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28/08/2008

mont-Blanc -2-

Le mont-Blanc de Raymonde. Jour 1 - Lundi 25

(un titre piqué à René qui a écrit lui aussi son texte) 

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Départ du Tramway du mont-Blanc à 10 heures 15. Raymonde et moi, on partait gaiement prendre le train à la gare du Fayet. Il faut dire que c’est juste à coté du départ du tramway que se rencontrent les trains normaux et ceux de la voie vers Chamonix Vallorcine. Eh bien non, René se marre, c’est le tramway qu’il faut prendre. Remarquez, il est normal que René le sache vu que c’est son 5ième mont-Blanc par la voie royale*. En fait je me suis incrusté dans le mont-Blanc que René offre à sa chère et tendre qui cette année se sentait prête à l’ascension. C’est une décision assez courageuse. Comme moi, Raymonde n’est pas une pratiquante de haute montagne ni une sportive de haut niveau et comme moi, elle commence à se avoir quelques années, même si on ne dit pas l’âge des dames. 

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* La voie dite normale est aussi appelée royale, elle n’est pas facile mais c’est la plus facile. Une autre voie passe par les trois monts et commence au mont-Blanc du Tacul (ma seule haute montagne jusque là, si on excepte un 4000 marocain, les deux avec René et Raymonde d’ailleurs.) Le Tacul a fait 8 morts dimanche matin. Lundi (jour du récit) l’accès en est interdit pour la journée. Il existe une montée depuis l’Italie et aussi la voie historique de Balmat à travers les séracs en dessus du glacier des Bossons. La voie royale que l’on emprunte ne fait que 5 à 7 morts par an.   Ca-vient.jpg
Superbes paysages de forêt passant par St Gervais, le col de Voza, Bellevue pour finalement arriver au Nid d’Aigle. Le minéral commence là. On est à peine à 2400 mais c’est déjà très roc et glace. Le glacier de Bionassay a bien fondu comme les autres.
 
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A peine partis, on croise un jeune bouquetin qui cherche sa maigre pitance entre les blocs de granit. Rapidement on monte à 3000 où l’on rencontre un vieux japonais épuisé qui n’a pas eu la chance de monter au sommet, comme la plupart des montagnards du jour, car ce matin il neigeait par là-haut.
 
On casse la croûte près d’un petit glacier à côté du refuge de Tête-Rousse. Il y a là un groupe des pays de l’est. Les campeurs sont priés de rester ici, le camping est interdit en haut. Ce qui veut dire pour eux un mont-Blanc très difficile demain matin. Difficile car en dessus de Tête Rousse nous attend la montée du l’arête du Gouter après la traversée du couloir. Pas très long le couloir, 50 mètres,  mais les pierres y pleuvent alors faut éviter si possible de s’en prendre une sur le ciboulot. On a bien des casques mais… On passe un par un, les deux autres surveillent le haut. In petto, je me dis « demain, vers cette heure-ci, quand on repassera le couloir, mont vaincu ou non, ce sera la fin de l’aventure. »
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Raide l’arête du Gouter. Depuis le bas on voit le refuge et on pense qu’on pourrait le toucher mais il n’y a pas loin de 600 mètres de dénivelé à gravir. De l’escalade facile à condition de ne pas glisser, lâcher les prises ni faire tomber des cailloux sur les copains. Et il y a pas mal de copains dessus pour nos têtes et dessous pour nos pieds. Peu de descendeurs. Le ciel n’est pas des plus cléments. On prie sainte météo de se montrer sympa et surtout exacte dans la nuit qui vient. En attendant, il tombe du grésil et sur le rocher, c’est pas génial… Heureusement, les chutes de pastille blanches (version céleste de l’homéopathique Coca 9 CH qu l’on prend depuis samedi) sont intermittentes et on arrive aux câbles qui aide le grimpeur sur les 200 derniers mètres (de dénivelé) très glissants avec leurs restes de neige.

Raymonde a un peu perdu de sa bonne humeur légendaire. Elle demande sans cesse à combien du refuge on se trouve et peste contre des derniers mètres aussi longuets. Le brouillard nous cache la bâtisse par intermittence. Je double une fille exsangue et à bout qui ne comprend pas mon anglais. On finit enfin par arriver. Drôle de baraque perchée sur le rocher frontière entre roc et glace. René va s’occuper des formalités. Pas sûr que j’ai un matelas, il se peut que je doive coucher tête-bêche sur un matelas étroit.

Raymonde et moi, fatigués et coincés au milieu d’un amas de sacs, cherchont pantoufles à nos pieds pour les dortoirs. Ici, c’est Babel. L’espagnol domine et on ne distingue pas toutes les langues. Le refuge est bondé, bruyant et c’est tout les jours pareil. Il ne faut pas trop être claustrophobe.

On a finalement 3 couchettes en hauteur dans l’annexe. On s’installe. On fait la causette à des valaisans fort sympathiques. Le « vieux » de la bande en est lui aussi à son 5ième mont-Blanc, il nous parle d’un guide qui l’a abandonné dans l’Aconcagua, de vrais montagnards, pas de doute. Repas, second service à 6 :45. A notre table, 3 jeunes basques espagnols dont l’un parle français. Ils viennent de faire le Grand Paradis et demain ils seront avec nous sur les pentes enneigées.

Extinction des feux à 8 heures. Demain, petit déjeuner à 2 heures 30 puis crampons, corde et départ.

Raymonde dans les premiers lacets: 

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Pauses :  

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Deuxième service. Demain suivre la ligne rouge : 
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 Les photos sont de René, guide et reporter en même temps, un service de première qualité.

08:15 Publié dans Montagne | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/08/2008

mont-Blanc

Pas trop eu le temps d’écrire ces jours, j’étais en plein mont-Blanc *. Grâce à Raymonde et René, j’ai pu faire cette montagne dans les plus belles conditions qui soient. Merci à eux.

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Un beau jour d’août lorsqu’on faisait le Rognolet, mon ami René m’a demandé si ça me dirait de faire le mont-Blanc sur une gentille cordée le 25, 26 août. Il faut dire que quelques jours plus tôt sur l’Aiguillette des Houches, face au grand sommet, j’avais déclaré qu’il n’était pas nécessaire de faire le mont-Blanc. Mais bon… pas nécessaire ne veut pas dire inenvisageable.

Question posée. J’étais donc au pied du mont et je n’ai pas hésité longtemps. La chose était encore secrète, Raymonde ne voulait pas qu’on lui parle trop longtemps à l’avance d’un mont-Blanc qui lui semblait par trop hypothétique. Pour moi, il y avait deux petits points d’interrogation, la météo qui se doit d’être parfaite pour faire le mont et une place au refuge du Gouter. Très dur d’obtenir une place au refuge. Il faut téléphone un jour précis d’avril et après moult sonneries occupées on peut prendre date pour l’été ou l’automne, c’est ce qu’avait fait René mais… pour deux personnes.  

Bref, je vous la fais courte. Il y avait une possibilité au refuge, restait la météo de lundi et mardi. Incroyable ce que les prévisions ont pu changer la semaine dernière. Finalement, on s’est retrouvé lundi matin, 8 heures 45, à consulter la météo de Chamonix qui était optimiste pour mardi. Il ne restait plus qu’à aller prendre le tramway du Mont-Blanc vers le 10 heures 15 au Fayet pour monter au Nid d’Aigle, coucher au Gouter et le lendemain monter la grande montagne. Ce qui fut fait. Nous étions donc au sommet, ce matin, à 8 heures et quart. Plus de détails et photos à suivre. 

* Le sommet s’écrit mont-Blanc, le massif Mont-Blanc

23:10 Publié dans Montagne | Lien permanent | Commentaires (3) |

23/08/2008

Coca

MAM – Que recouvre cet acronyme ? Une ministre de l’intérieur ? Un musée d’art moderne ? Une sauce à base de poisson fermenté ? Oui, tout ça et aussi le Mal Aigu des Montagnes. On se souvient que le capitaine en est atteint dans Tintin au Tibet et que cela lui provoque du délire.

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Dans les Andes on l’appelle soroche et pour soigner ce mal on trouve la feuille de coca qui contient pas moins de 14 alcaloïdes : la papaïne qui aide à la digestion et cicatrise. La higrine qui protège du MAM. La quinoline qui évite les caries. L'atropine qui assèche les poumons. La benzoine anti-fermentation.  La pectine un anti-diarrhée. La globuline un cardiotonique qui soigne le MAM. La piridine qui facilite l'oxygénation du cerveau. La réserpine qui réduit la pression sanguine, La cocamine et la coniine anesthésiques. La cocaïne stimule le système nerveux. L'ecgonine qui donne de l’énergie. L'inuline rafraîchit et améliore le fonctionnement du foie, diurétique elle produit une augmentation des cellules sanguines. Pas mal non ?
 
Pas étonnant que les incas en aient fait une déesse, Mama Coca, déesse de la santé et de la joie, fille de Pachamama la déesse terre, la Gaia des grecs. Bon, à part ça, on ne trouve pas de feuilles de coca en France. C'est interdit. Le seul substitut est la coca 9ch, de l’homéopathie. Une molécule de principe actif diluée dans un milliard de milliards de molécules d’eau.   
 
A la fin du XIX ième, le coca-cola contenait de la feuille de Coca trempée dans du vin de Bordeaux, un truc idéal pour emmener en montagne. Depuis, il ne contient que de sucre dans sa version normale et de l'édulcorant de synthèse dans sa version zéro. Tout fout le camp !

09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) |

21/08/2008

Interdit

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Décentralisation

à l’italienne.

Les maires italiens sont investis de nouveaux pouvoirs en matière de sécurité. Ceci donne des choses étonnantes.

En vrac : 

  • Interdit de mendier couché.
  • Interdit de parler dans la rue à des prostituées ou à des femmes dont l'attitude, l'habillement ou le comportement manifestent l'intention de se livrer à des prestations sexuelles.
  • Interdit de vendre de l’alcool le week-end après 22 heures.
  • Interdit de s’asseoir à plus de trois sur un banc public.
  • Interdit d’étendre son linge dans la rue,
  • Interdit de se promener avec une canette à la main.
  • Interdit de pique-niquer sur les places ou les marches d'escalier du centre historique (de Rome)
  • Interdit de fumer dans les lieux publics.
  • Interdit de donner à manger aux pigeons.
  • Interdit de marcher avec des sabots.
  • Interdit d’écouter la radio en public.
  • Interdit au mois d’aout de jouer du marteau-piqueur.

Evidement chaque commune à ses propres règles. Les trois dernières, s’appliquent à Capri, les pigeons à Venise, la cigarette à Vérone ou Naples. 

Quand on sait qu’à Naples, parmi les conducteurs de scooter, seuls les voleurs portent le casque, on se dit avec Massimo Gramellini que l’Italie aurait plus besoin de citoyens normaux que de règlements spéciaux.

A noter qu’Assises, la ville du Poverello, avait déjà interdit la mendicité et les pauvres ne peuvent plus s’y asseoir le long des monuments publics.           

19/08/2008

Récession

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Récession or not récession ? C’est le mot et la question du jour mais qu’est ce que la récession ?

En astronomie, c’est l’eloignement progressif des nébuleuses les unes des autres. Pas de doute, nous somme bien en récession, il n’y a qu’à voir à quel point les courants du PS s’éloignent les uns des autres et deviennent nébuleux. 

En écologie, c’est la décroissance... du débit d'une source, l’ensemble de la décrue et du tarissement. C’est aussi le recul des glaciers. Aucun doute, les glaciers reculent, allez voir à Chamonix. Même si le climat social est au rafraîchissement et le moi d’août aux orages, on est dans le global warning.

En économie, c’est le ralentissement (passager) de l'activité économique, caractérisé par une diminution de l'investissement et une augmentation du chômage. Une petite crise. Les gardiens de l’économie ont décidé qu’il fallait que la baisse de régime dure six mois pour pouvoir parler de récession.   

C’est sur ce point que les avis sont très partagés. Les socialistes nébuleux pensent que, depuis le bouclier fiscal, nous avons cassé la lance à économie et que nous sommes vraiment dans la m… Pour eux, c’est le global freezing. L’UMP pense que ce n’est pas si grave puisque la majorité reste majoritaire.

Le gouvernement s’est donc réuni le 18.8.08 pour en débattre. Madame Lagarde, l’écoministresse a bien parlé, ensuite les ministres ont fait un tour de table très constructif, enfin le Premier a conclu sur l’air de la Marquise. Il a dit : « Bien que tous les indicateurs soient au rouge, que les experts parlent de stagflation, un mot vraiment pas beau, que le PIB ait perdu trois points, chantez avec moi : Tout va très bien, tout va très bien. » Pour employer la formule d’Emile Coué : « La France va de mieux en mieux. »

En fait puisque le mot récession a été inventé pour parler d’une petite crise économique, il faudrait sans doute trouver un mot pour parler de petite récession. Un peu de créativité que diable, monsieur Fillon ! En attendant et à tout hasard, je propose ce badge, marqué en argent sur fond d'or, à distribuer dans les supermarchés. A noter  qu'en grande taille on pourrait en faire un bouclier, très chic sur le portail à côté de l'interphone devant l'entrée de la propriété.

11:22 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (4) |

18/08/2008

Salon

L’été est propice aux déplacements culturels, je reçois beaucoup de cartes de vacances. Voici une photo d’Arso prise au dernier salon des plus beaux couchers de soleil.

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11:45 Publié dans Arso | Lien permanent | Commentaires (1) |

16/08/2008

Génération Internet

Ca-vient.jpgIl s’en est passé des choses depuis que l’homme de Cro-Magnon s’est dressé sur ses pattes de derrière encore tout chiffonné du plissement hercynien en jetant un œil stupéfait sur le département de la Corrèze. On se souvient qu’il a habité des grottes, chassé le mammouth, le lapin et l’ours blanc avec son cousin Neandertal. Comme le fait remarquer Alexandre Vialatte, il n’y avait en ce temps là ni marchand de vin, ni charcutier, pas un boulanger-patissier ou une boucherie hippophagique, aucune de ces commodités qui devaient devenir si courantes par la suite.

Ce qui est plus étonnant encore, et que Vialatte ne pouvait pas savoir, c’est qu’il n’y avait même pas d’Internet. Savez-vous qu’il existe des jeunes gens d’une vingtaine d’années qui n’arrivent pas à imaginer une époque sans Internet. Cela me rappelle la petite fille anglaise qui, après des années de Margaret Thatcher, demandait à sa mère : « Dis maman, est-ce qu’un homme peut devenir premier ministre ? »

Sur AgoraVox, Jean Zin, le scientifique de l’étape, se pose la question des bienfaits (et des méfaits) de la génération Internet. Qu’apporte Internet aux progrès du progrès ?

Après la civilisation du béton et de l’automobile, avec la génération 68 qui a pris le meilleur du modernisme tout en soulignant à grands traits les dangers de cette façon de faire égoïste, après la bof génération, un peu laxiste et toute inquiète de ne pas trouver de boulot, nous voilà plongés dans la génération Internet.

Elle se caractérise par une propension à rester vissée sur sa chaise, concentrée sur un écran plat à fort contraste. Avide de toutes les rubriques de Yahoo Actualités mais surtout de la rubrique people et insolite. Dingue de ces petites vidéos de Youtube et DailyMotion, surtout de celles ou l’on voit la fille se faire violer et couper en morceaux ou mieux encore les vidéos où l’on voit la réaction des gens que regardent la fille se faire couper en morceaux.  

On se souvient que la génération d’après guerre avait largement rationalisé la vie anarchique des ses ancêtres, notamment avec l’invention de la télévision et des autoroutes à péage. Celle d’Internet a franchit un grand pas de plus vers la rationalité. Elle vit sur le net, elle commande sa pizza, enchérit sur eBay, paie ses impôts, achète une maison, regarde la pelouse qui pousse dans sa maison de campagne. Pour le mari et le père, forcé de travailler loin de chez lui, plus besoin de prendre la voiture, il embrasse sa femme par Camcorder, regarde grandir ses enfants grâce à cette petite caméra si pratique. Certes, il pourrait travailler à la maison mais son entreprise exige sa présence chez le client. Il s’adapte, c’est la force de l’intelligence.

Je sens bien que je n’arrive pas à vous faire sentir les bienfaits d’Internet et le grand bond en avant que s’apprête à faire cette génération nouvelle. C’est dommage mais ce texte commence à être un peu long et la règle est inflexible : Pas plus de un à deux écrans sinon le lecteur se casse. Alors tant pis ! J’essayerais plus tard de vous convaincre. Restez devant votre écran. De ce point d’observation le monde est à vous.

09:00 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (9) |