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16/05/2015

Expressions

514HlUSas-L._SY344_BO1,204,203,200_.jpg&sa=X&ei=YRJXVa-OHoH8UMvQgBg&ved=0CAkQ8wc&usg=AFQjCNFg4dP01bGhOLvb2KE9khfsQjAb6gLe génie d’une langue réside dans ses expressions idiomatiques le plus souvent intraduisibles. Pour vous rendre compte du nombre d’expressions qui existent et que pour la plupart on connaît, allez sur le site expressio.fr Entrez un mot au hasard, chat ou chien. Avec chat : 9 expressions, chien : 12, loup : 7, cheval : 6, lion : 2 seulement. Et la liste n'est pas exhaustive et s'enrichit chaque jour.

En plus, sur expressio, il y a une équivalence dans pas mal d’autres langues. Par exemple « appeler un chat un chat » devient en anglais « une pelle une pelle » et en italien « noir le noir et blanc le blanc » en espagnol « le pain la pain et le vin le vin »...

Liste avec deux :

-                                                         Avoir deux poids et deux mesures

-                                                         Faire d'une pierre deux coups

-                                                         Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras / Mieux vaut tenir que courir

-                                                         Jamais deux sans trois

-                                                         Un homme averti en vaut deux

-                                                         Couper la poire en deux

-                                                         A deux / plusieurs vitesses

-                                                         Avoir les deux pieds dans le même sabot

-                                                         En toucher un mot / deux mots (à quelqu'un)

-                                                         Nager entre deux eaux

-                                                         En deux temps trois mouvements

-                                                         En rester comme deux ronds de flan

-                                                         Les deux mon adjudant

-                                                         Ne pas avoir (pour) deux sous de jugeote

-                                                         Dormir sur ses deux oreilles

-                                                         En deux coups les gros

-                                                         Joindre les deux bouts

-                                                         Vingt-deux (22) !

-                                                         En deux coups de cuiller à pot

Chaque langue a ses propres expressions. Pour revenir aux chiens et chats, les anglais disent "it trains cats and dogs" quand chez nous ils pleut des cordes. Ils utilisent aussi l’expression “It takes two to tango” pour dire "il faut coopérer" ou encore quand ça foire "les responsabilités sont partagées". Pas vraiment d’équivalent en français.

A propos de tango, Bobby : 

01/05/2015

Pôles

Des nouvelles de l’arctique et de l’antarctique trouvées sur différents arcticles publiés par Courrier International. Les glaces de l’arctique décroissent et l’antarctique croissent. (Il y a Ceux qui croient, Ceux qui croient croire et Ceux qui croâ-croâ  disait Prévert dans Paroles)

Jeux de mots mis à part, l’arctique (dont je rappelle que c’est notre pôle à nous) décroît encore plus vite à cause des bactéries qui engendrent des gaz à effet de serre (Eh oui, la nature !) et aussi à cause du phytoplancton (encore la nature). Le pôle sud croît deux fois moins vite que le pôle nord décroît. De plus, le croirez-vous, tout ceci repose sur des modèles pas 100% fiables.

Et pendant ce temps, à coup sûr, le nombre d’inscription à Pôle Emploi croît comme la glace du Pôle Sud. Hollande ne veut pas le croire. Certains prévoient un hiver social plutôt polaire. On verra bien. Mettez une petite laine.

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Étymologie : Étonnant, selon Alain Rey, l’origine du mot arctique est grecque (articque est juste mal écrit). En grec arktos veut dire ours que les romains écrivaient ursus qui sert à nommer les constellations Grande Ourse et Petite Ourse. Par chance, pour l’étymologie il n’y a pas d’ours en Antarctique et les constellations n’y sont pas visibles. On peut aussi écrire Pôles Nord et Sud, ou encore plus poétique boréal et austral.    

06/04/2015

Ordre

Le-bourgeois-gentilhomme-dessin-affiche-630x0.jpgMAÎTRE DE PHILOSOPHIE: On les peut mettre premièrement comme vous avez dit: Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien: D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien: Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien: Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font. Ou bien: Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour.

MONSIEUR JOURDAIN: Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE: Celle que vous avez dite: Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour.

MONSIEUR JOURDAIN: Cependant je n'ai point étudié, et j'ai fait cela tout du premier coup. Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.

Eh oui on dit : Vos beaux yeux me font mourir d’amour (dans 39% des langues dont l’anglais, le français, le chinois)

Mais aussi Vos beaux yeux d’amour me font mourir (dans 41% des langues dont le turc, le japonais, le persan… )

Ou Me font mourir vos beaux yeux d’amour (15% des langues dont l’arabe classique)

Et même  Me font mourir d’amour vos beaux yeux

Ou D’amour vos beaux yeux me font mourir

Ou D’amour me font mourir vos beaux yeux.

chat-et-souris.gifPour ces trois derniers groupes de langues (5%) cela donne aussi  

« mange la souris le chat » en malgache»,

« la souris le chat mange »en xavánte et

« la souris mange le chat » en hixkaryana.

Etonnant non ?

 

 

05:31 Publié dans Mots | Lien permanent | Commentaires (2)

20/03/2015

QPC

Connaissez-vous le verbe cupesser* ? C’est un verbe de notre région qui signifie faire une chute, se retrouver cul par dessus tête. Un objet peut cupesser une personne et même une entreprise, ce qui veut dire qu’elle a fait faillite. Il est possible de l’utiliser en mode transitif : En colère, il a tout cupesser dans la pièce.

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Donc quand j’entends : Ils ont soumis une QPC, je me dit qu'on va se casser la gueule. La Question Prioritaire de Constitutionnalité a été introduite par Sarko en 2008, elle permet à tout un chacun de soumettre au conseil constitutionnel une question pour savoir si, à l’occasion d’un procès, une disposition légale est conforme à la constitution (aux droits et liberté du citoyen). Pas forcément une nouvelle loi.

Inutile de dire que ce genre de truc complexe est plutôt utilisé par les lions, les tigres, les ours ou les renards  (selon que vous serrez…). On voit mal un âne affamé qui a piqué un sandwich à Carrouf poser une QPC pour savoir s’il avait le droit constitutionnel de le manger.

Petite exception, un couple anti-vaccination (sujet traité ici) a déposé une QPC pour demander si le vaccin obligatoire était constitutionnel. Dans sa grande sagesse, le conseil a décidé que OUI, l’état peut imposer la vaccination. Lire l’article du Huffington sur les arguments des anti vaccin.

 

*A propos des mots arpitan, on écrit partout « On dit en Suisse... » En fait c’est aussi autour de la Suisse. La langue comme l’eau se moque des frontières.

* Je soumettrais bien une QPC pour savoir s'il est normal que l'on supprime des points pour des infractions qui ne mettent pas en danger la vie d'autrui (ceinture...). En plus la même infraction commise par un membre de l'UE ne fait pas l'objet de retrait de points. Il y a là un traitement inégal des citoyens de l'UE. Faudrait peut-être porter plainte à Bruxelles.

 

06/03/2015

Diversité

xpoesie-du-gerondif.pagespeed.ic.-uMurEDguf.jpgUn beau texte sur l'enrichissement qu’entraîne la diversité, texte extrait de la poésie du gérondif de Jean-Pierre Minaudier.
 
Chomskyens: Noam Chomsky est un linguiste américain qui a pris la grosse tête depuis qu'on l'a gratifié du titre pompeux de "plus grand intellectuel vivant". Il est un défenseur de l'idée d'une grammaire universelle des langues et en bon américain il ne comprend même pas la mentalité française, il l'a prouvé plusieurs fois.
 
La diversité des langues. dont la lecture de chaque grammaire révèle une facette inédite, remet en cause non seulement la grammaire universelle des chomskyens, mais tous les universalismes, qui ne sont généralement que des occidentalocentrisines, des provincialismes aveuglés par l’arrogance et l’ignorance de l'autre.
 
L’inépuisable variété des manières de mettre le réel en mots renvoie à leur profonde inexistence intellectuelle tous les cornichons persuadés que la seule manière digne d’intérêt de penser et d’exprimer le monde est celle en vigueur dans leur village natal, et ignorant ou méprisant tout ce qu’ils ne distinguent pas du haut de leur clocher: philosophes qui confondent les préjugés de leur siècle et de leur société avec des universels intemporels, littéraires figés dans un dialogue millénaire avec une tradition ‘classique» prise pour le centre du monde parce qu’elle se trouve être à l’origine de notre patois, nationalistes assez obtus pour oublier que la richesse des nations réside dans leur pluralité ?
 
Je suis de ceux que ces gens exaspèrent, de ceux aussi que passionne non ce qui se ressemble mais ce qui diffère, non l’unité, les centres, les métropoles, l’ordonnancement régulier des grandes avenues symétriques et des palais classiques, la pureté géométrique et transparente du cristal, mais les périphéries et les minorités, les ruelles torves et les placettes que nul architecte n’a dessinées, l’infinie variété de formes du corail ; de ceux qui pensent que nous avons autant à apprendre de la structure de l’urarina que du théâtre de Shakespeare et de la grammaire du mosetén que de la chapelle Sixtine - il ne s’agit pas de mépriser en retour cet héritage, mais de ne pas s'y enfermer).
 
L'urarina est une langue amérindienne isolée parlée au Pérou par 2 000 personnes.
Le mosetén est la langue des mosetén une ethnie amérindienne de l'Amazonie bolivienne. Elle appartient à la famille mosetenane, qui est linguistiquement isolée.

10:10 Publié dans Lecture, Mots | Lien permanent | Commentaires (2)