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15/04/2010

Scooter chinois

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En se promenant dans les rues d’une ville chinoise,au-delà de ces foules grouillantes, on est frappé par plusieurs choses. La première est la grande difficulté à traverser la rue, y compris sur les passages pour piétons, et même si le feu est vert. Il y faut une grande technique et un certain courage.

La deuxième chose qui frappe le visiteur, c’est le silence des deux roues, silence traître parfois mais si agréable à nos oreilles habituées aux bruyants pétarets de nos villes.

Ce silence bien agréable à nos oreilles est dû aux réglementations mises en place dans 90 villes ces 10 dernières années. Des villes qui ont toutes plus du million d’habitants et jusqu’à 34 millions pour la municipalité de Chongqing. On pense que les restrictions étaient nécessitée par un problème de pollution, eh bien pas du tout. C’était parce que les édlies pensaient que les motos provoquaient des accidents et perturbaient le trafic. Du coup, se développèrent des vélos électriques qui sont souvent devenus de beaux scooters ornés de pédales plus ou moins décoratives (voir photo).

Après tout qu’importent les raisons, l’important c’est que cela réduit la pollution de l’air et le bruit. C’est bien. Il faut juste profiter de l’expérience qui montre que des limitations strictes, voire une interdiction, peuvent entraîner un changement drastique des pratiques. Généralisons les pour favoriser les voitures électriques en ville.

18:38 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (2) |

14/04/2010

100 yuans

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Ce qui frappe en Chine, c’est la vitesse avec laquelle tout bouge.

D’habitude, c’est lors de la seconde visite que l’on constate les change- ments.

Eh bien en Chine aujourd’hui, le change- ment est partout.

On le voit par exemple dans le nombre de grues, d’échafaudages et de constructions en tout genre. Comme sur ce tableau de Shen Qi, prononcez Chi ( 盛奇 / Sheng Qi), le portrait de Mao se couvre d’échaffaudages. Les ouvrier s'en donnent à coeur joie.

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Mao est sur tout les billets de banque de un à cent, côté face, mais, côté pile, c’est pour mieux enterrer les années de révolution culturelle et faire vivre les années de révolution consommatrice. Le billet le plus répandu (combien de milliards?), est celui de 100 yuans, environ 11 euros.

Encore un tableau de Shen Qi avec le billet rouge.

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23:41 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mao, shen qi |

07/04/2010

Ponctuation

Un homme riche était au plus mal. Il prit un papier et un stylo pour écrire ses dernières volontés :

«Je laisse mes biens à ma soeur non à mon neveu jamais sera payé le

compte du tailleur rien aux pauvres.»


Mais le mourant passa l’arme à gauche avant de pouvoir achever la ponctuation de son testament. À qui laissait-il sa fortune ?

Son neveu décide de la ponctuation suivante :

«Je laisse mes biens à ma soeur ? Non! À mon neveu. Jamais sera

payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.»

Mais la soeur n’est pas d’accord. Elle ponctue alors le texte de la sorte :

«Je laisse mes biens à ma soeur. Non à mon neveu. Jamais sera

payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.»

Le tailleur demande la copie de l’original et ponctue à sa manière :

«Je laisse mes biens à ma soeur ? Non! À mon neveu? Jamais !

Sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres.»

Là-dessus, les malheureux de la ville entrent dans la maison et s’emparent du billet. Ils proposent leur version:

«Je laisse mes biens à ma soeur ? Non! À mon neveu? Jamais !

Sera payé le compte du tailleur ? Rien. Aux pauvres.»

29/03/2010

M. Verdure...

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Suite de la réponse à monsieur Verdure et estocade...

Ne piétinons pas l'ennemi vaincu. Mettons-nous d'accord avec lui sur les constatations de M. Jankélévitch qu'il cite avec bien de l'à-propos; elles ne peuvent que réunir tous les suffrages. "Le pessimisme de la négativité, dit nettement M. Jankélévitch (p. 48 de l'ouvrage cité), n'est sans doute qu’une déception du dogmatisme réïficateur. (Naturellement!) Il y aurait bien un moyen d'éviter à la fois Charybde et Scylla (nous y voilà) : ce serait (bien sûr) de ne plus considérer (folie!) le presque-rien comme la différence mathématique entre le tout et le presque-tout (mais qui y songe, sinon quelque étourneau?), mais de reconnaître en lui le mystère de la totalité en général. (Ce n'est que trop vrai, et tout le monde y consent.)

Ce mystère ne peut être rongé par le progrès scalaire de nos connaissances." Voilà la chose, et là j'applaudis des deux mains. Qui a jamais vu le progrès scalaire ronger quelque mystère que ce soit? Même derrière une malle démodée, dans un grenier de commune rurale! J'ai vu des rats ronger des noix, des lapins ronger des carottes, du tout, du rien, du presque tout, du presque rien, et même parfois du je ne sais quoi, jamais je n'ai vu de progrès scalaire ronger de mystère de la totalité. Ce sont des vérités évidentes, et nos lecteurs ont rétabli d'eux-mêmes. C'est bien là où je voulais en venir, et c'est ce qui confond M. Verdure. Sa critique était inutile. Car nos lecteurs ont rectifié. Je les connais bien. Nous avons fait la guerre ensemble.

06:56 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/03/2010

M. Verdure

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Encore Vialatte...

La Montagne,

une lettre de lecteurs

 

 

… Et ensuite il y a M. Verdure, qui est professeur de philosophie, et qui m’écrit que j'aurais dit des bêtises dans La Montagne du 3 mars. Je lui réponds que c'est entièrement faux. Je les ai dites le 20 février. Et c'est tellement entièrement faux que même si j’avais voulu les dire, la chose m'eût été impossible, car le 3 mars était un samedi et ma chronique paraît le mardi. Je ne peux dire des bêtises que le mardi, c'est le triste sort du journaliste; au lieu que les professeurs peuvent en dire tous les jours; je ne parle pas pour M. Verdure, car sa lettre est pleine de bon sens; on voit par là pourtant combien ses calomnies sont dénuées de toute espèce de fondement.

« Vous parlez, m'écrit-il, dans votre paragraphe trois, d’un professeur qui a écrit trois mille pages sur les nuances et sur les gouffres qui séparent le Rien du Je-ne-sais-quoi. » (C’est fort exact.) « Il s'agit, ajoute-t-il, de mon maître Vladimir Jankélévitch. » (Pure vérité. M. Jankélévitch sépare déjà à 8 heures du matin, à la radio, le presque-rien du je-ne-sais-quoi, pour que l'homme se réveille dans l'utile de la chose et se trouve jeté tout nu dans le vrai sérieux de la vie.) . « Je vous signale, continue M. Verdure, que le titre de cet ouvrage n'est pas le Je-ne-sais-quoi et Rien, mais " le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien." Je le savais. Qui ne le sait ? Et on ne me l'apprend pas. Mais le Presque-rien cassait la cadence de ma phrase. Au lieu que le Rien s'emboîtait parfaitement. Les lois de la prose ne sont pas celles des événements: un historien vraiment soucieux de son style fait perdre ou gagner la bataille suivant les intérêts de sa phrase et non pas ceux d'une ressemblance photographique avec des faits qui auraient pu être tout différents ! C'est une question de conscience professionnelle. Ou alors qu'on nie Picasso ! M. Verdure songe-t-il à nier Picasso? Va-t-il acheter ses tableaux cher le boucher, chez le menuisier, chez le marchand de singes? Non, M. Verdure ne songe pas à nier Picasso, et c'est pourquoi, tel que je le sens, il est navré de ses affreuses calomnies, il bat sa coulpe, il souffre, il ne sait plus où se fourrer.

A suivre

21:48 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (4) |

24/03/2010

Vacances d'avril

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Avril ne saurait tarder...

Pensez à prendre des vacances…

Un petit texte de Vialatte,

Qui pourra vous aider

Trouvé chez Dvanw

Rubrique

"Ameublement du cerveau"

 

 

La mode, au mois d'avril, est aux vacances de pluie, comme en hiver aux vacances de soleil, en été aux vacances de neige. On choisira un gîte en harmonie avec le charme monotone des longues averses, cher à la comtesse de Noailles. Par exemple une cave de banlieue. Avec une vue sur un terrain vague, par un soupirail grillagé. Près d'une usine. On y goûtera une paix profonde. On fera des lectures apaisantes, telles que celle des horaires de la SNCF. On jouira du fantastique et de la température des caves. Peut-être même, avec un peu de chance, un homme se pendra-t-il au dessus du soupirail. On pourra voir ses jambes balancées par le vent avec un pantalon pied-de-poule sur ses bottes noires. On sera pris de grandes exaltations, peut-être même de ces crises nerveuses que les médecins appellent "mal des spéléologues", car il arrive qu'un séjour dans les cavernes intoxique comme le chanvre indien. On reviendra affamé de la vie.

Que demander de plus à de modestes vacances ?


Alexandre Vialatte - Chroniques de La Montagne - 26 mars

21:29 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (6) |

21/03/2010

Quenau

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Voilà ce que Vialatte disait

de Raymond Queneau

dans Dernières Nouvelles de l'Homme.

La poésie du miteux

et même du calamiteux.

 

Queneau, lui, dans cette aventure, transmute les mots en autres mots ; il les transforme l’un dans l’autre, il les déforme, il les réforme, il les reforme, il les conforme, il les découpe, en jette les morceaux comme des dés, et regarde ce qui en résulte. Il a quatre-vingt-dix façons de raconter que, sur une plate-forme d’autobus, un monsieur a besoin d’un bouton à l’échancrure d’un pardessus (…) Ses romans sont aussi des aventures du mot, des épopées comiques du verbe. L’homme s’y présente sous un aspect désespérant. Il est à l’homme de M. de Buffon ce que le mégot est au cigare (…)Tous les romans de Queneau sont faits de personnages miteux, parlant un français marmiteux, dans des banlieues calamiteuses. Le chômeur, l’argot, le terrain vague et la plate-forme d’autobus en fournissent toute la majesté.(…) car une vieille boîte à sardines, dans un terrain vague, à minuit, reste quand même un miroir de la Lune.

 

07:20 Publié dans Vialatte | Lien permanent | Commentaires (2) |