08/02/2008
Maoïsme

Connaissez-vous Jaron Lanier ? Pour moi, c’était une légende de l’informatique et je viens de découvrir qu’il est né en 1960. Lanier est un Informaticien et un musicien, on lui attribue la création de l’expression oxymoresque « réalité virtuelle » et de quelques travaux dans ce domaine. Bref son CV est pas mal.
Il fut un temps où les informaticiens se partageaient sur le bout par lequel il fallait prendre les bits. On avait les partisans du little endian et ceux du big endian. J’en ai parlé ici
Plus sérieusement, ils se partagent aujourd’hui entre partisans et adversaires des logiciels libres et de travaux collectifs à la Wikipédia d’un côté et les partisans du privé et de l’individuel de l’autre. Vieux débat politique me direz vous.
Pour Lanier, une idéologie dangereuse, le “maoisme numérique”, se profile derrière les NTIC consistant, petit à petit, à nier l’importance des individus. Une idéologie de “la ruche” qui serait à l’oeuvre derrière Wikipedia, par exemple. “La beauté d’internet”, écrit-il, “est qu’il connecte les gens. Sa valeur, c’est les autres. Si l’on en vient à croire que l’Internet lui-même pourrait avoir quelque chose à dire, nous dévaluons la valeur des autres et nous nous transformons en idiots.”
Personnellement, j’aime bien Wikipédia et même si j’utilise peu de logiciels libres, je trouve que c’est pas mal qu’il existe un contrepouvoir face aux marchands. J'ai un peu smplifié ici lapensée de Jaron, pour plus d'info je vous conseille vivement l'article d'Internet Actu qui parle de création collective.
04:45 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (3) |
06/02/2008
Annonay -3-
La suite des films vus à Annonay durant le premier week end. Plus ou mons anciens et tous hors compétion. Un film sorti en Septembre dernier avec le réalisateur présent dans la salle.

Sont-ils des artistes ? Eux-mêmes n’en sont pas vraiment sûrs, puisque, aujourd’hui, seule une recon- naissance de masse stéréotypée, genre Star'Ac, et souvent vulgaire, semble justifier cette appellation. Marc Fitoussi montre comment l’absence de reconnaissance altère la perception qu’ils ont de leur propre expression artistique. Malgré leur évidente sincérité, ils sont gagnés pas le doute et en oublient les raisons profondes de leur motivation. Gangrénés par la superficialité du monde qui les entoure, leur comportement n’est pas toujours recommandable et leur art peut devenir triste et superficiel. Un film au casting magnifique, même les seconds rôles sont superbes. Une très grande richesse au risque de provoquer le trop plein. Ceci est assez typique d'un premier film.

Un film néo-zélandais de 1994 réalisé par Lee Tamahori avec : Rena Owen (Beth), Temuera Morrison (Jake), Mamaengaroa Kerr-Bell (Grace), Julian Arahanga (Nig), Taungaroa Emile (Boogie)
Télérama: Un film coup de poing. Coups et blessures pour Beth, une fière Maori, mère de cinq enfants, que Jake son mari tabasse chaque fois qu'il a un coup dans le nez. Coups du sort, qui semble s'acharner sur cette famille néo-zélandaise échouée dans une sinistre banlieue d'Oakland. Coups de colère. Coups de blues... On se cogne la tête contre les murs. Ou on cogne sur quelque chose, sur le premier venu. Les fils aînés de Beth fuient l'enfer familial : l'un en glissant vers la délinquance ; l'autre dans un gang de jeunes, où l'on se cherche une identité en remontant aux rites tribaux des anciens guerriers maoris... Grace, 13 ans, qui protège comme elle le peut les deux cadets, en sera, elle, la première victime... Du roman de l'écrivain maori Alan Duff, le réalisateur, dont c'est le premier film, a su conserver toute la rage.(…) Une comédienne extraordinaire : Rena Owen (Beth), hallucinante louve en colère, toutes griffes dehors dès que l'on touche à sa meute.
La Faute à Voltaire
(2000)
de
Abdel Kechiche
C’est le premier film d’Abdel Kechiche qui fera ensuite L’Esquive en 2003 et le tout récent La graine et la mulet qui est curieusement mentionné dans ce film.
15:20 Publié dans Festival d'Annonay | Lien permanent | Commentaires (0) |
05/02/2008
Papouasie
L’île de Nouvelle Guinée est divisée en deux moitiés presque égales chacune à peine plus petite que la France. A l’est la Papouasie Nouvelle-Guinée un pays indépendant membre du Commonwealth. L’ouest, la Papouasie, appartient à l’Indonésie. Il y a 21'000 ans cette grande île était relié à l’Australie.


10:30 Publié dans Géographie | Lien permanent | Commentaires (0) |
04/02/2008
Annonay -2-
Une petite note sur les films vus ces derniers jours.
Un film dans le cadre de la semaine du cinéma allemand du rouge et noir.

Pour commencer un film de 1957.
Un jury doit statuer sur le cas d'un jeune homme accusé du meurtre de son père. Onze des douze jurés le croient coupable. Mais le douzième en doute et va user de son intégrité pour remettre en question un verdict acquis d'avance, jusqu'à faire changer d'avis les onze autres jurés, un par un

Deux femmes : une histoire mêlée. Alors que Weronika vit à Cracovie, Véronique, elle, vit à Clermont-Ferrand. Sans qu'elles ne se connaissent, la mort de Weronika, qui s'évanouit et s'éteint durant son premier concert de choriste, semble changer sensiblement la vie de l'autre Véronique. Un film magique sur la vie et le destin qui tire les fils des marionnettes humaines.
Le samedi soir, un moyen métrage de Marc Fitoussi avec Aure Atika et Chantal Banlier, Bonbon au poivre. Et le premier long métrage (hors compétition) de Marc Fitoussi sorti en Septembre : La vie d’artiste dont je parlerais demain. Suivi d’un débat avec Laurent Delmas de France-Inter, Gaël Labanti directeur artistique du festival, Marc Fitoussi, Aure Atika, Thomas Litli, cinéaste, et la productrice des films Haut et Court. Haut et Court est une société de production et distribution de films de qualité. Cette année Haut et Court à obteni une carte blanche du festival d'Annonay.
Le dimanche deux films encore :
L’âme des guerriers et C’est la faute à Voltaire.
12:50 Publié dans Festival d'Annonay | Lien permanent | Commentaires (0) |
03/02/2008
Birmane
J’aime bien les écrivains qui racontent des histoires. J’aime bien les écrivains qui me font voyager. Quand le pétrole approchera de sa fin, on autorisera seulement quelques écrivains à voyager et à nous raconter leurs voyages. Certains seront factuels et géographques d’autres nous construiront de belles fictions à saveur de vérité. C’est ce que fait Christophe Ono-dit-Biot.
Christophe a passé pas mal de temps en Birmanie et il en est sorti ce roman savoureux Birmane qui nous entraîne dans cette Birmanie fermée et mise à sac par un groupe de généraux qui ont confisqué le pouvoir. On a beaucoup parlé de la Birmanie pendant quelques jours quand les moines se sont fait massacrés par le régime. On en parle parfois à propos de Aung San Suu Kyi l’opposante institutionnelle, prix Nobel de la paix, trop connue pour être liquidée et mise en résidence surveillée. Ce pays est un des rare sur la planète qui offre encore un tel parfum d’aventure.
César est un garçon pas très sûr de lui, plaquée par sa compagne en Thaïlande, il décide de tenter l’aventure en Birmanie. A Rangoon, où la paranoïa le dispute à la moiteur tropicale, il rencontre Julie, médecin humanitaire, très belle et mystérieuse dont il tombe amoureux. César va transiter par les boîtes de nuit où la jeunesse dorée de Rangoon s’amuse puis par les casinos de Mong-La entourés de lupanars. Cette ancienne bourgade de paysans shans est devenue en quelques années un petit Macao perdu au milieu des montagnes, étincelant de néons. Il séjourne dans des villages lacustres du lac Inle à la vallée des Rubis pour arrivé au milieu des Karens en rébellion continuelle. César suit sa route de l’aventure en quête d’amour et d’absolu dans le pays le plus fermé, le plus enivrant, le plus sensuel de toute l’Asie.
J’ai beaucoup aimé ce livre que m’a offert Dario pour mon dernier jourde boulot chez les fous. Je l’ai lu assez vite et sans sauter de page. Seule la fin m’a un peu déçu mais l’auteur avait mis la barre à une telle hauteur qu’il était sans doute difficile pour lui de finir sur un point d’orgue.
05:50 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) |
01/02/2008
Der des der
Cette année on fêtera le 90ième anniversaire de la fin de la der des der. 90 années de paix et de prospérité ! Non, je déconne. L’année commence fort pour les derniers poilus, le premier janvier Erich Kästner, dernier survivant allemand de l'armée impériale de Guillaume II, est mort dans l’indifférence générale. Les journaux tudesques se sont aperçus de sa mort trois semaines plus tard. Ensuite, le 12 janvier est mort le dernier poilu polonais, Stanislaw Wycech, il n’avait que 105 ans. Membre de la POW, il était trop jeune pour être enrollé dans l’armée allemande. Wycech avait repris du service en 1919 pour combattre l'envahisseur russe aux portes de Varsovie. Il reste encore deux ou trois anglais survivants de la der des der Henry Allingham, 110 ans, doyen des britanniques et Harry Patch son second. Il reste 2 américains, 2 canadiens, 2 italiens, aucun russe, ni hollandais, australiens, néerlandais, belge, autrichiens, néo-zélandais sans compter les africains, serbes, tchèques... et toutes les nations mêlées à ce grand carnage: 9'381'551 morts, 23'149'975 blessés.Le 21 janvier Louis de Cazenave [photo] s’en est allé, c’était l’avant dernier français. Le dernier, Lazare Ponticelli, est né italien, naturalisé en 39 seulement, un beau symbole en ces temps où il ne fait pas bon être estranger dans ce pays. On apprend à cette occasion qu’ils étaient tous deux pacifistes, qu’ils avaient maintes fois refusé des honneurs et qu’aucun des deux ne souhaitaient des funérailles nationales estimant que leurs compagnons de tranchée méritaient autant qu’eux et que surtout, à 20 ans, ils méritaient de vivre, un point c’est tout !
« Cette guerre, on ne savait pas pourquoi on la faisait. On se battait contre des gens comme nous»
C’est leur dernier pied de nez à tous ces fauteurs de guerre qui comme disaient Boris Vian n’ont même pas réussi à les terminer proprement, la preuve il est resté des survivants. On regrette un peu que ces gradés qui les ont envoyé au casse-pipe n’aient pas pu assister à ce dernier pied de nez.
Ceci dit leurs remplaçants es qualités ont fait des déclarations bien connes… on pouvait compter sur eux. Voilà ce qu’a dit le petit Napoléon par la voix de son sinistre-se-crétaire des anciens combattants, Alain Marleix le 21 décembre dernier : (il a tenu à réaffirmer) « …la reconnaissance de la France, et la dette imprescriptible que les générations actuelles et à venir avaient contractée à l'égard de ces hommes qui firent le sacrifice de leur jeunesse et parfois de leur vie pour défendre la grandeur et la liberté de la France." Ceci n’est pas de l’anti-Sarkozy mais de l’antimilitarisme car ils auraient tous fait pareil, Pompidou, Giscard, Chirac, Mittérand, et même Jospin le Trosko. Ils nous auraient tous payé de mots !
Quand on connaît un peu l’histoire, ce qui s’est passé en Septembre 1914, et la boucherie inutile pendant 4 ans, on est atterré qu’un siècle plus tard on puisse encore dire de telles conneries à propos de la der des der, un carnage provoqué pour défendre les fortunes d’un petit nombre de possédants. Pour défendre des colonies, pour assouvir des nationalismes étroits et déjà au nom du modernisme. NON, on a pas de dette envers eux, les poilus, on a juste à avoir honte pour ces gens qui les ont envoyé au casse-pipe et une tristesse pour ces internationalistes qui n’ont pas réussi à empêcher cette "dernière guerre".
08:00 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) |
31/01/2008
Ken Loach
Après la bière je suis allé voir le dernier Ken Loach. Encore une œuvre sur les méfaits de la mondialisation C’était au cinéma Rouge et Noir. Je vous rappelle qu’il existe un blog mais qui pour l’instant est fort peu actif.

Angie se fait virer d'une agence de recrutement pour mauvaise conduite en public. Elle fait alors équipe avec sa colocataire, Rose, pour ouvrir une agence dans leur cuisine. Avec tous ces immigrants en quête de travail, les opportunités sont considérables, particulièrement pour deux jeunes femmes en phase avec leur temps.
Télérama : « Certains retournent leur veste par opportunisme. Ou par simple lassitude. Pas lui. L'Anglais Ken Loach ne faiblit pas. Il hait toujours, plus que jamais, les tièdes qui, au nom de la raison d'Etat, de la raison tout court, rendent tolérable l'injustice. Ken, lui, croit encore aux jours meilleurs, voire aux lendemains qui chantent. S'il n'en reste qu'un, ce sera lui : le dernier des Mohicans. On devrait le protéger, telle une espèce rare. Le cloner, même...
Après une ballade irlandaise (Le vent se lève) qui lui a permis d'obtenir - enfin - la Palme d'or de Cannes, en 2006, le voilà revenu à l'actualité, aux urgences... Dans It's a free world, il nous parle de ces esclaves modernes que des profiteurs vont chercher aux quatre coins du monde pour qu'ils effectuent, parfois au péril de leur vie, des travaux sous-payés que personne, sinon eux, n'accepterait de faire. La mode, actuellement, c'est l'Europe de l'Est : la main-d'oeuvre la moins chère et la plus disciplinée, semble-t-il. »
08:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (7) |

