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30.09.2007

Peagni

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[Clocher à Tiglietto]

Pas souriants les employées de mairie de Ronco mais coopératifs. Dieu sait combien ils en voient passer dei francesi, italiani, svizerri en quête de leurs racines. On m’ouvre une armoire de fer remplie de registres de naissances et de morts. C’est seulement plus tard que le secrétaire fera glisser la porte et que je verrai aussi les registres des mariages.

Pas facile de s’y retrouver dans ces grands livres. Au bout d’une demi-heure, j’ai compris la logique et je commence par mon père, puis mon grand-père, ma grand-mère et d’autres membres de la famille. Je prends des notes en toute désorganisation. C’est du boulot la généalogie. En fait je me fous de la généalogie mais je dois bien admettre que c’est assez émouvant de retrouver noir sur blanc, l’acte qui enregistre avec témoins la naissance des ces chers antenati (nés avant nous). Moment d'émotion quand je retrouve les mariages en 1909 des deux grands-pères, le mien Besso (Laurent) et Batistta, celui de mes cousins de Bons, célébrés en un beau jour (j'imagine) de Juillet.  

Pour faire court, ce qui m’a frappé c’est que tous ces antenati venait d’un lieu nommé Peagni, un hameau (frazione) de Ronco. Donc après mes trois heures d’investigation, muni de ma carte au 25 millième me voilà parti pour Peagni. Après une première côte redoutable, je gare sagement la voiture et me voilà parti dans la montée. La route est goudronnée mais il ne faut pas avoir à croiser. S’ils n’avaient pas le cœurs solide les antenati, ils ne devaient pas survivre longtemps. Réserve de chasse, réserve de pêche, je croise quatre jolies biches et m’approche à cinq six mètres avant qu’elles ne me voient.

A Peagni, pas de panneau indicateur, juste quelques maisons de pierre sèches perdues dans la végétation. Impossible de savoir combien de maisons exactement  tant la forêt est dense et la pente escarpée. Trop risqué de grimper dans les ruines. Une impression de belle au bois dormant, un lieu engourdi depuis un siècle. J’apprendrai un plus tard par Giuseppe, un lointain cousin, qu’il a encore habité dans une de ces maisons après la guerre.

Incroyable de penser que tous ces Giovanni, Pietro, Gian-Battistata, Paolo, Besso… toutes ces Maria, Maria Margherita, Maria Magdalena, Maria Giovanna Candida, Maria Appolinaria… tout ce monde d’avant la pilule, enseveli dans les registres de Ronco et déclarés à Peagni, a pu vivre ici dans ces quelques maisons suspendues à la montagne sous le lac de Canaussa, à côté du rio  du même nom qui dévale à grandes eaux. La vanité du monde est sous mes yeux, elle me transperce,

Je poursuis ma route vers Tiglietto, un autre hameau où est née ma grand-mère, sur un petit plateau dégagé de végétation habité à temps partiel. Des jeunes qui restaurent ces belles maisons de pierre. Le temps est maussade mais j’ai envie de rester  ici.

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28.09.2007

Mont Dolent

Mes grands-parents paternels vivaient accrochés à la montagne dans un petit hameau nommé Peagni qui dépendait du village de Ronco-Canavese. Peagni était alors un petit village d’une dizaine de maisons en pierres sèches et Ronco un gros bourg construit au bord d’une rivière dont les eaux diaphanes roulaient des pierres rondes comme des oeufs préhistoriques ;-)

Aujourd’hui Ronco est le chef-lieu sans grâce du Val Soana dans le Piemont, provincia di Torino. Sans grâce, car les constructions modernes sont laides et ont détruit la belle harmonie des maisons de pierre sans pour autant aérer l’ancien amoncellement delle case. La Soana est la rivière qui roule ces pierres rondes, gros bloc de granit dont on se demande quels géants ont pu faire ici une monstre partie de pétanque.

Si l’on suit la route on arrive à PiamPrato. Un pré plat à plus de 1500 mètres au cœur du Grand-Paradis, le paradis dei camosci (chamois) et dei stambucchi (bouquetins). A Piamprato on trouve un bar, le Bar Bu, gite d’étape proche d'un monument dédié aux stagnini-calderaio, les rügas en franco-provencal, dits aussi les magnins, ces rétameurs-chaudronniers très habiles du val Soana qui partaient gagner leur vie, qui à Milan, qui en Savoie, qui à Paris.  

9943f8b9e64df1a77760383f9932dcd4.jpgJ’étais en vacance cette semaine et d’humeur généalogique. Alors pour commencer je suis passé à Verossaz qui est l’endroit où est né un de mes bisaïeuls côté maternel. C’est une commune en Valais près de Saint Maurice. De la vallée, il faut monter pendant vingt minutes pour arriver sur une sorte de plateau. Au pied des Dents du Midi avec la Cime de l'Est qui ressemble au Cervin. Je n’ai pas trouvé l’aïeul à l’état civil de Saint Maurice, je manquais de précisions, mais je me suis bien promis d’y revenir. 

Ensuite, j’ai poursuivi mon tour du Mont Dolent (photo) en diretion de Martigny et du col du grand Saint-Bernard. Le Mont Dolent est un redoutable sommet pyramidal, non loin du Mont-Blanc, qui culmine à 3820 mètres. C'est une des dernières conquêtes majeures de l'alpinisme au XIXième (Whimper-Michel Croz) bien après le mont-Blanc, et juste avant le Cervin. A son sommet se rejoignent les trois lignes de frontière France-Italie-Suisse. Vu que je suis à moitié italien et pour le reste suisse et français, je considère le Dolent comme ma montagne personnelle bien que j’ai abandonné depuis longtemps l’idée de la gravir.

J’étais pas trop chanceux avec le temps. J’ai quand même pu monter en dessus de Piamprato et le brouillard ne m’a pas trop gâché le plaisir. Le lendemain matin j’avais de toute façon rendez-vous au municipio, la mairie, avec une belle pile de registres: extraits de naissance, de mariage et même de mort. Eh oui, ça existe : i registri di morte !

PS: (rien à voir)  Au Terrier, 71, bd de la Cluse à Genève, l'acteur Jean Bruno lira : "Badonce et les créatures"  d'Alexandre Vialatte. vendredi 28 septembre à 19h. samedi 29 septembre à 18h, dimanche 30 septembre à 18h., Pour réserver vos places, vous pouvez téléphoner au Terrier 022. 320.43.61 (répondeur) ou envoyer un message électronique à leterrier@bluewin.ch

 

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27.09.2007

Les Hussards

43ff4b17e8eebb740f195b11fd8feada.jpgRoger Nimier, le papa tôt disparu de Marie Nimier, était un écrivain qui s’est trouvé au centre d’un mouvement littéraire dont presque tous ses membres refusèrent l’étiquette : Les Hussards. Mouvement nommé par Bernard Franck, chroniqueur littéraire à l’Obs, mort en 2006, dont l'article hebdomadaire avait le don de m’irriter. Roger Nimer avait publié un roman intitulé le « Hussard bleu ».

Les hussards étaient tous des écrivains de droite dont certain comme Nimier ou Antoine Blondin étaient royalistes, voire anarchistes. Ils ont souvent écrits dans Cahiers de la Table ronde et ils s’opposaient aux existentialistes dont l’instigateur était Sartre et la revue Les Temps Modernes. C’est bien entendu de tout cela dont parle en filigrane Marie qui dit avoir eu un peu de peine en mai 68 à assumer la filiation. Elle dit pourtant qu’elle a de grands souvenirs quand elle allait avec papa chez l’ogre de Meudon : Céline Ferdinand. Je peux imaginer.

Le prix Roger Nimier récompense un jeune (hum, Cioran en 77, Frank en 81) auteur dont l'esprit s'inscrit dans la lignée de l'oeuvre littéraire de Roger Nimier.  Lire aussi l'article de Pierre Assouline: Grand style et Abjection de la droite littéraire.
 Biographies de Nimier. Excusez du peu :

• Marcel Aymé, Roger Nimier, Paris, « Livres de France », février 1967.
• Yves Berger, Roger Nimier, dans Écrivains d’aujourd’hui, Paris, Grasset.
• Antoine Blondin, André Fraigneau, Roger Nimier,
• Pierre Boutang, Les Abeilles de Delphes, Paris, La Table ronde.
• Jacques Chardonne, Lettres à Roger Nimier, Paris, Grasset.
• Marc Dambre, Roger Nimier, Hussard du demi-siècle, Flammarion, 1989.
• Olivier Frébourg, Roger Nimier, trafiquant d'insolence, Les Editions du Rocher, 1989.
• Alain Sanders, Roger Nimier : hussard bleu et talon rouge, Éditions de Paris 2006.
• Christian Millau, Au galop des Hussards , Paris, Fallois, janvier 1999 

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26.09.2007

Reine du Silence

306d69545fc5203a6a1ca8cd16ca0382.jpg Dans le cimetière de Saint-Brieuc où repose Roger Nimier, il y a la tombe de Louis Guilloux et celle du père de Camus, dixit Marie Nimier. Il semble que Marie n’ait pas lu Le Premier Homme, le livre publié quelques années après la mort de Camus sinon elle en aurait inévitablement parlé.

Le sujet des deux romans, l’absence du père, est ce qui m’a le plus touché dans le livre de Marie. Je n’ai pas arrêté, à la lecture, de faire des comparaisons. Ce permis, que Marie rate régulièrement, m’a fait pensé à ce problème que j’ai toujours eu avec la mécanique et les bagnoles en générale. Un extrait sur ce sujet :    

« Nombreux sont les écrivains qui ont vu mourir leur père alors qu'ils étaient enfants. Cette perte prématurée serait-elle une petite machine à fabriquer, alternativement, de l'écri­ture et du silence ? De l'écriture, dans un pre­mier temps, pour combler le vide, puis du silence pour se faire pardonner d'avoir volé la parole paternelle, de s'en être emparé ? Tant que les écrits restent confidentiels, on s'arrange, mais dès que l'on atteint un certain degré de notoriété, les choses se compliquent. L'atten­tion que l'on te porte n'est-elle pas usurpée ? Qui es-tu pour mériter de tels éloges ? Il faudrait établir la liste de tous ces écrivains sans père. De ces écrivains qui se retirent, se mettent à l'écart, et voir s'il y a une corrélation. Mais est-il encore écrivain, celui qui n'écrit plus.

Est-il encore romancier, celui qui n'écrit plus de romans ? La réponse est évidente. On a pu lire des livres entiers sur le sujet, des livres merveilleux sur le renoncement littéraire qui serait, pour certains, le suprême aboutissement de leur carrière artis­tique. Bien entendu, il reste écrivain, le lecteur »

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24.09.2007

Bolduc

6e234339b576723f3700933cebeef3e1.jpg Savez-vous ce qu’est un bolduc ?

 

 

C’est un ruban fin de couleur vive qui sert à ficeler et à décorer les paquets ou les bouquets.

La fabrication du bolduc requiert un certain coup de main surtout pour coller la petite étiquette dorée  comme cette fleuriste du cimetière de Saint Brieux dont parle Marie Nimier dans la Reine du Silence. Le bolduc vient de Bois-le-Duc une ville du Brabant septentrional en Hollande où l’on fabriquait ces rubans.

  

 

« …tu prends le ruban à la base, tu le coinces entre la lame d'un couteau et le plat du pouce et tu tires en remontant, plus le geste est vif, plus la frisure est moussue, et enroulée serré lorsque le geste est lent, elle sait tout ça sur le bout des doigts, la fleuriste, elle sait que très vite dans la poubelle sa belle construction, comme les pâtissiers leurs décorations en pâte d'amande sur la bûche de Noël dans l'estomac avec la farce, pêle-mêle, les huîtres et le chapon, mais peu lui importe. Elle aime le travail bien fait, il n'y a que cela qui compte pour elle : la beauté du geste, le plaisir de l'instant. Tu auras beau agiter la main en signe de dénégation (c'est pour en face, vous savez, tous ces efforts, est-ce bien la peine ?), elle ne t'écoutera pas, ne te regardera pas, continuera à passer la lame de ses ciseaux contre le ruban doré jusqu'à ce qu'il dégouline en anglaises sur le papier de Cellophane. Sa bou­tique est à son image. Les fleurs artificielles, les plaques gravées, les couronnes mortuaires, oui, tout est disposé gaiement, avec des anges en terre cuite qui volettent à différentes hauteurs, des bougies parfumées et la radio qui égrène les actualités : terrible accident de la route en ce premier jour du week-end… »

Ce n'est pas un hasard si la radio du fleuriste parle de terrible accident. Marie a perdu son père dans un terrible accident. Il s'appelait Roger Nimier. Il était jeune, écrivain comme Marie, bourré de talent et aussi royaliste et provocateur.

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23.09.2007

Drague

88671f9d1efd0efb8577cbc8805a0902.jpgL'histoire:

Etienne, le narrateur, pantalon à grosses côtes et sac au dos, n'hésite pas à se sacrifier pour suivre le pèlerinage qui, de Vézelay à Compostelle, perpétue selon lui l'archaïsme de la pensée et la soumission au destin. Appuyé à son bâton de pèlerin, Etienne a plus d'un tour dans sa besace pour approcher au plus près les corps croyants de cette vaste communauté en marche. Le constat est hilarant : la chair est faible, on s'en doutait, mais elle est tout sauf triste...

Commentaire :

Les trois religions révélées donnent au péché de chair une grande importance. A la lecture de ce livre on ne peut que penser que c’est pour ajouter le maximum de piquant à la transgression érotique. Ces catholiques craquantes sont merveilleusement croquées par Etienne Liebig qui ne prend pas de bouillon pour nous mettre en valeur leur plus beaux Callibistrys confrontés au chibre du narrateur. Ce roman sans prétention est un roman athée, bouffeur du curé et pisseur dans le bénitier, paillard, jouisseur et jouissif. J’ai pas mal ri surtout au début. On fatigue un peu au bout d’un moment mais le souffle reprend ça et là au gré de scènes érotiques croustillantes.

Si vous êtes croyants et bien-pensants laissez tomber, ça sent le souffre et la queue de diable à dix lieues.

Etienne Liebig a aussi commis : Comment draguer la militante dans les réunions politiques

07:45 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

21.09.2007

Rires forcés

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Ce matin, je me suis réveillé avec cette stupide phrase en tête:

"Quand un gendarme rit dans la gendarmerie, tous les gendarmes rient dans la gendarmerie."

Alors jai enchainé...
les potes rient, les fromages rient, les niaises rient, les connes rient,
les berges rient, les vaches rient, les sous rient et les sourds rient,
les poux rient, les aras qui rient, les potes rient, les fromages rient,
les canards rient, les verres rient, les bouches rient, les crèmes rient,
...
Par chance j'ai prêté mon dictionnaire de rimes. Si le coeur vous en dit ajoutez quelques ânes rient en commetaire.  

09:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note

19.09.2007

Hommage Posthume

b2f9ed5b1cb307e7b17994e8d70b7d25.jpg"Françoise Giroud, de son vrai nom France Gourdji, fut un prof de piano qui tenta de se faire passer pour concertiste. Elle fut script-girl, jamais script-lady. Dent de fer, mâchoire de caoutchouc : croyant mordre, elle couinait. Elle voulut se faire craindre et respecter ; elle fut crainte, puis tolérée. Elle mourut dans un tintamarre d'éloges, avant de couler à pic.

On retiendra d'elle quelques vacheries de chansonniers : « On ne tire pas sur une ambulance », « Combien coûte un ticket de métro ? » ; et un aphorisme pour sujet du bac : « Le problème des femmes sera résolu le jour où l'on verra une femme médiocre à un poste important ». Postulat se retournant contre son auteur, nommée Secrétaire d'État à la Condition féminine, puis à la Culture. Ce dont elle se vengera dans de petits livres aigres, plats et inélégants, où elle laissa le plus clair d'elle-même."

Stéphane HOFFMann

On disait qu'elle avait "une plume". Elle a pondu le roman "Mon très cher amour", un des plus mauvais livre que j'ai jamais lu. Comme le signale le garde-mots elle a aussi écrit ça mis en musique par Lou Gasté le mari de Line.

LE PETIT CHAPERON ROUGE
Paroles: Françoise Giroud, musique: Louis Gasté, 1944

Le petit chaperon rouge
Trottinait dans les grands bois
Quand soudain une ombre bouge
C'est un loup, un gros loup à l'oeil sournois
Qui se dit en voyant la gamine
J'ai besoin de vitamines
Je vais faire un bon petit repas froid

REFRAIN:
Tire, tire, tire la chevillette
Tire et la bobinette cherra

Où allez-vous donc fillette?
Lui demande le loup gourmand
Je vais porter une galette
Et un petit pot de beurre à ma mère grand
Qui habite cette maisonnette.
Allez vite mignonnette
Et merci, merci pour le renseignement
REFRAIN
Tandis qu'elle cueille des noisettes
Il court vite chez la mère grand
Et d'un seul coup de fourchette
Il avale presque toute la bonne maman
Pour la fête se fait une vinaigrette
Met chemise, bonnet, lunettes
Puis se couche dans le lit en ricanant
REFRAIN
Toc, toc, toc, vient la pauvrette
Qui annonce à sa mère grand:
Je vous apporte une galette
Et du beurre que vous envoie ma maman
Ouvrez vite à votre mignonnette.
De sa voix la plus fluette
Le loup crie, imitant la bonne maman
REFRAIN
Elle entra dans la chaumière
S'écria en la voyant
Que vos bras sont longs grand-mère
C'est pour mieux, mieux t'embrasser mon enfant
Que vos yeux, vos oreilles, vos molaires
Ont grandi bonne grand-mère
C'est pour mieux te manger mon enfant
REFRAIN
Mais le petit chaperon pas bête
Se rappelant la fin de l'histoire
Prit une grosse clé à molette
Et lui ferma soigneusement la mâchoire
Puis doucement au loup bavant de colère:
Je t'ai laissé bouffer grand-mère
Mais faudrait tout de même pas me prendre pour une poire.

Le petit pot et la galette
C'est le chaperon qui les mangera
Il faut toujours ma grosse bête
Se méfier d'un plus petit que soi!

 

22:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

17.09.2007

L'attentat

c9f5f33cc031453572ba1998a9f3e4a8.jpgAmine est palestinien. Il a la nationalité israélienne et c’est un brillant chirurgien, doué de ses mains, intelligent et avec un contact humain chaleureux. Il est marié à une palestinienne, Sihem. Sans enfant, ils filent le parfait amour dans leur résidence friquée d’un quartier rupin de Tel-Aviv. Tout baigne jusqu'au jour où... un attentat se produit dans la capitale. Son ami Naveed, flic israélien, lui annonce que Sihem a été tuée et qu'elle est fortement soupçonnée d'être la kamikaze responsable de nombreux morts. C’est le drame pour Amine qui va désormais chercher des raisons de continuer à vivre et part pour une quête de ses racines.

Sur cette fantastique idée de roman, Yasmina Khadra batit un récit riche et subtil. C’est le type même du roman que je voudrais être capable d’écrire : Une grande histoire, des personnages attachants y compris les personnages secondaires très subtils, un récit bien ficelé…

Khadra nous emmène dans les méandres de l’âme humaine. Amine se demande pourquoi, pour quelles raisons sa femme, cet être doux, dénué de haine et de mystère, s'est-elle fait exploser dans un restaurant, bondé d'enfants de surcroît ? Pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Et comment lui, qui l'aimait tant, qui lui avait donné toute sa vie, n'a-t-il rien vu venir ? Dans sa quête éperdue pour approcher les raisons qui ont pu motiver un tel acte, Amine se frotte à ces « terroristes » en puissance hantés par la cause palestinienne et, pour les meilleurs d’entre eux, prêts à mourir. Khadra sait nous rendre ce drame vivant. On tremble pour Amine sans cesse menacé comme traître à son peuple. On pleure avec Amine, enfin pour les plus sensibles.

Une deuxième fois merci à Dario pour m'avoir passer ce livre après les Hirondelles de Kaboul.

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16.09.2007

L'Arande

Après la rédac du mois, le 15, c’était l’inauguration en présence de personnalités françaises et suisses et de 5 à 600 personnes de l’Arande. L’Arande est la nouvelle maison des sociétés de Saint Julien. Son nom lui vient d’un petit cours d’eau qui passe pas très loin de cette nouvelle réalisation.
 
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Inauguration réussie à 100%. Les pisse-froid qui prédisaient un échec en sont pour leur frais, cet équipement qui manquait à la ville est d'ors et déjà un très grand succès.

Pour preuve cette journée qui a vu défiler au moins mille Saint-Juliennois, toutes les associations qui s’étaient données de la peine, des salles superbes, une grande terrasse… L’architecte était content et nous a gratifié d’un beau discours sur la réalisation de l’édifice. Il avait une contrainte, transformée en avantage, qui était de garder la façade et le puit de lumière de l’ancien bâtiment des Fromageries Girod. Mission accomplie !

On se sent tout de suite bien dans ce bâtiment. A noter les deux salles « Sports de combat » et « Danse » avec leur puits de lumière. Grandes et immédiatement agréables. Allez voir ! Montez sur la terrasse !

Le cinéma « rouge et noir » avait aussi sa journée portes ouvertes avant l’inauguration du mardi 18. Affaire à suivre. Cette ville bouge.

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15.09.2007

La rentrée

ebad543b2ad38d6148632ab546a40162.jpgC'est une conspiration mondiale ! Pour l'instant nous ne sommes que 19 mais cela va grossir... grossir. Quand nous serons mille cela deviendra peut-être compliqué de tout lire... En un mot, l'idée consiste à poster tous les 15 du mois à midi heure de Paris, une rédac sur un sujet fixé le premier du mois.
 
La liste des participants:
 

Troisième rédac donc ! Pas folichon le sujet, après le look en juillet, la bouffe en août, la rentrée en septembre. Quelle imagination débordante cet Olivier !

Pour moi la rentrée c’est le jeûne genevois. Vous trouverez tous les détails sur cette journée si particulière en suivant le lien wiki. A Genève, on dit que le jeûne remplace le premier mai, donc on ne chôme pas le jour de la fête du travail mais on jeûne le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre. En fait de jeûne et d’abstinence, on en profite pour se taper la cloche dans les restaurants français environnants.

Comme, dans la vie de travailleur en Suisse, on n’a pas tellement d’opportunités de faire le pont, ce jeudi de septembre est le bienvenu, on l’imagine. Sauf que… vivant en France, ce premier week-end de septembre coïncide pratiquement chaque année depuis des décennies avec la rentrée des classes. Et il faut être un parent bien insouciant pour priver ses enfants de rentrée des classes au prétexte que l’on peut faire le pont à se prélasser. Bref, des années à rater le pont.

N’ayant plus d’enfants en âge scolaire depuis lurette, je peux aujourd’hui faire le pont la conscience tranquille et partir jeûner dans les restaurants de Lozère, charcuterie, aligot, pavé de boeuf de l’Aubrac, tarte-tatin… et comme je me suis mis sérieusement à l’écriture, entre les repas j’écris et je lis les articles sur les romans de la rentrée.

Plus de 700 romans, 200 essais, un grande confiture de phrases et pas de pot, ne cherchez pas, il n’y a pas le mien. Il n’y en aura d’ailleurs pas plus l’année prochaine car le livre est un produit qui se marchandise (du verbe merchandiser), qui se conditionne et se bichonne un an à l’avance et sauf à s’appeler Poivre d’Arvor ou de prêter son yacht au président, on a zéro chance en s’y prenant au dernier moment.

Amélie
Bon, il doit bien y avoir quelques livres sympas dans cette rentrée. Je pourrais peut-être lire le Nothomb. Plus rentrée que Nothomb, on ne fait pas. Chaque année depuis 1992 et l’Hygiène de l’assassin le Nothomb tombe à l’automne un peu avant les feuilles de l’acacia frisia (photo). L’étagère de mes confitures est pleine pour l’hiver et Amélie nous met son livre par-dessus. De plus elle s’améliore chaque année ou presque. Le goût de fruit est particulièrement fin quand elle parle d’elle et donc celui de cette année s’annonce des meilleurs. Mon conseil de rentrée est donc de laisser tomber le Poivre d’Arvor et de lire Ni d'Eve ni d'Adam plutôt que Yasmina Resa, le sujet en est plus amusant. On peut aussi lire la métaphysique des tubes ou biographie de la faim, c’est en poche et comme tous les Nothomb c’est vite lu. Bonne rentrée et bonnes lectures à tous. 
 

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13.09.2007

AKS

Cela fait longtemps que ce blog n’a pas parlé de mathématiques. Je suis allé faire un tour chez Lhuna qui recense avec ses élèves les manières de compter. Ce qui m’a amené, je ne sais pas trop comment ni pourquoi sur ce fameux algorithme AKS. Comment ? Vous ne connaissez pas AKS ? On va combler cette lacune.

En août 2002, trois chercheurs indiens annoncent qu’ils ont trouvé un test de primalité déterministe en temps polynomial. La belle affaire me direz vous ! Eh bien figurez-vous que c’est un truc très vachement (vache sacrée bien sûr) étonnant.

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« New Method Said to Solve Key Problem in Math » titrait le New York Times du 8 août 2002. (A) -Manindra Agrawal, (K) -Neeraj Kayal et (S) - Nitin Saxena de l’ Indian Institute of Technology ont trouvé un algorithme d’une éclatante simplicité et d’une surprenante élégance. Quelques jours plus tard, les experts s’enthousiasment. Quatre jours avant le gros titre du New York Times, un dimanche, les trois auteurs avaient envoyé à quinze experts un preprint de neuf pages intitulé « PRIMES is in P ». Le soir du même jour Jaikumar Radhakrishnan et Vikraman Arvind, deux papes de ce domaine des mathématiques, leur envoyaient leurs félicitations. Le lundi, un des maîtres du sujet, Carl Pomerance, vérifiait le résultat et, dans son enthousiasme, organisait un séminaire pour l’après-midi et informait Sara Robinson du New York Times. Le mardi le preprint était en accès libre sur Internet. François Morain fit un exposé sur ce sujet au séminaire Bourbaki de mars 2003. Et le vendredi, Dan Bernstein affichait sur le web une amélioration de la preuve du résultat principal, qui tenait en une seule page.

Bref, la brièveté, inhabituelle en mathématiques, de la période de vérification reflète la concision et l’élégance de l’argument et sa simplicité technique. Une preuve, simple, courte, innovante et tellement plaisante « suited for undergraduates ».

Deux autres choses étonnantes:

  • Deux des auteurs, Kayal et Saxena, venaient juste de recevoir leur diplôme de licence en informatique.
  • Cette découverte sensationnelle est accessible à l’« homme ordinaire » ce qui est inédit pour les mathématiques de ces cent dernières années. 

Pour être honnête, je dois avouer que, soit cette dernière prétention est très excessive, soit je suis un homme « sous-ordinaire ». Au départ, j'étais content, cela partait du petit théorème de Fermat : (x − a)^n ≡  (x^n − a) mod n... des nombres de Sophie Germain. Puis soudain quelques anneaux et corps plus loin, j'ai perdu pied... Au secours!

Bref, à lire superficiellement la démonstration, je veux bien admettre que je pourrais sans doute tenter de la comprendre un jour (mais je n’ai pas envie :-) alors que, j’ai abandonné sans même lutter l’idée même de comprendre la démonstration de Wiles du grand théorème de Fermat. 

A votre bon coeur c'est « suited for undergraduates ».

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12.09.2007

Yasmina Khadra

185a10207d62649cee108615c18dca10.jpgYasmina Khadra,

l'auteur des hirondelles de Kaboul,

de l'attentat

et des sirènes de Bagdad 

est un écrivain algérien de langue française

né en 1955 dans le Sahara algérien.

Son vrai nom est Mohammed Moulessehoul.

Enrôlé dès l'âge de 9 ans à l'école des cadets de El Mechouar. Officier de l'Armée algérienne, il a mis fin à sa carrière militaire pour s'installer au Mexique.
 
Moulessehoul a adopté un pseudonyme féminin ( mystère révélé en 2001) pour échapper à la censure militaire. Malgré le succès de nombre de ses publications en Algérie, Moulessehoul n'a révélé son identité qu'en 2001 après avoir quitté l'armée et s'être exilé en France. L'anonymat fut le seul moyen pour lui de survivre et d'échapper à la censure durant la décennie du terrorisme en Algérie. Il réside aujourd'hui avec sa famille à Aix-en-Provence.
 
Ces éléments de biographie se retrouvent dans deux des ouvrages de Yasmina Khadra : L'écrivain (où il évoque son séjour à l'Ecole Nationale des Cadets et l'éveil de sa vocation d'écrivain) et L'imposture des mots, davantage consacré à une justification de sa démarche et de son oeuvre, après la révélation de sa véritable identité.
 
La rédaction du magazine Lire à élu Les sirènes de Bagdad meilleur roman français de 2006. 
 
Le roman qui l'a révélé en 1997, Morituri a été adapté au cinéma en 2007. Le film, produit par la France et l'Algérie, a été réalisé par Okacha Touita.

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11.09.2007

Les hirondelles

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Yasmina Khadra

Les

hirondelles

de

Kaboul

-

Kaboul, an 2000, les talibans font la loi. Quatre personnages inoubliables : Mohsen, qui descend d’une famille de commerçants prospères que les talibans ont ruinée ; Zuneira, sa femme, sublimement belle, qui fut une enseignante brillante et qui n’a plus le droit de sortir de chez elle… Atiq, gardien de prison, qui a adhéré à l’idéologie des talibans et qui doute. Et Mussarat, sa femme, qui se meurt de maladie et de désespoir.

Mohsen erre dans Kaboul quand il est entouré par une foule qui s’apprête à lapider une femme adultère (extrait). Ce geste insensé va faire basculer le destin de tous les protagonistes dans la tragédie… jusqu’au sacrifice ultime – et vain – de Mussarat, cette femme qui donnera sa vie pour permettre à l’homme qu’elle aime de retrouver sa capacité d’aimer.

Extrait:

Le mollah lève une main majestueuse pour apaiser le hurleur. Après la récitation d’un verset coranique, il lit quelque chose qui ressemble à une sentence, remet la feuille de papier dans une poche intérieure de son gilet et, au bout d’une brève méditation, il invite la foule à s’armer de pierres. C’est le signal. Dans une ruée indescriptible, les gens se jettent sur les monceaux de cailloux que l’on avait intentionnellement disposés sur la place quelques heures plus tôt. Aussitôt, un déluge de projectiles s’abat sur la suppliciée qui, bâillonnée, vibre sous la furie des impacts sans un cri. Mohsen ramasse trois pierres et les lance sur la cible. Les deux premières faillissent à cause de la frénésie alentour mais, à la troisième tentative, il atteint la victime en pleine tête et voit, avec une insondable jubilation, une tache rouge éclore à l’endroit où il l’a touchée. Au bout d’une minute, ensanglantée et brisée, la suppliciée s’écroule et ne bouge plus. Sa raideur galvanise davantage les lapideurs qui, les yeux révulsés et la bouche salivante, redoublent de férocité comme s’ils cherchaient à la ressusciter pour prolonger son supplice. Dans leur hystérie collective, persuadés d’exorciser leurs démons à travers ceux du succube, d’aucuns ne se rendent pas compte que le corps criblé de partout ne répond plus aux agressions, que la femme immolée gît sans vie, à moitié ensevelie, tel un sac d’horreur jeté aux vautours.

Les hirondelles de Kaboul est un court et grand roman qui nous fait vivre de l’intérieur la réalité d’un régime féodal. Roman écrit par Yasmina Kadhra, un algérien au pseudo féminin, qui connaît bien la mentalité des intégristes musulmans et dont je parlerai demain. Merci à Dario de me l'avoir fait découvrir.

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10.09.2007

Arte Jeudi

medium_header.gifL'année dernière, j'avais parlé ici

du documentaire

de Gilles Perret

Ma mondialisation

qui était passé au ciné-club de St Julien.

Eh bien il passe Jeudi 13 Septembre sur Arte à 22:35

 

Ma mondialisation est un documentaire très réussi. A travers le décolletage dans la vallée de l’Arve et le personnage du père Bontaz, un chef d’entreprise savoyard qui a réussi avec des usines en Tchéquie et en Chine, Gilles Perret nous fait réfléchir sur ce phénomène dont tous le monde parle sans toujours en mesurer la portée : La mondialisation. Gilles sait rendre son personnage principal de grand patron extrêmement sympathique.

La mondialisation de Gilles Perret est complexe, son point de vue d’alter mondialiste est tout sauf manichéen et simpliste. Ne le rater pas, ce dixième documentaire de Gilles Perret est une petite merveille d’intelligence qui comme toute les grandes oeuvres nous parle de son village pour nous raconter le monde. Il faut compter Gilles au rang des grands réalisateurs.

On en parle ici et dana télérama ou encore là

08:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

09.09.2007

Prévarication

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Le livre d'Eva Joly me poursuit.

On y parle de corruption,
de prévarication,
de malversation et
d'arnaques en tout genre
pratiquées par le grands de ce monde.

 
Pays riches et pays pauvre confondus.
Elle parle du monde qui bouge vite. 
 
Extrait (page 164):
 
"En voyageant six mois par an, je perçois les murmures inquiets des états-majors capitalistes et industriels de New York ou de Francfort. La situation leur échappe. Le monde bouge trop vite. Nous connaissions la corruption du Nord, profitant des faiblesses du Sud pour faire des affaires, les marchés pétroliers et l'armement, où la prévarication règne. Mais les nouveaux venus dans le jeu économique, avec les flux gigantesques de Chine, d'Inde, du Moyen-Orient, de la Corée, du Brésil ont tous un point commun : la tolérance à la corruption. Pis encore, l'appétence pour elle.
 
La Chine, nouvelle et écrasante puissance financière, pratique un capitalisme de masse sans avoir renoncé au verrouillage communiste et aux usages mandarins. Sur les bourses du monde, la moitié des fonds contourne désormais la réglementation au point que certaines autorités financières américaines réclament des mesures de régulation. L'édifice occidental ignorait la pauvreté jusqu'à ce qu'elle soit synonyme de pression migratoire, il faisait tranquillement et brutalement ses provisions de pétrole jusqu'à ce qu'il découvre l'insécurité énergétique. Il faut saisir ce moment de doute."
 
Prévarication: Manquement grave aux obligations d'une charge, d'un mandat. Une fortune durement acquise par la concussion, la prévarication, l'accaparement, l'exploitation de l'esclavage (Saint-Exupèry., Citadelle, 1944, p. 983)
 
Concussion: Malversation d'un fonctionnaire qui ordonne de percevoir ou perçoit sciemment des fonds par abus de l'autorité que lui donne sa charge.

 

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07.09.2007

Bal des traitres

« Je trouve que c’est bien d’utiliser les talents où qu’ils soient »

Pas facile de contrer cet argument souvent rencontré à propos de l’ouverture mise en oeuvre par le président Sarkozy.Je suis plutôt hostile à la politique de notre nouveau président mais je pense que, puisqu’il est de droite, il faut qu’il fasse une politique de droite. Y en a marre des gens de gauche qui font une politique de droite et de Chirac qui, sur bien des points, a mené une politique social-démocrate aproximative. Je ne suis pas vraiment pour la confusion des genres, pour les formules magiques à la Suisse, même si je reconnais qu’il peut y avoir des avantages à de telles formules (Tous les sujets ne relèvent pas de la grande politique… on peut prendre les talents où ils sont, etc…)

Si on s'appuie sur ce préambule, on peut dire que sur pas mal de points Sarko me donne toute satisfaction. Il fait une politique de droite, principalement en matière fiscale (bouvlier, TVA...), une politique sécuritaire avec Rachida Dati, la ministre qui veut contrôler toute la justice et avec Brice Boutefeux qui veut bouter les estrangers hors de France, y compris en faisant tomber les enfants des fenêtres.

Le problème c’est de comprendre comment tous ces socialistes qui vont à la soupe peuvent imaginer de collaborer longtemps avec cette politique si contraire à leurs idées ? Pour Kouchner, pas de problème, c’est un arriviste de la pire espèce. Mais est-ce que Hirsch, Atali, Bockel, Lang, Rocard (et d'autres) apotres de la sainte vertu socialiste ont renié leurs idées? (Savoir que Lang participe à une commission qui veut rendre le régime encore plus présidentiel… C’est effrayant !)

Certains diront que les politiciens sont tous pourris, je ne suis pas de ceux-là… Il faut donc chercher ailleurs.

le journal Publico de Lisbonne a publié un article intitulé « Le bal des traites. » repris par Courrier International. Les rédacteurs expliquent que Sarko après avoir trahi Chirac a fait de la trahison une méthode politique et même une norme. Il voudrait, disent ils, faire oublié le 5 mai 95 où les militants chiraquien l’ont reçu par des sifflets aux cris de « traître, traître ! » L’article conclut par : « il lui suffit ensuite de dire qu’il est démodé de parler de gauche et de droite, de ne plus dire trahison mais ouverture. »

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05.09.2007

Aveyron tourisme

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 (y en marre de toujours parler de la Palestine) 

On a parlé ici de LaTourEx, le LAboratoire de TOURisme EXpérimental qui explore toute les formes nouvelles de tourisme et qui a même son guide Lonely Planet.

Latourex a une formule nommée Similitourisme qui consiste à visiter des localités françaises homonymes de villes étrangères : VENISE (Doubs), LE CAIRE (Alpes-deHaute-Provence), BOLOGNE (Haute-Marne), RHODES (Moselle), LAGOS (Pyrénées -Atlantiques), VIENNE (Rhône), DAMAS (Vosges), BRUGES (Gironde), BARCELLONE (Drôme),COLOGNE (Gers), ETON (Meuse), GRENADE (Haute-Garonne), JÉRUSALEM (Vosges), LA VALETTE (Isère), MAGENTA (Marne), UR (Pyrénées-Orientales).

On peut donc aller à Rhodes en Moselle à titre expérimental. Eh bien figurez-vous que depuis que Ryan-Air a appris que l’Aveyron était le département français où il fait le mieux vivre, la compagnie low cost expérimentent le similitourisme dysorthographique sur des touristes norvégien. La preuve :

RODEZ (AFP) - Pour une simple erreur d'orthographe sur internet, trois touristes norvégiens ont découvert la campagne verdoyante de Rodez au lieu des plages ensoleillées de Rhodes (Grèce), a-t-on appris mercredi auprès de l'aéroport de Rodez-Marcillac.

Ces trois touristes, originaires de Torp-Sandefjord, avaient pris l'avion à Oslo pour se rendre via Londres sur la petite île grecque de Rhodes, mais ils ont confondu les deux destinations lorsqu'ils ont réservé sur internet leurs billets.
Comptant passer une semaine de vacances sur les bords de la mer Egée, une femme, son mari et sa soeur se sont donc retrouvés à leur grande surprise dimanche soir en terre aveyronnaise.

Plus d'une dizaine de touristes connaissent chaque année pareille mésaventure même si Ryan-Air, qui assure la liaison Londres-Rodez, ne dessert pas la Grèce, selon l'aéroport aveyronnais.

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03.09.2007

Moutons

f88b10548913abd9160017b03109bcba.jpgMoutons noirs de tous pays, résistons!

Fut un temps j’étais devenu un assez bon connaisseur de la politique suisse. J’ai un peu perdu pied mais, comme je suis un fan du blog de Sugus, je fais encore quelques incursions dans les histoires de moutons suisses. (Voir aussi  une version couleur.)

Il faut savoir qu’au pays de mes employeurs, le peuple a réussi, via ses députés, à mettre Le Pen au gouvernement.

L’exécutif Suisse est constitué de 7 conseillers fédéraux et bien figurez-vous qu’ils en ont 2 d’un parti dit du centre, l'UDC,  qui joue très très à l’aile droite. Et même que le chef charismatique (*) de l’UDC, Blocher (photo),  est l’un de ces deux-là.

A Genève, dans la ville des Nations Unies on peut voir affichés régulièrement des dessins, extrêmement pousse-au-crime et racistes.  Les graphistes de l'UDC ne manquent pas d'idées nauséabondes qui rappellent des périodes  de sinistre mémoire.


Heureusement, il y a, de tous bords, beaucoup de réactions anti-blocher comme le blog de Sugus, par exemple, ou comme celui intitulé Politis.ch qui aujourd’hui attire mon attention sur Courrier International. Le numéro de cette semaine nous explique, articles à l'appui, pourquoi les exploits de notre chef adulé Sarko agacent la presse mondiale. Articles intéressants dont je reparlerai.

En attendant allez voir sur politis.ch, une note qui part d'un article de José Maria Ridao du journal espagnol El Pais puis qui nous parle du délit de mode de vie (**) et construit une réflexion en s’appuyant sur des précédents historiques fâcheux. Politis.ch est le blog d'un boéland (boéler : geuler en arpitan) conseiller municipal de la Tour-de-Peilz  une petite ville d'une dizaine de milliers d'habitants à côté de Vevey, le fief de Nestlé, au bord du lac léman. La riviera vaudoise. Très jolie ville, cadre de rêve.

(*) Le charisme est la qualité de l'homme qui séduit, influence, voire fascine les autres par ses discours, ses attitudes, son tempérament, ses actions. Un

charisme puissant, c'est-à-dire fascinant, trouble et neutralise le jugement d'autrui ; c'est pourquoi on peut si aisément diriger et manipuler les autres quand on a du charisme . Hitler avait du charisme.

(**) "Est considéré comme asocial celui qui démontre par son comportement antisocial sinon criminel qu’il ne veut pas s’intégrer à la communauté…. La personne qui, par des violations minimes mais toujours répétées de la loi refuse de se plier à l’ordre évident."

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01.09.2007

Caramel

a5fc4a43eb19789a8e687df7bba077b6.jpgA Beyrouth, cinq femmes se croisent régulièrement dans un institut de beauté, microcosme coloré où plusieurs générations se rencontrent, se parlent et se confient.

Layale est la maîtresse d'un homme marié. Elle espère encore qu'il va quitter sa femme.

Nisrine est musulmane et va bientôt se marier. Mais elle n'est plus vierge et s'inquiète de la réaction de son fiancé.
 
Jamale est obsédée par son âge et son physique.

Rima est tourmentée par son attirance pour les femmes, en particulier cette cliente qui revient souvent se faire coiffer. (J'ai trouvé ces scènes de coiffure très sensuelles.)

Rose a sacrifié sa vie pour s'occuper de sa soeur âgée.
 
Au salon, les hommes, le sexe et la maternité sont au coeur de leurs conversations intimes et libérées.


Ce film a un goût sucré et agréable comme le

caramel utilisé pour l’épilation. En toile de fond, Beyrouth et le salon de beauté. Ces femmes déroulent un film léger plein de sensualité, de finesse, avec un brin d’humour, un petit bonheur. On pourrait dire que c’est un film de femme, Nadine Labaki qui est la magnifique Layale est aussi la réalisatrice. C'est son premier film dont on dit qu'il a ému le festival de Cannes . On ne dit pas des films réalisés par un homme que ce sont des films d’homme. Quoiqu’il en soit sur moi le charme a agit à la fois sur ma part masculine et sur ma part féminine. Complètement!

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