07/10/2006
Mao
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A quoi pensent les intellectuels?
Le nouveau christ
L'évangile rouge
Libération des sexes
et
Révo-cul
En 1974, Roland Barthes, grand maître des lettres françaises, se rend en Chine accompagné de Philippe Sollers et Julia Kristeva. Ils en reviennent enthousiastes. Sollers, déclare avoir vu la «vraie révolution antibourgeoise». Kristeva écrit : «Mao a libéré les femmes» et «résolu la question éternelle des sexes».
Quant à Christian Jambet et Guy Lardreau, ils déclarent en 1972 : « Mao est la résurrection du Christ, le petit livre rouge, la réédition des Évangiles. »
1976, Mao disparaît. Les amis de Jean-Paul Sartre directeur du journal La Cause du peuple placardent sur les monuments de Paris son portrait voilé de noir.
La révo-cul et les frasques de Mao feront entre 40 et 60 millions de morts et dix fois plus de victimes trimballées de camps en campagne purgatoires.
Un homme proteste, il s’appelle René Viénet. C'est celui qui est à l'origine de la dialectique peut-elle casser des briques. Demain je vous parle un peu plus de lui.
08:35 | Lien permanent | Commentaires (3) |
06/10/2006
Détournement
La dialectique
peut-elle
casser des briques ?
L'aubergine est farcie.
Mao par lui-même.
Une soutane n'a pas de braguette.
Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires.
Titre en référence à Sade : "Français, encore un effort pour être républicains" de La philosophie dans le boudoir
Du sang chez les taoïstes.
Dialogue entre un maton CFDT et un gardien de prison affilié au syndicat CGT du personnel pénitentiaire.
Une liste de films détournés par René Viénet dont le premier (et plus célèbre) est un détournement de film de kung-fu chinois qui devient l'affrontement de deux clans : les prolétaires exploités qui ne jurent que par la praxis révolutionnaire situationniste contre les bureaucrates chinois aux ordres de Mao qui font régner la terreur. La suite demain….
Quelques détournements marrants en anglais
Voir Le Pen et autres ici
Postez vos liens sur détournments en commentaires et je les mettrais ici.
Pour visionner la dialectique...
"On a beau avoir notre gros cul dans l'eau tiède, notre idéologie refroidit"
10:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |
03/10/2006
Ombilie
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Ombilie
(carte)
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Dans la série des pays méconnus : l’Ombilie. Ceci n’est qu’une ébauche d'article. Toute précision est bienvenue. N’hésitez pas à faire preuve d’acribie.
L’Ombilie se situe entre la Gagaouzie et la Transnistrie, pas loin de la Bucovine, au nord des Balkans et de l’Istrie mais assez loin tout de même de l’Atlantide et du désert d’Atacama.
Histoire
À son apogée, au XIVe siècle, l’empire Ombilien s'étendait des Pediluves au sud jusqu’aux confins de la Capita au nord. Dans les siècles qui ont suivi l’Ombilie s’est repliée sur sa capitale Omphalos.
Politique
L’Ombilie est une république multipartite, recentrée sur elle-même. Le parti révolutionnaire institutionnel nombriliste du centre à gouverné l’Ombilie pendant presque tout le vingtième siècle. La fierté intrinsèque des Ombiliens en fait un pays difficilement gouvernable.
Géographie / Régions
L’Ombilie est essentiellement constituée de deux régions les monts de Vénus au nord et la plaine Pubienne au sud entourée par le fameux Cordon Ombilical qui donne au pays cet aspect infundibuliforme si caractéristique
Population / Langue
L’Ombilie a une population en expansion continue qui parle depuis toujours le nombrilien une langue dérivée de l’omphalien. Il existe une minorité au nord qui parle le navel ou nable et une autre au sud qui parle l’ombligo ou ombilico.
Culture
La culture ombilienne est riche, diversifiée et ancienne. Les ombiliens sont portés sur les mathématiques, on leur doit les ombilici ou points cycliques en géométrie, ce sont les deux points à l'infini sur les droites imaginaires y=+-i. On appelle aussi ombilic, sur une surface, un point dont l'indicatrice de Dupin est un cercle (les courbures principales y sont égales et de même signe). La notion d'ombilic, généralisée aux variétés, a servi à René Thom pour décrire sa théorie des catastrophes.
06:20 Publié dans Géographie | Lien permanent | Commentaires (3) |
02/10/2006
Le bizarre incident
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The curious incident
of the dog
in the night-time
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Ce récit est celui de Christopher, plus exactement de Christopher John Francis Boone, 15 ans, 3 mois et 2 jours, qui connaît «tous les pays du monde avec leurs capitales et tous les nombres premiers jusqu'à 7 507», qui aime les objets modernes, les horaires parce qu'ils permettent de «savoir quand les choses vont arriver», les mathématiques parce qu'elles sont faciles à comprendre, les chiens parce qu'ils ne vous adressent pas la parole de manière inopinée… il a un rat qui s'appelle Toby. Christopher déteste le jaune et le marron (surtout pour les aliments qui ne doivent pas se toucher dans l’assiette), parler à des inconnus, les histoires drôles et les métaphores parce qu'il ne les comprend pas et les romans (qui racontent des mensonges) à l’exception du chien des Baskerville à cause de la précision logique de Sherlock Holmes.
Christopher, sur les conseils de Siobban, sa professeur à l’école des ‘Besoins Spéciaux’ décide d’écrire un livre pour raconter son enquête sur l’assassinat de Wellington, le chien de la voisine découvert transpercé par une fourche. Il nous décrit donc par le menu (et avec un maximum d’acribie) son enquête avec quelques illustrations et ses intérêts pour les sciences exactes… Ce qui donne un petit livre passionnant par son style faussement naïf, écrit par un personnage incapable d’émotions, et où le lecteur est sans cesse partagé entre le rire et l’émotion. Le rire naît de l’aspect concasse des descriptions et relations très terre à terre des faits, l’émotion naît de la souffrance de Christopher pour qui traverser une gare bondée est bien plus difficile que de partir dans l’espace à bord d’un vaisseau de fortune.
Je ne vous en dis pas plus, on peut supposer que Christopher est un autiste avec un syndrome d’Asperger, un surdoué enfermé dans une logique compliquée, comme le personnage incarné par Dustin Hoffman dans Rainman. Ce livre n'est pas un livre sur l'autisme, c'est une réussite littéraire où le fond rejoint merveilleusement la forme. Si vous pouvez, lisez le en anglais (chez amazon.fr), ce n’est pas trop compliqué, peut-être du niveau d’Harry Potter, sinon la version française est là pour ça.
«Christopher n'est pas si différent de nous que cela, remarque l’auteur Mark Haddon. Je lui ai donné des habitudes, des attitudes et des façons de penser empruntées à des gens de mon entourage qui ne sont pas du tout anormaux! Je crois que nous avons tous en commun quelque chose avec tout autre être humain, aussi étrange soit-il.»
Vygolv me suggère de créer une rubrique de réflexion philosophique sur le langage. Il y a, selon moi, dans tous les grands romans un énorme travail sur le vocabulaire. The curious incident est un roman sur le langage et les vertus thérapeutiques de l’écriture. Bon, je ne sais plus ce que je voulais dire mais j’encourage vivement Vyglov a préciser sa pensée sur ce sujet… Voilà!
Au sujet des textes avec contraintes je cherche mais je ne crois pas que les gens vont contribuer à des choses difficles et rien de simple ne me vient à l'esprit... alors à votre bon coeur!
00:20 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (2) |
01/10/2006
Holmésologie
Sherlock
Holmes
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l'holmésologie
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Le bizarre incident
du chien
pendant la nuit
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Savez-vous que dans l’œuvre de Conan Doyle on ne trouve jamais la fameuse phrase « Elementary, my dear Watson. » Ce n’est que dans les films que l’on trouve cette phrase.
Savez-vous que la fameuse casquette de Sherlock, a deerstaker, qui est un couvre-chef de chasseur, plutôt campagnard donc, et peu en accord avec l’image urbaine du détective londonien, ne se trouve pas non plus dans l’œuvre de Conan Doyle. Elle a été inventée par Sidney Paget, le premier illustrateur de l’œuvre et reprise dans les nombreux films et illustrations.
Je sais tous cela parce que le chien des Baskerville est le livre favori de Christopher boone, l’adolescent autiste du bizarre incident du chien pendant la nuit, un livre magnifique de Mark Haddon, que m'a prêté Amber ma charmante prof d'anglais, et dont je vous parlerai demain.
A la réflexion, Serlock Holmes est dans son genre une sorte d’autiste. Si l’holmésologie vous intéresse, il y a des dizaines de sites. En voici un récent en Français.
00:50 | Lien permanent | Commentaires (1) |
30/09/2006
Axiome 3
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David
Hilbert
et
Raymond
Queneau
l'oulipien
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AXIOME DES PARALLELES
(vulgo : Postulatum d'Euclide)
Une phrase étant donnée, soit un mot n'appartenant pas à cette phrase ; dans le paragraphe déterminé par la phrase et ce mot, il existe au plus une phrase comprenant ce mot et qui n'ait aucun mot commun avec la première phrase donnée.
COMMENTAIRE : Soit la phrase : "Longtemps je me suis couché de bonne heure". Et le mot "réveil". I1 existe dans le paragraphe les comprenant une phrase et une seule contenant le mot "réveil" et ne comprenant pas d'autre mot de la phrase "Longtemps je me suis couché de bonne heure", à savoir : "Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil". Le premier paragraphe d'A la recherche du Temps Perdu obéit donc au moins localement au postulatum d'Euclide.
Nous (Queneau et moi) laisserons au, lecteur le soin de transposer les axiomes de congruence et de continuité.
On pourrait poursuivre encore plus loin cette transposition. Il est curieux qu'en arrivant aux coniques, on n'en aurait nul besoin de transposition, on s’y trouve en pleine rhétorique, ellipses, paraboles, hyperboles…
00:55 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (1) |
29/09/2006
Axiomes 2
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David
Hilbert
et
Raymond
Queneau
l'oulipien
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2 - axiomes d'ordre
2, 1 Si dans une phrase un mot se trouve entre deux mots pris dans un ordre donné, il se trouve également entre ces deux mois pris en sens inverse.
COMMENTAIRE : Trivial.
2, 2 - Etant donné deux mots d'une phrase, il existe au moins un troisième mot tel que le second soit entre le premier et le troisième.
COMMENTAIRE : Voilà qui peut surprendre.
2, 3- De trois mots d'une phrase, il y en a un qui se trouve entre les deux autres.
COMMENTAIRE : En cherchant bien, on trouvera dans la littérature quelques phrases auxquelles cet axiome ne s'applique pas comme, par exemple, au chapitre XCVIII de Tristam Shandy.
2, 4- Soit trois mots d'un paragraphe n'appartenant pas tous à la même phrase et soit une phrase ne comprenant pas ces trois mots mais appartenant au même paragraphe, si cette phrase comprend un mot de la phrase déterminée par deux de ces mots, elle comprendra toujours un mot commun avec la phrase déterminée par l'un de ces mots et le troisième.
COMMENTAIRE : Pour éclaircir cet axiome, revenons à Hilbert qui le formule ainsi d'une façon plus intuitive : si une droite entre dans un triangle, elle en sort. Nous laissons au lecteur le soin de chercher ou de construire des paragraphes conformes à cet axiome. Hilbert démontre ensuite quelques théorèmes dont le
Théorème 3: Deux mots étant donnés, la phrase où ils figurent comporte au moins un mot entre ces deux mots.
Théorème 7 : Entre deux mots d'une phrase, il en existe une infinité d'autres.
COMMENTAIRE : Le lecteur surpris par l'axiome 2, 2 se dira sans doute qu'il avait bien raison de l'être. Pour dominer cet étonnement et comprendre ces théorèmes, il faut simplement admettre l'existence de ce que, suivant l'exemple de la vieille géométrie projective, nous appellerons "mots imaginaires" et "mots à l'infini". Toute phrase comprend une infinité de mots ; on n'en perçoit qu'un nombre fort limité, les autres se trouvant à l'infini ou étant imaginaires. Bien des esprits en ont eu le pressentiment, mais jamais la nette conscience. I1 sera désormais impossible à la rhétorique de ne plus tenir compte de ce théorème capital. La linguistique pourra également en faire son profit.
Demain le postulat d'Euclide et les parallèles.
00:40 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) |

