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17/03/2007

Le bonheur à 2 euros

medium_bonheur.jpg___________

Le bonheur,

désespérément.

par

André

Comte Sponville

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1 euro 90 chez Amazon

A ce prix là c'est dommage de s'en priver.  Extrait:

J'étais en train de terminer le deuxième tome de mon traité, quand je suis tombé, feuilletant un livre de Mircea Eliade, sur une citation du Sâmkhya-Sûtra, citant lui-même le Mahâbhârata, le livre immémorial de la spiritualité indienne :

« Seul est heureux celui qui a perdu tout espoir ; car l'espoir est la plus grande torture qui soit, et le désespoir le plus grand bonheur. »

Et j'étais en train de terminer un livre qui s'appelait Traité du désespoir et de la béatitude, dans lequel, à ma façon laborieuse, celle d'un intellectuel occidental, j'essayais d'exprimer à peu près - en quelque six cents pages - cette idée dont le Mahâbhârata, en trois lignes, m'offrait le résumé exact ! Ce fut une grande émotion et une grande joie. J'ai toujours dit à mes étudiants : si vous pensez avoir une idée que personne n'a jamais eue, il y a tout lieu de craindre qu'il ne s'agisse d'une sottise. A l'inverse, trouver une de ses propres idées chez un bon auteur du passé est toujours rassurant..."

Voilà, une conférence donnée par AC-S... Pas mal de citations... Simple à comprendre... 70 ans de pratique et vous y êtes! Je sais, "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard", écrivait Aragon. Le vrai truc, l'astuce, c'est le désepoir.

« Je ne désire rien du passé. Je ne compte plus sur l'avenir. Le présent me suffit. Je suis un homme heureux car j'ai renoncé au bonheur. » Jules Renard

« Qu'est ce que je serais heureux si j'étais heureux. » Woody Allen 

01:10 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (6) |

15/03/2007

Ecrire

En faisant du ménage sur l'ordi, je suis tombé sur une ancienne version d'Ophélie a du chien. Je vous livre le début (du livre).

Depuis toujours je me suis dit « Ophélie, ma fille, un jour tu casseras la baraque, tu seras Zorro, Jeanne d'Arc, tu braveras tous les dangers. » Persuadée que j’étais de devenir célèbre, certaine que, plus tard, je marquerais mon époque. Ceci dit, bien sûr, en toute immodestie… Oui, je suis une fille obstinée. Je crois en mon étoile. Je veux réaliser de grandes choses, des choses exorbitantes. C’est pour exorbiter que j’ai choisi détective… Un truc moins courant qu’ingénieur, avocat ou comptable. Comptable, quelle horreur ! Il y a deux choses dont j’étais bien sûre que je n’étais pas faite pour : la comptabilité et l’écriture. Pour cette dernière je suis peut-être en train de changer d’avis. Mais c’est dur, très dur.

L’an passé, encore étudiante, je n’aurais jamais imaginé qu’écrire pouvait avoir une telle place dans le métier de détective. Ma copine Yoyo, qui termine ses études d’ingénieur, me dit exactement la même chose : « Je pensais construire des routes et des ponts et je vais passer mon temps à rédiger des propositions préliminaires, des avant-projets, des études, des spécifications… »

L’écriture, c’est pas facile. Je crois que je vais m’y coller rien que pour emmerder madame Guerret. C'est ma prof. de français du lycée, qui me détestait et qui trouvait mes textes sans queue ni tête… Eh oui, je suis en train de prendre le vice. Dans un premier temps, les notes de Coustal m’ont inspiré, puis j’ai commencé à écrire gentiment en oubliant même mes notes perso. Je m’y mets un peu chaque jour. Le plus dur ce sera d’écrire juste, d’éviter de me taper des gros délires… Vous verrez, je suis un peu chtarbée, j’adore extravaguer…

21:12 Publié dans Ophélie | Lien permanent | Commentaires (2) |

14/03/2007

L'original

Il a ses 500 signatures! 

medium_Lepen.jpg

Amateurs de valeurs autentiques choisissez l'original!

12/03/2007

RSR1

Journal Infime, L'écrit du blog,

Brigitte Patient parle de ce Joueb

A écouter sur RSR1, Radio Suisse Romande ou sur le Web jusqu'à la fin de la semaine. 

Je viens de l'écouter... C'est vers (14heures):24 pour les pressés... Je n'aurais pas mieux choisi parmi mes textes. Quelle voix! Merci madame Patient.

17:50 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (5) |

11/03/2007

RH et NTIC

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Ressources

Humaines

et NTIC

.

Avant que ce blog ne fasse le mardi 13 mars, la chronique de Brigitte Patient sur RSR1, Radio Suisse Romande la Première, revenons aux origines de ce blog. On se souvient que cette chronique se proposait, avec bonne ou mauvaise humeur, de donner les dernières nouvelles de la ressource confrontée à un monde devenu mondial et parfois même immondial.

Qu'est devenu l'homme ? se demandait déjà mon maître Alexandre Vialatte... Il prétendait que: "L'homme est un animal à chapeau mou qui attend l'autobus 27, au coin de la rue dela Glacière." Ce n'est plus le cas, l'homme n'a plus de chapeau, il est au travail, quand il a un travail, et il est devenu une ressource.

Autrefois, l’homme avait un directeur, une sorte d'autocrate qui gérait la matière humaine n’importe comment. Ces temps sont dépassés ! Aujourd’hui, la ressource à un manager qui gère un groupe de ressources en technocrate avisé, et ça change tout ! Le manager dispose d’engins puissants, d’instruments de mesure sophistiqués. Il utilise un tableur, une base de donnée, des Balance Score Cards, des outils modernes…

Il se fait aider dans sa tâche par un DRH, le directeur des ressources humaines. Une ressource spécialisée dans la gestion des ressources. Le DRH, grâce à des outils encore plus puissants, bourrés de nouvelles TIC, choisit les meilleurs candidats, les plus performants pour l’entreprise. Les ressources ainsi choisies sont sinon choyées du moins encadrées. Le DRH les mesure en permanence. Qu’une baisse de régime survienne et il recharge les batteries sans attendre grâce à une formation appropriée, un training ad-hoc.

Plus de hasard. Le DRH veille !

Pourquoi parler des NTICs, les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication? Parce qu'aujourd'hui,les NTIC sont essentielles à l’avenir de la ressource.

La ressource, est interconnectée, branchée sur l’actualité. Les NTIC sont sa nouvelle marotte. « Demandez les nouvelles TIC ! » Derrière son écran, l’homme nouveau profite, use et abuse des Technologies de l’Information et de la Communication, la ressource nouvelle grimace de bonheur !

Si les NTIC ont conquises l’homme, elles gagnent aussi la femme. Comme l’homme, la femme est devenu une ressource. La ressource est asexuée, sauf dans certains cas de harcèlement que nous étudierons un autre jour.

En principe, la ressource nouvelle travaille moins que l’homme ancien. Elle vit à l’heure des RTT. Elle profite de son temps libre. À la maison, dans la petite pièce du haut, elle se contorsionne sur sa chaise de bureau, face à son écran plat de 17 pouces, à côté de sa borne ADSL. De cette chaise, elle communique avec le monde entier. Elle est très fière d’avoir mis au point une si belle installation… Cela n’a pas été sans mal… Mais aujourd’hui, ça marche. Depuis ce poste stratégique, elle constate avec satisfaction que le niveau de son compte en banque est au-dessus de l’étiage. Elle pourrait voyager. Elle consulte l’horaire des trains. Elle crée un Blog. Elle commande ses capsules de café Nespresso, livrées sans frais de port. Le bonheur est à sa portée !

Et pourtant rien ne va plus dans le monde de la ressource…

18:20 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (6) |

09/03/2007

Guerre

medium_guerre.JPG.

Pladoyer

pour

une guerre

bien faite

.

J’adore, en rentrant du boulot, ouvrir un de mes recueils de chroniques de Vialatte au hasard... Et ce soir, je tombe sur:

« On dit que les guerres ne servent à rien. C’est parce qu’on a la paresse de les faire. Ou pour se donner l’air penseur. Mais en réalité c’est une très vieille idée… »

Ceci rappelle la phrase bien sentie de Von Moltke, le massacreur de génie, prussien de la guerre de 1870 ou de son neveu le joyeux drille qui commandait l'armée allemande en 14-18…

« La guerre est sainte, d'institution divine. Elle entretient chez les hommes tous les grands, les nobles sentiments, l'honneur, le désintéressement, la vertu, le courage, et les empêche en un mot de tomber dans le plus hideux matérialisme. »

Ceci m’amène à une lettre de Boris Vian au Vice-Curateur du Collège de 'Pataphysique sur les truqueurs de la guerre.

« Mais, quoi !...à chaque guerre, le même phénomène navrant se reproduit : on engage, en masse, des amateurs. La guerre, pourtant, ce n'est pas n'importe quoi ; c'est fait pour tuer les gens et ça s'apprend. Or, que se passe-t-il ? Chaque fois, dans les deux camps, au lieu de confier à des mains professionnelles l'infinité de tâches délicates qui concourent à la réussite des belles campagnes, on embauche des milliers de manœuvres non spécialisés et on les fait instruire par des guerriers professionnels âgés ou de grade inférieur, donc qui ont raté une guerre précédente. Comment veut-on que l'esprit des recrues — et certaines ne demanderaient pas mieux que de se dévouer à la cause de la guerre — acquière les qualités nécessaires à la réalisation parfaite d'une guerre idéale ? (…)
Qu'on me croie : le jour où personne ne reviendra d'une guerre, c'est qu'elle aura enfin été bien faite. Ce jour-là, on s'apercevra que toutes les tentatives avortées jusqu'ici ont été l'oeuvre de farceurs. Ce jour-là, on s'apercevra qu'il suffit d'UNE guerre pour effacer les préjugés qui s'attachent encore à ce mode de destruction. Ce jour-là, il sera, à jamais, inutile de recommencer. »

08/03/2007

La guerre des bouts

medium_oeuf.jpgPetits

et

gros

bouts

des

ordinateurs

Selon que les processeurs d'ordinateur traitent les nombres de gauche à droite ou de droite à gauche on les appellent "big endian" ou "little endian", en français "Grosboutiste" et "Petitboutiste". Jusqu'à qu'on se mette d'accord pour échanger des informations, (avec Internet) sur l'approche grosboutiste, la guerre faisait rage. Cette guerre avait déjà été imaginée par Jonathan Swift en 1721 dans les Voyages de Gulliver:

>Ces deux formidables puissances (Lilliput et de Blefuscu.) ont été engagées pendant trente-six lunes dans une guerre opiniâtre... Tout le monde convient qu'il faut casser les œufs par gros bout ; mais l’aïeul de Sa Majesté, alors qu’il était enfant, eut le malheur de se couper un des doigts en cassant un oeuf ; sur quoi l’empereur son père ordonna de casser leurs œufs par le petit bout. Ceci provoqua six révoltes, dans lesquelles un empereur perdit la vie... Onze mille hommes ont préférés la mort à l'idée de casser leurs œufs par le petit bout.

Plusieurs centaines de gros volumes ont été écrits et publiés sur cette matière... Et pourtant ceci n'était qu’une interprétation du texte : "Que tous les fidèles casseront leurs œufs au bout le plus commode. On doit, à mon avis, laisser décider à la conscience de chacun quel est le bout le plus commode, ou, au moins, c’est à l’autorité du souverain magistrat d’en décider."

...une guerre très sanglante a régné entre les deux empires pendant trente-six lunes, guerre dans laquelle nous perdimmes quarante gros vaisseaux et moult petits vaisseaux ainsi que trente mille de nos meilleurs matelots et soldats ; la perte de l’ennemi, ne fut pas moins considérable...<

02:55 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (4) |