15/06/2008
Superstitions
La rédac du mois de Juin.
38 blogs y participent (voir ci-dessous)
Le thème : Les superstitions
Superstitieux moi ? Jamais. Au contraire, je suis à l’affût de la moindre trace de superstition pour la dénoncer vigoureusement. Je m’inscris sur les traces du dictionnaire philosophique :
Superstition : comportement irrationnel vis-à-vis du sacré, crédulité. Les superstitions sont pour Voltaire les causes les plus dangereuses du fanatisme parce qu'elles émanent de l'ignorance populaire. Si les juges sont des fanatiques de sang-froid, la "populace", elle, est emportée par ses croyances. Dans l'affaire Calas, c'est la rumeur populaire qui, circulant sur une famille protestante, a entraîné les suspicions des juges puis les a transformées en certitudes.
« Peut-il exister un peuple libre de tous préjugés superstitieux ? C'est demander : Peut-il exister un peuple de philosophes ? »
OK, voilà pour le préambule mais comme disait Pascal, le plus grand philosophe du monde ne s’aventure pas entre les tours de Notre-Dame en marchant sur une planche, même plus large qu’il ne faut, . On a tous nos limites.
Pour ma part, même si je suis convaincu que la loi des grands nombres régit, les jeux, je pense que le sort s’acharne contre moi. Je ne gagne jamais. Quand je joue aux cartes, je suis convaincu que ma femme (et les autres joueurs mais surtout ma femme) touche toujours des jeux extras et moi des jeux minables, la preuve, je perds toujours.
De même au loto. Je fais mon petit loto bien régulièrement, partant du principe rationnel que seuls ceux qui jouent peuvent gagner. Eh bien je joue et je ne gagne rien. Donc, j’ai décidé que ce serait ma femme qui irait jouer à ma place. J’ai l’habitude de faire confiance à la machine pour choisir les numéros, j'ai donc demandé à ma femme de faire pareil. Je suis sûr qu’avec elle la machine va se montrer bien plus cool. Si elle aime beaucoup jouer aux cartes, elle n’aime pas ces jeux d’argent mais elle a quand même gentiment accepté de jouer à ma place la semaine dernière avec un abonnement de plusieurs semaines.
On va sans doute gagner gros prochainement. Continuez de lire ce blog, je vous tiendrai au courant.
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12:00 Publié dans Rédac | Lien permanent | Commentaires (11) |
14/06/2008
Never complain
Billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins précise). Voici celui du 3 juin *

De doctes chercheurs anglais ont montré que la maxime de l'autocontrôle "Never complain and never explain" ** (Ne jamais se plaindre et ne jamais expliquer), est effectivement bonne à la santé. C'est la première fois qu'on enregistre une correspondance totale entre la Science et les phrases qui enveloppent les papillotes. Les mots sont énergie créatrice (au commencement était le verbe) et chaque fois que nous en usons pour nous justifier ou pour nous plaindre nous ne nous faisons pas qu’alimenter l’objet de notre mauvaise humeur en le perpétuant. Mère Thérèsa de Calcutta qui avait mangé la papillote et le papier qui l’entoure répétait toujours : « Je ne participerai à aucune marche contre la guerre mais si vous en organisez une pour la paix, pensez à m’inviter. » Certes, il n’est pas facile d’avaler la vie en silence derrière un sourire.
Les prix galopent pendant que ton salaire fait du surplace: silence, avale et souris. Nous sommes en juin et tu sors avec l'imperméable: silence avale et souris. Le plein d'essence te coûte autant que la prime de licenciement de Mancini de l'Inter de Milan : silence avale et souris. Ton partenaire te provoque les mêmes émotions qu’un rebond de fond de cours entre tennismen mal classés : silence avale et souris. Ta tête bourdonne, ton collègue déconne, ton client te saucissonne : silence avale et souris.
T’as chopé un ulcère à force d’avaler en silence et de sourire : silence avale et souris. Sois confiant : si tu ne le fortifies pas avec tes mots, tôt ou tard le mal disparaîtra. L'important est que chaque soir, dans l'intimité de ta salle à manger, tu te rappelles de te lancer tête basse contre un mur en criant: banzaaaai.
*Je l'avais mise de côté pour un jour d'euro de foot
** aussi la devise de la monarchie britannique - garder son flegme
09:05 Publié dans Chroniques Italiennes | Lien permanent | Commentaires (1) |
13/06/2008
Pommier

On me reproche de ne pas me tenir au titre de ce blog. Je m’insurge. Je ne parle que de ça. L’inspiration vialattienne ne me quitte jamais même si son style me poursuit pour ne jamais me rattraper.
Tenez, pas plus tard qu’hier, je relisais une préface de Ferny Besson, sa grande complice, elle cite Alexandre : « Dieu se dissimule comme le loup de la vignette qui cache sa propre image au milieu du pommier. On ne voit plus que lui quand on l’a découvert. D’autres ne voit jamais que le pommier. » Combien de livres de théologie résumés par cette simple métaphore. On ne saurait être plus lyrique, cocasse, intelligent grave, simple et complet.
L'ennui, c’est que les nouvelles ont tout envahi dans l’imaginaire de l’homme. L’homme est devenu une ressource, il ne lit plus de roman, il lit des magazines, des articles utilitaires sur les impôts à ne pas payer, les bonnes affaires à faire, la bourse, comment tirer le meilleur parti de Vista ou de Word... Et notre président fustige La princesse de Clèves* dont Wikipedia nous dit : « …roman écrit par Marie-Madeleine de La Fayette en 1678, considéré comme le premier roman moderne de la littérature française. » Donc le premier roman de notre littérature est passé aux oubliettes, les autres suivront… l’homme Nicolas est un grand politique doté d'un grand nez qui renifle très bien l’air du temps et si il s'attaque à ce roman là, on peut penser que l’air n’est définitivement plus aux contes de fée, ni aux loups ou autres animaux de la jungle. Nous vivons une époque moderne, la jungle c’est ici et maintenant pour paraphraser un président d’une époque ancienne qui lisait encore quelques romans.
* « L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. » NS
09:05 Publié dans Ressources | Lien permanent | Commentaires (4) |
12/06/2008
YouTube
J’ai décidé de traduire de temps en temps un billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins juste). Voici celui du 7 juin intitulé : "YouTube o non conti un tube" titre que je ne sais pas traduire. Mauvis départ donc mais vous pouvez m'aider.
Deux gamins milanais ont pris en otage un tram sous la menace de leurs fusils pour poster la scène sur Youtube. Avant de sortir de chez vous avec un gilet pare-balles et de prendre les transports publics armés comme des marines, il peut être utile de faire un bref voyage dans la caboche des jeunes pistoleros. A l’égal de leurs grands frères, ils rêvent eux aussi de sortir de l’anonymat. Mais au lieu de miser sur la télévision qui n’offre une chance qu’aux Copains-Coquins, ils préfèrent le Web. Cette grosse meule de paille qui dissimule des aiguilles de toutes taille et toutes couleurs, où il est très facile d'entrer mais hyper compliqué se faire remarquer.
Des milliers d'images atterrissent chaque heure sur YouTube: quiconque possède un téléphone et un ordinateur a accès au royaume de la Visibilité. Mais une chose est d’envoyer son film, une autre de convaincre les internautes de le regarder. On y voit des exploits impossibles : escalader l'Everest en slip ou réciter la Divine Comédie par coeur sur une seule jambe. Et comme les exploits impossible nécessitent du temps, de la préparation et de la fatigue, presque tous se rabattent sur la facilité de la vulgarité et de la violence.
07:10 Publié dans Chroniques Italiennes | Lien permanent | Commentaires (2) |
11/06/2008
Telefonino
J’ai décidé de traduire de temps en temps un billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins précise). Voici celui du 6 juin intitulé : "Precari da favola" Prémisses de fable.

Ceci est l'histoire la plus captivante du monde. Dix chercheurs italiens ont réalisé un télescope révolutionnaire que la Nasa enverra en orbite mercredi prochain de Cap Canaveral. À Houston ils l'appellent Tiger Team, l'équipe du Tigre : des filles et garçons autour par 30 ans, diplômés de l’université de Pise en physique nucléaire. Jeunes, optimistes, conscients d'avoir choisi un métier splendide et d'exporter la figure souriante de l'Italie. Leur salaire 950 euros par mois.
Ceci est l'histoire la plus avilissante du monde. Un monde où un physicien nucléaire qui réalise des télescopes pour le Nasa gagne 950 euros par mois alors qu’un manager d’entreprises téléphoniques qui ne sait parler que par phrases toutes faites, qui confond Waterloo et Austerlitz, en gagne cent fois plus. Le problème contre lequel est en train de buter le libéralisme est qu'il n’allie pas le salaire au talent et à l'engagement du travailleur, mais à la valeur marchande du produit. Il est juste que les profits fassent le marché. Mais sur ce marché sans règles dominent toujours les pulsions les plus basses : sexe, foot, tv, téléphones mobiles.
Le physicien des télescopes gagne cent fois moins que le dirigeant des téléphones ou que l'avant-centre parce que vous et moi utilisons des mobiles et regardons les matchs de l’équipe nationale tandis que des télescopes on ne sait qu'en faire. Le jour où ces trucs serviront à dénicher du pétrole dans le système solaire ou à retrouver des joueurs de foot perdus dans les galaxies, leur valeur marchande grimpera immédiatement, entraînant la hausse des salaires du Tiger Team.
Bon, je retourne lire les nouvelles du mercato footballistique sur mon telefonino* mais j’ai vraiment l’impression d’être un ver de terre.
* Telefonino, petit téléphone, est le nom que donne les italiens au portable.
07:35 Publié dans Chroniques Italiennes | Lien permanent | Commentaires (2) |
10/06/2008
Fantomette
Une video spéciale clin d’œil pour le papy de Méline, enfin l’autre… Le pas sérieux, celui qui lui apprend "Tu rotes Charlotte ? Non, je pète Nenette"
09:30 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (2) |
09/06/2008
India
L’été va bien finir par arriver. Pour l’homme et la femme voici revenu le temps des voyages. Après Madagascar, L’Islande, la Chine, la Thaïlande et autres contrées plus familières telle l’Ardèche ou la Haute Loire, ils s’initient aux mystères de l’Inde.
L’homme est devenu migrateur comme la cigogne épiscopale. Il vole sur les continents au mépris des fuseaux horaires et des contraintes du soleil et de la lune. De ci, de là, il trouve une café Internet et jette une bouteille à la mer. C’est ainsi que se veut l’homme : moderne et libéré de ses chaînes. Il sait bien que ce bonheur est fragile, alors il en profite et tente d’oublier toutes ces mauvaises nouvelles qui pleuvent noires comme retombe un jet de pétrole sous la pression de forages trop intensifs.
Après une année mouvementée, un mariage, une nouvelle maison, un changement radical d’orientation et quelques péripéties communales à rebondissements, l’homme et la femme ont bien mérité ce petit intermède indien.
Quant à nous, les sédentaires, lorsqu'on reçoit des nouvelles par Internet, on est contents comme des enfants qui découvrent leur nouvelle console de jeux. Samedi dernier, ils étaient donc à Delhi, il faisait un bon 40 degrés à l’ombre, - pas comme ici où l’on a frisé les 9 degrés ce même jour - « Du bruit, de la pollution, de la grande misère partout, pas de doute c’est l’Inde... c est le bonheur et tout va bien. » C'est en substance le message que recelait la bouteille.
Ils iront faire un tour du côté du Taj Mahal qu’on ne présente plus, puis à Chandigarh, la ville moderne créée dans les années 50 par Le Corbusier, car l’homme et la femme moderne aiment Corbu qui fut un architecte d’avant-garde toujours inspiré.
Ils iront aussi à Ahmedabad [photo:Akshardham Temple,], la capitale du Gujarat, où se trouve l’Ashram Sabarmati créé par la Mahatma Gandhi. Une autre ville qui fourmille et où la gastronomie indienne toute végétarienne bat son plein. On peut aussi y mal manger, la preuve Pizza Hut a crée là-bas sa première pizzeria végétarienne.
Ensuite, à Calcutta, ils retrouveront le Gange, qu’ils avaient laissé à Delhi. Iront-ils sur les traces de mère Teresa ou dans la cité de la joie ? Ils iront où leurs pas les meneront... enfin ils nous raconteront plus tard. Beaucoup de train, un peu d’avion… à l’image de leur président hyperactif, l’homme et la femme voient du pays et c’est très bien. Du moins pour eux. Pour le président, il devrait se mettre vraiment au boulot.
08:00 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (3) |

