Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/08/2006

Sonnet de Chançay

Laissons Pauline et Alphonse vivrent quelques temps leur idylle 

Je vous présente deux génies: André et Simone Weil

Soit une multiplicité vectorielle,
Un corps opère seul, abstrait, commutatif.
Le dual reste loin, solitaire et plaintif,
Cherchant l'isomorphie et la trouvant rebelle.


Soudain bilinéaire a jailli l'étincelle
D'où naît l'opérateur deux fois distributif.
Dans les rêts du produit tous les vecteurs captifs
Vont célébrer sans fin la structure plus belle.


Mais la base a troublé cet hymne aérien :
Les vecteurs éperdus ont des coordonnées.
Cartan ne sait que faire et n'y comprend plus rien.

Et c'est la fin. Opérateurs, vecteurs, foutus. 
Une matrice immonde expire. Le corps nu
Fuit en lui-même au sein des lois qu'il s'est données.


Ce sonnet, trouvé ici, composé par André Weil, résume, paraît-il, les discussions du congrès de Chançay tenu en septembre 1937. André Weil était la cheville ouvrière de Nicolas Bourbaki et le frère de la philosophe Simone Weil. Bourbaki était/est une association secrète de mathématiciens qui ont réformé la mathématique (le singulier est bourbachique) au XXième. Avec le mathématicien allemand Hilbert, Bourbaki pose les bases d’une école de pensée dite formaliste.

 

Commentaires

j'ai lu la biographie "Simone Weil" écrite par Huguette Bouchardeau.
Sur la première de couverture, il est écrit "Biographie" et la première phrase du livre : "Ceci n'est pas une biographie...".
J'ai mis du temps à le lire , une philosophe qui écrit sur une philosophe, c'est un peu sérieux mais j'ai bein aimé et sutout j'ai appris.

Écrit par : Danielle | 26/08/2006

J'avoue que je connais mal Simone. Ce que je sais de son mysticisme anorexique ne m'attire pas des masses. Ce qui me fascine c'est la relation entre le frère et la soeur, en tous cas l'envie d'en savoir plus sur cette fraternité. Simone a participé en 1938 au congrès de Bourbaki à Dieulefit (un nom prédestiné, un des membre de Bourbaki s'appelait Dieudonné) dans la Drome. Il y a au moins une photo. On imagine qu'elle devait préparer le café mais c'est quand même fascinant.

C'est assez curieux qu'elle ait pu écrire des choses comme: "Argent, machinisme, algèbre ; les trois monstres de la civilisation actuelle." quand on sait qu'André est le fondateur de l'algèbre moderne.

Simone est morte en 43 à Londres,
André, son aîné de six ans, en 98 à Princeton USA

Écrit par : Joël | 27/08/2006

Superbe sonnet, quoique moins révolutionnaire dans sa firme que la prose bourbakiste... Et j'ignorais complètement la parenté entre Simone et André. Merci !

Par contre, si j'puis m'permettre, même si le groupe s'est abrité un moment derrière le fameux pseudo, et si certains de ses membres avaient un goût prononcé du canular, Bourbaki navait pas grand chose d' une société secrète !

Écrit par : dvanw | 28/08/2006

Société secrète, cela dépend à quel moment mais au départ il y avait une réelle volonté, en particulier à l'instigation de Weil, de tenir secrètes les délibérations et d'éviter absolument que les membres ne parlent à la presse et ne se fassent connaître en tant que Bourbaki, ce qui était un motif d'exclusion. Si on ajoute à cela la décision de radier les membres après 50 ans (que Weil s'appliquera à lui même) et autres petites décisions pas toujours liées à la mathématique, on peut parler de société secrète même si cela n'a pas le même sens et l'ésotérisme mystérieux des pytagoriciens.

Je suis à la recherche du livre d'André Weil "Souvenirs d'apprentissage" qui est épuisé.

Écrit par : Joël | 28/08/2006

Merci Danielle.
J'avais trouvé ce lien mais 50 euros et il n'y a même pas un petit texte qui explique le contenu, rien, on ne peut pas agrandir la couverture pour se faire une idée. Le livre pourrait être en allemand ou en anglais ce serait pareil. Un peu risqué non?

Écrit par : Joël | 29/08/2006

Les commentaires sont fermés.