11/04/2014
Blaireau
Dans la famille des mustélidés, j’ai parlé du furet et aussi des ratons laveurs de la Barbade mais jamais du blaireau.
L’animal bien sûr, pas l’individu grossier, antipathique et raseur, votre voisin, qui ne voit pas plus loin que son blaire et ne sort pas de son trou.
Le blaireau vient de gagner la bataille d'Angleterre. Grâce à Brian May, l'ancien guitariste de Queen, les english vont cesser l'abattage à tord et à travers de ces petites bêtes à poils noir et blanc, accusées de transmettre la tuberculose bovine.
Chez nous, les écolos législateurs, adeptes de 1984, changent le vocabulaire. Le projet de loi sur la biodiversité compte 72 articles. Il met fin aux termes nuisibles et malfaisants hérités de l'ancien code rural jugés trop anthropocentrés. Ces termes seront remplacés dorénavant par déprédateurs.
Ne traitez donc plus votre voisin, ce blaireau qui répand des tonnes d’engrais et pesticides sur ses 400 mètres carrés de terrain, de nuisibles ou de malfaisant, traitez le de déprédateur. Vous pouvez aussi continuer de le traiter de blaireau, ou de badger s’il est anglais, de tasso s’il est italien. En vieux français, on disait un taisson, en patois savoyard un tasson. Par ici, on dit "gras comme un tasson".
Vocabulaire: Déprédation vient du latin depredatio qui veut dire pillage, dépouillement. Praedere, piller en latin, praeda veut dire butin et aussi proie.
Question de faune éthique*: On ne dit plus « c’est la croix et la bannière » mais « c'est la proie et la tanière (du blaireau) »
*Ne pas confondre avec la faune étique qui elle se porte très mal.
07:09 Publié dans Au fil de la toile, Mots | Lien permanent | Commentaires (1) |
10/04/2014
Khieu Samphân
Bien que j’aie fini le livre depuis quelque temps, j’en suis toujours dans ma tête au Kampuchéa de Patrick Deville qui a attiré mon attention sur le personnage de Khieu Samphân.
Samphân fut le chef d’état du Cambodge de 76 à 79 pendant la triste période des kmers rouges. C’était le visage du Cambodge que mettait en avant Pol Pot, frère numéro 1 et les frères 2, 3, 4… qui eux agissaient dans l’ombre. Quasi tous étaient des anciens universitaires parisiens. A son procès en 2009, Khieu Samphân prétendra ne pas avoir été au courant des massacres.
Sur Wikipedia, je lis une bio de Samphân qui démontre que les Saint-Just sont bien plus à craindre que les Danton. Il faut se méfier des leaders intègres mais sans chaleur, inaptes au bonheur. L’observateur est un journal cambodgien en français qu’il avait fondé.
Au fil du temps, il avait gagné une réputation d’homme austère et intègre, deux qualités peu répandues sur les bancs de l’Assemblée et dans les ministères. Samphân vivait alors avec sa mère, veuve, et consacrait ses soirées à la lecture. Des personnes proches de lui à l’époque confirmaient ses hautes qualités morales, mais ne se rappelaient pas l’avoir vu rire et le présentaient comme quelqu’un semblant souffrir d’une sorte d’« inaptitude à être heureux ». Ses articles dans l'Observateur montraient une certaine sècheresse et une sérieuse intransigeance dans les propos, mais contrebalancées par une empathie qui semblait sincère pour les plus pauvres de ses compatriotes. Après son élection, sa situation de famille, sa réserve et l’intolérance des autres parlementaires à son égard incita certains députés à laisser entendre qu’il était au choix impuissant ou homosexuel. Son aspect studieux, solitaire et son dévouement sans faille à une cause – le communisme dans son cas – étaient si peu répandus dans le Cambodge des années 1960 qu’il était magnifié par les uns et voué aux gémonies* par les autres.
Pour ma part, je préfère les gémonies, cela aurait évité plus d’un million de mort, 20% de la population cambodgienne.
* L'escalier des Gémonies était un escalier, dans la Rome impériale, où les corps des suppliciés étaient exposés publiquement avant d’être jetés dans le Tibre.
Une étonnante photo du couple Ceauşescu avec Pol Pot et Khieu Samphân

07:21 Publié dans Lecture, Patrick Deville | Lien permanent | Commentaires (2) |
09/04/2014
Fini le sénat !
Renzi insiste sull’abolizione del Senato. Che sia un cavallo di battaglia del giovane ed ambizioso Presidente del Consiglio, era più che evidente.
He oui, vous avez bien lu : Matteo Renzi, le jeune premier ministre italien veut supprimer le sénat. Il en a fait son cheval de bataille. En fait, il le remplacerait par une chambre de gouverneurs (déjà payés donc gratuits). Petit détail, il faut que le sénat vote son abolition. Ça ne va pas être facile.
Voilà, Manuel Valls, tu dois en prendre de la graine. Si Hollande est sérieux avec son pacte de simplification, la première chose à faire est de supprimer le sénat. Plus on a de parlementaires, plus on a de lois compliquées. Simplifions donc une source de complications. De Gaulle voulait le faire mais ce fourbe de Giscard l’en a empêché. Ce fut le début de nos problèmes.
Viva Renzi ma…
La rivolta era prevedibile. Appena il tema della riforma del Senato, nelle ultime ore, è schizzato in cima (montée en tête de) alla lista delle priorità di Matteo Renzi, è partito il fuoco incrociato (feu croisé). Una rivolta prevedibile. Tutti contro Matteo per dire no all'abolizione di palazzo Madama
Le palais madame, à deux pas de la place Navona, est le siège du sénat à Rome. Cette « madame » était Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles Quint, qui rappelle la Renaissance, l'influence des Médicis et les liens de cette famille avec l'église et l'empire.
Abolissons le palais du Luxembourg ! On pourrait en faire le palais de la simplicité. Un endroit pour expliquer que la sobriété est la seule solution pour sauver la planète.

07:43 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) |
08/04/2014
TAFTA
Peu de gens savent ce qu’est le TAFTA ou le TTIP mais, chez ceux qui savent, rapidement la colère monte. Il faut se mobiliser au plus vite.
Bien que les négociations secrètes nous préparent un tissage solide et bien serré qui nous prendra inexorablement dans sa trame, le TAFTA n'est pas à confondre avec le taffetas*, tissu de soie qui fait aux dames de bien belles robes.
Non, le TAFTA est un accord commercial et d'investissement en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis, envisagé pour 2015. C’est une super ouverture des frontières pour créer un marché unique entre l’ALENA (USA, Mexique, Canada) et l’UE et plus si affinité.
Le risque est de se retrouver devant le fait accompli comme on nous a enfilé naguère le grand marché à 28, l’OMC et la mondialisation tout en douceur et sans nous consulter.
TAFTA ou TTIP sont une résurgence de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) auquel le gouvernement de Lionel Jospin avait décidé de soustraire la France en 1998. Il consiste notamment à soumettre les États à des tribunaux d’arbitrage privé où des entreprises pourront plaider pour la suppression de dispositions sociales, environnementales, de santé publique ou de protection des consommateurs.
Les pays européens seront livrés à la coupe réglée des normes ricaines, des tribunaux privés. Bœufs aux hormones obligatoires, OGM dans votre assiette et dans celle du bœuf, gaz de schistes, pesticides à gogo, brevetage des plantes et des animaux et bien sûr finies les subventions à la culture sinon procès et lourdes amendes… etc…
Le front de gauche est contre, les verts aussi, Nouvelle Donne abonde dans ce sens, quelques socialistes en parlent mais que va faire notre gouvernement ? Mystère. Le net est muet sur ce sujet. Est-ce que l’Europe peut nous faire cet enfant dans le dos sans que nous, français, soyons d’accord ? Je ne sais pas et ça fout la trouille.
* Le taffetas est un tissu en de soie.
Le mot nous vient du persan via le turc et l’italien taffetà. En persan il désigne ce qui est tissé. On trouve ainsi l'expression « armure taffetas » en confection pour désigner une armure de toile (tissée selon le principe : un fil pris, un fil laissé).
C’est aussi un pansement.On pourrait en avoir besoin.
Pour en savoir plus:
Last but not least: Raoul Marc Jennar
07:41 Publié dans Modernité moderne, Mots | Lien permanent | Commentaires (7) |
07/04/2014
Sacré Victor !
Victor Hugo, discours à l'Assemblée nationale, séance du 10 novembre 1848
Eh bien, la grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus ; de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel (…) Il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand. C'est là ; et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.
(…) Il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements, tous les asiles où l'on médite, où l’on s'instruit, où l’on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.
10:11 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (3) |
05/04/2014
Tradition
Le cas est sans doute unique, il y a un maire élu dimanche qui a déjà sa rue dans sa ville. C'était un coup de ses successeurs en 2008 qui pensait ainsi l'immortaliser et donc prévenir son retour. Raté !
Le nouveau maire de la ville d'à côté, alors dans l'opposition, ne voulait pas de rue Stéphane Hessel, car, disait-il : "La tradition réclame 5 ans après la mort du nominé." Si seulement Stéphane pouvait revenir :-)
15:18 Publié dans St Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etallaz, vieillard, collonges |
03/04/2014
Ourse
Fin octobre, nous sommes allé voir au muséum de Toulouse une expo sur les ours. Lilian a montré ses talents de dessinateur d’ours. Et pendant que la famille dessinait, je suis allé me balader dans la musée et je suis tombé sur les travaux d'observation des ours. Voici un documentaire sur un jour dans la vie de l’ourse Tolosa, une ourse slovène, je crois...
On a équipé Tolosa d'une caméra.
Ensuite, c'est la slow télé dont j’ai parlé ici. Encore que la version ci-dessous soit très raccourcie. La version longue est proposée aux spécialistes de l’ours uniquement.
17:57 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (0) |


