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02/02/2014

Ouripo

Suite de la note d'hier et récupération d'un document ancien, et néanmoins précieux, qui posait la question existentielle suivante :

L'ouie-Rire est-il un Ouripo ?

papous.jpglettrage%20Mosner.jpgOn pourra distinguer dans les recherches de l’Ouvroir, deux tendances : Une résolument tournée vers l’analyse et l’autre axée sur la synthèse. L’analyse travaille sur les œuvres du passé, d’Aristophane aux papous dans la tête  en passant par Plaute, Rabelais, Molière, Vialatte ou Desproges. La synthèse, plus ambitieuse  se propose  d’ouvrir des voies nouvelles dans l’élaboration de la matière à rire.

Dans le domaine de la création humoristique nous sommes, à l’Ouï-rire, convaincus que, par manque de systématique, d’immenses champs n’ont pas été explorés. Des champs de rires fins comme des greens de ray-grass anglais, de rires gras comme ces terrains où pousse  le sainfoin et le trèfle, des rires riches couvert de fétuque rouge, de paturin à mouton ou de pimprenelle des alpages. Mais je m’emballe… de foin.

Conscients que la voie est escarpée et que les diamants les plus purs ne se trouvent pas sous les pas du premier ouvreur venu nous sommes prêts à accepter de régresser, voire de s’ennuyer, pour retrouver un jour la voix de la rigolade qui dérouille les muscles joviaux.


Pour les besoins d’une fonction ouripienne spécifique, l’Ouïe-Rire se réserve la possibilité de créer, à la manière de l’Oulipo, des instituts. On pense immédiatement à l’Institut de Prothèse Zygogène qui serait chargée de restaurer des saillies anciennes de qualité mais qui auraient subit des dégradations dues l’air du temps et de ce fait perdues quelque peu de leur pouvoir de faire travailler les zygomatiques par trop encalminés.

09:45 Publié dans Historique, Papous | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/02/2014

Ouïe-Rire

En triant mes fichiers, je retrouve une esquisse de manifeste pour l'Ouie-Rire, un club chic très fermé et ambitieux créé naguère avec deux compères. Ambition secrète : créer des papous dans les têtes. C'était en 2005, cette note en témoigne.

duo-du-rire-bourvil-de-funes_500x500.jpg

Manifeste: L’Ouïe-Rire se propose de réunir à Genève une bande de lurons et luronnes qui ont envie de se marrer le dernier jeudi de chaque mois. Le mode de fonctionnement est celui de l’auberge espagnole. Une auberge dans laquelle l’aubergiste présente sans chichi un écrivain comique et son œuvre, histoire de créer l’ambiance. Ensuite, tous le monde s'y colle.

Deux questions se posent :

·   L’ouï-rire est t’il un OuRiPo ?

·   Ou bien ?

Mais qu'est-ce qu'un Ouripo ? 

C'est un OUvroir de RIgolades¹ POtentielles

Comme le célèbre Oulipo avant lui, l’Ouripo se proposerait d’utiliser toutes méthodes systématiques et scientifiques pour engendrer des bons mots, des textes amusants (hilarants si possible), des traits, des boutades, des calembours et toutes autres sortes de saillies².

¹.Rigolades fait moins sérieux que rires. Divertissements ou distraction eussent donné OuDiPo, trop gras. Récréation, ou réjouissances donneraient OuRePo, pas assez nerveux. Esprit, un brin prétentieux donnerait OuEsPo, le cri des fêtards égarés. On pourrait faire Larigo – Laboratoire des Rigolades… mais OuRiPo est bien, non ? Ou Bien ?

 ²…engendrer des saillies, il faudra que j’en parle à mon cheval. 

A ce propos, doit on toujours s’en tenir aux recettes connues pour produire de bonnes saillies ? Les partisans de l’immobilisme (et de la reproduction équine) vous diront que oui. Leur conviction ne s’appuie pas tant sur une réflexion raisonnée que sur la force de l’habitude et sur l’impressionnante séries de chefs-d’œuvre (et hélas d’œuvre moins chefs) produit par de grands anciens, dont Pierre Dac, Coluche ou Desproges ne sont que les derniers avatars, qui tous utilisaient les contraintes fixées par le bon goût ou encore la durée des spectacles comme par exemple la minute de monsieur Cyclopède accordées avant chaque journal télévisé.

A l’heure d’Internet, l’humanité doit-elle se contenter des jeux de mots antiques ou se concentrer sur des pensers nouveaux ou encore des dépenses nouvelles ? Nous ne le croyons pas... bien au contraire.

31/01/2014

Asinus asinum fricat

ane-couche.JPGOn ne fera jamais assez l’éloge de l’âne et du mulet trop souvent maltraités dans les pays où ils rendent le plus de services.

J’ai reproduit ici l’histoire de Barghout, l’âne élu par tous les habitants d'un village, anecdote tirée du livre de Cosery.

L’âne est un animal sobre, un peu d’herbe et de l’eau claire. C’est son seul luxe, l’âne est intraitable sur la qualité de l’eau, il la veut limpide. Il a le pied sûr et c’est ainsi qu’il a rendu de fieffés services aux combattants kurdes irakiens.

Du coup, Omar Kalol a crée en 2005 le parti des ânes kurdes dont il est devenu secrétaire général. Les sections du parti sont baptisées “écuries” et ses cellules “mangeoires”. Entre eux, ses membres s’appellent “bourricot”, “âne bâté” ou “vieille bourrique”, selon leur ancienneté.

Omar Kalol a fait ériger en 2012 une statue au centre de Souleimaniyeh, seconde ville du Kurdistan irakien. L’ouvrage en bronze mesure 1,8 m de haut et 1,1 m de large. Dix jours après son inauguration, la statue à été sauvagement dégradée.

state6153.jpg

Hélas, suit à toutes les attaques, le parti s’est auto dissous en ce début d'année, après avoir refusé l’aide, misérable par rapport aux fonds accordés aux autres formations, allouée par le gouvernement régional du Kurdistan. De cet âpre combat pour la cause asine et pour une politique moins stupide, il  ne restera que la  statue de l’âne en costard-cravate nous rapporte le site Ekurd.net.

30/01/2014

Lettre aux mécréants

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Ô vous, les mécréants, les athées, les impies, les libres penseurs, vous les sceptiques sereins qu'écœure l'épaisse ragougnasse de toutes les prêtrailles, vous qui n'avez besoin ni de petit Jésus, ni de père Noël, ni d'Allah au blanc turban, ni de Yahvé au noir sourcil, ni de dalaï-lama si touchant dans son torchon jaune, ni de grotte de Lourdes, ni de messe en rock, vous qui ricanez de l'astrologie crapuleuse comme des sectes "fraternellement" esclavagistes, vous qui savez que le progrès peut exister, qu'il est dans l'usage de notre raison et nulle part ailleurs, vous, mes frères en incroyance fertile, ne soyez pas aussi discrets, aussi timides, aussi résignés!

Ne soyez pas là, bras ballants, navrés mais sans ressort, à contempler la hideuse résurrection des monstres du vieux marécage qu'on avait bien cru en train de crever de leur belle mort. [...]

Dieu est à la mode. Raison de plus pour le laisser aux abrutis qui la suivent. [...]

Un climat d'intolérance, de fanatisme, de dictature théocratique s'installe et fait tache d'huile. L'intégrisme musulman a donné le "la", mais d'autres extrémismes religieux piaffent et brûlent de suivre son exemple. Demain, catholiques, orthodoxes et autres variétés chrétiennes instaureront la terreur pieuse partout où ils dominent. Les Juifs en feront autant en Israël.

Extrait de la lettre ouverte aux culs-bénits que je me fais un plaisir de citer ici pour ajouter aux fleurs qui tombent ce soir sur un de nos grands polémistes athées et iconoclastes, ce cher saint François Cavanna des belles lettres.

22:33 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/01/2014

Agnés

Photo+02-01-13+12+58+31.jpgJour de tristesse.

Samedi dernier, Agnès s’est tuée en rando à ski. Elle avait 41 ans et deux enfants de 10 et 7 ans.

Elle faisait son habituelle rando du samedi avec son frère parti lui aussi dans l'avalanche, simplement blessé mais qui n'a pas pu la secourir.

Agnès était une montagnarde expérimentée. Avec Serge, rando à pied l’été, rando à ski l’hiver, les cimes étaient leur bouffée d’oxygène.

Demain, on sera à Grenoble pour être à côté de Serge.

30-Janvier

Tous les cousins de Grenoble étaient là. Jean-Michel et sa fille, Daniel, Sylviane et Elodie, Catherine et son mari pour soutenir Serge. Il y a aussi Frank et Brigitte venus d’Annecy. Photos de montagne, musique céleste… beaucoup de monde dans ce funérarium… Que dire de plus ?

Que la vie passe, que la génération d’avant est partie, des deux fils et des six filles d’Augustin et Anaïs, les boulangers de La Chapelle, de leurs conjoints, il ne reste qu’Odile. C’est ici aux Pompes Funèbres de l’Isère que sont partis Elie, Anaïs, Gilberte et Nini. Et en 2011, Jeanne. C'est un grand vide autour des cousins. On est tous orphelins.

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/01/2014

Mots d'ailleurs

rob.pngGrâce à l'horoscope de Rob Brezsny que publie désormais Courrier International, je découvre Other Wordly, un blog fascinant où la traqueuse de mots intraduisibles Yee-Lum Mak publie des mots d'origines variées.

Une sorte de baleinier (dictionnaire des tracas) sauf que là, ce sont de vrais mots.

Disons une sorte de garde-mots internationaux.

Exemples : le terme suédois resfeber : Le battement tourmenté du cœur du voyageur avant le départ, quand la crainte se mêle à l’impatience.

Mamihlapinatapai - Un mot Yaghan (peuplade de la terre de feu) qui désigne un regard partagé par deux personnes, chacune désirant initier quelque chose qu'ils désirent tout deux mais qu'ils ne veulent ni l'un ni l'autre commencer.

Tsundoku (Japanais) Acheter des livres et ne pas les lire ; Les laisser s'empiler non lus sur des étagères, sur le plancher ou mieux sur sa table de chevet. (Note du traducteur: et faire des sudoku à la place de lire)

Il y a des mots français comme sillage : La trace laissée dans l'eau, l'impression laissée dans la pièce après que quelqu'un est passé puis parti, une senteur persistante dans l'air traces subtiles de parfum d'une personne.

Encore un pour la route, retour d'Israël, le mot Firgun: (n. Hébreux) L'acte de partager ou même de contribuer au plaisir ou à la fortune de quelqu'un d'autre avec un cœur pur et généreux, sans trace de jalousie. Plus prosaïquement, humour juif je pense, faire un prêt qui ne soit pas usurier (sharing credit fairly).

15:11 Publié dans Mots, Papous | Lien permanent | Commentaires (6) |