« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-05 »
30.04.2008
Spirou

[Le Manneken Pis
dans la tenue du petit groom]
note spéciale pour Dario
Né à Charleroi
en Belgique,
siège des Editions Dupuis,
le 21 avril 1938,
le Journal de Spirou
Outre Spirou, personnage créé en 1938 par le Français Rob-Vel avant de passer entre les mains d'une demi-douzaine d'auteurs successifs, dont le plus illustre restera le Belge Franquin, ses pages ont accueilli nombre de héros du 9e art : Gaston (Franquin), Boule et Bill (Roba), Lucky Luke (Morris), les Schtroumpfs (Peyo), Yoko Tsuno (Leloup) ou encore Natacha (Walthéry).
Aujourd'hui, les vedettes du journal, qui tire encore à près de 100.000 exemplaires, s'appellent Le Petit Spirou (Tome et Janry), Kid Paddle (Midam), Les Nombrils (Delaf et Dubuc) ou encore les Tuniques Bleues (Lambil et Cauvin).
05:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.04.2008
Glutamate
En 1908 que le professeur japonais Kikunae Ikeda identifia une nouvelle saveur, en goûtant un bouillon d'algues fucus. Il ne reconnut aucune des quatre saveurs de base connues jusqu'alors (sucré, salé, acide, amer). Il appela cette nouvelle saveur umami (Prononc : oumami) qu'on peut traduire par savoureux. On appelle aussi l’umami, le goût de reviens-y qui est très utilisé dans les préparations asiatiques.
On dit beaucoup de choses, et depuis longtemps sur le glutamate sans grande preuve. Le glutamate monosodique est utilisé par exemple en laboratoire pour induire l'obésité de rats.
Des chercheurs du CNRS de Dijon viennent de découvrir qu’un insecte hétérosexuel peut devenir temporairement bisexuel si l’on modifie sa concentration cérébrale en glutamate. Démonstration faite sur la mouche du vinaigre, la fameuse drosophile, un diptère donc, car la mouche est un diptére.
On ne disait plus pinailler, ni enc… les mouches mais « sodomiser les diptères », est-ce que l’expression « il marche à la voile et à la vapeur » va être remplacer par « C'est un diptère bourré de glutamate. »
07:30 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2008
Henry Darger
"Suis-je un véritable ennemi de la Croix ou un bien misérable saint ?" s’interrogeait Henry Darger.
Chicago, 1972. Lorsque Henry Darger, âgé de 81 ans, quitte sa chambre de la Webster Avenue pour finir ses jours à l’hospice, ses propriétaires, Kiyoko et Nathan Lerner, reprennent possession de leur bien. Ils auraient sans doute dû faire évacuer à la décharge la montagne de journaux et de chapelets amassés par leur singulier locataire, mais Nathan Lerner est un photographe abstrait et par curiosité, il entreprend de débarrasser la pièce et soudain regarde de plus près ce tas de déchets... C’est alors qu’il fait une découverte extraordinaire...
Kiyoko Lerner raconte : « Sur le lit, mon mari a vu ces peintures recouvertes d’un grand carton… Ce carton était décoré de peintures, de découpages tirés de magazines… le carton était lui-même un collage. Mais quand il a ouvert ce carton d’un mètre vingt de long, il a trouvé toutes ces peintures. Quand Nathan les a vues, il n’a pas pu les jeter. Puis il a ouvert des malles, et à l’intérieur, Nathan a trouvé douze volumes, chaque volume contenant plus de mille pages, en tout il y avait 15.125 pages ! Mon mari et moi lui rendions visite chaque semaine, car son hospice était dans notre quartier. Au bout d’un certain temps, Nathan lui a demandé : "Henry, est-ce que vous voulez récupérer quelque chose dans votre chambre, car on voudrait la nettoyer ?" Il a répondu : "Non, je ne veux rien, jetez tout, c’est à vous."
Ce récit gigantesque de 15 mille pages s’intitule « Les Royaumes de l’irréel ou l’histoire des Vivian Girls ». Une saga qui rapporte les tourments de royaumes imaginaires, tous chrétiens, victimes d’une guerre sanglante déclarée par les cruels Glandeliniens dont les soldats poursuivent, emprisonnent, torturent et massacrent des petites filles. Les Angelinians, sous les ordres de sept princesses, les Vivian Sisters, tentent de les sauver, aidés par des héros, dont le capitaine Darger, et des créatures fantastiques. A l’issue d’innombrables et prodigieuses aventures, les Vivian Girls triomphent et libèrent les enfants retenus captifs.
Ecrite entre 1911 et 1922, cette chronique forme le corpus qui servit de base à l’oeuvre picturale de Darger qui, pour donner vie à ses créatures, en illustra les épisodes-clés.
Les peintures sont constituées à partir d’images de magazine, découpées, recopiées, décalquées puis coloriées, complétées, modifiées, mises en scène sur des panneaux de papier pouvant atteindre plusieurs mètres. Les petites filles sont souvent vêtues de robes imaginées et peintes par Darger, parfois elles sont nues, dévoilant un sexe de petit garçon. Elles jouent parfois dans des décors idylliques, le plus souvent elles fuient, poursuivies par des soldats qui leur font subir les pires sévices, pendaisons, étranglements, éviscérations, le tout peint de couleurs délicates, suaves et acides.
Henry Darger est né en 1892. Avec son père et sa mère, ils formaient une famille heureuse. Mais quand il a eu quatre ans, sa mère a mis au monde une petite fille, puis est morte en couches. Sa petite sœur a été adoptée à la naissance. Henry ne l’a jamais vue, n’a jamais su son nom ni rien d’autre sur sa petite sœur. Quand il eut neuf ans, son père l’a mis dans une pension catholique, car il n’arrivait plus à s’occuper seul d’Henry. A douze ans, il a été surpris en train de se masturber dans un couloir. Alors, on l’a mis dans un asile d’aliénés situé à plus de cent soixante kilomètres de Chicago, et il y est resté jusqu’à ses 17 ans. A 17 ans, son père est mort… Pendant l’été, il a tenté de s’échapper. Il a marché du sud de l’Illinois jusqu’à Chicago où il a travaillé dans des hôpitaux catholiques jusqu’à sa retraite.
C’est dans le secret de la nuit que Darger exerçait son art. Sans aucune formation académique, il élabore sa propre technique en mêlant collage et aquarelle. Darger est un artiste brut, cher à Dubuffet. Il sélectionne des photos de petites filles modèles trouvées dans les journaux de modes, les découpe, les classe, les décalque, les reproduit, les agrandit, les multiplie à l’infini, de manière obsessionnelle et parfois oppressante, sans jamais que personne ne voit le résultat.
A découvrir pas mal de ses collages à la collection d’art brut à Lausanne. Voir la note d’Alain. Ou allez à Chicago
22:00 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
26.04.2008
Henry Darger 1
Connaissez-vous Henry Darger ?
Commençons par quelques unes de ses oeuvres :

Eh oui, au début, ça surprend ! ?
07:15 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
25.04.2008
Compromis
source: wikipedia
Le développement durable, sustainable development, est devenu une tarte à la crème. Mais cette crème mérite d’être montée en neige. Le dessin ci-dessus, présenté à la Communauté de Communes du Genevois par Bernard Gaud, résume bien les compromis à faire pour élargir le domaine du « durable ».
Social, écologique, économique. On retrouve les 3 P anglais, People, Planet, Profit. Ecolo, citoyen et entrepreneurs, chacun doit prendre en compte les deux autres pour rendre la planète vivable, viable et équitable (le traditionnel débat de partage des richesses).
Un équilibre difficile à trouver qui passe par une remise en cause des habitudes et des réflex de pensée. Chacun doit désormais concilier dans sa vie de tous les jours les contraintes environnementales avec la rentabilité économique et l’impact social.
08:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.04.2008
Monnaie

Voici un extrait d’un texte de 1925, Réflexions d’un Français moyen de Jacques Duboin qui s’applique bien aux faux dollars que nous fabriquent allègrement les américains pour éponger leur déficit.
.. « En quoi consiste la richesse d’un pays ? En champs, mines, terrains à bâtir, en maisons, usines, stocks de marchandises, navires, chemins de fer, stocks d’or, etc... C’est en quelque sorte le capital. Les évaluations évidemment très approximatives, mais émanant de bons auteurs, faisaient varier l’ensemble de ces richesses entre 250 et 300 milliards de francs. Puis il y a le travail productif de millions de Français qui crée et augmente chaque année le capital du pays. Brutalement la guerre survient, dure quatre années et demie, en provoquant les conséquences suivantes :
- Des millions d’hommes actifs sont arrachés à leur travail productif du temps de paix. Non seulement ils ne produisent plus rien, mais le reste du pays va avoir à les vêtir, à les nourrir, à les armer, pendant quatre années et demie.
- Les travailleurs restés à l’intérieur vont produire d’une manière intense du matériel de guerre et des munitions qui vont s’évanouir sur le champ de bataille...
- On va être obligé de consommer tous les stocks de marchandises accumulés pendant les années de prospérité.
- Enfin, 1 500 000 morts, 1 200 000 mutilés, dix départements détruits, parmi les plus productifs du pays, telle est au lendemain de la tourmente, la situation nouvelle du pays.
... Mais la surprise est grande. Alors que tout le monde devrait être plus pauvre, se restreindre et travailler plus qu’avant-guerre, voici au contraire que bien des gens se croient plus riches. C’est le mirage... Pourquoi ? Parce qu’on a créé de toutes pièces des richesses nouvelles, 35 milliards de nouveaux billets de banque, 60 milliards de bons du Trésor ou de la Défense, des milliards d’emprunts de guerre, des milliards en comptes courants de banque. Au total, des centaines de milliards de richesses fictives ont été jetés dans la circulation. L’apparence est donc que la fortune de la France a doublé, triplé, quadruplé peut-être.
Ces fausses richesses ont l’apparence de richesses réelles...
La monnaie, les fluctuations de la monnaie, la question des changes sont autant de sujets sur lesquels il serait facile de s’entendre si on ne les compliquait pas inutilement d’un tas de considérations plus ou moins baroques. A quoi sert la monnaie ? A mesurer la valeur des choses. Evidemment, pour mesurer des longueurs, j’ai besoin d’une longueur comme mesure...
Si nous voulons comparer des valeurs, il faut nous servir d’une mesure qui soit elle-même une valeur...
Alors, pas de grands mots. Dites simplement qu’une monnaie qui n’est pas toujours identique à elle-même n’est plus une monnaie du tout. Une monnaie est droite... ou c’est de la fausse monnaie.
Sources 07:25 Publié dans Duboin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.04.2008
L'économie distributive
De grands progrès techniques...
L’humanité est confrontée non pas à une crise, mais à une véritable mutation, plus profonde et bien plus rapide que toutes celles qu’elle a déjà connues, celle du néolithique par exemple. Le développement des techniques de production est tel que de puissantes machines, automatisées, informatisées, peuvent désormais remplacer le travail de l’homme dans toutes les tâches de routine, se substituer non seulement à ses muscles et à l’agilité de ses doigts, mais aussi à sa mémoire, à certains de ses sens et même aux activités logiques de son cerveau. Fruit des efforts accumulés génération après génération, ce bouleversement des moyens de production est irréversible.
Or les bases sur lesquelles le système économique en vigueur est fondé transforment ce progrès des connaissances en catastrophes sociales et écologiques :
...transformés en désastre social
La suite ici...http://economiedistributive.free.fr/spip.php?article19
| Les 358 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 2,3 milliards les plus pauvres. |
| Les grands laboratoires pharma- ceutiques dépensent plus en publicité qu’en recherche. |
08:00 Publié dans Duboin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.04.2008
Kou l'ahuri
Jacques Duboin a publié pas mal de livres pour vulgariser ses thèses économiques dont entre autre une satyre à la manière des lettres persanes de Montesquieu, intitulé « Kou l’ahuri. » [site économie distributive]
[le dessin de couverture représente un économiste barbu monté sur une vieille vache rossinante et brandissant l'étendard de la Saint économie.]
Kou est un jeune Mandchou qui a suivi les cours de la Sorbonne et qui revient en France trois ans plus tard pour comprendre la crise qui frappe notre pays (le livre est écrit en 1934). Jacques Duboin a retrouvé les lettres que Kou envoyait à son père. On y retrouve les thèses distributistes expliquées avec force pédagogie, et quelques commentaires généraux, par exemple sur la course au profit des laboratoires pharmaceutiques ou sur le sort réservé aux étrangers (Kou a dû brusquement terminer son voyage, visiblement raccompagné de force à la frontière)
Lors de son séjour, notre jeune Chinois va visiter l’abbaye de Sainte-Economie, où vivent les économistes libéraux défenseurs de l’orthodoxie. Grâce à son « laissez-passer », Kou a pu pénétrer dans le saint des saints de l’économie politique. Voici un extrait de sa visite. Version plus complète ici. Extrait que j'ai un peu raccourci pour le lcteur pressé.
[…] Quelques jours plus tard, après avoir étudié l’itinéraire et observé scrupuleusement les indications qui m’avaient été fournies, je découvris l’abbaye au détour d’un chemin. C’était un grand bâtiment dressant sa masse sombre au milieu de la campagne déserte. Je fus frappé par l’absence de toute fenêtre ; elles étaient remplacées par quelques lucarnes qui s’ouvraient à des hauteurs inusitées, à croire que les gens du dedans ne devaient jamais regarder au-dehors.
Je frappai à une petite porte surmontée du buste d’un monsieur, sous lequel je lus : « St Jean-Baptiste (Say) ».
[Say, (1767-1832) est un économiste libéral, dit classique, la version 19ième de Jean-Marc Sylvestre.] Kou entre dans l’abbaye et le Père visiteur lui montre la bibliothèque qui ne contient que des livres d’économie anciens et classiques (Adam Smith, Stuart Mill, Bastiat, Jean-Baptste Say…) conservés dans une ambiance obscure.
Le Père Visiteur ne me prenant pas au sérieux, probablement à cause de la couleur de ma peau, était d’humeur joviale. « Avancez, me dit-il, je vais vous faire voir la grande bibliothèque, avant de vous conduire dans la salle capitulaire où se réunissent les Pères pour leurs exercices journaliers. Avancez sans crainte. (…) notre abbaye contient exclusivement les oeuvres des économistes qui découvrirent les lois éternelles régissant les rapports sociaux des hommes. Ces économistes vivaient dans le siècle, allaient et venaient comme ils le voulaient à la recherche des fameuses lois. Mais dès qu’ils les eurent découvertes, ils se réunirent ici pour les conserver pieusement. Depuis lors, les économistes sont cloîtrés et vivent en cénobites avec tous les matériaux qu’avaient accumulés leurs maîtres vénérés. A partir de ce moment-là, aucun document étranger n’a été autorisé à pénétrer ici, car il risquerait de souiller le monument élevé par saint Jean-Baptiste (Say) et ses disciples. »
(…)
« Mais, suivez-moi, il vous faut apercevoir ces Messieurs ; l’heure approche où ils s’assemblent chaque jour dans la grande salle capitulaire. Nous quittâmes donc l’immense bibliothèque où nous n’avions aperçu jusqu’ici âme qui vive, pour prendre de longs couloirs obscurs et déserts. De loin en loin, le Père Visiteur entrouvrait une porte et me permettait de risquer un oeil à la dérobée. J’apercevais des pièces sombres encombrées de livres et de documents.
« Ce sont, me dit-il, les cellules réservées où s’enferment ceux de nos Messieurs qui veulent plus complètement pénétrer la pensée intime d’un grand maître. Voici la cellule dédiée à Stuart Mill et ses disciples. »
Et j’entrevis, dans la pénombre, des vitraux enduits de personnages aux nuances molles. « C’est le maître et ses disciples », me dit le Père Visiteur, en me faisant découvrir des redingotes noires et des jabots de dentelle. Il referma la porte doucement et entrouvrit une autre : celle de Legendre, contemporain de Colbert, murmura le Père Visiteur, l’inventeur de la fameuse formule « Laissez faire, laissez passer ». Ah ! soupira-t-il, que d’ennuis nous eûmes à ce sujet avec les héritiers de Ponce-Pilate ; ils perdirent heureusement leur procès. Enfin, nous pénétrâmes dans la grande salle du chapitre, dont l’allure sévère provoqua mon admiration. Dans le clair-obscur, j’aperçus des stalles de bois sculpté disposées à droite et à gauche. Au fond, je devinais la silhouette de saint Jean-Baptiste (Say) qui se profilait sur la verrière.
« Ne bougeons pas, dit le Père Visiteur, ils vont entrer. » A ce moment, des hommes pénétrèrent dans la salle du chapitre et se dirigèrent vers les stalles qui, une à une, se remplirent. Le Père Visiteur voulut bien me nommer quelques-uns des arrivants et les dépeindre agréablement. « Celui-ci, c’est le Père Momier, me dit-il, en désignant un homme robuste, au visage rasé, porteur de grosses lunettes d’écaille, qui venait de prendre place dans une haute stalle tout au bout de la rangée de droite. C’est notre Révérendissime. » Il ajouta plus bas : « Historien, venu tard à la Sainte-Economie, mais qui sut rattraper le temps perdu. Il en a fait une brillante traduction à l’usage des gens très riches. Il en tire vanité et des ressources dont nous profitons tous, ajouta-t-il dans un murmure. Le Père Momier parut se recueillir. Il plongeait son nez dans son antiphonaire.
(…)
– Celui-ci, dis-je, montrant un Père qui s’était installé sans saluer, et dont l’abord était aigre et renfrogné ?
– Le Père Pèze, me répondit-il, autrement dit la science financière faite homme. Confesseur attitré de plusieurs de nos législateurs, il est encore, en outre, le conseil financier éclairé de la plupart des gouvernements européens. Il est vrai, ajouta-t-il en se rapprochant de moi, qu’ils sont tous en faillite, mais cela n’enlève rien, affirme-t-il, à la renommée universelle qu’il croit avoir.
(…)
L’office allait commencer, car le Révérendissime venait de donner un coup sec de sa claquette.
– Confrères, dit-il, martelant les syllabes et plaçant l’accent tonique sur la première, je vais réciter, à votre intention, l’oraison de l’équilibre budgétaire. D’une voix monocorde, et tandis que tous s’inclinaient, le Père Abbé énuméra les avantages d’une sage administration financière. Je saluais au passage la pénultième et l’antépénultième, lorsque les confrères se redressèrent épanouis.
– Laissez faire, laissez passer, crièrent-ils d’une seule voix. J’entendis alors défiler les antiennes du psautier : les litanies de la saine monnaie, le cantique de la déflation, tandis qu’après chacun de ces chants retentissait le même répons bref du choeur.
– Laissez faire, laissez passer !
Suivirent deux beaux psaumes. Le premier, en ut majeur, commençait par ces mots : « La concurrence est aux hommes ce que le soleil est à la nature » ; le second, en la mineur, débutait ainsi : « Elle est enfin venue la grande Pénitence pour faire expier tes excès de labeur », etc. ›››
Au bout d’une demi-heure, les chants cessèrent et tous les confrères parurent se recueillir un instant. Alors, brusquement, les yeux au ciel, ils entonnèrent tous, à pleine voix, l’hymne sublime à la confiance qui fit trembler les vitraux. C’était tout. L’office était terminé.
Laissons ces Pères à leurs précieuses études. Vous les voyez se diriger vers la grande bibliothèque que vous connaissez déjà.
– Mais qu’y font-ils ? Questionnai-je.
– Ils interprètent les faits qui, par hasard, viennent à leur connaissance, me dit-il, et projettent sur eux la lumière de la doctrine dont ils sont dépositaires.
– Et c’est tout ? Risquai-je, irrévérencieusement.
– Ensuite, ils assurent la bonne marche du BQ, le Bulletin quotidien d’études économique et financère. Ils le rédigent à l’usage de nos adeptes : patrons, journalistes et hommes d’Etat.
– C’est un gros travail !
– Surhumain, dit le Père ; nos Messieurs suent sang et eau pour trouver l’explication orthodoxe des événements qui se passent dans le monde. Quels efforts pour démontrer que la consommation croît en raison directe de la diminution du pouvoir d’achat, que la baisse des salaires est un facteur de reprise, que l’étatisme est un fléau dès qu’il ne se contente plus de protéger les gros producteurs, que la politique de déflation favorise les fonctionnaires et les travailleurs ! Jugez si ces études sont ardues ! Mais, à la longue, elles rétablissent la confiance et la confiance fait des miracles.
– Mais, j’y songe, Kou mon ami, reprit mon guide, ne conviendrait-il pas que vous profitassiez de votre passage pour fortifier votre foi qui me paraît chancelante ? Avec lequel de ces Messieurs vous plairait-il d’avoir un entretien au cours duquel vous confesseriez vos erreurs ?
– Je vous sais très bon gré de vos louables intentions, répondis-je. Cependant le choix m’embarrasse.
L’aimable Père me mit à l’aise :
– Qu’importe, me dit-il, puisqu’ils vous diront tous la même chose.
Il me fit alors pénétrer dans une de ces petites pièces réservées qui ouvraient sur le cloître et m’y laissa en me disant qu’il allait prévenir un de ces Messieurs. En effet, un père économiste vint me rejoindre quelques minutes plus tard et, après m’avoir fait signe de m’asseoir, vint prendre un siège à côté du mien.
13:15 Publié dans Duboin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.04.2008
Jacques Duboin
J’ai l’intention de faire quelques notes sur Jacques Duboin. Duboin était un économiste du siècle dernier (1878-1976) et un visionnaire. Sa pensée est encore étonnamment vivante. La gauche française ferait bien de s’en inspirer pour en tirer une alternative à la politique économique irréaliste menée en ce moment. Le matériel de ces articles provient essentiellement du site de la grande relève, le journal créé par J. Duboin et de l’association pour une économie distributive.
Tiré du numéro spécial (760) de la Grande Relève pour le centenaire de J. Duboin
« Je suis né dans le premier village de France » aimait à dire Jacques Duboin en marquant un temps avant d’ajouter « quand on vient de Genève ». C’est en- effet à St-Julien-en-Genevois qu’il naquit, le 17 septembre 1878, Son père. issu lui-même, d’une longue lignée de magistrats, y était alors avocat.
Pour bien comprendre un être, il faut d’abord se faire une idée sur la façon dont il a été formé, façonné, dressé. L’éducation, d’un autre siècle, qu’il reçut. explique sans aucun doute sa droiture, la rigueur de son caractère, son courage et son honnêteté devant la vérité. Son père avait en effet une conception qui est absolument impensable aujourd’hui. de la sévérité avec laquelle ses deux fils, Jacques et Léon, devaient être élevés pour devenir « des hommes ».
Afin que les deux garçons reçoivent la plus grande culture possible, il fut décidé qu’ils seraient deux ans pensionnaires en Allemagne puis deux ans en Angleterre. Sur les conseils d’un ami, leur père choisit un internat de Königsfeld en Forêt Noire, qui se révéla, en fait, plus une maison de redressement qu’un simple pensionnat.
De son séjour en Angleterre. Jacques Duboin rapporta le souvenir de cruels « bizutages », une parfaite connaissance des règles du jeu de cricket, et un diplôme d’Oxford « avec distinction en Français ».
Il passe à Grenoble le baccalauréat de Rhétorique, puis à la session suivante, la même année, celui de « Philo-Mathématiques ». Après quoi il commence son Droit à Lyon et le termine à Paris, diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce.
Attaché commercial au Consulat de France à New-York,il abandonne la carrière diplomatique, part au Canada et revient faire la guerre de 14 qu’il termine aux côtés du général Estienne, le « père des chars ».
Le 14 mars 1922, il prononce à la Chambre des Députés, où il avait été élu pour représenter la Haute-Savoie, un discours prémonitoire, incitant le gouvernement à décider la motorisation de l’armée. Si ces propositions avaient été adoptées, c’est la défaite de 1940 qui pouvait être évitée. Mais il fallut attendre plusieurs années avant qu’un militaire de carrière, le colonel de Gaulle, reprenne à son compte, cette stratégie dans son livre « Une armée de métier ». Il était alors trop tard pour éviter la catastrophe.
08:15 Publié dans Duboin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.04.2008
Phénologie
Si vous le souhaitez, vous pouvez devenir phénologue bénévole… C’est ici.
05:30 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.04.2008
Calendrier
Cette année, le lundi de Pentecôte, saint Raffarin priez pour nous, sera à nouveau férié.
Au nord de la Loire, vous pourrez donc sortir vos géraniums plus tôt.
07:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.04.2008
Ulaanbaatar
Apartments For Rent in Ulaanbaatar
2 bedrooms, 2 bathrooms, 2nd floor, 130m2,
Located Next to Sukhbaatar Square
07:10 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.04.2008
Recap Piafs
09:00 Publié dans Oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.04.2008
Balaeniceps rex
Le bec en sabot
(Balaeniceps rex)
appelé également
cigogne à tête de baleine,
est un oiseau qui appartient
à l'ordre des Ciconiiformes,
(Pelecanidae)
et au genre Balaeniceps.
Le bec en sabot fréquente les zones de marais où croissent roseaux et papyrus. Il était déjà là avant que les pharaons n’utilisent le papyrus comme papier, il n’est pas sûr qu’il y soit encore au siècle prochain vu la mauvaise habitude qu’ont certains de manger les becs en sabot et surtout de détruire leur habitat marécageux.
Il peut mesurer jusqu'à 1,2 mètre de hauteur, avec un bec en crochet de 20 cm sur 10, très tranchant, pratique pour couper les têtes de poisson, bec de couleur rosâtre à jaunâtre et présentant des macules grises.
Le bec en sabot se nourrit essentiellement de poissons (poissons chats, dipneustes, tilapias…) dont il enlève délicatement la tête avant de le manger. Il mange aussi de grenouilles, des tortues, de serpents aquatiques ou des gastéropodes. Il lui arrive à l'occasion de manger également des rongeurs et de jeunes oiseaux.
20:35 Publié dans Oiseaux | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.04.2008
Satyriase
En lisant Charles Albert Cingria, je pique ici et là quelques mots de vocabulaire. Il décrit les oies comme des plésiosaures. Bonne image, les plésiosaures étaient des animaux aquatiques au long cou. On a voulu que le monstre du Loch Ness soit un plésiosaure.Je trouve aussi la vésanie, qui désigne les maladies mentales. Lat Vesanus : insensé.
Et trois lignes plus loin,
le satyriase
Le satyriase est à l’homme ce que la nymphomanie est à la femme, dixit le dictionnaire médical, un désir insatiable de jouir des plaisirs de la chair.
Le satyriase est-il une vésanie ?
C'est, en tout cas, une maladie décrite par Arétée, un médecin grec du premier siècle : état inflammatoire des parties génitales rougeur de la face disposition à se tenir courbé à se serrer le ventre tristesse abattement quand le mal est extrême propos obscènes agitations inquiétudes soif, ardente écume à la bouche comme les cerfs qui sont en rut.
"C’est dans le satyriase que tombent quelquefois les hommes usés et affaiblis On cite le cas d’un homme marié, père de six enfants qui l’âge de quarante ans passa par tous les degrés de dépérissement en se livrant avec sa femme à ses désirs effrénés On peut opposer à cette variété du satyriase celui d un pieux cénobite qui doué d un tempérament fougueux et cherchant à combattre ses passions par les macérations le jeûne la prière ne pouvait se coucher dans son lit sans éprouver toutes les fureurs de ce qu il appelait le démon de la chair et qui finit par tomber dans un écoulement involontaire de la liqueur spermatique Ce fut surtout par un exercice soutenu du jardinage que son médecin parvint à le guérir."
Si les bons livres de médecine disent que le mariage est la solution à la Nymphomanie, il ne préconise pas ce remède pour le satyriase.
* Dans l’ordre du n’importe quoi des psys : A ne pas confondre avec érotomanie qui serait une maladie mentale dans laquelle se sujet serait le jouet de son imagination, contrairement aux deux autres qui sont un désordre physique et nerveux.
10:20 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.04.2008
Tunick
Ceci est une photo
de
Spencer Tunick
prise sur
le glacier d'Aletsch
en Valais.
Spencer est un spécialiste de la photo de foules de gens nus. Sugus proposait qu’il fasse la photo du conseil fédéral « in corpore » pour 2009.
En attendant, il devrait faire celle de la coupe d’Europe, 2008 personnes dans le stade de Vienne. Comme si Zurich, Bâle et Geève comptait pour du beurre.
Entre parenthèse faire des photos de nu quand on s’appelle Tunick, quelle ironie. Non, je ne ferais pas l’autre jeu de mot, celui d'après la photo.
14:50 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Kupinam
Il était une fois...
...un guru qui avait un très bon disciple, un brahmacharin inspiré par l'esprit de renoncement. Il ne possédait qu’un simple kupinam (linge servant de caleçon, le vêtement minimum). Un jour, son guru lui dit: « Tu vas te rendre dans un endroit isolé pour te consacrer à la méditation. Je te donnerai un mantra (formule rituelle et incantatoire) et je viendrai voir dans quelques années comment ça va. »
Le jeune homme parti et se mis à pratiquer la méditation selon les instruction de son guru. Son programme journalier était le suivant: le matin il se levait, lavait son kupinam, le faisait sécher sur l'herbe, puis commençait sa méditation. Ensuite, vêtu de son seul kupinam, il allait au village pour mendier sa nourriture. Il revenait pour le repas et s'asseyait de nouveau pour la méditation.
Un jour, une souris fit des trous dans son kupinam. Notre brahmacharin était désespéré; c'était sa seule possession. Il l'a raccommodé tant bien que mal et, en mendiant sa nourriture au village, il a dit aux gens qu'il n'avait plus de kupinam. Les villageois lui dirent: « Cela ne fait rien, on va te donner un autre kupinam ! » Ainsi fut fait. Il était tout à fait heureux avec son nouveau kupinam, et il a recommencé son programme journalier.
Quelques jours après, la même histoire s'est reproduite. Une souris a de nouveau fait des trous à son kupinam; il va de nouveau au village et redemande un kupinam que les villageois lui ont volontiers donné. Cette histoire est arrivée deux ou trois fois. Finalement, les gens se sont fatigués et lui ont dit: « Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours un nouveau kupinam ! On va te donner un chat, tu le garderas près de toi, le chat chassera les souris et celles-ci ne viendront plus manger ton kupinam ! » Le brahmachârin a alors emmené son chat, et les souris se sont éloignées. Il était tout heureux, son kupinam n'était plus déchiré par les souris.
Seulement voilà, il y avait un autre problème. Il fallait nourrir le chat, lui donner du lait. De ce fait, quand il allait au village, il demandait aux gens: « S'il vous plaît, donnez-moi aussi un peu de lait pour mon chat. » Les villageois lui ont donné volontiers du lait pour le chat. Cela s'est reproduit plusieurs jours, pendant une semaine ou deux, et les villageois ont fini par se fatiguer. « Eh, Bâbâ, on ne va pas te donner tous les jours du lait ! On va te donner une vache, tu vas la traire et tu auras du lait pour nourrir ton chat. » Alors il a emmené la vache, a appris à la traire et ainsi il a eu du lait tous les jours pour lui et pour son chat.
Mais un nouveau problème est apparu: il fallait nourrir la vache. Quand il allait mendier, il demandait aux villageois de lui donner du foin pour nourrir sa vache. Les villageois lui ont d'abord donné du foin, puis finalement se sont lassés et lui ont dit: « Eh, Bâbâ, on ne va pas toujours te donner du foin ! Il y a des terres en friche près de ton âshram. Tu vas les cultiver, on va te donner du blé à semer, il va pousser, tu auras du blé pour faire tes galettes et tu auras de la paille pour ta vache. Alors il a dit oui, car il était obéissant et très influençable, comme beaucoup de brahmachârin et de sâdhu. Il a fait cela, récolté son blé, en a semé une partie à nouveau, a commencé à stocker de la paille.
Finalement, au cours des années, il n'a plus pu faire le travail lui-même. Il a dû demander aux villageois des hommes pour l'aider. Au début, il lui en ont donné, mais après ils lui ont dit: « Bâbâ, on va te donner une femme, tu vas te marier avec elle, elle t'aidera, elle te donnera des enfants et les enfants t'aideront à leur tour. » C'est ce qu'il a fait, et petit à petit son âshram s'est transformé en une grande propriété, avec des greniers pour le foin et le blé, des ouvriers comme dans une entreprise.
Un jour, son guru est venu rendre visite à son disciple. Il a vu la ferme, avec des gens occupés à droite et à gauche. Il a demandé à un homme: « Dis donc, j'avais mis un brahmachârin ici, qu'est-il devenu ? Est-il parti ? » L'homme répondit: « Non, non, il est debout là-bas. » Notre brahmachârin était habillé comme tout le monde, il donnait des ordres à ses ouvriers. Son guru s'est approché de lui. Quand le brahmachârin l'a vu, il est tombé à genoux et a dit: « Guruji, regardez ! Tout ça, c'est à cause d'un kupinam ! »
Petit supplément gratos à l'occasion de la semaine du pouvoir d'achat...
...et aussi parce que c'est dimanche
10:40 Publié dans Simplicité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Yeux
Après les lunettes à grille,
une histoire de jalousie
que je vous fais à l'oeil.
Mais c’est pas possible, il lui fait de l’œil ce con ! Et je ne comprends pas pourquoi elle lui roule de tels yeux de merlan frit.
C’est vrai que depuis le début de la soirée il n’a d’yeux que pour elle. Il ne faut pas avoir un œil de lynx ni même le compas dans l’autre oeil pour voir qu’il ne fait que la dévorer des yeux. Ça crève les yeux ! Quel culot ! Ce type n’a vraiment pas froid aux yeux. Il lui fait ses yeux revolver, de ces yeux qui tuent. Ce mec commence vraiment par me sortir par les yeux.
Pourtant, il devait bien se rendre compte qu’elle était enceinte jusqu’au yeux. Il a bien vu qu’on était ensemble et que j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux. De son côté, elle doit bien voir que c’est ce genre de mec qui jette de la poudre aux yeux et qui a les yeux plus grands que le ventre. C’est vrai que elle, malgré, ou à cause, de son gros ventre, est très belle. Ce soir, elle a mis ces fameuse boucles d’oreille qui m’ont coûté les yeux de la tête.
Je suis d’autant plus jaloux que j’ai dû partir deux mois pour mon travail et on connaît l’adage : « loin des yeux, loin du cœur. » Elle n’a pas voulu venir avec moi dans les émirats, elle qui autrefois me suivait les yeux fermés.
05:10 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
10.04.2008
Lunettes
Ayurveda
et
lunettes à grille
L’Ayurveda est la mode. C’est une médecine très ancienne (3500 à 5000 ans) pratiquée en Inde. Il y a des aspects médecin de Molière (purgation, saignées, lavements…) et des aspects plus sympathiques comme la prise en compte de l’individu dans sa totalité (médecine holistique). Quelques principes :
- La vie vécue normalement est un état de bonheur
- L’hygiène de vie permet de restaurer l’harmonie de l’homme avec son environnement
- L’alimentation, la digestion sont des questions essentielles pour la santé.
- La parole comme méthode de soin…
- La médecine est plus préventive que curative
- La maladie est considérée comme la conséquence d’une erreur alimentaire et d’une mauvaise compréhension de l’univers, ainsi que d’une mauvaise harmonie entre le corps et l’esprit.
Je viens de découvrir sur un forum les lunettes à grille. Il semblerait que ces lunettes permettent sans trop d’effort d’améliorer la vision. Je n’ai pas essayé, alors si ça ne marche pas ne venez pas vous plaindre. Il y en a à tous les prix de 5 à 50 euros. Commentaires bienvenus.
Pour ce qui est de la zététique, c'est ici ou encore ici pour la zététique qui zozote.
12:35 Publié dans Au fil de la toile | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
09.04.2008
Philosophie
Regrets
sur
ma
vieille
robe de chambre.
Un texte amusant et philosophique du grand Denis qui vient de changer de robe de chambre. Il en avait une, usée mais commode, qu'il a troqué contre une nouvelle, superbe et écarlate.
Pourquoi ne l'avoir pas gardée? Elle était faite à moi ; j'étais fait à elle. Elle moulait tous les plis de mon corps sans le gêner; j'étais pittoresque et beau. L'autre, raide, empesée, me mannequine. Il n'y avait aucun besoin auquel sa complaisance ne se prêtât; car l'indigence est presque toujours officieuse. Un livre était-il couvert de poussière, un de ses pans s'offrait à l'essuyer. L'encre épaissie refusait-elle de couler de ma plume, elle présentait le flanc. On y voyait tracés en longues raies noires les fréquents services qu'elle m'avait rendus. Ces longues raies annonçaient le littérateur, l'écrivain, l'homme qui travaille. A présent, j'ai l'air d'un riche fainéant; on ne sait qui je suis. Sous son abri, je ne redoutais ni la maladresse d'un valet, ni la mienne, ni les éclats du feu, ni la chute de l'eau.
J'étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre; je suis devenu l'esclave de la nouvelle. Le dragon qui surveillait la toison d'or ne fut pas plus inquiet que moi. Le souci m'enveloppe. Le vieillard passionné qui s'est livré, pieds et poings liés, aux caprices, à la merci d'une jeune folle, dit depuis le matin jusqu'au soir : Où est ma bonne, ma vieille gouvernante?
(…)Je ne pleure pas, je ne soupire pas ; mais à chaque instant je dis : Maudit soit celui qui inventa l'art de donner du prix à l'étoffe commune en la teignant en écarlate ! Maudit soit le précieux vêtement que je révère! Où est mon ancien, mon humble, mon commode lambeau de calemande? (calemande : tissu ordinaire)
Ensuite Denis explique qu’avec cette magnifique robe écarlate, il a dû changer son mobilier et toute la décoration de la maison. Bref, il était pauvre et libre comme Diogène, il est devenu riche et attaché aux objets. Un plaidoyer pour la simplicité volontaire. »
Amusant cette invocation divine dans la bouche du philosophe le plus athée du siècle. Il va terminer sur ce tableau de Vernet dont l’artiste lui a fait cadeau et qu’il trouve très beau. Acwuérir un peu de beauté est peut-être la seule justification de la richesse.
13:35 Publié dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.04.2008
Hôtel Lambert
Grand groupe à la suite de J.P Baralle pour visiter l’île Saint Louis. A quelques mètres de l’île de la cité, le cœur historique de Paris.
Souvenez-vous madame de Sévigné annoncant le mariage dimanche prochain de Lauzun et de le Grande Mademoiselle...
09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.04.2008
à Paris
J'avais parlé ici du livre de Pierre Assouline, le dernier des Camondo, et expliqué que l’hôtel particulier construit par Moïse de Camondo en bordure du parc Monceau était devenu un musée des arts décoratifs.
Moïse a passé sa vie à assembler, avec un goût très sûr et beaucoup d'opiniatre- té, des oeuvres du XVIIIe siècle. Il va construire avec l'architecte René Sergent, un écrin pour ses collections. Les dimensions des pièces sont adaptées aux boiseries du siècle des lumières que Moïse a collectionnées.
Son fils Nissim étant mort en combat aérien en 1917, Moïse va se réfugier dans cette collection qu’il lèguera à l’état français dans leur écrin à sa mort en 1935.
L’état français reconnaissant envers les Camondo père et fils, va envoyer, la fille de Moïse et sœur de Nissim, Béatrice ainsi que son mari et leurs deux enfants à Auschwitz où ils seront gazés. Donc les discours de reconnaissance aux poilus devant les monuments aux morts… vaut mieux laisser carrément tomber.
Pas moyen d’acheter le livre d’Assouline au musée. Ils vendent leurs propres production. C'est mesquin. Achetez le ailleurs mais combien de visiteurs ne connaîtrons pas son existence ? Il serait aussi sympa de trouver une copie de l'oeuvre célèbre de Renoir "Irène Cahen d'Anvers" Irène était la femme de Moïse et la mère de Nissim et de Béatrice. Le tableau est aujourd'hui à Zurich.
A part ça, une bonne pièce de théâtre « Deux petites dames vers le nord. » La cathédrale de St Denis avec sa kyrielle de rois et reines. Un visite de l’île Saint Louis avec Jean-Pierre Baralle, un guide sympa qui nous avait déjà baladés à St Germain des Prés. Le musée du Quai Branly. Un concert Radio-France à Orsay qui nous a valu une entrée gratuite au musée mais on a raté Lovis Corinth le peintre bacchique dont Dandylan dit le plus grand bien.
08:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.04.2008
Nouvel effroi
Le mot du jour : Effroi. Du verbe éffrayer, issu du latin populaire exfridare faire sortir de la paix et de la tranquillité. (fridu: paix en ancien allemand - Friede) Rien à voir donc avec le froid.
03:05 Publié dans Historique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.04.2008
Ordi
Une note vieille de 5 ans et un jour
La bise souffle en rafales. Il fait froid à Saint Julien.
L’autre soir Bernard consultait le calendrier de Playboy que l'ami barbu Daniel voulait offrir à Dudu : Des playmates pulpeuse et rebondies à souhait. Josie jette un coup d’œil et commente : « Tous ça, c’est fait à l’ordinateur ». Réponse du tac au tac de Bernard : « Tu regrettes pas l'époque où t'étais faite comme un ordinateur ? »
Le mot du jour : Ordinateur . D’usage très ancien (1491) et d’inspiration religieuse, celui qui règle, qui met en ordre. Utilisé par IBM France en 1954 pour remplacercomputer, il s’impose à la surprise générale au dépend de computeur.
07:10 Publié dans Historique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.04.2008
LHC
Depuis quelques années le CERN, le Centre Européen de Recherche Nucléaire de Genève construit le LHC. Une immense machine pour faire enter en collision des particules de la taille des protons. Inauguration en octobre 2008. On sait déjà que pour la physique fondamentale les résultats seront spectaculaires.
A tel point que Walter L. Wagner et Luis Sancho, ont déposé devant un tribunal d'Honolulu un recours contre le LHC, affirmant que les expériences prévues "pourraient créer un trou noir susceptible d'engloutir la Terre et peut-être l'univers entier". Cela ressemble à un gag mais comme le ministère de l'Energie américain fournit des aimants supraconducteurs du LHC et étant donné la judiciarisation et les croisades anti-Darwin qui sévissent chez les compatriotes de G.W. Bush, il faut s’attendre à tout.
07:25 Publié dans Science |








