03/04/2016
Beaune J4
Il pleut sur Beaune, on se croirait dans les Ardennes...
Ce matin, on devait aller voir le prix du “Sang neuf” attribué à Les Ardennes mais aller en vélo et faire la queue sous la pluie, on hésite… Donc on essaye un mot croisé de Marc Aussitot et finalement on regagne nos pénates. Je crois qu’on aura l’occasion de voir ce film plus tard.
Bilan de cette année : De très bons films dans la sélection officielle. Un palmarès avec lequel on est d’accord. Pas de récompense pour Léa mais pour le reste c’est très bien.
Un festival pas très convivial pourtant à comparer de celui d’Annonay. Le festival a failli être annulé pour cause de crédits insuffisants. Ils n’ont pas pensé à réduire la voilure à part sucrer l'accréditation de Pascale. Gain : 50 euros. La formule doit coûter très cher. Donc le rapport qualité/prix est nettement en faveur d'Annonay et de la convivialité mise en œuvre par Gaël Labanti : questions du public aux réalisateurs et acteurs, les rencontres, le Nid, lieu de convivialité pour de sustenter vite-fait ou pour débattre longuement des films etc...
En plus l’organisation coûteuse de Beaune n’est pas très efficace du moins quand on se place du point de vue du public. Mais est-ce qu’on s’intéresse vraiment au public à Beaune ? Non, ce qui compte ce sont les personnalités, les bons restaurants avec le bon pinard (aie, j’aggrave mon cas avec ce mot). Festival trop court pour voir suffisamment de films. Toujours fastidieux de faire la queue... De toutes ces imperfections, les autochtones se plaignent abondamment en attendant de rentrer en salle. Pas bon pour la réélection tout ça.
Jurys
Une vraie originalité de Beaune est le jury police constitué de policiers et non des moindres. Jury présidé par DANIELLE THIERY, commissaire divisionnaire honoraire.
A part ça des célébrités :
> The jury
12:11 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (9) |
02/04/2016
Beaune J3
Léa
de Marco Tullio Giordana.
Lea a grandi dans une famille criminelle en Calabre. Le père de sa fille Denise est aussi membre de la mafia. Lea aspire cependant à une vie différente pour sa fille, sans violence, ni peur ni mensonge. Elle décide de coopérer avec la justice, pour bénéficier du régime de protection des témoins et ainsi tenter de s'enfuir...
Inspiré de l'histoire vraie de Lea Garofalo, le combat d'une femme pour échapper à la mafia.
On a beaucoup aimé ce film par l’auteur de « La meglio gioventù ». La Ndrangheta, la mafia calabraise, y est présentée sous un jour effrayant mais sans lourdeur. La police italienne tente de protéger les témoins à charge pour les procès de la mafia, mais le système est dépendant des crédits alloués et les pauvres victimes prennent de gros risques face à des truands horribles et prêts à tout.
Diamant noir
De Arthur Harari
À la mort de son père dont il impute le destin tragique à sa famille, des diamantaires anversois, Pier Ulmann retourne parmi ces derniers dans le but secret d’obtenir réparation.
Derrière une intrigue bien ficelée se dessine le monde des diamantaires juifs d’Anvers. La première place mondiale de la taille et du négoce ne garde progressivement que le négoce. Les personnages, Pier son oncle, son cousin et sa femme ont une vraie épaisseur. L’arrivée de Pier, le petit parisien un peu paumé mais très malin, dans ce monde va brasser les cartes.
Le film obtient le prix spécial du jury ex-aequo.

Les enquête du département V : Délivrance
Après les deux premiers opus présentés au festival en 2015, Délivrance fait la soirée de clôture qui est ici bizarrement l’avant dernier jour. Impossible de rentrer dans la salle 1 et la salle deux ne montre pas le palmarès. C’est peut-être mieux d’éviter les discours longs et pompeux.
Films tirés des romans de Jussi Adler Olsen par le scénariste de Millénium, Hans Petter Molland.
Une bouteille jetée à la mer, repêchée et oubliée dans un commissariat des Highlands. A l’intérieur, un appel au secours écrit en lettres de sang et en danois. Lorsque le message échoue au Département V de la police de Copenhague, chargé des dossiers non élucidés, les années ont passé... L’imprévisible Carl Mørck, Assad, son assistant syrien au flair infaillible, et Rose, leur secrétaire, vont-ils prendre au sérieux ce SOS ?
Inquiétant à souhait ce troisième film est bien dans la lignée du deuxième mais n'a pas la fraicheur du premier. L'histoire se passe sur un fond de sectes religieuses. Carl est très déprimé mais l'athée convaincu va finir par douter. Tout cela est un peu trop artificiel à mon goût. Les personnages d'Assad et de Rose sont toujours attachants.
11:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) |
01/04/2016
Beaune J2

Man on High Heels
L’homme aux talons hauts
Aux yeux des gens Yoon Ji-wook est un policier sadique et sans pitié pour ses ennemis. Ce que les gens ignorent c'est que son profond désir est de devenir une femme.
Derrière ce pitch assez simple se cache un film brillant. Le personnage de Yoon est hallucinant dans son job de policier. Le film commence par un scène d’anthologie dans un boite de nuit. On est tout de suite plongé dans une ambiance « polar » extraordinaire et très coréenne. Le super mâle dominant continue de montrer ses muscles mais on sait qu’il cache un transsexuel. Comment cela va-t-il se passer. Malheureusement la fin n’est pas tout à fait à la hauteur.
Le film va obtenir le grand prix.
To steal from a thief
Cien Años de Perdon
Un matin pluvieux, six hommes armés et masqués attaquent une banque à Valence. Les braqueurs semblent avoir une mission simple et précise : vider le plus de coffres-forts possible avant de s’échapper par un tunnel. Mais l’opération pourrait bien prendre une dimension politique et éclabousser le gouvernement en place.
Le directeur de cabinet de la présidente découvre en effet que son propre parti a commandité le braquage dans l’espoir de mettre la main sur des documents compromettants, enfermés dans un des coffres forts de la banque. Les pluies torrentielles qui s'abattent sur la ville ayant inondé l'accès au tunnel, les braqueurs décident de tout mettre en œuvre pour parvenir à s’échapper sans que personne ne découvre le contenu secret du coffre n° 314...
On se perd un peu dans la très riche intrigue de ce film espagnol qui se distingue du classique braquage de banque par ses implications politiques. Ce sont précisément ces implications qui ne sont pas très claires. Les acteurs principaux sont excellents en particulier les braqueurs. Un bon film. Un peu long peut-être.

Desierto
De Jonas Cuaron
Désert de Sonora, Sud de la Californie. Au cœur des étendues hostiles, emmené par un père de famille déterminé, un groupe de mexicains progresse vers la liberté. La chaleur, les serpents et l'immensité les épuisent et les accablent… Soudain des balles se mettent à siffler. On cherche à les abattre, un à un.
Scénario très simple mais on est tenu en haleine tout du long de cette histoire d’un américain cinglé et raciste accompagné de son chien Tracker bien dressé et un vrai fauve traquant de pauvres mexicains partis pour vivre le rêve américain.
Le film obtient le prix spécial du jury ex-aequo.
Longue intro savante du directeur de la cinémathèque sur Brian de Palma avant que celui-ci ne monte sur scène pour un petit speech très sympa. Il insiste sur son amour des festivals et on sent le vrai cinéphile derrière le cinéaste. Cela en fait au moins deux avec Lelouch dans la salle qui ne rate aucune séance.
Ensuite longue présentation de Julien Leclercq le réalisateur de Braqueurs qui passe longuement la brosse à reluire sur Brian de Palma qui est heureusement bien assis.
Braqueurs
Le film : Yanis, Eric, Nasser et Frank forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région Parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine, le petit frère de Yanis, va commettre une erreur... Une erreur qui va les obliger à travailler pour des caïds de cité. Cette fois, il ne s'agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d'héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…
Un bon film de bonne facture très classique donc du déjà vu forcément.
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31/03/2016
Beaune J1
Arrivée à Beaune pour le festival du film policier
- Pas de film visible avant 5 :30
On visite donc les Hospices. C’était à faire.
- Visio de Fritz Bauer un héros allemand
- Repas sympa à la cave du Paradoxe avec Pascale
Fritz Bauer,
un héros allemand
En 1957, le juge Fritz Bauer apprend qu'Adolf Eichmann se cache à Buenos Aires. Les tribunaux allemands préfèrent tourner la page plutôt que le soutenir. Fritz Bauer décide alors de faire appel au Mossad, les services secrets israéliens.
Un très bon film bien construit avec, entre autre, deux acteurs Burghart Klaußner et Ronald Zehrfeld excellents. En particulier le premier qui joue un Fritz Bauer bougon à souhait, fumeur invétéré et râleur mais super efficace et prêt à tout y compris la haute trahison pour mener à bien sa traque des criminels nazis.
Le film évoque de façon poignante et réaliste la situation de l'Allemagne d'après-guerre. Il traite un sujet méconnu et montre la difficulté de faire bouger un système. L’Allemagne d’Adenauer n’en ressort pas grandie. La dénazification attendra que ces vieux messieurs soient dans le tombeau ou bien proche fin du siècle, début du XXIième. On découvre aussi la législation concernant les homosexuels en Allemagne à cette époque largement inspirée des nazis. Le paragraphe de loi 175 écrit par les nazis sera abolie en 1996 seulement.
Le personnage de Eichmann est assez terrible dans ce qu’il dit des juifs en 1955, « il fallait les exterminer tous. J’y ai travaillé nuit et jour. ». On sait que condamné à mort, il argumentera auprès du président d’Israël, Ben Zwi, en se faisant passer pour un simple exécutant.
18:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) |
30/03/2016
Logique
J’avoue que j’ai été étonné par la phrase de Manuel Valls lors du dîner du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France : « L’antisionisme est synonyme d’antisémitisme. »
Est-ce que ceci impliquerait pour le premier ministre que sionisme et sémitisme soit synonymes ? Quand on sait que les arabes sont des sémites on se dit que donc que les arabes seraient sionistes.
Dur à croire !
Pas facile de s’y retrouver dans ce vocabulaire imprécis qui défie toute logique (si A implique B alors NonB implique NonA). Est-que le sionisme implique l’idée de grand Israël ? Pas si sûr mais quand même couramment admis. Ceci impliquerait donc que Valls déconne, ce qu'on ne peut pas croire de la part du premier ministre de la France.
Autre sujet...quoique !
La sénatrice UDI de l’Orne Nathalie Goulet, vice-présidente de la commission de la Défense, a posé le 10 mars une question écrite au secrétaire d'Etat chargé du budget, Christian Eckert, pour attirer son attention sur le fait qu’un don fait à Tsahal, l’armée israélienne, pouvait profiter d’une déduction fiscale de 66% au même titre qu'Action contre la Faim, Médecins du monde, la Fondation pour la Recherche Médicale, les Restos du Coeur... Elle soulignait qu'il s'agissait là "d'une niche fiscale payée par le contribuable français au profit d'une armée étrangère".
Depuis, elle n'a pas eu de réponse du ministre, mais a reçu des menaces de mort anonymes sur les réseaux sociaux.
* Quelques aphorisme de Desproges :
On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.
Quand quarante mille Juifs s’entassent au Vel d’Hiv’, il faudrait être armé d’une singulière mauvaise foi pour les taxer de snobisme.
Il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !
« Faute avouée est à moitié pardonnée », disait Pie XII à Himmler à propos de la Shoah.
C’est plus fort que moi : plus la situation est sombre, plus j’en ris. Juif aux années sombres, j’aurais sans doute contrepété aux portes des chambres à gaz, n’eussent été les menaces du fouet. (j’ai horreur qu’on me fouette quand je contrepète.)
17:16 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) |
29/03/2016
The job
Je rebondis sur la proposition de mon ami Aredius de faire connaître sa lettre à Jean-Vincent Plaçou, celle est à lire ici. Pour ceux qui ne lisent pas régulièrement ce blog et les blogs d’Aredius, un plaçou est un mot du limousin qui, selon wiki, désigne « Un emploi obtenu grâce à l’entregent de quelqu’un, généralement un poste de planqué. » Une sinécure !

Jean-Vincent a un nom prédestiné, il s’appelle Placé, il voulait donc se placer… et il a réussi ! Bien sûr les amateurs de bourrins vous diront que le cheval Gagnant rapporte plus que le Placé. Les mauvaises langues ajouteront qu’il n’est pas prêt près de jouer gagnant le Placé vu que son job dans la simplification est compliqué par des députés, des sénateurs, un conseil d’état, un conseil constitutionnel, un conseil économique et social… et bien d’autres complexifieurs, grands satrapes, vice-curateurs… de la république pataphysique du père François Ubu.
Aredius a raison, le père Ubu aurait dû nommer Jean-Vincent ministre car on ne fait pas un travail d’Hercule avec de petits bras. Le père Ubu avait parlé de simplification dans sa campagne. Il prétendait qu’il ne pensait pas à devenir président quand il se rasait le matin. Il disait se raser au rasoir d’Ockham (ou d’ocam pour simplifier), qu’il était un mec normal, simple et tout et tout.
Rien n’a marché, quatre ans plus tard tout est plus compliqué qu’avant. Il aurait dû nommer Aredius ministre du rasoir d'Occam en début de mandat, il aurait rasé tous les complexifieurs députés, juges et fonctionnaires qui dépassent et il aurait empêché tous les plaçous. Grâce à son succès dans le job, Pierre Gattaz aurait proposé qu'on lui verse (à Aredius pas à Ubu) vingt ou trente millions par mois jusqu'à que mort s'ensuive. Voilà une démarche qui aurait plu aux actionnaires et aux petits patrons !
16:08 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (0) |

