque (eh oui !) « C’est une sorte de boîte dans une boîte, avec un cube posé sur des blocs silencieux en néoprène qui absorbent les vibrations », explique Olivier Warusfel. Lire ici.

En fait le silence est si rare que l’on pourrait en faire un bon business. Comme certains vendent de l’eau de Lourdes ou de l’air de Paris en canette, je pourrais vendre le silence du lac d’Arvouin. Mais je constate que d’autres l’on tenté avant moi. Plus malins, il ont commercialisé des bruits sympathiques. Vialatte en témoignait déjà dans sa chronique du 19 juillet 1965. De plus, il pose le problème qui nous poursuit depuis longtemps, "et si l’homme était autre chose ?" 

…voici la dernière nouveauté : nous allons recevoir de New York des bruits de chute d'eau, des murmures de ruisseau et des crissements de pas sur la neige. C'est pour nous rafraîchir pendant la canicule. Peut-être va-t-on aussi nous nourrir cet hiver de la télévision d'un bifteck ?

Je n'en ai pas particulièrement aux friselis des ruisselets et aux crissements de pas sur la neige, mais nous sommes devenus bons à absorber tout ce que le commerce invente. Il nous vend le bruit des ruisseaux. C'est une fable de La Fontaine ! Une moitié du monde prend l'homme pour une machine à produire, l'autre moitié pour une machine à consommer. Et si l'homme était autre chose ?... L'un lui vend les lendemains qui chantent, l'autre les aujourd'hui qui crissent, l'un l'espérance, l'autre le bruit de l'eau ; tous deux... du vent. Le meunier d'aujourd'hui monnaie le tic-tac de sa roue ! J'observe toutefois que les courtiers en mirage, les marchands de vent et de crissement de neige, ne se laissent pas payer en tintements d'écus ou en odeur de pesetas. L'argent, pour eux, n'a d'ailleurs pas d'odeur. 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand !

31/12/2014

Brûleurs de loups

Voilà, c’est fait Grenoble a remporté la finale de la coupe de la ligue en battant les Dragons de Rouen. C’était hier soir à Miribel sur la patinoire. C’est pas que je m’intéresse au Hockey, ce sport me laisse plutôt froid. C’est le nom de cette équipe qui m’a fait dresser l’oreille : Les brûleurs de loups.  Bizarre ce nom pour une meute de patineurs sur glace.

logo.jpg?1383054084Enquête faite, cela vient d’une époque où, en France il y avait des loups… et qu’on les craignait beaucoup d’une peur irrationnelle. Le loup, pour certains culs bénits, c’était le diable. Du coup, tous les moyens étaient bons, pour s’en débarrasser, pièges cruels ou grosses battues…

Parfois, on foutait le feu à la forêt et les loups qui ne grillaient pas étaient abattus sans pitié lorsque ils tentaient de s’échapper de la fournaise. Cette charmante coutume ayant pour cadre le Dauphiné, les hockeyeurs de Grenoble ont trouvé très malins de s’appeler « Les brûleurs de loups ».

En plus, cette dénomination date de l’époque sans loup. Epoque qui commence après guerre. Cela dépend des régions, en 1947 en Bourgogne, vers 1954 en Dauphiné… Certains disent avoir vu des traces sur les bords de la Dordogne dans les années 1970. Le loup du Limousin était paraît-il le plus coriace.

C’est cette fin de loup que déplorait Vialatte :

Il n'y aurait plus de loup. Sans le loup pas de froid de loup, sans froid de loup pas d'hiver. (…) On ne parle pas assez du loup. Rien n'est plus passionnant que le loup. Le loup est parfaitement hirsute. Le loup est important. La zoologie le réclame, l'hiver le veut, le frisson le suppose. C'est une des grandes nécessités de l'histoire, du folklore et de l'esprit humain. Un loup mangeant méthodiquement un sous-préfet en uniforme, ou avalant à la sauvette un petit fonctionnaire rural, dans un site nettement bocager, coupé de ruisseaux et d'ombrages, est une des choses les plus décoratives qu'un graveur puisse imaginer. Surtout quand il les mange en large. Telle est la vie ardente du loup. Du moins dans la littérature. Le loup des légendes représente une réaction inévitable du bon sens, une exigence du paysage, un postulat de la sensibilité. Le loup peut très bien se passer des hommes, l'homme ne peut pas se passer du loup. Où serait le plaisir ?

Il ne restait plus que des loups littéraires ou des loups de gravure.  

 

couv240.jpgEt puis le loup est revenu via les Alpes… la suite vous la connaissez suivant que vous soyez bergers ou écolos, le loup a fait de vous un chasseur ou un défenseur de la nature.

10:08 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (2)

03/12/2014

Des couleurs

Geluck2.jpgVialatte pensait que la grammaire était, après le cheval, et à côté de l'art des jardins, l'un de sports les plus agréables. La grammaire, c’est comme le parapluie, disait-il, c’est comme les progrès de l’industrie, c’est ce qu’on appelle la civilisation. Il faut y croire malgré les apparences. Où serait le plaisir? Mais c’est comme l’horizon : elle recule à mesure qu’on avance. On y tend, on n’y touche jamais. La grammaire est une asymptote.

Il disait aussi : « La Grammaire est une belle personne, un peu sèche, un peu tatillonne, autoritaire et chichiteuse, un peu osseuse, un peu chameau, mais enfin, pour un jeune homme pauvre et qui n’a pas trop d’ambition, c’est un parti qui mérite un coup d’œil. »

abcc66ca.jpgJe viens de me farcir l’accord des adjectifs de couleur et j'ai peine à être d'accord avec Alexandre sur ce sujet. C’est effrayant ! Vous allez voir : l’adjectif de couleur simple s’accorde en genre et en nombre. Les adjectifs issus d’un animal, de fleur, de plante, de fruit, d’aliments, de pierre sont invariables (à noter que invariable s'accorde).

Jusque là, tout va bien. On dit donc des avocats marron si on parle du fruit, sinon, pour les avocats véreux, pourris, corrompus… affairistes on dit des avocats marrons ce qui au féminin donne des avocates marronnes. Je ne nommerai personne. Voili-voilou !

Comment les différencier ? Pas facile, commençons par les couleurs simples à apprendre par cœur : Alezan, aubère, bai, baillet, basané, beige, bis, blafard, blanc, blême, bleu, blond, brun, châtain, cramoisi, cyan, écarlate, écru, fauve, glauque, gris, incarnat, jaune, livide, louvet, mauve, moreau, noir, opalin, pers, pinchard, pourpre, rose, rouan, rouge, roux, tourdille, vermeil, vert, violet, zain et zinzolin.

3156139082_1_2_c72HqZTa.jpgJe rappelle que zinzolin a lui seul peut être rouge-pourpre …la couleur roussâtre est attesté en 1635. Le Dictionnaire du tapissier définit le zizzolin ou zinzolin comme une garance pourpre… ou rouge-orangé ... une couleur que l’instruction générale pour la teinture de 1671 dit obtenue avec la garance et voisine de la couleur de... la tuile. Peut-être pas jaune, gris ou bleu … mais mauve dans les nuanciers modernes. Il arrive que les zinnias, sous une certaine luminosité, aient des reflets zinzolins.

Quant à alezan, aubère, baillet, louvet, pinchard, rouan ou zain, prière de consulter votre dictionnaire du cheval préféré.

Les adjectifs de couleur pas simples et invariables sont canari, chamois, crevette, isabelle (?), pie, puce, sépia, serin, saumon, souris, taupe, acajou. Amadou, amaranthe ou amarante, bruyère, cannelle, capucine, châtaigne, coquelicot, cyclamen, ébène, fuschia ou fuchsia, garance, indigo, jonquille, lavande, lilas, noyer, pervenche, paille, pivoine, safran, tilleul, réséda, tabac, abricot, amande, aubergine, avocat (Hé oui, les marrons peuvent aussi être avocat), banane, cacao, cachou, carotte, cassis. Cerise, citron, clémentine, épinard, fraise, framboise, groseille, kaki, maïs, marron, melon, noisette, orange, olive, pastèque,  pêche, pistache, prune, tomate, absinthe, bordeaux, café, cannelle, caramel, champagne, chocolat, cognac, crème, miel, moka, moutarde, muscade, porto, thé, acajou, acier, agate, albâtre, ambre, améthyste, anthracite, ardoise, argent,  argile, bistre, bitume, brique, bronze, céladon, corail, cuivre, ébène, émeraude, étain, fer, grenat, ivoire, jade, mastic, nacre, ocre, or, perle, platine, rouille, saphir, soufre, rubis, topaze, turquoise, aurore, azur, havane, magenta, marine, marengo, pastel...

Attention : Les adjectifs formés à partir d’un nom de couleur eux s’accordent en genre et en nombre…

Argenté, basané, blanchâtre, bleuté, brunâtre, cuivré, doré, jaunâtre, grisâtre, mordoré, noiraud, olivâtre, orangé, rosé, rougeaud, rouquin, rubicond, verdâtre, verdoyant, violacé...

 

Attention : Les adjectifs de couleur composés de plusieurs mots (deux adjectifs, un adjectif + un nom, un adjectif + un complément, etc.) demeurent invariables.

 

On dit donc des juments grises, des juments pinchardes, des juments pervenche, des juments grisâtres, des juments gris souris ou caca d'oie ou bleu roi ou feuille-morte...

Attention au trait d’union…

Les adjectifs de couleur composés ne prennent généralement pas de trait d’union sauf :
- lorsque l’on met ensemble deux adjectifs de couleur.

Ex. : bleu-vert, gris-brun, jaune-vert.

- lorsque l’on emploie un nom composé

Ex. : arc-en-ciel, cuisse-de-nymphe, feuille-morte, sang-de-bœuf, vert-de-gris.

Attention : La juxtaposition des adjectifs de couleur les rend invariables.

Ex. : Tricolores, ces drapeaux vert, azur et orangé attirent le regard.
(Chacun des drapeaux affiche les trois couleurs.)

Mais on dit :

Ex. : Des chattes grises, noires, marron et blanches me dévisageaient d’un regard sauvage.
(Il y a des félins gris, des noirs et des blancs et des marron.)

Merci à ameliorersonfrancais.com pour ces précisions utiles.

15:49 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (6)