12/12/2014
Wistiki

Avez-vous entendu parlé du Wistiki ? Non, ce n’est pas un singe mais un petit carré de 3,6 cm de coté et de 0,5 d’épaisseur qui vous permet de retrouver les objets que vous avez l’habitude de perdre. Il marche avec une appli sur votre Smartphone.
"Celui-ci enregistre la position du "wist" lorsque vous vous éloignez de plus de 30 mètres et c'est cette position-là que vous donnera l'application", précise Hugo Lussato. Si la cible se déplace, impossible de suivre son mouvement, tout ce que vous saurez, c'est le dernier endroit où vous l'avez laissé." Pas utile donc pour filer votre conjoint.
Ce gadget a été lancé cette année par les frères Lussato dont l’un s’appelle Bruno. Si vous avez un certain âge, ce nom vous dit sans doute quelque chose… Je ne sais si il y a un lien de parenté mais…
Je me souviens d’une époque, en 74, où un certain Bruno Lussato publiait : « La micro-informatique : introduction aux systèmes répartis. C’était suite à un débat sur la loi de Grosch qui stipulait que plus un système (ordinateur) était gros moins les calculs coûtaient chers. Lussato s’est inscrit en faux contre cette idée, plaidant pour une informatique distribuée. Dans les années 80, il revendiqua la création du mot micro-informatique. Il est mort en septembre 2009.
En dehors de son travail dans l’organisation des entreprises, il était très éclectique, passionné d’opéra et de Wagner en particulier, il s’intéressait à la calligraphie japonaise, aux montages photo, à l’art moderne, il collectionnait les stylos…
Avec les moyens informatiques des années 70, Lussato mit au point les « zébulons » : il s'agissait de chariots de manutention sans conducteurs, munis d'une électronique embarquée, et qui officiaient dans les entrepôts du Bazar de l'Hôtel de Ville sans surveillance humaine, prenant leurs instructions par un système radio. Quelques années plus tard un autre zébulon le fit chevalier de la légion d'honneur.
06:29 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (5) |
11/12/2014
Effet Pygmalion
Effet Pygmalion et effet Golem
Robert Rosenthal (1933-) a réalisé cette expérience qui se rapproche de celle mentionnée dans ma note d'hier :
Après avoir constitué deux échantillons de rats totalement au hasard, il informe un groupe de six étudiants que le groupe n° 1 comprend 6 rats sélectionnés d'une manière extrêmement sévère. On doit donc s'attendre à des résultats exceptionnels de la part de ces animaux.
Il signale ensuite à six autres étudiants que le groupe des 6 rats n° 2 n'a rien d'exceptionnel et que, pour des causes génétiques, il est fort probable que ces rats auront du mal à trouver leur chemin dans le labyrinthe. Les résultats confirment très largement les prédictions fantaisistes effectuées par Rosenthal : certains rats du groupe n° 2 ne quittent même pas la ligne de départ.
Les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient particulièrement intelligents, leur ont manifesté de la sympathie, de la chaleur, de l'amitié ; inversement, les étudiants qui croyaient que leurs rats étaient stupides ne les ont pas entourés d'autant d'affection.
Cette prédiction auto-réalisatrice est appelée effet Pygmalion quand elle est positive et effet Golem quand elle est négative.
Pygmalion, dans la mythologie grecque, tombe amoureux de sa statue d’une grande beauté. Ne pas confondre avec Bygmalion qui est était un groupe spécialisé dans le conseil, l’image, la communication et la création de menue monnaie.
Golem, dans la mythologie juive, est une statue monstrueuse.
Suite de l’expérience sur Wikipedia
Rosenthal et Jacobson ont retenté l’expérience dans des écoles d’un quartier pauvre, délaissé de la politique et où habitent un nombre important de familles immigrées vivant dans des conditions très difficiles. Ils se présentent dans une école de ce quartier avec une fausse carte de visite et expliquent qu’ils dirigent une vaste étude à Harvard, en réalité financée par la National Science Foundation… Ce sont les élèves qui vont prendre la place des rats et leurs professeur celle des étudiants et ça va marcher !
06:29 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) |
10/12/2014
Watzlawick

Je découvre un émission de France Culture qui date de l’année dernière dans laquelle Jackie Berroyer dit des textes extraits de livres intitulé "Faites vous-même votre malheur", et "Comment réussir à échouer" de Paul Watzlawick.
Paul Watzlawick (1921-2007) était un psy américain de l’école de Palo Alto en Californie. Un courant qui mêle la psycho-sociologie et les sciences de l'information et de la communication en rapport avec les concepts de la cybernétique. Ce courant est notamment à l'origine de la thérapie familiale et de la thérapie brève. Il fut aussi en relation avec le mouvement de l’anti-psychiatrie.
Je vous invite à en écouter quelques extraits mais avant cela voici une expérience menée par Paul Watzlawick qui ne manque pas de sel et démontre assez bien la vacuité des diagnostics psychiatriques.
Watzlawick demande un jour à Jackson, un des membres de l'école de Palo Alto, de se laisser filmer, lors d’une première consultation avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychologue clinicien. Il demande d’autre part à un ami psychologue clinicien de bien vouloir se laisser filmer, lors d’une première consultation, avec un malade paranoïaque dont le délire consiste à se prendre pour un psychiatre. En réalité, Watzlawick orchestre à leur insu la confrontation de deux « psy » qui ne se connaissaient pas. Chacun met tout son talent à démontrer la folie de l’autre, sur la foi des informations préalables : plus l’interlocuteur se comporte en « psy » (une obligation, puisqu’il croit recevoir un patient très atteint), et plus ce comportement (pourtant fort judicieux) confirme son prétendu délire aux yeux de son collègue méconnu.
Watzlawick en conclut que le diagnostic psychiatrique s'apparente à une étiquette douteuse, induite par une idée préconçue, venue d’un tiers faisant autorité.
Comment devenir bon dans la quête du malheur ou comment réussir à échouer… Introduction par Berroyer, le tout est sur le site de F.Culture.
07:49 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (5) |
09/12/2014
Odorat
Après les nouvelles de l’ouïe, parlons de l’odorat…
La nouvelle date un peu, mais il y a un chinois à qui les chirurgiens ont fait pousser un nez sur le front. Après l'oreille sur le bras, je ne vous mets pas la photo. L'article est ici.
La revue Plos One, en se basant sur une étude canadienne, nous affirme que si vous avez plus de 57 ans et ne sentez plus les odeurs, vous avez un risque accru de mourir dans les cinq ans qui viennent. (On savait déjà que après 57 ans si un matin vous vous réveillez et que vous ne ressentez aucune douleur nulle part, aucun engourdissement ou tension, c'est que vous êtes mort.)
Des capsules de café à mettre dans son réveil. C’est l'invention de Guillaume Rolland, 18 ans. L’appareil est capable de vous réveiller sans aucune sonnerie stridente mais en chatouillant vos narines d'une odeur de café, de croissant ou encore de chocolat. A vue de nez, il ne sera pas dispo pour noël. Dommage !
Un chien qui sent les odeurs de stress dégagées par une hormone, le cortisol. Le chien Cali a la truffe fine, il prévient les crises d'angoisse, il est utilisé dans une école qui s’occupe plus particulièrement d’enfants à problème, genre autistes Au pif, six crises évitées par jour.
Et pour finir un film étonnant sur l’odorat, Le nez. Premier documentaire de Kim Nguyen. Film qui traque les subtilités des parfums et la science de l’odorat partout dans le monde, au fil de rencontres passionnantes et souvent émouvantes. Ce film a fait l'ouverture des Rencontres internationales du documentaire de Montréal. Je ne l’ai pas vu mais je flaire le bon docu. Sous-titres un peu durs à lire.
06:32 Publié dans Au fil de la toile, Science | Lien permanent | Commentaires (3) |
08/12/2014
Zoophyte
Un zoophyte est un être qui tient de l’animal (grec zos*) et de la plante (phutos). On disait que les éponges ou les coraux étaient des zoophytes. En fait cette catégorie interrègne (le règne est la première catégorisation des êtres vivants) n’existe plus. C’est bien dommage ! Les progrès de la science ne sont pas toujours favorable aux récits fantastiques...
En effet, Olearius (universitaire, mathématicien, géographe et bibliothécaire allemand 1603 – 1671) en son troisième livre met au rang des zoophytes une plante qui croît près de Samara sur le Volga. « C'est une espèce de melon fait comme un agneau, dont il a tous les membres. Il tient à la terre par la souche qui lui sert de nombril. En croissant il change de place, autant que la souche le lui permet, et fait sécher l'herbe partout où il se trouve. Quand il est meurt, sa tige sèche et le fruit se vêt d'une peau velue qu'on peut travailler et employer comme fourrure. »
Olearius, retour de Moscovie, atteste avoir vu de cette peau si fine et déclare qu'elle est recouverte d'une laine douce et frisée comme celle d'un agneau nouveau né. Joseph Juste Scaliger (un français voyageur) dit que ce fruit vit et croît tant qu’il trouve de l’herbe (à manger?).
Les habitants de Samara se servaient de ce... disons moulon (melon-mouton) velu pour attraper les loups qui en étaient friands paraît-il. Il aurait fallu réécrire la fable :
Un moulon se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond le moulon, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
…
Et qu'en aurait pensé Brigitte Bardot ? Fallait-il sacrifier les moulons pour avoir leur peau ?
Qu'est devenu le moulon ? Disparu dans les limbes avec le dodo de la Réunion, le mammouth à poil laineux, le lion des cavernes, le T-Rex, le tigre de Tasmanie, le kangourou-rat, le Bandicoot à pied de cochon, l'aurochs (toujours un s) et bien d'autres. RIP.
* Zoo vient du verbe grec zên qui veut dire vivre et dont une forme conjuguée (l'aoriste) est biônai qui donne une racine très à la mode: bio.
* Phytho vient du verbe grec Phuein, pousser, faire naître, croître, qui donne phuton qui désigne ce qui pousse. Ne pas confondre avec le futon qui est un lit japonais, un lit qui pousse à dormir.
06:24 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (2) |
06/12/2014
Bang Bang
Je reçois de l'INA, cette pépite de la rédaction. Désolé pour la pub...
Et pour faire bon poids, quelques chansons,
Ferré / Caussimon, Ostende.
Une chanson de Jacques Debronckart par Isabelle Aubrey :
Et une autre par Jacques:
et pour finir le clown :
14:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) |
05/12/2014
Gaine
En lisant un commentaire d’ana sur la robe bleue d'Alice, je réalise que l’on dit gown pour robe en anglais et gonna pour jupe en Italien. Je me dis qu’il doit y avoir un lien avec gaine ou avec fourreau puisque l’on dit une robe fourreau.
Et paf ! Dans la mille !
Selon l’Alain Rey, le mot gaine a la même racine que vagin. Il vient du latin vagina qui veut dire gaine, fourreau ou sexe féminin suivant le contexte. Vagina s’est germanisé en wagina pour donner dégainer, dégaine, engainer, rengainer, rengaine, gainer et gainage.
Par l’espagnol vaina, vainilla (petite gaine) on a obtenu le mot vanille.
Un ancien mot pour fourreau d’épée, la vagine. Et bien évidemment vagin, vaginal, vaginite (inflammation du vagin), vaginisme (douleurs vaginales lors des relations sexuelles), invagination (pénétration par retournement en doigt de gant d’un viscère creux, par exemple l'intestin).
"Rengaine ton épée dans la fourreau car tout ceux qui prennent l'épée périront par l'épée." Mathieu 26-52
"Je vais embêter les filles à la vanille" A. Souchon
"Lorsqu'on rengaine le katana dans le saya (noto), les doigts de la main gauche (sauf l'index) cache le koiguchi (l'ouverture du saya) car pour les samourais, c'était un « principe féminin », l'index servant à guider la lame (...) Le noto s'accompagne d'un zanshin (état de vigilance) très profond car à tout moment le sabre doit pouvoir rejaillir du saya." Article saya de Wikipedia.
15:01 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (0) |

