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28/10/2013

Barghout

 ane-7.jpgUn âne à deux pattes.

Un tract de cet homme politique ambitieux m’a rappelé une brève histoire trouvée dans Mendiants et orgueilleux de Albert Cossery.

Un tract qui dit vouloir faire appel à l’intelligence de ses concitoyens.

Appel à l'intelligence qui, dixit le vieux sage, laisse à penser que, comme les autres, il nous prend pour des cons.

  • Dieu est grand ! répondit le mendiant. Mais qu’importe les affaires. Il y a tant de joie dans l’existence. Tu ne connais pas l’histoire des élections ?
  • Non, je ne lis jamais les journaux.
  • Celle-là n’était pas dans les journaux. C’est quelqu’un qui me l’a racontée.
  • Alors je t’écoute.
  • Eh bien ! Cela s’est passé il y a quelque temps dans un petit village de Basse-Égypte, pendant les élections pour le maire. Quand les employés du gouvernement ouvrirent les urnes, ils s’aperçurent que la majorité des bulletins de vote portaient le nom de Barghout. Les employés du gouvernement ne connaissaient pas ce nom-là ; il n’était sur la liste d’aucun parti. Affolés, ils allèrent aux renseignements et furent sidérés d’apprendre que Barghout était le nom d’un âne très estimé pour sa sagesse dans tout le village. Presque tous les habitants avaient voté pour lui. Qu’est-ce que tu penses de cette histoire ?


Gohar respira avec allégresse ; il était ravi. « Ils sont ignorants et illettrés, pensa-t-il, pourtant ils viennent de faire la chose la plus intelligente que le monde ait connue depuis qu’il y a des élections. » Le comportement de ces paysans perdus au fond de leur village était le témoignage réconfortant sans lequel la vie deviendrait impossible. Gohar était anéanti d’admiration. La nature de sa joie était si pénétrante qu’il resta un moment épouvanté à regarder le mendiant. Un milan vint se poser sur la chaussée, à quelques pas d’eux, fureta du bec à la recherche de quelque pourriture, ne trouva rien et reprit son vol.

  • Admirable ! s’exclama Gohar. Et comment se termine l’histoire ?
  • Certainement il ne fut pas élu. Tu penses bien, un âne à quatre pattes ! Ce qu’ils voulaient, en haut lieu, c’était un âne à deux pattes.

 

07:59 Publié dans St Julien | Lien permanent | Commentaires (1)

09/10/2013

Au social !

elevage_volailles.jpgEn plein psychodrame sur le poulailler de l’Assemblée Nationale, j’aimerais revenir sur un sujet déjà traité ici. J’avais commis une note en 2011 sur le nombre de femmes au Conseil Général de Haute-Savoie.

Il y en avait une seule avant 2011 et toujours une seule après 2011. Au niveau national, trois départements n’ont aucune femmes : La Corse, les Deux Sèvres et le Tarn et Garonne. Au niveau national, le pourcentage de femmes est passé de 0,7% en 1958 à 3,8% en 1982 et finalement à 13,8 aujourd’hui.  

En 2015, ceci va changer puisque un conseiller sur deux sera une conseillère de par la nouvelle loi qui instaure des conseils départementaux (Une meilleure dénomination) en tandems cantonaux bicéphales et formant des couples forcément hétéros.

Notre bien pensant conseiller général, qui puise ses programmes dans les bonnes recettes pour devenir rapidement un homme politique éminent, s’est félicité de la chose. Il a ajouté, lors de la séance du CG du 23 septembre dernier « On a bien besoin de leur compétences, notamment au niveau du social. »

Ouille, la gaffe ! 

La seule conseillère générale haute savoyarde face à 33 mecs, madame Camusso 4ème Vice-présidente déléguée à l'action sociale (eh oui !), à la prévention, à l'insertion, au logement et à la santé, qui se coltine ce troupeau de machos depuis 1991 et qui, me dit-on, compte bien rempiler en 2015 a renvoyé l’ambitieux dans ses cordes « J’espère que les femmes sauront travailler dans n’importe quel secteur. » et toc !

yellenn.jpegJe note qu’Obama va nommer ce soir Janet Yellen à la tête de la Fed, la banque centrale américaine. Un poste où elle ne fera sans doute pas trop dans le social et l'altruisme comme on l’imagine.

Elle prendra son poste en janvier prochain.

Bravo Janet !

Bravo Barack !

Pas bravo Antoine !


26/03/2013

Semaine DD

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A St Julien, après un carnaval réussi

et un bonhomme hiver bien brûlé...

arrive la semaine du développement durable (de lapin dirait RV)

 

Une semaine de 9 jours donc    Programmme complet ici

Notez le film Promised Land de Gus Van Sant
Avec Matt Damon, Rosemarie DeWitt, Frances McDormand programmé le 9 avril au Rouge et Noir avant une sortie française le 17 avril.

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18:05 Publié dans St Julien | Lien permanent | Commentaires (2)

23/03/2013

Démocratie

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Bel exemple de démocratie des crédules jeudi soir à St Julien en Genevois.

La démocratie des crédules est un livre de Gérald Bronner publié au Presses Universitaires de France et qui tente d’expliquer comment les mythes du complot envahissent-ils l'esprit de nos contemporains ; comment le traitement de la politique se peopolise. Comment un jeune homme prétendant être le fils de Mickael Jackson, et avoir été violé par Nicolas Sarkozy, a-t-il pu être interviewé à un grand journal de 20 heures ?

Comment, d'une façon générale, des faits imaginaires ou inventés, voire franchement mensongers, arrivent-ils à se diffuser, à emporter l'adhésion des publics, à infléchir les décisions des politiques, en bref, à façonner une partie du monde dans lequel nous vivons ?

Lors de la commission financière qui prépare le budget de la ville de St Julien, une augmentation des impôts à été proposée au débat, ce qui, avouez-le, est courageux un an avant les élections. Un augmentation jugée utile pour continuer de « faire une ville », opération entreprise depuis 12 ans. Utile mais bien sûr pas indispensable.

St Julien est une ville riche. C'est une ville qui a un fort taux de croissance de sa population, parmi les plus hauts de France. C’est aussi la ville centre de son canton, ce qui entraîne des investissements importants si on veut préparer l’avenir dans de bonnes conditions. Il faut aussi savoir que l’année prochaine, en pleine élection, il ne sera pas possible d’augmenter. Bien sûr, augmenter les impôts n’est pas le genre de décision qui se prend facilement à l’unanimité. La majorité était donc partagée.

En commission des finances, une augmentation de 2% a finalement été proposée. Un membre de l’opposition présent a même voté pour. De plus, le leader de la minorité, par ailleurs conseiller général du canton, a répèté à l’envie, et depuis le début du mandat, aux communes du canton qu’ici les impôts sont trop bas. Ville et villages frontaliers ont effectivement la chance de payer nettement moins d’impôts que la moyenne nationale.

Mais surprise, dans les jours qui précèdent la séance du conseil municipal, qui doit voter le budget, ce même leader se met à mener une campagne d’intoxication énorme sur son blog contre l’augmentation. Il lance même une pétition, et fait, paraît-il, du porte à porte pour la faire signer. Il rédige un grand nombre de notes sur son blog. C'est une grande campagne de marketing à la manière des marchands de savons ou de cigarettes ou encore des activistes de tous poils.

Entre temps, la majorité municipale, un peu hésitante sur l’opportunité de cette augmentation, et qui se réunit le mardi qui précède le conseil, continue de peser le pour et le contre et finalement décide de retirer l’augmentation. Du coup, lors du conseil, la minorité en fait des gorges chaudes.

Nous voilà en pleine démocratie des crédules : Comment une minorité qui fait feu de tout bois tente d’emporter l'adhésion des publics, d’infléchir les décisions de l’exécutif en s’appuyant sur l’argument très populiste du trop d’impôts.

Fallait-il augmenter ? La question demeure. La décision n’était pas facile et, en tous cas, ne justifiait pas la litanie d’adjectifs employés sur le blog (inutile, excessive, injuste, inefficace, dangereuse, disproportionnée, illégitime, inacceptable.) A dire vrai, tout ce qui est excessif est insignifiant.

Les impôts n’augmenteront donc pas dans les deux prochaines années. A court terme, c’est une bonne nouvelle pour les saint Juliennois. Mais faut-il gouverner dans le court terme ?

11:43 Publié dans St Julien | Lien permanent | Commentaires (0)

03/06/2012

Daniel Meynard

Hier, Saint-Julien célébrait dignement le « Daniel Meynard Day ». Ce fut un grand moment et une belle fête. Merci aux organisateurs pour avoir retrouvés tous ces objets qui font partie la légende de Daniel Meynard.

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Autiste asperger, Daniel Meynard (1920-2009), aura marqué son époque. Touche à tout de génie, successivement ou même parfois concomitamment neurologue, ethnologue, écrivain, journaliste, illustrateur, philosophe, poète, cuisinier, océanographecomédien, musicien, plasticien, inventeur et réalisateur, Daniel Menard doit beaucoup à l’Afrique.

C’est sans doute de sa rencontre avec Jean-Baptiste Botul que Daniel Meynard tirera sa philosophie de la vie axée sur le don de soi et la volonté d’animer son destin sans se laisser piéger par les murs. L’espace de la rue, qu’il soit en bitume ou en terre battue de latérite bordée de baobabs*, aura été, faisant suite à Botul et dans la droite ligne d’Emmanuel Kant, son espace naturel de pensée.

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A noter que BHL, notre Bernard Henry national, a puisé pas mal de ses idées chez Daniel Meynard sans toujours citer ses sources. Mais, comme disait Daniel « les idées sont à tout le monde, y compris à ceux qui n’en ont pas. »

En avançant en âge, Daniel Meynard, n’a eu de cesse d’approfondir ses racines africaines. Il s’est penché sur l'oeuvre d’un autre Jean-Baptiste qu’il avait brièvement rencontré dans la clandestinité, à Paris, au début des années quarante. JBM, comme aimait à se faire appeler Jean-Baptiste Mouche, fut pour Meynard, une mine de concepts puisés dans les méandres d’un cerveau éruptif. Métaphore d’autant plus frappante que le mot méandre nous vient directement d’un fleuve de turquie divinisé par les grecs. Et on sait à quel point les fleuves ont compté dans la vie de Meynard depuis sa naissance au confluent de l’Oubangui et du Charri.

Bref, de cette journée mémorable à Saint Julien, les commerçants retiendront des tracas pour accéder à leurs échoppes, les payeurs d’impôt une légère augmentation de la facture, les services municipaux pas mal de défis techniques, les buveurs de bière se souviendront que la Blonde du Salève, servie  à la pression, était inhabituellement amère et la population en général que ce fut une bien belle commémoration. 

* Si le coeur vous dit, intéressez-vous au concept de baobabité ou de baobabisme.