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27/08/2006

Hilbert

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"La théorie de la démonstration de Hilbert faisait partie intégrante de la mathématique, dont elle constituait les indispensables prolégomènes"

(BOURBAKI, Hist. math., 1960, p.57).
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David Hilbert est la figure emblématique des maths du XXè s. Son oeuvre est immense, comparable à celle de Poincaré. Hilbert a donné l'impulsion de nombreuses recherches mathématiques du XXè s., et a créé une école allemande qui domina trente années durant.

Le 8 août 1900, au Second Congrès International des Mathématiciens réuni à Paris, David Hilbert a profondément changé la face des mathématiques. Et pourtant, ce jour-là, il n'a annoncé aucun théorème nouveau, aucun résultat. Rien de tout cela. Au contraire même, ce jour-là, Hilbert a posé 23 problèmes à la communauté des mathématiciens. Ces problèmes ont été le moteur de nombreuses recherches tout au long du siècle dernier. Dans une conférence restée un morceau d'anthologie, Hilbert essaie de deviner le futur d'une science. La plupart des 23 problèmes furent au coeur de nombreuses recherches. Il en reste 3 encore ouverts à l'heure actuelle.

14:05 Publié dans Mathématique | Lien permanent | Commentaires (1) |

26/08/2006

Sonnet de Chançay

Laissons Pauline et Alphonse vivrent quelques temps leur idylle 

Je vous présente deux génies: André et Simone Weil

Soit une multiplicité vectorielle,
Un corps opère seul, abstrait, commutatif.
Le dual reste loin, solitaire et plaintif,
Cherchant l'isomorphie et la trouvant rebelle.


Soudain bilinéaire a jailli l'étincelle
D'où naît l'opérateur deux fois distributif.
Dans les rêts du produit tous les vecteurs captifs
Vont célébrer sans fin la structure plus belle.


Mais la base a troublé cet hymne aérien :
Les vecteurs éperdus ont des coordonnées.
Cartan ne sait que faire et n'y comprend plus rien.

Et c'est la fin. Opérateurs, vecteurs, foutus. 
Une matrice immonde expire. Le corps nu
Fuit en lui-même au sein des lois qu'il s'est données.


Ce sonnet, trouvé ici, composé par André Weil, résume, paraît-il, les discussions du congrès de Chançay tenu en septembre 1937. André Weil était la cheville ouvrière de Nicolas Bourbaki et le frère de la philosophe Simone Weil. Bourbaki était/est une association secrète de mathématiciens qui ont réformé la mathématique (le singulier est bourbachique) au XXième. Avec le mathématicien allemand Hilbert, Bourbaki pose les bases d’une école de pensée dite formaliste.

 

00:50 Publié dans Mathématique | Lien permanent | Commentaires (6) |

25/08/2006

Forfait 11

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Forfait

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romance

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...Mon âge, toujours mon âge... Je suis bien contente car dans le village d’Alphonse il y a une chorale. On va aller y chanter tous les deux. Je me réjouis.

"Le grand jour, ce sera donc jeudi en quinze. Le fils de mon vieil ami Léon, qui dirige la fanfare, est prêt à venir sur le quai avec ses musiciens pour un accueil grandiose. Non… je plaisante. Je me plierai à ton souhait. Pas de fanfare donc, ni rien de spécial. Dommage ! Je suis tout fébrile. Je serais capable de faire encore une fois la poussière sur les meubles, de passer la serpillière… Plus de six mois… quelle attente ! Que de paroles aussi ! Je suis rassuré, j’avais peur que les ondes n’entament le coté droit de ton cerveau, celui de l’imagination, du talent artistique, de la musique… Ce serait idiot, c’est là que se trouvent tes neurones les plus affûtés.

J’avais peur aussi que, comme dans la chanson, Pâques ne se passe et puis la Trinité… Comment te dire ma joie sans tomber dans la banalité ? Comment éviter les redites après ces heures passées au téléphone ? Tu sais déjà tout… Tu sais que ma mélancolie est partie comme par enchantement. Plus la pluie tombe et plus mon humeur se bonifie. C’est un bel automne, la pluie succède au brouillard et je souris encore. A jeudi donc. Je t’aime… incommensurablement. Ton Alphonse.

 

... 

Certes, la fanfare n’est pas là, mais quel accueil ! Les amis d’Alphonse, André et Paul étaient là des cadeaux plein les mains. Il y avait des jeunes, avec des bouquets de fleurs… Lui, mon Alphonse, il avait sur la poitrine une petite boule, un chien à poil ras. « C’est Vermeille, une petite chienne pour remplacer ta chère Baguerra. »

Je crois que j’ai bien fait de venir.

(à suivre)

24/08/2006

Forfait 10

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Forfait

illimité

-10-

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romance

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Finalement, je vais me rallier à l’avis de Raymonde. Elle a raison, ce n’est pas Michèle ni Lucien qui doivent nous dicter notre conduite.

J’ai expliqué mes plans à Alphonse. Il est resté muet, un long moment… J’avoue que j’ai pensé à une attaque. Ensuite, il m’a fait l’explosion de joie dans l’oreille. Fou qu’il était ! Raymonde se réjouit aussi. Elle s’est occupée de faire une malle pour déménager le gros de mes affaires. Elle va venir arroser mes plantes au cas où je reviendrais habiter par ici. Elle dit qu’elle ne veut pas y croire, à ce retour… Moi, je suis très triste de la quitter. Elle me console en disant qu’avec mon portable illimité, ce ne sera pas un problème de rester en contact… Elle m’assure qu’elle viendra me voir en Touraine… Elle m’explique que je pourrai revenir ici pour la voir de temps en temps… Rien n’y fait. Je suis triste et c’est tout ! J’ai un peu peur. J’ai peur, comme le jour où Raymond est venu me chercher, pour partir au bal, sans l’accord de papa. C’était en… C’était juste avant la guerre… heureuse et si inquiète… la même chose… Une sensation comme celle-là…  soixante ans après… ça n’a pas de bon sens. Raymonde me dit :

  • Non ma vieille, cherche pas à raisonner, c’est de l’amour, faut savoir en profiter… Comme on dit, ça ne dure jamais toujours… Encore qu’à ton âge, ce sera sûrement à la vie, à la mort !

Mon âge, toujours mon âge. C'est énervant à la fin... Je suis bien contente, dans le village d’Alphonse, il y a une chorale. On va aller chanter tous les deux. Je me réjouis.

 

23/08/2006

Forfait 9

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Forfait

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romance

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Tiens, ça vient de Chinon et ce n’est pas son écriture sur l’enveloppe. C’est bizarre… J’ouvre avec  précipitation.

Chère Pauline,

Je me permets de vous écrire car j’ai cru comprendre, en parlant avec papa, que vous aviez l’intention de venir habiter avec lui. Ma démarche n’a pas pour but de vous en dissuader. J’aimerais seulement vous faire prendre conscience du fait que mon père est un homme très fatigué. Il vous a, sans doute, parlé de ses problèmes de cœur. Après la mort de maman, il a connu des mois et des années difficiles. Aujourd’hui il a bien remonté la pente néanmoins sa santé demeure des plus fragiles.

Depuis qu’il a fait votre connaissance, il semble avoir rajeuni mais, moi qui le connais bien, je sais que cette phase euphorique sera suivie d’une autre tout à fait dépressive. Voilà, chère Pauline, ce que je voulais vous dire. J’espère que vous saurez prendre la meilleure décision  et je vous fais part de mes sentiments les plus cordiaux.

Michèle

PS : Il serait préférable que cette démarche reste entre nous.

 

Aille, la tuile ! Après ça, qu’est-ce que je peux faire ? Je ne peux plus partir. Je suis coincée. Pourvu que Raymonde n’aie pas encore fait les démarches pour placer Baguerra chez ses amis. Je la vois ce soir Raymonde.

  • Tu ne vas quand même pas te laisser influencer par une vieille fille qui protège son vieux père contre… une intrigante.
  • Intrigante… justement !
  • Je plaisantais ! Non. Crois-moi : cette Michèle, tu t’en moques. C’est ta vie. C’est celle d’Alphonse. Pas celle de Lucien ou de sa fille. Non mais sans blague !
  • Tu crois que…
  • J’en suis sûre ! Ces histoires de cœur malade, ce n’est pas sérieux. Il est en pleine forme Alphonse. D’ailleurs, tout ça, tu le sais très bien…
  • Quand même, il me l’a dit lui-même…
  • C’était justement pour que tu te décides, que vous ne perdiez pas de temps.  Non, ne change pas tes plans. S’il te plaît ! D’ailleurs pour ce qui concerne ta chatte, les démarches sont faites… Trop tard !

Voilà, voilà… Il faut que je réfléchisse. Après tout, je ne suis pas à un jour près…

 

 

22/08/2006

Forfait 8

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romance

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...encore des carrosses de tendresse et de baisers, mais sans fleurs cette fois, c’est promis ! Je t’aime… incommensurablement. Ton Alphonse.

 

C’est décidé. J’ai pris mes dispositions. Je garde mon studio ici pour trois mois… Il me faut une position de repli… Alphonse habite une grande maison… Raymonde va s’occuper de trouver une famille d’accueil pour Baguera. C’est ma chatte. Alphonse est allergique au poil de chat. Donc, avec la bénédiction de Raymonde, traitée de folle par Lucien, c’est définitif, cette fois je pars ! Je rejoins mon Alphonse. Ouf ! Avec Lucien, l’explication a été chaude. Comme je ne l’avais pas mis dans la confidence, j’ai dû partir de zéro. Comment faire rentrer, dans cette tête de mécanicien prosaïque, une histoire pareille. C’est impossible ! Il n’y a pas de méthode et encore moins de machine pour cela. L’un dans l’autre, je suis assez contente de moi : le coup du téléphone portable et le reste de la petite leçon :

  • C’est donc à ça, que tu passais tes après-midi, enfermée dans la cuisine ?
  • Hé oui ! Je te l’ai dit depuis trois mois on est toujours ensemble… avec ses lettres… avec le téléphone.
  • A ton âge !
  • Ah! Parce que tu crois qu’il y a un âge pour ça ? T’en fais pas Lucien, ta situation n’est pas désespérée ! Je devrais te faire lire les lettres d’Alphonse, tu verrais comment on peut encore séduire à quatre-vingts ans… Mais pour ça il faut s’appliquer un peu !

Pauvre Lucien. Je crois que je lui ai fait de la peine. C’est de sa faute après tout… cet air condescendant… « …à ton âge… » Non mais sans blague ! De quoi je me mêle ?

Alphonse, pour l’instant, je ne lui en ai pas encore parlé. Je veux lui faire la surprise. Il est malin. Je crois qu’il a deviné ma décision. Il ne me parle plus de déménagement qu’avec précaution. Il a dû flairer quelque chose. On ne peut pas passer des heures au téléphone sans se trahir un peu, c’est fatal ! On tourne en rond… Moi, je nie… Lui, il dit qu’il me croit… alors je me trahis… donc il doute… il me questionne à nouveau… je nie de plus belle… il s’énerve un peu… Des vrais gamins amoureux.

Tiens, ça vient de Chinon et ce n’est pas son écriture sur l’enveloppe. C’est bizarre… J’ouvre avec  précipitation.

21/08/2006

Forfait 7

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Forfait

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romance

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"... Je veux que tes voisins soient époustouflés !

Je t’aime… incommensurablement. Ton Alphonse."

    

La lettre, c’était déjà beaucoup…. mais un tel amas de fleurs devant l’entrée… les voisins n’en revenaient pas. Je crois que tous connaissent déjà mon histoire. J’ai manqué de discrétion. Personne ne m’en parle, mais dans les regards, je sens bien que, dans mon dos, on se gondole … Ça étonne ! C’est vrai, même moi, je suis la première époustouflée, comme dit Alphonse. À plus de quatre-vingts… une histoire d’amour comme celle-ci… ça n’existe pas ! Et eux, les voisins, ils ne lisent pas les lettres, ils n’entendent pas les conversations… D’ailleurs c’est  heureux… Ça  les ferait bien rire ! Surtout quand Alphonse oscille entre la mièvrerie la plus gamine et les mots érotiques les plus crus. Toute seule, dans ma cuisine, je rougis comme une jouvencelle en ouvrant une autre lettre. Oui, il y a de quoi se gondoler… incommensurablement.

"Parfois je me réjouis de ce petit téléphone portable, parfois je regrette ce modernisme. Je voudrais que ma lettre soit acheminée par la diligence. Quant à toi, au lieu d’appuyer sur deux ou trois boutons, tu serais obligée de prendre ta plume d’oie. Ça renforcerait encore ton sens de la formule imagée. Un sens que tu as déjà bien développé, je trouve.

Tes lettres ne m’arriveraient pas directement. Elles seraient amenées sous le manteau par André, le joueur d’échec. Bien sûr, il me charrierait, mais je le connais, il resterait muet comme un automate. Les miennes seraient adressées à ta copine  Raymonde, confiées à ses bons soins, pour être bien certain que personne d’autre n’apprenne cette liaison tardive. Cet amour d’hiver, que certains peuvent juger ridicule, et qui, en tout cas, semble faire rire ton voisinage et se gondoler les foules, comme tu dis de façon si comique. Encore une fois, excuse-moi pour cet excès de fleurs dans ta cour.

Donc, retour à ma question traditionnelle : quand vas-tu te décider à venir par ici ? A moins que tu ne m’invites en Haute-Savoie ? Au figuré, mon cœur s’impatiente, au propre, il se fatigue. Je ne veux pas t’inquiéter mais mon pontage a fêté ses vingt ans. À l’époque des diligences, on m’aurait déjà mis le costume de sapin depuis lurette… En faisant ma gym matinale, je m’applique à ne pas l’oublier… Une seule solution : Viens vite !

Allez, encore des carrosses de tendresse et de baisers, mais sans fleurs cette fois, c’est promis ! Je t’aime… incommensurablement. Ton Alphonse."