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14/06/2008

Never complain

Billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins précise). Voici celui du 3 juin *

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De doctes chercheurs anglais ont montré que la maxime de l'autocontrôle "Never complain and never explain" ** (Ne jamais se plaindre et ne jamais expliquer), est effectivement bonne à la santé. C'est la première fois qu'on enregistre une correspondance totale entre la Science et les phrases qui enveloppent les papillotes. Les mots sont énergie créatrice (au commencement était le verbe) et chaque fois que nous en usons pour nous justifier ou pour nous plaindre nous ne nous faisons pas qu’alimenter l’objet de notre mauvaise humeur en le perpétuant. Mère Thérèsa  de Calcutta qui avait mangé la papillote et le papier qui l’entoure répétait toujours : « Je ne participerai à aucune marche contre la guerre mais si vous en organisez une pour la paix, pensez à m’inviter. » Certes, il n’est pas facile d’avaler la vie en silence derrière un sourire.

 

Les prix galopent pendant que ton salaire fait du surplace: silence, avale et souris. Nous sommes en juin et tu sors avec l'imperméable: silence avale et souris. Le plein d'essence te coûte autant que la prime de licenciement de Mancini de l'Inter de Milan : silence avale et souris. Ton partenaire te provoque les mêmes émotions qu’un rebond de fond de cours entre tennismen mal classés : silence avale et souris. Ta tête bourdonne, ton collègue déconne, ton client te saucissonne : silence avale et souris.  

 

T’as chopé un ulcère à force d’avaler en silence et de sourire : silence avale et souris. Sois confiant : si tu ne le fortifies pas avec tes mots, tôt ou tard le mal disparaîtra. L'important est que chaque soir, dans l'intimité de ta salle à manger, tu te rappelles de te lancer tête basse contre un mur en criant: banzaaaai.

*Je l'avais mise de côté pour un jour d'euro de foot

** aussi la devise de la monarchie britannique - garder son flegme  

12/06/2008

YouTube

J’ai décidé de traduire de temps en temps un billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins juste). Voici celui du 7 juin intitulé  : "YouTube o non conti un tube" titre que je ne sais pas traduire. Mauvis départ donc mais vous pouvez m'aider.

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Deux gamins milanais ont pris en otage un tram sous la menace de leurs fusils pour poster la scène sur Youtube. Avant de sortir de chez vous avec un gilet pare-balles et de prendre les transports publics armés comme des marines, il peut être utile de faire un bref voyage dans la caboche des jeunes pistoleros. A l’égal de leurs grands frères, ils rêvent eux aussi de sortir de l’anonymat. Mais au lieu de miser sur la télévision qui n’offre une chance qu’aux Copains-Coquins, ils préfèrent le Web. Cette grosse meule de paille qui dissimule des aiguilles de toutes taille et toutes couleurs, où il est très facile d'entrer mais hyper compliqué se faire remarquer.

Des milliers d'images atterrissent chaque heure sur YouTube: quiconque possède un téléphone et un ordinateur a accès au royaume de la Visibilité. Mais une chose est d’envoyer son film, une autre de convaincre les internautes de le regarder. On y voit des  exploits impossibles : escalader l'Everest en slip ou réciter la Divine Comédie par coeur sur une seule jambe. Et comme les exploits impossible nécessitent du temps, de la préparation et de la fatigue, presque tous se rabattent sur la facilité de la vulgarité et de la violence.


Se filmer devant la maison et tirer des balles de caoutchouc sur un tram en blessant légèrement un retraité est une de ces bravades qui coûte assez peu d'effort et attire encore beaucoup l'attention. Malheureusement c’est aussi le cas de ceux qui vont aller sur YouTube pour lorgner le film. Dans cette république basée sur l’audience, le seul système pour décourager les exhibitionnistes consiste à résister à la tentation du voyeurisme.

 

11/06/2008

Telefonino

J’ai décidé de traduire de temps en temps un billet d’humeur posté par Massimo Gramellini dans La Stampa sous le titre « Buongiorno ». Traduction plus ou moins libre (et plus ou moins précise). Voici celui du 6 juin intitulé  : "Precari da favola" Prémisses de fable.

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Ceci est l'histoire la plus captivante du monde. Dix chercheurs italiens ont réalisé un télescope révolutionnaire que la Nasa enverra en orbite mercredi prochain de Cap Canaveral. À Houston ils l'appellent Tiger Team, l'équipe du Tigre : des filles et garçons autour par 30 ans, diplômés de l’université de Pise en physique nucléaire. Jeunes, optimistes, conscients d'avoir choisi un métier splendide et d'exporter la figure souriante de l'Italie. Leur salaire 950 euros par mois.

Ceci est l'histoire la plus avilissante du monde. Un monde où un physicien nucléaire qui réalise des télescopes pour le Nasa gagne 950 euros par mois alors qu’un manager d’entreprises téléphoniques qui ne sait parler que par phrases toutes faites, qui confond Waterloo et Austerlitz, en gagne cent fois plus. Le problème contre lequel est en train de buter le libéralisme est qu'il n’allie pas le salaire au talent et à l'engagement du travailleur, mais à la valeur marchande du produit. Il est juste que les profits fassent le marché. Mais sur ce marché sans règles dominent toujours les pulsions les plus basses : sexe, foot, tv, téléphones mobiles.

Le physicien des télescopes gagne cent fois moins que le dirigeant des téléphones ou que l'avant-centre parce que vous et moi utilisons des mobiles et regardons les matchs de l’équipe nationale tandis que des télescopes on ne sait qu'en faire. Le jour où ces trucs serviront à dénicher du pétrole dans le système solaire ou à retrouver des joueurs de foot perdus dans les galaxies, leur valeur marchande grimpera immédiatement, entraînant la hausse des salaires du Tiger Team.  

Bon, je retourne lire les nouvelles du mercato footballistique sur mon telefonino* mais j’ai vraiment l’impression d’être un ver de terre.

* Telefonino, petit téléphone, est le nom que donne les italiens au portable.