04/10/2009
Printemps


Entre « Là où je vais, je suis déjà » l’an dernier et « Là où je suis n’existe pas » cette année comme sous-titre du printemps de septembre de Toulouse, il y a un enchainement évident mais il ne faudrait pas penser que ces deux éditions forment un diptyque » C’est ainsi que commence la brochure éditée à cette occasion par le bureau du printemps de septembre.
Un diptyque ? Dieu nous en garde !
Heureusement les choses s’éclaircissent à la phrase suivante :
« Cette année le réel n’est plus la base continue du programme, on est beaucoup plus dans un univers où la tonalité subjective est le lieu du travail plutôt que l’objet saisi. »
Ouf ! Nous voilà rassurés.
22:18 Publié dans Arso | Lien permanent | Commentaires (0) |
02/10/2009
Argumentaire

Des vendeurs,
des encres,
des carottes
et de tous les mercantis
écologiques.
Il y a fort longtemps, j’ai vendu des assurances-vie en porte à porte. Ces assurances destinées au bas peuple étaient des produits scandaleux, une vraie escroquerie.
Le souscripteur mettait un montant chaque mois, sept ou huit fois plus important que le montant nécessaire à la pure assurance et quinze ou vingt ans plus tard il récupérait des cacahouètes. La bonne preuve de l’escroquerie, c’est que pour les cadres et professions libérales, on avait des produits beaucoup sophistiqués et un peu moins filous.
N’importe qui pouvait devenir vendeur, il suffisait d’apprendre par cœur l’argumentaire gracieusement fourni à chaque nouvel employé. Pour réussir, il fallait un peu de culot mais surtout, il fallait y croire. Je n’y ai pas cru très longtemps mais j’en ai retenu une bonne leçon : Le bon vendeur, celui qui réussit, qui va gagner beaucoup d’argent, est celui qui ne se pose pas de question, celui qui prend l’argumentaire au pied de la lettre et qui fonce tête baissée. S’il est un peu chanceux, il deviendra capitaine d’industrie et son fils héritera de l’empire qu’il a créé à la force de son argumentaire.
Cela marche pour les vendeurs de voiture, de maisons, de drogue ou de poupées Barbie. Cela marche aussi pour les marchands de « bio » ou de produits écologiques et de développement durable. On explique au vendeur que l’encre végétale, les carottes bios ou la voiture verte sont bonnes pour l’environnement et voilà notre vendeur parti à la conquête de nouveaux marchés. Il vous jure, croix de bois, croix de fer, que son produit est total DD (dévelopemment durable). Il n'a pas de raison d'en douter avec le si bel argumentaire qu'on lui a fourni. Et pour vous, qui en douter, il n'a qu'incompréhension. Peut même qu'il vous soupçonne d'être contre la protection de la planète.
Encre végétale. Puisque le vendeur y croit et qu’en plus l’acheteur en veut, pas question de se poser des questions et de chercher à savoir si pour produire cette encre on n’utilise pas des procédés encore plus mauvais pour l’environnement que la production d’encre à partir d’hydrocarbures pétroliers.
11:38 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (1) |
01/10/2009
Caoutchouc
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Du quechua Cao qui signifie bois et tchu qui pleure.
Savez-vous que 40% du caoutchouc produit dans le monde vient encore de la récolte de la résine d’hévéa, le reste est synthétique. L’hévéa est un arbre de la famille des euphorbiacés (manioc, le ricin ou cactus candélabre…). Les euphorbes ont une sève blanche et toxique qui peut donner du caoutchouc. On peut même fabriquer du caoutchouc à base de… caoutchouc (photo wiki), ces plantes d’appartement très résistantes même aux mégots de cigarette placés dans la terre du pot. N’essayez pas d'en extraitre du caoutchouc ! Cela ne marche pas terrible. Préférez l'hévéa !
Mais, hors hévéa, on sait surtout fabriquer du caoutchouc à partir de guayule ou encore de Pissenlit russe (en anglais russian dandelion). Le guayule est un arbuste à croissance rapide qui pousse dans les déserts mexicains et peut servir à fabriquer un éventail incroyable de produits. Le pissenlit russe nous vient du Turkestan , il se mange en salade et sa sève contient du latex.
Les hévéas ont chopés une nécrose de l’écorce due au stress (Eh oui, même les hévéas) et leur caoutchouc crée des allergies aux gens stressés. Attention on peut mourir en enfilant un gant ou un préservatif pour faire la vaisselle ou... Voir ici. Du coup, les chercheurs s’activent, ils voudraient bien nous fabriquer une super pissenlit russe OGM qui pisserait du caoutchouc hypoallergènique à volonté. Ils seraient sans doute indigestes en salade surtout avec des graines de maïs OGM... mais finies les allergies.
C'est par accident que Charles Goodyear renversa un récipient de caoutchouc mélangé à du soufre sur une plaque chauffante. Il s'aperçut que le matériau était devenu dur et élastique. La vulcanisation était née. Les molécules de soufre, sous l'effet de la chaleur, vont créer des liens entre les molécules extensibles du caoutchouc. Ainsi, les molécules peuvent s'étirer et pourtant Goodyear mourut, quelques bonnes années plus tard, dans la misère.
Mais jusqu’où peut s’étirer le caoutchouc ? Plus qu’un chewing-gum ? Mais au fait, le chewing-gum est-il du caoutchouc ? En fait, il est issu du chicle, une sorte de latex issu du sapotillier un arbre fruitier originaire des Caraïbes.
Pour finir, quelques noms et quelques dates
1770 Joseph Priestley découvre la gomme à effacer en constatant que les marques d'encre disparaissent en les frottant avec du caoutchouc.
1790 Samuel Peal brevette une méthode permettant, en mélangeant de la térébentine et du caoutchouc, d'imperméabiliser des tissus.
1820 : Thomas Hancock découvre que la plasticité du caoutchouc est augmentée suite à la mastication de celui-ci et que cela permet la mise en forme du produit.
1823 : Charles Macintosh confectionne les premiers imperméables. En anglais Macintosh est synonyme d’imperméable.
1842 : Charles Goodyear découvre la vulcanisation, qui permet de stabiliser le caoutchouc afin qu'il résiste mieux aux écarts de température.
1853 : L'Hiram Hutchinson achète les brevets de Charles Goodyear et adapte le caoutchouc aux bottes. Il ouvre la première usine utilisant le caoutchouc en France, dans l'usine de Langlée, à Châlette-sur-Loing.
1870 : Apparition des premiers préservatifs à base de caoutchouc de latex.
1887 : A Belfast, le vétérinaire John Boyd Dunlop imagine un tube souple gonflé pour remplacer les pneus pleins. Il dépose un brevet qui permettra d'utiliser le caoutchouc pour la fabrication de pneumatiques
1892 : Les frères Michelin présentent les premiers pneus démontables pour vélos et autos.
13:54 Publié dans hallucinant, Plantes | Lien permanent | Commentaires (0) |
29/09/2009
Polésie
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Il y a
un parc
en Polésie
avec pas mal
de sortes d'oiseaux,
mais c'est où la Polésie?
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Une des rubriques parmi les plus lues de ce blog est la rubrique géographie. Toujours en quête de lieux de villégiature, je vous ai parlé du Bélouchistan, du Turkménistan, des Balkans et même de l’Arpitan ; sans oublier le désert d’Atacama, la Bucovine, la Moldavie, la Gagaouzie et le Belarus. C’est dans cette région que je souhaite revenir.
Il est une province biélorusse, aux portes de la communauté européenne, nommée la Polésie. Étonnante Polésie! Pauvre Polésie aussi! Une province de marécage, de tourbière, de marais et d'étangs sur le Dniepr (qui limite Transinistrie – au deà du Dniepr - et la Gagaouzie). Une province de misère proche de Tchernobyl et souillée de toutes les pollutions possibles.
Dans ma note sur le Bélarus, j’ai aussi parlé de Brest, une ville de Polésie, la ville de Polésie où est né le papa d’Alain Minc, le petit pèteux directeur du Monde. Voici une autre ville dont parle Ryszard Kapuscinski: ... natif de Pinsk en Polésie et Tomasz Szkopek, un autre polonais polésien car, avant la guerre, la Polésie fut polack .
Kapuscinski : « (avant la guerre) La pauvreté en Polésie était terrible, simplement inimaginable. Et ça continue. On peut dire que j’ai mes racines dans la pauvreté. C’est pourquoi je m’intéresse au triers monde. Je peux comprendre et me sentir chez moi dans le tiers monde.
…Pinsk était une petite ville habitée de quelques polonais, et nous nous connaissions tous de vue. La majorité était juive…
Szkopek : « 160 kilomètre à l’est de Varsovie, une bande de terre, dans la direction du Dniepr, sur le cours de la rivière Prepec. C’était la plus grande province de Pologne avant la deuxième guerre. … 62.5% des habitants ne pouvaient pas dire leur nationalité ni le nom de leur langue. On les appelait des Poleszukis ce qui se référait à leur langage simple ou rural par opposition à la bourgeoisie qui parlait polonais. Ils parlait un mélange de polonais, russe, biélorusse, ukrainien,
Je vous passe les massacres, tortures, exils, goulags, subit par ce pauvre peuple au XXième siècle pour en arriver à aujourd’hui... Déchets toxiques, terrains militaires contaminés, eaux polluées... au-delà du seul héritage de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, l'Ukraine et ses voisins, la Moldavie et le Belarus, affrontent une situation écologique grave, selon un rapport de l'OSCE publié cette semaine à Prague.
En Belarus, le problème environnemental le plus grave concerne la liquidation des armements et munitions, y compris des matériaux toxiques ou radioactifs" hérités de l'URSS, selon le rapport. Dans ce pays, les sites militaires occupaient à l'époque soviétique 300.000 hectares, dont 200.000 de forêts. Depuis, "plusieurs terrains ont perdu leur usage militaire, laissant aux autorités locales le défi de dépolluer" des sols souillés de pétrole ou des zones soumises à fortes radiations électromagnétiques. Les experts ont répertorié 8.000 t de pesticides périmés en Belarus et quelque 20.000 t en Ukraine, dont 11.000 d'hexachlorobenzene (HCB) et 2.000 de DDT, "dangereux à long terme pour l'environnement et la santé". En Belarus, quelque 778 M de t de déchets miniers dans la région de Soligorsk (nord de la Polésie) provoquent une salinisation du sol sur plus 15 km2 et une centaine de mètres de profondeur, avec des risques de contaminations pour la rivière Pripyat.
(...) Car "les générations futures ne nous pardonnerons pas si nous sacrifions l'environnement au court terme politique", note le rapport en conclusion.
Bien sûr ! Bien sûr ! Pauvres polésiens! L'article complet
21:27 Publié dans Géographie | Lien permanent | Commentaires (2) |
28/09/2009
Les sublimes

Le saint lundi
Une chose qui m’a toujours étonné dans le monde du travail que j’ai fréquenté, c'est la docilité des cadres et employés très qualifiés. J’ai eu la chance de bosser dans des environnements privilégiés, ingénierie et informatique. Des employés très recherchés et souvent hautement qualifiés mais qui bossaient énormément pour créer de la richesse qui, souvent, profitait plus à leur patron qu’à eux même. Inutile pour un ingénieur de multinationale de demander à son boss plus de temps libre, il est bien payé mais il est corvéable à merci et... il l'accepte.
En écoutant Paul Ariès, j’ai appris l’existence des "sublimes". Voir l'article de la grande relève créé par Jacques Duboin. Les sublimes étaient au 19 ème siècle des ouvriers qualifiés très mobiles mais pas trop flexibles (comme dit le DRH moderne). Ils revendiquaient leur liberté et s’évadaient parfois de l’usine. Ils commençaient souvent la semaine de travail le mardi en se moquant de l’amende patronale et faisaient grève au printemps.
En général, ces ouvriers qualifiés retrouvaient du travail en cas de licenciement. Certes, cela n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui mais cela l’a été dans les années 70, 80 et si on est très qualifié et un peu solidaire, c‘est toujours vrai. L'employé qualifié sent mieux que tout autre le poids de la conjoncture. Il a l'oeil sur son travail et un autre sur le business de son patron. Il peut facilement tirer parti des fautes de son patron pour rétablir l’équilibre des revenus.
Il faudra attendre la fin du 19 ème siècle pour voir disparaître les "sublimes". Ils seront nombreux à participer à la mise à mort de leur désir fou de liberté : Les patrons, la femme, le jardin, la maison achetée, tous concourent à les fixer. Les syndicats, eux aussi, marqueront leur hostilité aux "sublimes", leur préférant des ouvriers disciplinés, responsables. Les premiers journaux syndicaux désapprouveront la pratique du saint lundi. En 1884, les syndicats étaient autorisés. C'en était fini du Sublime. Venait maintenant le temps des militants et des "responsables".
N’empêche que, un peu de résistance de la part des sublimes d’aujourd’hui mettrait peut-être de l’huile dans les rouages sociaux qui broient les employés et les amènent parfois au suicide.
13:21 Publié dans Gratuité | Lien permanent | Commentaires (3) |

