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30.08.2007
Rouge et Noir
Le samedi 15 Septembre, à Saint Julien, un rêve devient réalité.
Emmenée par Didier Renaud, le directeur et l'âme de ce projet, l'équipe d'Allons au cinéma s'active. Jean-François prépare un site. J'ai commencé à recycler l'ancien blog d'Allons au Cinéma. Affaire à suivre...
Cliquez ici pour l'ébauche de la nouvelle mouture du blog.
Premières annonces:Séance ouverte
de découverte
de 14 à 19 heures
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Mardi 18 septembre
Inauguration à 18h30
21:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
No Suicide -10-

Je ne suis pas croyante. Je n’ai pas la tête métaphysique. Je n’ai jamais cru en Dieu. Je ne crois pas non plus à la réincarnation. J’ai toujours cru que cette vie est la seule vie que l’on a. Il m’a toujours semblé que le mieux à faire était de la vivre complètement… pleinement, comme elle vient. C’est à l’Ecole Normale que je suis devenue mécréante. Dans ce milieu de futures institutrices, il était de bon ton de ne croire en rien. J’ai d’abord suivi le mouvement, par conformisme. Puis, plus tard, quand j’ai tenté de m’intéresser à nouveau à la chose religieuse, je n’y suis jamais vraiment arrivée…
Cette indifférence, c’était le désespoir de mes parents, de maman surtout. Eux, ils étaient du début de l’autre siècle. Le siècle de la France paysanne et catholique. Ils allaient à l’église. Ma mère a été très triste quand elle a réalisé que, Raymond et moi, ne ferions jamais baptiser nos enfants… Elle croyait que, sans cette goutte d’eau sacrée posée sur le front, on n’avait aucune chance, jamais, d’atteindre la vie éternelle. C’était une femme intelligente, elle s’est accommodée. Parfois, il m’arrive de penser que s’il y avait un au-delà où nous pourrions nous revoir, eux et moi, ce serait merveilleux… après toutes ces années… Mais cette pensée ne résiste guère à l’analyse…
C’est vrai que je n’ai jamais eu la tête métaphysique. Ceci dit, pendant cette petite éternité passée à ressasser mes vieux souvenirs, à attendre le prochain bol de soupe, j’ai un peu réfléchi à la mort, à la vie, au but de la vie, à tout ça. Forcément. Je disais, à l’instant, que, la vie, le mieux à faire, c’était de la vivre comme elle vient… Ce n’est pas si sûr… Non. On doit pouvoir décider, à tout moment, quand on veut arrêter de jouer… arrêter de vivre. Ce doit être mon choix. Le choix de tous. De quel droit veut on m’empêcher de mettre fin à cette partie stupide ? Qui a décidé que les APerHos doivent préserver ma vie à tout prix ? Qui ?
C’est LA question fondamentale. Les réponses, je les connais. Je me souviens encore de tous ces débats à l’assemblée européenne. Ces débats tardifs. On avait attendu le plus tard possible… Bien sûr, beaucoup ne voulaient pas croire à l’intelligence des robots. Pourtant, les plus têtus avaient dû se rendre à l’évidence : Ces satanées machines pensaient. Enfin… elles faisaient quelque chose qui ressemblait de bien près à de la vraie pensée.
Alors comme il fallait bien légiférer, ils sont partis des trois lois d’Asimov sur les robots. C’est un auteur de science-fiction qui a guidé leur pensée. Je n’ai rien contre… dans le fond… mais ça fait un peu peur quand même. Pour le coup, moi l’athée, j’aurais préféré un chef religieux… Le pape… même le pape... Enfin pas n’importe quel pape quand même. La fin du vingtième siècle nous a amené la science fiction comme base de la morale et de la religion. Ron Hubbart et Asimov. La scientologie d’Hubbart, les lois de la robotique d’Asimov. Les deux premières lois, c’était :
- Un robot ne peut blesser un être humain ni, par son inaction, permettre qu'un humain soit blessé.
- Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.
On n’a un peu modifié les articles mais rien de fondamental. Conclusion, avec un APerHos suffisamment malin pour éviter les ruses de « l’être humain », pas moyen de se blesser. Pas moyen de mourir quand on veut. Voilà pourquoi je suis condamnée à vivre. C’est la loi.
Vivre, puisque le Comité d’Ethique Mondial, le CEM, en a décidé ainsi. Vivre parce que les rapports de mon APerHos sont toujours très positifs. « Madame Laurent ne souffre pas. Elle jouit d’une remarquable santé… Pas de maladies dégénératives incurables… Pas de troubles psychologiques…» J’ai tout essayé pour faire partie des cas admis d’euthanasie. Il n’y a rien eu à faire… J’ai une santé de fer… Coincée dans ce lit-robot. En attente de prothèses plus performantes. J’ai peur. J’ai peur qu’ils me changent tous les morceaux. J’ai peur que le progrès me condamne à une vie… éternelle.
J’envie ces petites vieilles à qui on a, un jour, accordé le droit de mourir. C’était parce que leur maladie était jugée incurable. J’étais contente pour elles, qu’elles ne soient pas conservées dans l’azote liquide, pour ce jour, bien probable et peut-être lointain, où leur maladie pourra être soignée.
J’ai une santé de fer. Santé physique, santé mentale aussi : « Bonne pour la vie » d’après le fameux test de J. Lacan soigneusement mesuré et étalonné chaque jour par Olga. Ça me fait bien rigoler ce test. Un test de fou. N’empêche que ce n’est pas si facile de le déjouer. C’est peut-être même impossible. J’ai essayé souvent. Il n’y a pas moyen… Enfin, je crois… Il faut voir… Depuis que j'ai rencontré le président... Olga... Oui, il faut voir…
C’était, Mesdames et Messieurs les députés, mes chers collègues, les toutes dernières paroles de madame Laurent. Vous avez entendu sa voix. Une voix à peine reconstituée, un petit peu amplifiée. Je m’adresse particulièrement à vous, les membres du parti AVIE, vous les défenseurs de la survie à tout prix, vous qui vous enchaînez aux grilles des rares hospices qui acceptent de pratiquer l’euthanasie. Vous avez, je l’espère, perçu toute la souffrance qui s’exprimait dans cette voix d’outre-tombe.
Madame Laurent était une de mes concitoyennes savoyardes. Il y a trois ou quatre ans, à l’occasion de son cent trentième anniversaire, la presse a un peu parlé d’elle. À cette occasion, je lui ai rendu visite, dans son hospice de la Vallée Verte, dans ce paysage si riant, si plein de vie. J’étais fier de m’y rendre. L’événement n’a eu qu’un petit retentissement local. Ce genre de cérémonie n’est plus très rare de nos jours. Nous savons déjà que, les progrès aidant, le vingt-deuxième siècle verra nombre d’entre nous atteindre leur deux-centième anniversaire. Nous voilà au cœur du sujet dont nous allons débattre.
Aujourd’hui, je l’avoue, cette visite rendue à madame Laurent, je n’en suis pas très fier. Pas fier du tout, de n’avoir pas su détecter la souffrance derrière les flashs des photographes. Pas fier, de m’être laissé abuser par tant de calme champêtre. Oui, cette parole d’outre-tombe, ces derniers mots de madame Laurent sont plus forts que tout ce que je pourrais ajouter ce soir… et même, que toutes les phrases jamais prononcées dans cet amphithéâtre. J’ajouterais que, grâce à son intelligence, finalement, Madame Laurent a réussi à tromper la vigilance d’OLGA. Elle est morte, il y a deux mois, étouffée par les soins de cette même OLGA. Une commission d’enquête est en cours à ce sujet. Le président a rappellé qu'il n'avait pas à répondre aux questions des juges...
Laissons faire la justice. Quant à nous, Mesdames et messieurs, notre rôle est de changer rapidement ces lois d’un autre âge.
- FIN-
07:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.08.2007
Gros lot
Eh oui,
tout arrive,
j'ai gagné le gros lot!
Comme j'ai une adresse en .COM, je reçois quantité de spams en anglais mais il arrive aussi que j'en reçoive en français que yahoo ne filtre pas. Est-ce que qq peut être assez naïf pour tomber dans ces énormes panneaux?
Cher ami,
Je suis le directeur du bureau de change la BOA Burkina. Je m'appelle Mr. ZONGO KARIM . Dans mon département,il a été découvert une importante somme d'argent qui appartenait un de nos clients qui était décédé lors d'un accident d’avion abord du vol N° Ci-676 de lignes aériennes de China Airways pour l'île de Bali .Cet accident a eu lieu le 16 février 1998. (...)
De suite, je vous rassure que cette opération est 100% sans risque et que vous ne devrez mettre en vous aucun atome de crainte. (...)
Veuillez simplement me fournir amplement votre Numero de telephone pour plus de details et le Numero de fax, ce qui signifiera vos Intentions immediatement sans délai. Nous vous prions de croire en l'Assurance de notre disponibilité.
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Bonjour Tres Cher,
Toutes mes salutations les plus honorables c’est avec toute ma sympathie que je vous fait cette noble proposition qui sera bénéfique pour nous deux.Je me nomme Mlle Linda Sam, la seule de la défunte famille Mr et Mme Sam Kouadio, Je voudrais vous sollicitez pour une aide dans le cadre de la transaction financière que j’hérite de mes hélas défunts parents...
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Félicitations
L’équipe d'ALLIANCE-FINANCE vous félicite car après d'énorme moment de recherche. Nous vous envoyons ce mail pour l’affirmation des résultats du tirage au sort. Votre mail a été tire au deuxième rang, Vous êtes donc l’heureux gagnant du lot numéro 2 .Dont la somme prévue de 60.000 euros. Nous avons le plaisir de vous informez que vous pouvez dès maintenant prendre contact avec l'avocat attitré de la supervision du tirage au sort pour les formalités d’usages suite à cela votre gain vous sera immédiatement transféré par voie bancaire.
Conséquament veuillez contacter le cabinet de Maître BAMBA THIMOTHE à ABIDJAN pour tous détails.
10:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
28.08.2007
Espoir!
Prévisions (source boursorama)
Jeudi 30 août : Publication des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis. Cet indice va venir confirmer la tendance de l’économie américaine, à savoir si le ralentissement est plus marqué que par le passé. Si le nombre d’inscrits aux allocations chômage était plus important qu’attendu, cela pourrait redonner espoir à certains opérateurs de marché qui anticiperaient alors une baisse des taux de la Fed.
11:09 Publié dans Brèves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.08.2007
Tourisme
Paul VI (pape de 1963 à 1978) à des touristes partant pour la Thaïlande :
"Il suffit de considérer ce qui entre dans le tourisme de hardiesse, de sacrifice, de résistance physique... pour comprendre tout ce qu'il comporte d'ascèse, d'effort personnel, d'adaptation, de recherche d'un équilibre spirituel et moral au milieu des conditions de vie modifiées et provisoires qu'il impose.
Ce pape était un grand visionnaire qui avait tout compris du phénomène et était clairement inspiré par le Saint-Esprit dans ses visions prémonitoires sur la société et l'avenir de la planète.
07:15 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.08.2007
No Suicide -9-

A la demande générale... La suite...
"Ça devait avoir son côté pratique, tous ces étages : En bas les valides, ceux qui ont encore besoin d’espace. En haut, les impotents, ceux qui font l’objet de plus de soins. Le problème, c’était qu’avec le manque de personnel, à partir du quatrième cela tenait de plus en plus de la poubelle pour les vieux. J’y suis restée… des années, aux Cyclades. Vingt ans… Plus peut-être ! Je n’arrive même plus à compter, encore moins à me souvenir des années passées à chaque étage. En fait, il n’y a qu’au sixième où je ne suis pas allée. Au cinquième, comme je l’ai déjà raconté, j’ai fait une grève de la faim. C’était après la disparition de ma chère Raymonde. Ils m’ont nourrie à la perfusion puis ils m’ont fait une autogreffe de moelle épinière. Comme disait Lucien : « Ils trouvent plus facilement un chirurgien pour te greffer un trou du cul qu’un infirmier pour te torcher le derrière… »
Avec la nouvelle moelle, mon état s’est nettement amélioré si bien qu’ils m’ont redescendue au deuxième… Oh ! Pas de quoi se réjouir ! Ils en ont profité pour me changer d’APerHos. Sans-nom4, il me semble. Une vraie catastrophe, cet engin. S’il décidait que je ne pouvais plus bouger de la chambre, il m’empêchait de sortir, voilà tout ! Pas de recours. Rien. J’étais coincée, faite comme un rat, jusqu’à ce que la foutue machine change d’avis. Trois ans, j’ai dû me le farcir, ce bidule récalcitrant. Trois ans à vivre avec un vrai bourreau électronique, une tête de bourrique butée et complètement sinoque. Ensuite ils m’ont donné Rodia, une expérience, qu’ils disaient… Comme d’habitude. Enfin, c’était déjà mieux, Rodia, mais c’est à ce moment que j’ai commencé à me sentir plus mal, au physique et au moral…
C’est à croire que les périodes de bonne santé correspondent à des assistantes de mauvaise qualité. J’aurais du tenir un journal. Je pourrais compter mes périodes de déprimes, dans les quatre asiles de vieux par lesquels je suis passée. Moi qui étais d’un tempérament si gai… Pendant toutes ces années aux Cyclades, je m’en suis faites, des dépressions à répétition. Des coups de blues. Trois tentatives de suicide. Mais aujourd’hui, Olga veille. Elle me drogue quand il le faut. N’est-ce pas Olga ? Alors, le blues passe. Elle m’aide à rédiger mes petites histoires. C’est un bon médicament… Merci Olga !
Merci Olga ! Enfin, merci… peut-être… Je ne sais pas… Il y a des jours où je ne sais plus si c’est encore moi qui raconte. Et puis, depuis que le président est venu me voir en personne, c’est pas croyable la manière dont les gens ont changé avec moi. Ce qui les a épaté c’est qu’il soit resté presque une heure dans ma chambre. Depuis on me traite comme une bête curieuse. On attend avec impatience que je devienne la doyenne de l’humanité pour que le président revienne comme il s’y est engagé.
Je n’arrive pas à me concentrer très longtemps. Avant, je lisais des livres de médecine. Je suis devenue super calée : génétique, maladies auto-immunes, clonage thérapeutique… Je leur rivais leur clou, aux internes comme aux mandarins. La dernière en date, une petite jeunette impertinente à la langue bien pendue… Elle me dit qu’il y en a beaucoup qui voudrait avoir mon niveau de lucidité à mon âge. Moi, si elle était d’accord, je changerais bien pour ses trente ans ! Non mais sans blague ! Petite pimbêche !
Je repense à une petite phrase de Josy Gay, restée dans les tréfonds de ma mémoire : « Sans le senti, le mental ment. » Mais je m’égare. Je me rends bien compte que je perds sans arrêt le fil de ce récit. Ça m’agace ! Je ne veux pas que ce soit toi, Olga, qui fabrique mon histoire… Compris ? Doucement sur la mise en forme. D’ailleurs, je vais changer de manière…
Mon butoir finistérien, dans le tréfonds du trou, ce n’est pas de raconter ma vitesse. Point du tout. Ni ma vitesse d’avant, ni la triste vitesse des démangeaisons de vieux. Toutes ces perpétuations d’éternités passées à mangeouiller des cochoncetés dans ces déraisons de vieillardes. Quel chocmare ! Toutes ces mamies catoles qui radicotent en dodelinotant sans cesse de la tête ! Tous ces vieux dégoûlotants qui poursuivent les cortèges de visitandines effilochées dans les coulisses ! Chocmare et mallucination !
Oui Olga, s’il te plaît, laisse les mots comme je te les dicte. Exactement. Je sais qu’ils n’ont pas de sens. On dit dégoûtant. Je sais. On ne dit pas visitandines mais visiteuses, maisons, et non pas démangeaisons ou déraisons, je sais ! Mais, bon sang, c’est comme ça que je les veux. Pas autruchement ! Pas de bons sentis qui truquent, pas de bons mentaux qui mentent. Des mots. Les miens. Je veux voir, comme au poker. Je veux voir mon jeu, au moins le mien. Mon butoir, c’est de parler de ma vie, puis ensuite de la vie en général, pas seulement de la mienne en particulier.
« Mesdames et messieurs, chers collègues, un peu de silence, s’il vous plaît. Si la voix de madame Laurent se fait un peu faible, vous aller voir que son verbe reste haut et fort. Un peu de patience et nous pourrons débattre plus tard tout à loisir. Merci. »
Oui, dans le fond du fond, c’est ça mon but. Ce n’est pas de raconter ma vie. Ma vie à moi, Pauline Laurent, ça ne peut intéresser personne. De mon Raymond, de mon Alphonse, de Lucien, tout le monde s’en moque… Ce que je veux, c’est expliquer qu’il faut changer ce maudit système. Que la santé n’est pas tout. Que si, sans la santé, la vie n’est pas une vie, sans la vie, la santé n’est pas une vie non plus. Ce n’est pas un but en soi, je veux dire… C’est dur à faire comprendre.
12:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.08.2007
Caverne
Lorsque je fouille dans mes souvenirs, je revois la caverne où vivait ma tribu il y a quelques centaines de milliers d'années, et je me dis d'une part que le temps passe vite et d'autre part que ma mémoire n'est pas si mauvaise.
Pierre-Yves Millot, né en 1964, a écrit quantité de choses : pièces de théâtre, mini-monologues, poésies pragmatiques... La plupart de ses textes sont publiés chez PY Millot, un éditeur qui, coïncidence troublante, porte le même nom que lui. Ils sont traduits en plusieurs langues et ont été joués dans une vingtaine de pays.La phrase ci-dessus est extraites de Le temps un OLNI de PYM dont voici encore quelques aphorismes euphorisants:
Rendons à l'insignifiant l'importance qu'il mérite.
Lorsqu'on aura compris qu'il n'y a rien à comprendre, il ne restera plus qu'à oublier tout ce qu'on n'aura pas compris.
Gardons nos haines pour Dieu et nos compassions pour nous-mêmes. Lui s'en tirera toujours à bon compte.
Si j'étais seul sur terre, je ferais comme si je n'étais pas là.
11:10 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.08.2007
Achoppons
Le Kosovo, pierre d’achoppement entre l’Occident et la Russie
Jérusalem, pierre d’achoppement au moyen-orient.
L’absence de neige, pierre d’achoppement des stations de ski.
Les coups de soleil, pierre d’achoppement des peaux fragiles.
Le manque de pistes cyclables, pierre d’achoppement des cyclistes urbains.
La grippe aviaire, pierre d’achoppement des oiseaux migrateurs.
La teigne, pierre d’achoppement des cheveux mal lavés.
La croissance, pierre d’achoppement de l’économie française.
Le developpement durable, pierre d’achoppement des relations nord/sud.
L'ouverture des magasins le dimanche est une pierre d'achoppement
La charge utile des tracteurs est une pierre d'achoppement.
Le viol est une pierre d'achoppement.
La pierre d'achoppement serait donc une sorte de pierre d'achoppement.
Au sens propre la pierre d'achoppement est une pierre sur laquelle on achoppe, c'est-à-dire sur laquelle on trébuche, un obstacle qui fait faire un faux pas. L'expression s'emploie au sens figuré pour désigner une difficulté.
« …au moment où mon Rêve sombrait peu à peu dans les brouillards de l’oubli, un incident le raviva soudain, mon pied heurta une pierre qui faillit me faire tomber. Je voulus voir de près ma pierre d’achoppement… ». Tel est le récit que Ferdinand Cheval fait en décembre 1911 de l’événement survenu en avril 1879 et qui va transformer son existence.
A partir de cette fameuse pierre, il va parcourir la campagne, doublant ses 35 kilomètres de tournée journalière, usant moults brouettes pour ramener de belle pierres et construire son palais. Un palais qu'un poète de ses amis définira comme idéal et qui après avoir déplacé de grands artistes, déplace aujourd'hui les foules du monde entier. André Malraux, ministre, l'a classé monument historique en 1969 contre l'avis de la plupart des fonctionnaires du ministère des Affaires culturelles qui étaient tous de vieux chevaux académiques.
La pierre du facteur est à prendre au sens propre. Une très belle pierre que l’on peut voir à l’étage de son palais idéal. Je n’ai pas trouvé une belle photo de cette grosse pierre qu’il prétend avoir mis dans son mouchoir. Vous devrez donc vous rendre dans la Drôme à Hauteville pour contempler ce monument de cet art brut qui quelque décénies plus tard sera cher au peintre Dubuffet.22:05 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.08.2007
Paasilinna
.
Le lièvre de Vatanen
La cavale du géomètre
Prisonniers du paradis
Petits suicides entre amis
Le Fils du Dieu de l'orage
La Forêt des renards pendus
La douce empoisonneuse
Le meunier hurlant
.
Ce sont quelques titres du magnifique écrivain finlandais Arto Paasilinna. Le dernier en date s’appelle Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen et celui que je viens de finir Un homme heureux.
Avec Un homme heureux, Paasilina prouve que l’on peut faire de la bonne littérature avec de bons sentiments. C'est l’histoire de 'ingénieur Akseli Jaatinen, venu construire un pont dans un bled filandais, qui se trouve confronté à des notables locaux obtus et dangereux. Il va les rouler dans la farine de la façon la plus réjouissante. Les ponts que construit l'ingénieur Jaatinen sont une métaphore de la solidarité entre les hommes, et sa quête du bonheur laisse entrevoir ce que pourrait être une humanité ouverte et soucieuse d'autrui. Et tant pis pour les conservatismes et les jaloux.
Paasilinna écrit dans un style simple et très efficace. Avec lui pas de prise de tête. Au détour d’un voyage de l’ingénieur Jaatinen à St Petersbourg on retrouve Vatanen et son fameux lièvre qui a fait connaître Arto au monde entier en créant un genre : le roman écologico-humoristique. Lisez le lièvre, lisez Paasilinna vous ne le regretterez pas.
22:45 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.08.2007
No Suicide -8-

Je viens de demander à Olga de me relire ce texte. Je ne suis pas contente du résultat. Pas du tout ! C’est mauvais. Ce n’est pas le rendu que je souhaite. Je ne peux pas m’empêcher de donner à mon écriture ce petit ton guilleret, cet air frais de nostalgie sympathique et ça m’énerve ! Ce que je voudrais, c’est expliquer ce tunnel sans fin… ces années d’attente… Cette tristesse… Je ne sais pas utiliser ces mots là. Il me faut revenir sur ce texte… Encore une fois… Je veux qu’on comprenne cette peur, cette angoisse qui sans cesse m’envahit. Je crois que vais reprendre les choses dans l’ordre… dans le sens chronologique. Et puis je laisserai Olga noter la petite surprise de dernière minute.
Je vais repartir de ces années pendant lesquelles Raymonde venait me rendre visite au Cyclades. Ces années là. Les Cyclades… Exactement !
Donc, pendant longtemps, Raymonde est venue me voir chaque samedi. Ce fut ma dernière vie un peu vivable. Pourtant, c’était la pire des époques pour nous les vieux, les pas trop valides. On ne parlait que du déficit de la Sécurité Sociale… de l’impossibilité de payer les retraites… du vieillissement de la population… Au tournant du siècle, cette menace était devenue réalité. La médecine avait fait des progrès hallucinants. Après avoir transplanté cœurs, reins et foies de donneurs, on s’est mis à fabriquer ces organes en éprouvette à partir d’une seule cellule souche convenablement traitée. On parlait de personnes bioniques… refaites à neuf, de la tête aux pieds. La presse racontait la chance des survivants. La chance de ceux qui pouvaient s’offrir cette cure de jouvence.
La chance… Parlons-en ! Il n’y avait plus de personnel dans les hospices… Pour certains d’ailleurs, il n’y avait même plus d’hospice tout court. Les vieux, ceux qui n’avaient pas d’argent, crevaient dans la rue. On ne pouvait pas soigner tout le monde… Moi, j’avais fait ma petite pelote complétée grâce à la générosité d’Alphonse. On m’avait mise aux Cyclades. Six étages de montée vers la mort. Ce n’était pas le pire. Et de loin ! On y entrait valide en bas près des jardins. On en sortait grabataire à la morgue du sixième. Dans les couloirs, on chuchotait que ceux qui avaient de l’argent pouvaient rester plus longtemps dans les étages du bas. C’était difficile à prouver. Quand je suis passé du deuxième au troisième, Raymonde a voulu absolument comprendre pourquoi. J’ai dû calmer son ardeur. Il ne fallait pas trop poser de question. De toute façon, moi, j’aurais voulu monter encore plus haut, encore plus vite. En finir, quoi !
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20.08.2007
Lectures
Week-end riche de lectures et de visites.
Côté lecture j’ai commencé par Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra. Un petit livre riche de contenu. Dans la voiture c’était Acide sulfurique d’Amélie Nothomb, 3 CDs lus (Interprétés) par Véronique Groux de Miéri. Jai bien aimé. Puis le dernier livre que je n’ai pas fini, Un homme heureux de Arto Paasilinna. Un des dernier Paasilina que je n’avais pas lu. J’adore !

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19.08.2007
No Suicide -7-

Après les disparitions de Raymond, Alphonse, Lucien, Jean-Jacques, il me restait Raymonde. Raymonde qui me rendait visite chaque semaine. C’était une joie de la voir, plus que centenaire, arriver chaque samedi de son pas alerte. Elle m’amenait des fleurs et une brassée de livres que je n’avais jamais le temps de lire. Elle m’encourageait à écrire. J’avais de la peine avec mes rhumatismes, même taper sur un clavier était pénible et on n’avait pas encore inventé des APerHos aussi sophistiquée qu’Olga.
Après Raymonde, plus rien… disons presque plus rien. Des années de désert, de solitude…. J’ai perdu jusqu’au goût de la conversation… et Dieu sait si je suis bavarde. Heureusement la tête va bien et même très bien, c’est ce qui m’a permis de faire avec Olga cette dernière farce. Mais n’anticipons pas.
Mais il y avait cette petite idée d’écriture… Une idée qui s’est mise à germer… lentement… Si je tenais un tant soit peu à cette vie, je dirais que l’écriture m’a sauvé la vie. Je devrais dire : « tant pis ! » Ils disent que je m’accroche ! Je voudrais bien les voir eux… dans mon état… avec cette machine qui m’évite tout faux mouvement… L’écriture m’a prolongé une vie dont je ne voulais plus. C’était plus fort que moi. Voilà tout !
Lucien disait toujours qu’après quarante ans, on ne se fait plus d’amis. En conséquence de quoi, il se contentait de voir chaque fin de semaine les trois ou quatre même soûlards qu’il avait connus sur les bancs de l’école ou dans les rangs du régiment. Un solitaire, le Lucien… Moi, j’aimais bien voir du monde, m’amuser… Même immobilisée sur un lit, je réussis encore à lier des contacts. Mais des amis… c’est autre chose.
12:40 Publié dans No Suicide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.08.2007
Muezzins
Je voulais relancer "la chronique de la ressource" chez AgoraVox. Ils ont trouvé que mon article manquait d'étoffe. Ils publient d'excellents papiers mais aussi pas mal de choses plutôt ennuyeuses. Tant pis ! Voici le texte refusé :
« Qu’est devenu l’homme ? » se demandait Alexandre Vialatte... La réponse se trouve aujourd’hui dans le bureau du DRH, le Directeur des Ressources Humaines. Eh oui, l’homme s’est normalisé, il applique des procédures, il utilise des NTICs, des laptops, des desktops, des palmtops, il a changé, il est devenu une ressource.
La ressource, est interconnectée, branchée sur l’actualité. La ressource lit Agoravox le média citoyen. Les NTIC sont sa nouvelle marotte. « Demandez les nouvelles TIC ! » Derrière son écran, l’homme nouveau profite de Technologies de l’Information et de la Communication, la ressource nouvelle grimace de bonheur !
Autrefois, l’homme avait un directeur. C’était un autocrate qui gérait la matière humaine n’importe comment. Ce temps est dépassé ! Aujourd’hui, la ressource a un manager qui gère un groupe de ressources en technocrate avisé, et ça change tout ! Le manager dispose d’engins puissants, d’instruments de mesure sophistiqués. Il utilise un tableur, une base de donnée, des Balance Score Cards, des outils modernes quoi ! Les NTIC ont conquises l’homme, elles gagnent aussi la femme. Comme l’homme, la femme est devenu une ressource. La ressource est asexuée, sauf dans certains cas de harcèlement que nous étudierons un autre jour.
Cette chronique se propose, avec bonne ou mauvaise humeur, de donner les dernières nouvelles de la ressource confrontée à un monde devenu mondial et parfois même immondial.
Deux faits dans l’actualité de la mondialisation des RH ont cette semaine attiré mon attention. Le manque de chauffeurs en Pologne et la menace de grève des Imams turcs. On craignait le plombier et on a eu le chauffeur polonais. C’est assez logique quand on y pense : La ressource se doit d’être flexible et mobile pour s’adapter au monde moderne des nouvelles TICs, et quoi de plus mobile qu’un chauffeur de camion ou un chauffeur de car ? Effet positif : on transporte à moindre coût. Effet négatif : plus assez de ressources qualifiées en Pologne pour transporter les pèlerins... donc on donne le volant à des néophytes... d’où accidents de car à répétition. En plus des accidents chez nous, et qui font donc monter nos statistiques à nous, et donne une mauvaise image de notre pays aux ressources étrangères à l’affût derrière leurs écrans.
Autre nouvelle de la ressource, les turcs sont fiers de leur laïcité et ils paient leurs imams pour rendre des services religieux quotidiens comme cela se fait aussi chez nous en Alsace. (A noter que pour pallier le manque de vocation le clergé alsacien fait appel à des prêtres polonais.) Et pourtant les Imams turcs ne sont pas contents, ils menacent de faire grève car ils s’estiment mal payés. Ils se sont plaints à leur DRH. . Celui-ci a escaladé le problème au gouvernement dominé par le parti AKP de tendance islamo-démocrate. Les imams font valoir que, surtout en été, ils font des journées longues et harassantes avec un premier appel à la prière à 4 heures du matin et un dernier vers minuit. Sans compter qu’ils desservent plusieurs sites avec de nombreux déplacements, des va et vient incessants... et ceci sans aucun jour de pose, pas le moindre RTT. Ils attendent la réponse du gouvernement turc qui sera sans doute transmise aux imams par le DRH des mosquées.
Si la Turquie veut vraiment entrer dans l’Europe, il va lui falloir, entre autre, résoudre ce conflit du travail. Quant à l’entrée de la Pologne dans l’Europe, c’est trop tard... les carottes sont cuites depuis le traité de Nice.
Rien ne va plus dans le monde de la ressource !
06:55 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
16.08.2007
No Suicide -6-

Lucien est resté célibataire. A la mort de Raymond, après ces deux années pénibles de longue maladie, il s’est occupé de moi… Je me suis occupée de lui… Enfin on s’est occupé l’un de l’autre, Lucien et moi… Parmi les nombreuses fois où je me suis demandée ce que je faisais là, à survivre bêtement, celles qui ont suivi la mort de Lucien et plus tard, la fin de ma chère Raymonde, furent de loin les pires. Survivre à son enfant, enfant devenu lui-même un vieillard, c’est idiot ! « Ça n’a pas de bon sens ! » comme dirait Jules.
J’aurais dû mourir bien avant Lucien. J’aurais dû mourir avec Alphonse. C’était un sacré cadeau du ciel, Alphonse. Tomber amoureuse à quatre-vingt ans. C’était inespéré ! Un miracle… Un an, ça a duré… À peine plus. Un an de lettres d’amour, d’échanges téléphoniques sur mon petit portable, grâce à mon forfait illimité. Alphonse, c’était un bien beau cadeau, inespéré. Il aurait fallu que soit le dernier. Il aurait fallu finir sur ses lettres. Après tous ces déménagements… de bâtiments, d’étages, de chambres, d’APerHos… je les ai perdues, les lettres d’Alphonse. C’était en venant de… C’était en allant à… Oh, et puis, je ne sais plus… elles sont perdues voilà tout. Et je m’en moque. Il y a longtemps que je les ai toutes apprises par cœur :
(…) J’ai voulu t’envoyer encore un baiser avant de m’endormir, te dire que je t’aimais. À peine avais-je raccroché, à peine l’écho de ta voix s’estompait dans mon oreille, que ma pensée s’envolait vers toi. Elle courait plus vite que la modulation de l’onde qui m’apportait tes douces paroles, plus vite que la lumière qui illuminait ton visage sur les coteaux de Banyuls… Soigne-toi bien, je t’envoie toute ma tendresse (…)
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15.08.2007
Rédac d'août
C'est une conspiration mondiale ! Pour l'instant nous ne sommes que 19 mais cela va grossir... grossir. Quand nous serons mille cela deviendra peut-être compliqué de tout lire... En un mot, l'idée consiste à poster tous les 15 du mois à midi heure de Paris, une rédac sur un sujet fixé le premier du mois. La liste des participants:
Laurent, Bertrand, JvH, Jean-Marc, Julien, Bergere, Christophe, Isabelle, Hibiscus, Fred, Anne, Hervé, Hpy Chantal, Loïc & Hyun-Jung, Marie, Looange
En juillet, c’était : "t'as le look ?" En août c'est encore estival et détendu (attention à la rentrée en septembre ;-) : "Votre pêché gourmand" (avouez votre petite tartine de Nutella à 4h tous les jours, ou bien que vous ne pouvez pas vous endormir sans un grand verre de lait...)
Mon pêché gourmand.
Si pour le look j’avais assez peu d’idées, pour la gourmandise j’en ai des ventrées. Plus jeune, je n’étais pas trop pour le sucré mais cela à changé et je suis le premier à tomber dans les plaques de chocolat que la marraine de Gian-Luigi lui offre si généreusement. Si vous voulez garder la ligne il ne faut pas avoir de marraine comme delle là. Ce n’est pas plaque à plaque, c’est par dizaines qu’elle les achète et Gian-Luigi nous en fait profiter, nous qui sommes ses collègues de labeur.
En creusant un peu et puisque nous sommes en août, j'ai décidé de vous parler des noisettes. C’est petit les noisettes, c’est délicieux dans le chocolat au lait ou le Nutella mais, à mon avis, c’est encore meilleur quand ce sont des noisettes fraîches. Remarquez que je pourrais aussi vous parler des amandes mais il y a peu d'amandiers par ici ni d'ailleurs de pistachiers ou d'arachides et pour les noix mais ce n’est pas encore la période.
Autant vous faire tout de suite une confidence, je suis la réincarnation d’un écureuil et même la réincarnation d’un lignée d’écureuils, le treizième squirrel-lama dont le karma, il faut bien l’admettre, était de revenir en homme occidental friand de petite graines alors que tous mes avatars précédents étaient sans exception des écureuils du Tibet. Noblesse oblige !
L’écureuil du Tibet est encore plus friand de noisettes et de petites graines que celui de chez nous et à fortiori que les chipmunks (tic et tac) américains que les québécois appellent des suisses. Le suisse mange n'importe quoi en particulier des croûtes de fromage et des röstis. Qu'on ne me parle pas des écureuils qui bouffent des glands comme celui de l’âge de glace surpris ici par la caméra.
Cette parenthèse naturaliste et métempsychotique refermée, revenons à nos noisettes du 15 août. C’est la pleine période. Certes, j’ai planté deux noisetiers pourpres autour de ma maison mais cela ne saurait suffire pour ma consommation personnelle. Surtout qu’il y a des années sans et les balanins de la noisette au rostre effilé (très belles photos de la sale bête sur ce site). Ce monstre de trois millimètres pond ses œufs dans le fruit en formation et la larve, un petit ver blanc, va percer la coquille pour donner ce trou que les amateurs de noisettes fraîches connaissent bien. Concurrence déloyale qui peut se régler sur le pré à coup de sulfate de fer, à condition de ne pas rater le créneau de fin février-début mars, fonction du temps et de la lune et attention de ne pas laisser de traces rouge sang sur la trerrasse.
Bref, pour assouvir mon content de noisettes, j'ai dû m'organiser. C'est tout un boulot. Il faut repérer le noisetier qui va bien. Des noisettes assez grosses mais pas de ces énormes rondes, les géants des halles, dont la chair fraiche goûte comme des glands. Idéalement un mélange de pourpres, d'aveline du Piémont et de longues d'Espagne. Le fin du fin, c'est l'impériale de Trébizonde ou la petite ronde de Byzance mais on en trouve assez peu sauf au bord de la mer noire en Turquie (voir Trabzon). La Turquie est le paradis de l'écureuil, enfin en théorie, car le turc ne partage pas volontiers, il est premier producteur mondial et il tient absolument à le rester.
Bref, j'ai en tête une vraie cartographie de tous les noisetiers du Genevois. Par chance, et contrairement à la Turquie, les gens d'ici attachent peu d’importance à la noisette. Donc, je pose mon scooter discrètement, je me bourre les poches de précieuses graines fraîches. Si personne ne vient, je décharge mes poches dans mon top-case pour les recharger rapidement sur l'arbuste. Attraper les branches du haut est tout un art.

Arrivé à la maison je sépare la bogue du fruit, je me munis d'un casse-noisette et... je savoure. Que ceux qui pensent qu'il faut attendre septembre pour que les noisettes soit bien mûres demande au premier écureuil venu.
PS: La noisette est très calorique mais par chance, depuis peu, elle est bourrée d'oméga3, oméga6 et surtout d'Oméga9 (3 fois 3).
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14.08.2007
No Suicide -5-

Non OLGA, ce n’est pas fini. J’ai encore beaucoup de choses à dire… J’ai eu une enfance heureuse. C’était entre les deux guerres, les deux grandes, les deux bien meurtrières du siècle passé… Les gens heureux n’ont pas d’histoires. C’est vrai. Papa et Maman s’aimaient beaucoup. J’avais deux grands frères qui étaient très gentils avec moi. Nous étions un modèle de famille unie. J’ai rencontré Raymond, j’avais vingt ans, lui vingt-trois. Il était beau, solide comme le roc. Nous nous sommes installés dans un village près d’Annecy. A l’époque, c’était un village… La semaine on allait à l’usine. Le dimanche on faisait de la montagne avec les enfants.
Avec Raymond, j’ai vécu ma deuxième vie. Une belle grande vie, Un demi-siècle plein. Nous avons eu deux enfants : Lucien et Christine. Christine est partie de la maison, elle avait dix-huit ans. Je ne l’ai plus revue. Elle ne m’aimait pas. Je n’ai jamais su vraiment pourquoi. Elle a fait un beau mariage. Elle changeait de classe sociale. C’est ce qu’elle voulait, changer de classe sociale. Elle n’avait plus envie de nous voir, son père et moi. Ce fut un moment bien pénible pour nous deux. Plus tard, elle a même dissuadé ses enfants de nous rendre visite… Il y a quelques années, c’est l’un de ses propres petits-enfants qui est venu me voir à l’hospice. J’étais toute surprise d’être la bisaïeule de ce grand dadais de bientôt quarante ans. Mais on n’a rien trouvé à se dire… Rien d’important… Dommage !
A cette époque, ils m’avaient mis au cinquième étage dans une maison près d’Annecy : les Cyclades. Aux Cyclades, plus on était haut, plus on était près de la fin. Des étages, il y avait six. Au cinquième on en était à la bouillie distribuée à la petite cuillère. J’ai fait deux semaines de grève de la faim. Mais je crois qu’aujourd’hui, je préfèrerais parler d’autre chose… Pour ne pas casser mon récit.
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13.08.2007
Prophète
Pour avoir deviné que l’homéoarchton catastrophique du Garde-Mot était un homéoarchton classé à la manière de Giovanni Balbi dans son Catholicon, j’ai gagné le droit d’avoir vendredi une note à mon nom sur un des blogs les plus réputé de la blogosphère. Voir donc ici la note.

[Michel-Ange. Le prophète Joël.]
Rome. Chapelle Sixtine.
[1509.]
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12.08.2007
No Suicide -4-

Ces histoires, je les ai d’abord écrites pour Jules, mon ami québécois, le petit-fils de Jean-Jacques, puis pour les enfants de Jules : Colin et Chloé. Eux qui pourraient déjà être parents. J-J aurait dit : « Ça n’a pas de bon sens ! » Ce sont des mots qui me poursuivent. Quand il a réalisé l’ampleur que prenait ce travail d’écriture sous la dictée, Jules m’a dit : « Mamie, commencer à écrire des contes comme ça, à ton âge, ça n’a pas de bon sens ! » Il avait bien raison. Moi, j’entendais toujours « …pas de bon sang. » Ça me faisait rire. Bon sang. « Bon sang de bonsoir ! » C’est ce que disait mon père quand il était en colère. Mon père… le pauvre… C’est si loin. Maman… Papa. Je les ai presque oubliés, dans la liste de mes chers défunts…
Olga recueille mes paroles. Elle me les récite. Elle me les corrige. Je n’ai pas besoin de dicter plusieurs fois. Elle sait ! Elle sait quand je veux changer un adjectif, biffer une phrase. C’est presque de la transmission de pensée. Elle sait ! Elle fait la différence entre un texte que je lui dicte et une demande que je formule. Même si j’essaye de la tromper en disant par exemple : « Je veux aller au jardin… » Elle n’hésite pas, elle sait… Elle va se mettre à me questionner : « voulez-vous commencer un dialogue ? » Elle enregistre mes paroles. Elle envoie mes récits à Jules à Toronto, à Colin et Chloé, je ne sais où, à d’autres enfants… Enfin si, je sais. Elle n’agit que sur mon ordre, uniquement. Parfois elle me demande « Est-ce que ce texte est fini ? »
Mesdames et messieurs les députés, mes chers collègues, un peu de silence et de respect, s'il vous plaît. Merci. Ce récit autobiographique a été recueilli de la bouche même de madame Laurent par OLGA, son assistante personnelle. Depuis quelques jours, ces paroles sont accessibles sur Webnet 8.1. Je vous propose d’écouter la suite immédiatement. Quant à ceux qui manifestent bruyamment en frappant leur pupitre, je leur demanderai un peu de patience et de silence. Madame Laurent, je vous le rappelle, en a eu pendant de très très longues années… Il me semble qu’elle a le droit d’être écoutée jusqu’au bout par cette assemblée qui réunit les représentants du peuple. Et puis son récit pourrait vous réserver quelques surprises... Merci de votre patience.
06:30 Publié dans No Suicide | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.08.2007
Autodafé
Pour faire suite à l'autre note, je me dois de relayer cette nouvelle bien triste.
Un autodafé (du portugais auto da fé, acte de foi) consistait, à l'origine, à brûler des livres considérés comme païens, blasphématoires ou immoraux (mesure qu'aurait pratiqué Saint Paul). C'est ce que semblent avoir commis avant-hier des abrutis dans l'abbaye de Lagrasse (Aude).
Pierre Assouline qui avait parlé de La nuit sexuelle tombe sur l’abbaye de Lagrasse », a ensuite été le premier à rapporter cet acte infâme commis par des abrutis.
"Ce matin à l’aube, les collaborateurs des éditions Verdier qui parrainent depuis les origines ce Banquet du Livre, ont constaté que leur librairie, installée au sein de l’abbaye avec les toulousains d’Ombres blanches, avait été saccagée. Un mélange de gas-oil et d’huile de vidange avait été répandu sur les 12 000 volumes proposés durant la manifestation. Pas de revendication. La police enquête. Prions pour qu’elle trouve.
Voir aussi: «« Penser : le péché irrémissible » de Ronald Klapka, dans remue.net,
et « Autodafé à l'huile de vidange à l'Abbaye de Lagrasse » de David Servenay dans Rue89.
11:45 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.08.2007
Rhône
Par Ouerdya AÏT-ABDELMALEK AFP - Mardi 7 août, 20h07

10:00 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
09.08.2007
No Suicide -3-

Olga est le tout dernier modèle d’APerHos. Si mon Raymond revenait, lui qui aimait tellement bricoler, il dirait d’Olga que c’est un beau lit d’hôpital bien pratique, super ingénieux. C’est vrai, Olga est un lit capable de toutes les orientations. C’est aussi une petite voiture qui se déplace seule dans les couloirs ou les allées du jardin. Alphonse, lui, aurait aimé la chaîne stéréo qui joue les morceaux que je veux… un son très pur… un choix infini de musiques du monde. Parfois, elle me met une chanson sans que je demande rien. Je suis tentée de protester mais c’est inutile, elle est toujours dans le ton, dans l’humeur de l’instant… Pour Lucien, mon fils, chez Olga, c’est l’écran de télé plat et pliable qui surgit de sous le matelas qui l’aurait séduit. Je l’entends presque dire : « Un lit à la James Bond. »
Moi, j’associe Olga, ce petit bijou de technique, à mon vieux monde fané… éteint même… et depuis si longtemps. Cela me la rend plus proche, plus humaine, presque amicale. Sinon, quand on y réfléchit, c’est Big Brother cet engin là. L’œil à tout, l’œil partout… Et pourtant avec Olga, on a fait de grandes choses dernièrement.
J’ai peur ! Je suis morte. Morte avec Raymonde, avec Lucien, avec Jean-Jacques. Il voulait le cryogéniser, mon Jean-Jacques. Ils disaient que sa maladie, à J-J, serait soignée dans quelques années. Ils disaient qu’alors, ils pourraient sans doute le réchauffer, qu’il aurait encore de belles années à vivre devant lui. Je les ai empêchés de commettre ça. J’envie ces petites vieilles à qui on a accordé le droit de mourir parce que leur maladie était enfin jugée incurable. J-J conservé dans de l’azote liquide… et quoi encore !... Il n’aurait pas été le seul. Ce fût un débat terrible. Les refroidisseurs avaient démontré que cela marchait. Nous avons refusé. Nous étions nombreux. Nous avons gagné. Aujourd’hui, personne ne peut plus être cryogénisé contre son gré. C’est fini !
J’ai peur ! Je suis partie avec eux, partie avec les miens. Dans ma tête, en tout cas. Je veux faire disparaître les derniers souvenirs qui me restent. Ma mémoire étonne, paraît-il. Moi, elle me fatigue. C’est grâce à Olga que je l’entretiens… et même parfois à mon corps défendant. Avec son aide, j’ai pu me livrer à la seule chose qui vit encore un peu en moi : les petites histoires que je construis patiemment pour les gosses.
03:20 Publié dans No Suicide | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.08.2007
Augustin
A part ça, puisque je suis dans les citations j'en ai trouvé deux dans ce livre recommandé par cgat qui sont de Saint Augustin. Augustin est un philosophe et père de l'église. C'est probablement le philosophe le plus éloigné de mes idées mais ce nétait ni un imbécile, ni un idiot :-)
"Immense est la foule des imbéciles" Augustin, Contre les académiciens I.1-2
"La plupart des humains sont des idiots.
- ça aussi on le sait" Augustin, Le libre arbitre I. 8.19
Chose amusante, cgat, lignes de fuite, cite aujourd'hui un phrase de Léautaud que j'avais cité ici et qui méritait une place chez Jerphagnon.
"Les temps sont durs. La vie n’est pas drôle. La bêtise règne. Le bon Dieu redevient à la mode." Léautaud
J'ai un peu parlé de la chick litt, la littérature pour les poulettes. En lisant le blog de H-IL, je tombe sur "Oh que oui qu'tu connais ces p'tits questionnaires à la con, qu'tu trouves dans tous les menstruels vendus z'en kiosque." J'avoue que ce "menstruels" m'a ravi.
11:10 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.08.2007
No Suicide -2-
J’ai peur! Aujourd’hui je passe mes jours et mes nuits avec Olga. Olga est le dernier avatar de mes assistantes personnelles hospitalières. Mon A.Per.Hos comme ils disent. C’est de loin la meilleure de toutes, Olga. Elle est à mes petits soins. Rien à voir avec la toute première d’entre elles. Un engin mal dégrossi. Vraiment ! Celui-là, je l’avais appelé Sans-nom. Plus tard, il y a eu Sans-nom2 et Sans-nom3 et même 4. À l’époque, après la mort d’Alphonse, j’étais encore bien valide, j’allais sur mes nonante ans et j’avais protesté du plus fort que j’avais pu. Je préférais une infirmière deux heures par jour plutôt que ce machin… cet engin… vingt quatre heures sur vingt-quatre. On m’avait répondu que les infirmières étaient réservées aux hôpitaux. Comme pour me punir de protester, on m’avait demandé de partager Sans-nom avec une autre vieille, une petite sèche et acariâtre dont j’ai oublié le nom. Elle crachait sa bile à gros bouillons cette sale pie. Elle enquiquinait tout l’étage… Mais c’est si loin tout ça !
Bien plus tard, les techniciens, deux jeunes rigolos, qui, en ce temps là, mettaient en place les APerHos, ont bien vite remarqué que, derrière mes airs revêches, mes cent années et quelques, je n’étais pas hostile à la technologie. À l’époque, je passais ma vie au téléphone, au visiophone. C’était avec Raymonde ou avec mes amis du Québec, Jean-Jacques et les autres, avec les quelques survivants de cette longue marche. Du coup, un des chefs monteurs a décidé de me remplacer Sans-nom1 par Sans-nom2. Hé bien, figurez-vous que je l’ai regrettée cette sale bête de Sans-nom1. J’avais réussi à m’attacher à cette chose idiote…. Il faut dire que, deux ou trois fois, la chose avait bousculé la vieille pie acariâtre. Un faux mouvement, peut-être par hasard. Cela me l’avait rendue sympathique, Sans-nom1. Je l’aurais presque défendue, cette pauvre machine promise à la casse.
Olga, c’est autre chose. Une infirmière, même la plus attentive, la plus professionnelle et diligente, ne pourrait jamais atteindre un tel degré de précision. Elle a une force de colosse et un doigté de micro-chirurgien. Elle est présente à chaque minute. Elle prévient mes moindres envies. Elle me connaît par cœur. Elle a pour moi toutes les attentions et assiste le plus petit de mes mouvements désordonnés pour le transformer en un geste délicat. Quand je me promène dans l’hospice, je ne rencontre comme par magie que les gens que j’ai envie de voir. Elle fait parfois de grands détours pour m’éviter de rencontrer la vieille casse-pieds du troisième qui se croit obligée de me raconter sa vie. Celle qui me parle de son mari, le général, qui avait toute la confiance de Jacques Chirac, de ses placements en bourse, de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants qui ont si bien réussi dans la vie… Elle est assommante cette vieille. Elle me tue. Comment s’appelle-t-elle déjà ? Ah oui Thérèse ! Merci Olga. Continue, s’il te plaît, d’éviter Thérèse ! Il n’y a rien à tirer de bon de cette femme !
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06.08.2007
Nostalgie?
On a connu des années où les soixante-huitards semblaient tous avoir versé dans le conformisme petit bourgeois, où leurs enfants faisaient du cocooning tranquille en fuyant tout ce qui était de l’ordre de l’idéal et où, finalement, l’héritage de 68 était devenu honteux au point d’en faire un sujet de vergogne en campagne électorale. Voilà semble-t-il que les idées alternatives de cette époque reviennent en vogue chez les plus jeunes. Attention, ils ne sont pas encore dans la rue chantant « Sarko, salop le peuple aura ta peau » Mais sait-on jamais ? :-) Bien sûr quarante ans plus tard ces idées sont, selon moi, tout à fait d’actualité avant de devenir nécessaires.

Je viens de découvrir via le forum sur la simplicité volontaire que quelqu’un avait mis en ligne le livre de Jacques Massacrier publié en 1973 et intitulé « Savoir Revivre » Un livre manuscrit d’une inspiration très Power Flower mais plein d’astuces pratiques pour mener une vie en dehors des sentiers battus de la consommation croissante.
En 74, Jacques Masacrier était parti avec sa petite famille à Ibiza. Il a sorti d’autres livres, Le goût du temps qui passe et Partir entre autres… Si vous avez de ses nouvelles cela m’intéresse.
Quelques planches du livre à retrouver sur le site ci-dessus.



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05.08.2007
No Suicide -1-
Je mourrai peut-être sans m’en faire
Du vernis à ongle aux doigts de pied
Et des larmes plein les mains
Et des larmes plein les mains
Boris Vian – Poèmes – Je mourrai
No Suicide
(Ça n’a pas de bon sens)
J’ai peur ! J’ai peur de durer. Peur de vivre encore et encore. Il y a si longtemps que mon Raymond est mort. Si longtemps… c’est à n’y pas croire. C’était en 94, fin juillet, le 29 exactement, un jeudi, dans des souffrances que je ne souhaite à personne. Et puis ce fût le tour d’Alphonse d’être emporté… ça s’est passé si vite… Pour la deuxième fois, j’ai cru qu’il me serait impossible de survivre… pourtant la vie a repris le dessus… lentement. En 99, c’est Lucien, mon fils, qui a succombé à une bronchite mal soignée. On ne pouvait rien lui dire, à Lucien, il n’en faisait qu’à sa tête. Il n’allait tout de même pas se laisser abattre par une bête bronchite.
J’ai peur ! Jean-Jacques aussi est parti des suites d’une maladie incurable. Même ma chère Raymonde s’est éteinte, il y a, aujourd’hui… une éternité. Elle, au moins, elle a fait une belle fin, Raymonde. Toujours bon pied bon œil. Un mois avant sa mort, nonagénaire, elle montait encore au Veyrier. Un matin, elle ne s’est plus réveillée. Voilà ! Oh, comme je l’ai enviée ! Comme je l’envie encore ! Ma chère Raymonde…
J’ai peur ! Je sais, cette histoire commence tristement. D’habitude, ce sont des histoires gaies, des histoires pour les enfants, que je dicte. J’ai bien compris qu’on ne s’attire pas d’auditeurs avec des contes tristes, surtout tristes d’un bout à l’autre. Pour tout dire, aujourd’hui, la gaieté de mon histoire, je m’en moque. Je préfère vous prévenir, sauf événement hautement improbable, ce récit ne deviendra pas plus gai vers la fin. Bien au contraire ! Je vous ai cité mes morts intimes. Ces défunts, je pourrais vous en faire une telle ribambelle de bonhommes en papier qu’elle ferait dix fois le tour de cette chambre si pimpante. Je ne le ferai pas. Ça n’aurait pas de sens. Et, je veux garder quelques auditeurs pour porter témoignage de cette fin de vie si longue… et si ridicule.
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04.08.2007
Mondialisation
Une caisse de céramique sigillée enfouie sous les cendres du Vésuve en 79 est retrouvée par les archéologues italiens de Pompei révélant avec surprise qu'elle ne vient pas d'Italie mais de la Graufesenque dans l’Aveyron près de Millau ! On pense qu’à la Graufesenque il y avait plus de cinq cents ateliers qui ont sûrement produit plus d'un milliard de pièces ? Un gisement d'argile inépuisable qui procure en même temps un corps et un revêtement d'un accord parfait, mais son succès est surtout du à la qualité de sa fabrication.
La céramique sigillée est une céramique fine destinée au service à table caractéristique du Haut-Empire romain. Elle se distingue par un vernis rouge plus ou moins clair et surtout par des décors en relief, moulés, imprimés ou collés et des estampilles d’où elle tire son nom : sigillée venant de sigillum, le sceau.
C’est en Italie que la production de sigillée apparaît au premier siècle avant notre ère. La production la plus importante se situe à Arezzo (Aretium) en Étrurie. Ces céramiques connaissent un succès commercial sans précédent et une diffusion étonnante. A une époque où le monde allait des colonnes d’Hercule (Gibraltar) jusqu’en Inde la production de Céramique Sigillée est un bel exemple de mondialisation.
Le savoir-faire d’Arezzo s’exporte en Gaule, au sud au début de notre ère à la Graufesenque au sud puis à Lezoux en Gaule centrale, pays des Arvernes, puis du côté de Lyon… Plus tard, au 3 ième siècle, les potiers africains de La Byzacène et de Carthage développèrent leur propre production de qualité. Les potiers d’Asie Mineure ne furent pas en reste, Pergame, Smyrne… La production « orientale » de sigillée est devenue très abondante aux IIe et IIIe siècles. La diffusion des sigillées d'orient fut très lointaine... jusqu’en Inde.
C’est ainsi qu’à Rome et alentours, grâce aux délocalisations successives, on a pu se procurer, à moindre frais et pendant plusieurs siècles, de la vaisselle de grande qualité pour alimenter repas et scènes de ménage. L'histoire ne parle pas des potiers mis au chomage à Arezzo puis en Gaule... L'histoire est injuste!
Sources: L’indispensable WIKI
LA CÉRAMIQUE SIGILLÉE ou le premier mariage de l'industrie et de la mode
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03.08.2007
No Suicide
Je suis un peu en retard pour le feuilleton de l’été. Il y a deux ans, j’avais commencé « Internet Romance » le 23 juillet. En décembre 2005,c’était « Œil Serein ». En 2006, le 8 août (*), « Forfait Illimité » puis en décembre « Parfum d’Avent. »
J’en ai encore quelques uns dans mes tiroirs. En septembre 2006, j’avais commencé à publier « La Tentation du Départ. » Un roman que j’ai terminé depuis mais qui va rester gentiment dans mon ordi. Bref, pour cette année j’hésitais.
[Enki Bilal. Tableau curieusement intitulé « No Suicide »]
J’ai finalement décidé de publier « No suicide » qui est une suite de Forfait Illimité à la limite de la science fiction. De la science fiction « moralisatrice » à la Ray Bradbury. Forfait racontait les amours de deux octogénaires. No Suicide se passe vingt ou trente ans plus tard, peut-être plus.
Comme Œil Serein et Forfait, No Suicide est une nouvelle qui fait partie d’un recueil dont le fil rouge est « comment la technologie change (ou ne change pas) la vie des gens. » Chaque nouvelle était précédée d’une citation de Boris Vian : Pour No Suicide c’était :
Je mourrai peut-être sans m’en faire
Du vernis à ongle aux doigts de pied
Et des larmes plein les mains
Et des larmes plein les mains
Boris Vian – Poèmes – Je mourrai
A bientôt donc... les dimanche - mardi et jeudi
(*) Pour la prononciation de a-ou-t voir les recommandations du CSA
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02.08.2007
Merci Genève
Bonsoir Genève! C’est comme ça que les artistes saluent le public du Parc Lagrange réuni devant la scène Ella Fitzgerald. Moi j’ai envie de dire « Merci Genève. » Merci pour toutes ces délicieuses soirées d’été passées à écouter gratuitement de la superbe musique. (Ceci dit, j'ai remarqué pas mal de moutons noirs dans le public mais quand même moins que pour KARA :-)
Hier, premier août, jour de fête nationale, c’était De Amsterdam Klezmer Band, AKB pour les intimes.
Pour ceux qui comme moi l'ignorerait, la musique Klezmer est une musique juive d’Europe de l’Est. Celle de AKB a subit pas mal d’influences : gipsy, balkanique, ukraine (excellent chanteur ukrainien) , turque… avec des accent de Jazz.
Emmené par le saxophoniste Job Chajes, on peut dire que ce groupe a une sacrée pêche. Une musique endiablée, celle par exemple des mariages d’Europe centrale, de l’humour, une chaude ambiance… Tous les membres de ce septet sont d’excellents musiciens. Clarinette, Sax, Accordéon, Trombone, Trompette, Contrebasse (et banjo), Chanteur (et cymbales mais pas de cymbalum).
N’étant pas un spécialiste de ce genre de musique, j’y ai retrouvé les sonorités et l’aspect déjanté du mieux connu « No smoking orchestra » de Kusturica. Un vrai bonheur!
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01.08.2007
Gabon


